VOYAGE TEMPOREL Flux

Ultime récit : Chapitre vingt-quatrième

 

Le naufragé.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« – D’autant plus gai que je vais d’abord vous déposer sur une île voisine. Sans grands moyens pour rejoindre votre objectif.

– Et pourquoi ça ? Je ne peux même pas prendre un petit chasseur-bombardier avec quelques pains de plastic à bord ?

– Comme vous y allez, vous les Sapiens !

– Et alors, je vais faire comment ?

– Vous allez vous appuyer sur les ressources locales. Je vous explique. Les laboratoires ont besoin de mécènes.

– Ne me dites pas que je vais devoir payer pour voir, Monsieur le Gouverneur ?

– Non pas du tout, Excellence ! Seulement « invité ». Ce que je voulais vous dire, c’est qu’ils ont aussi besoin de personnel féminin, pour satisfaire leurs instincts de primate et probablement faire quelques expérimentations. Mais…, des cobayes se sont échappés desdits laboratoires et se sont réfugiés dans l’îlot où je vous laisse. Bien sûr, ils sont recherchés et naturellement et vous serez localisé.

– Naturellement. On ne peut pas faire ça à ma façon : droit dans le tas avec une puissance de feu suffisante ?

– Non…

– Oui je sais : vous allez me dire que « ce n’est pas marqué comme ça » dans vos archives !

– D’une part et d’autre part, les installations sont pour une large partie souterraines. Ce sont celles-là qui vont vous intéresser. Les autres, vous pourrez les conserver. Et vous ne pourriez vraisemblablement pas y accéder autrement qu’en vous laissant faire prisonnier. »

Vacherie, en pense Paul !

Il n’a pas souvent été fait prisonnier, mais ça n’a jamais été une partie de plaisir.

C’est que pour retrouver sa liberté de manœuvre, il a fallu en faire des efforts. Et là, après un voyage intergalactique si prolongé, il n’a plus forcément la forme olympique d’un cocoï entrainé.

 

Il n’y a décidément pas plus simple, tel que, comme par magie, Paul se retrouve tout d’un coup à proximité de la planète bleue.

Il vient de se défaire de son lourd scaphandre, a récupéré sa tenue de voyage originelle, celle qu’il avait dans l’avion allant sur New-York, ses papiers, accréditations diverses, permis, de conduire, de pilote et celui de port d’arme dûment tamponné par l’autorité administrative préfectorale française, le tout coincé dans la ceinture, tout comme son téléphone portable, complètement déchargé pour l’occasion, et sa montre au poignet. Il y a 4 mois de ça.

Ainsi que son 11,43.

D’ailleurs le parcours de cette arme de poing est un vrai mystère qui n’aura jamais trouvé de solution. Pour ne pas faire sonner les portiques d’aéroport, elle voyage dans son étui en bagage en soute. Et il ne se souvient pas être allé se soulager dans les toilettes d’où il avait été enlevé par « Steph » en passant par la soute à bagage…

Et pourtant, il avait pu en disposer, coincée dans un logement de son scaphandre, à bord du vaisseau de l’amirale Landditsy quand il avait fait feu sur deux créatures du bord qui faisaient mine de se mutiner une seconde fois.

Probablement encore un tour de passe-passe, mais inexplicable, celui-là.

Et dans l’affaire, il aura juste perdu son baise-en-ville contenant une brosse à dent, un tube de dentifrice, un slip, une chemise de rechange et ses ordinateurs et disques de sauvegarde installés dans la valise en soute.

Seule différence notable, il ne boîte plus des suites de son opération en Normandie. Et depuis longtemps maintenant. Mais comme il sonnera encore à chaque passage sous les portiques de sécurité à cause de ses broches, ça ne change pas grand-chose, sauf à se signaler comme étant « Charlotte », le « pilote-légende-vivante » dans les forces aériennes occidentales et les flottes commerciales du monde entier (hors la Corée du Nord). 

 

Que ça lui fait tout de même comme un pincement au cœur : il a oublié comme ça peut être si joli, tout ce bleu profond, tacheté de nuées blanches et éparses !

Manifestement, ils viennent du vaisseau situé derrière la Lune, exactement dans la même navette qui l’avait arraché à la cabine des toilettes de son avion de ligne, il y a 4 mois de ça.

Enfin, 4 mois, là c’est ce qu’on lui a dit, parce que sa montre n’indique pas du tout la même chose.

Paul garde bien les pieds là où on le lui a précisé. Pas question d’arriver dans les pommes pour un coup de G trop mal placé.

D’autant que le voilà viré manu-militari par-dessus bord, dans le lagon d’un atoll minuscule, avec juste un gilet de sauvetage classique qui l’empêche de nager, mais le fait remonter à l’air libre rapidement !

Pour une arrivée, c’est une arrivée… un grand-plongeon d’une bonne dizaine de mètres.

Fabuleux : il pensait avoir droit à quelques égards en qualité d’Excellence de la Coupole !

Eh bien, rien, même pas une échelle de coupée, pas un seul matériel de survie, rien…

Et le voilà « ramant » vers ce qui semble être la plage la plus proche.

Pourvu que les requins fassent la sieste, dans ce coin perdu. Ou restent derrière la barrière du lagon.

Des oiseaux de mer se rapprochent. Sous la surface de l’eau, c’est splendide : il y a de la vie et des poissons de toutes les tailles et couleurs. Sans ration de survie, il lui faudra réapprendre à pêcher !

Il a finalement pied à un plus de cinquante mètres du rivage de sable blanc. Il se sent comme observé, espionné, mais n’identifiera ni par qui ni par où.

Maintenant, reprendre son souffle et faire l’inventaire. La plage où viennent mourir les vagues depuis les déferlantes océaniques de la barrière de corail est jonchée de détritus de toutes sortes à peu près à mi-hauteur de l’estran.

Paul imagine que le dernier coup de vent les a portés jusque-là.

Une monstruosité, la pollution maritime !

Et pourtant là, c’est inespéré : il va bien trouver de quoi sortir de ce trou ou de se signaler d’une façon ou d’une autre.

 

En l’occurrence, en bon naufragé, l’urgence, c’est déjà de trouver à boire, à manger et ensuite un endroit abrité pour pioncer et récupérer. Demain on verra bien.

Il s’enfonce ainsi dans la végétation de type tropical, pas très fourni. Il y a des cocotiers.

Donc du lait de coco, mais à… 15 mètres du sol !

Et à moins de disposer soit d’une perche, soit d’une lanière quelconque pouvant faire office de corde, voire des deux, et en ne s’y prenant pas forcément comme un manche pour éviter de se glisser et de se casser la gueule, se désaltérer, ce n’est pas gagné.

D’autant que le soleil cogne sans qu’on ne s’en rende compte, tellement l’alizé donne une sensation de fraîcheur… Toute relative la fraîcheur.

Paul se confectionne d’ailleurs un « couvre-chef », il n’y a pas d’autre mot parce que ça ne ressemble à rien de connu, avec quelques morceaux de sacs à patate échoués sur la grève.

Pas terrible, mais pour l’heure, il n’y a pas mieux.

La faune ne semble pas être très dense : juste des traces de rongeurs et des oiseaux. Il vaudra mieux s’essayer à la pêche, sauf à poser quelques pièges ici ou là.

Mais s’il y a des rongeurs, c’est qu’il doit bien y avoir des points d’eau douce, ou au moins saumâtre, mais assez peu salée pour être potable…

Il lui faudra envisager de suivre les pistes laissées par les bestioles.

Et oh surprise, son îlot s’ouvre sur une anse circulaire. La langue de terre est si étroite, qu’on se retrouve vite sur ce lagon intérieur.

Il ne sait pas où il est, mais lors des moussons ou simplement des tempêtes, vue que l’altitude maximum doit être de quelques mètres, et encore, il ne sait pas encore où, ça ne doit pas être confortable, ni très glorieux.

La nuit approchant, il s’agit maintenant de s’abriter de l’humidité de l’air marin. Derrière un petit monticule de terre émergeant de dessous le sable ?

Là, le lendemain, il est réveillé par la soif et la faim. Franchement, il est désormais temps de penser à s’hydrater. Il y a bien des baies sauvages accrochées à des arbustes maigrichons, mais Paul ne reconnaît pas l’espèce et remarque qu’aucun de ses fruits n’est grignoté par les rongeurs du coin. Pas forcément comestible et ce n’est pas le moment de se choper une « galopine » : il se viderait inutilement.

Aussi, en poursuivant sa randonnée « découverte », tout d’un coup, il repère une noix de coco au sol.

Avec beaucoup de difficulté et un caillou un peu plus gros que les rares autres – il mettra un temps infini à mettre la main dessus – il finit par la fendre…

Vide, évidemment. Mais le reste de la pulpe, pour autant ferme, calmera la danse de ses sucs gastriques insatisfaits.

En attendant.

Plus loin, une perche pas trop tordue. Ça peut faire un harpon s’il parvient à en tailler un des bouts, le plus fin, en pointe. Avec tout ce qui traine sur la plage, il va bien arriver à se faire quelques outillages.

Alors que le soleil grimpe à son zénith, il repère une nuée d’oiseaux marins qui survolent un coin du lagon pas trop éloigné du bord. Ils pêchent. C’est peut-être le moment d’aller les accompagner et d’en tirer de quoi se nourrir ?

Oui, mais avec quoi faire cuire la chair d’un poisson, d’un rongeur, d’un oiseau ?

On verra bien…

Paul passe ainsi une partie de sa journée à lancer maladroitement son « harpon » dans les eaux translucides, sur tout ce qui bouge.

« Saloperie de poiscailles ! » peste-t-il à plusieurs reprises. Il est « colère » de sa maladresse. C’est que c’est vicelard, ces bestioles-là ! Très agiles dans l’eau, très curieux de leur visiteur, elles te vous narguent à passer à portée de main, parfois entre les jambes, mais alors, en trouver une seule volontaire pour le sacrifice suprême et calmer l’estomac de Paul, c’est galère !

Finalement, après de nombreux échecs, Paul tire de l’eau une espèce de poisson coloré, plein de sorte d’épines sur la nageoire dorsale : si ça se trouve, ce n’est même pas comestible !

Fier comme Job, il lui reste à réinventer le feu…

Quelques brindilles, un peu de lichen sec, et quelques algues desséchées à craquer sous les doigts, beaucoup d’efforts et de chance pour la première fumerole indicatrice d’un foyer, le tout allumé avec deux petits morceaux de bois sec trouvés dans la « déchetterie » de la grève à l’occasion de « sa promenade » d’approche, qu’il s’agit de frotter vigoureusement l’un contre l’autre, mais sans les briser…

Pas facile.

Et encore moins facile de faire un vrai feu. C’est plus facile dans les livres…

Quant à cuire les chairs de la bestiole… n’en parlons pas ! Une partie est brulée, l’autre est crue. Il a encore des progrès à faire en matière de science culinaire.

À en regretter la cambuse du vaisseau de la légion et même ses rations infectes.

Dire qu’il restait encore des tranches de foie-gras d’oie dans la sienne… Et quelques bouteilles de vin blanc des vaux de Loire, liquoreux à souhait…

 

Il va devenir urgent de trouver de l’eau, de la vraie, parce que sa pêche à la noix de coco, elle reste maigre. Les rongeurs qui laissent tant de traces doivent bien avoir trouvé un coin de flotte abordable, pas possible autrement.

En fait, le lendemain, Paul est pris de maux de ventre qui lui tordent les boyaux. Le poisson au goût et à l’aspect si bizarre n’était peut-être pas comestible, finalement. Il va falloir qu’il modifie son alimentation.

Il a repéré que sur les rochers à fleur d’eau, il y avait des coquillages à « cueillir ». Mais sans récipient et sans eau, ce n’est peut-être pas du tout recommandé pour éviter une gastro-entérite.

Finalement, au deuxième jour, toujours avec cette impression d’être épié dans le dos, il finit par mettre la main sur une sorte de vieille liane assez souple pour ne pas se rompre en la tordant et paraissant assez solide pour supporter son poids.

C’est l’occasion de s’essayer à la grimpette sur un des cocotiers pas trop haut et chargé de fruits.

Là encore, plus facile à dire qu’à faire. La technique consiste à passer la « liane » autour du tronc, d’en saisir les deux extrémités, et de s’appuyer à la force des bras comme d’un point de rappel pour avancer les pieds de bas en haut sur la face antérieure du tronc de l’arbre, formant ainsi une pince à la force des jambes.

Premières glissades, premiers échecs.

Finalement, de rage, les articulations meurtries, Paul finit par grimper comme à l’école de guerre, en étreignant un tronc pas trop épais.

Nouvel échec et puis au fil de l’exercice, il s’agrippe assez fort pour atteindre le graal des noix de cocos accrochées en grappes…

Et réussir à en faire tomber.

À lui maintenant de les rejoindre, sans se rompre le cou à son tour. Ou se tordre la cheville. Et sans s’arracher la peau des bras et des jambes, s’il vous plait.

Et là, stupeur…

Avec bien des difficultés, alors que le soir tombe rapidement, confirmant qu’on se trouve sous les tropiques, pas moyen de mettre la main sur la demi-douzaine de fruits qu’il a réussi à faire tomber.

« Mais enfin quoi ? Elles sont où ces putains de coco ! Ce n’est pas croyable, ça ! »

Ce n’est pas croyable, effectivement : il n’y a pas de pente où elles auraient pu rouler, pas assez de vent pour les faire tomber ailleurs ni encore moins les pousser, pas d’animal assez gros pour les emporter, d’ailleurs les traces au sol sont illisibles tellement il a piétiné le pied de l’arbre depuis le milieu d’après-midi, alors quoi, où sont-elles ?

 

Il n’y a qu’une seule explication possible, hors toute tentative d’introduire une explication surnaturelle : on les lui a volé pendant qu’il descendait et il n’a rien vu trop occupé à ne pas déraper !

Ce qui veut dire qu’il n’est pas seul sur cet îlot perdu au milieu de l’océan, battu par les flots et le vent. Comme on l’a prévenu, il faut dire…

Mais alors qui ? Où ?

C’est à rien y comprendre…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-quatrieme.html

 


Ultime récit : Chapitre vingt-troisième

 

Seconde mission.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« – Il vous fallait bien connaître d’une façon ou d’une autre le devenir de l’espèce humaine, ses mutations successives, au moins celles qui sont utiles pour comprendre le sens de cette prochaine étape.

Vous avez vu quoi au fait ?

– Un monde que je ne comprends pas avec des technologies que je ne comprends pas et qui poursuit des buts qui me sont totalement étrangers.

– C’est ça ! Mais encore. À part moi, vous avez vu qui ?

– Des cyborgs, très bien foutus…

– Je vous avais dit que vous en seriez très satisfait… On connaît votre sexualité débordante qui touche à l’obsession maladive.

– Dites, pas tant que ça, tout de même !

– Si ! Au moins autant que ça. Poursuivez, vous avez vu quoi ?

– Des droïdes, des mutants, des monstres de pierre, des touffes d’herbe. Et encore, celle-là je ne les ai pas vraiment vues.

– Très bien. Et ? Vous n’avez pas remarqué quelle que chose qui aurait dû vous interpeler ?

– Les cyborgs ! Si je pouvais en garder au moins un pour mon usage personnel…

– … N’y pensez même pas, Excellence ! Ce serait un gap technologique qui n’existe dans aucune de nos données !

– Bon, bé tant pis. Mais je ne sais pas si je me remettrai de leur absence.

– Mais si ! Vous surmonterez. Rien d’autre ?

– Bé que l’espèce des « Homos-Plus », les augmentés/améliorés, n’est franchement pas ma tasse de thé. Sont vraiment trop moches !

– Ne vous en faites pas, c’est historiquement réciproque. Et ?

– Et quoi ?

– Je vous l’ai dit : ils sont devenus ovipares.

– Je n’ai pas pu vérifier ce détail…

– Je le suis moi-même mais je suis « Homo-Ultra » parce que… parce que ?

– …

– Parce que je suis hermaphrodite. Et les « Homos-Plus », ils sont quoi ?

– … Ovipare ?

– Et qui produit des œufs, des ovules, dans votre espèce ?

– Les femmes !

– Exact ! Toutes les femelles. Remarquez que chez tous les ovipares, c’est le cas. Sauf que chez les « Homos-Plus », c’est génétique. Elles ont éliminé la plupart des mâles qui sont juste « cultivés » comme d’une réserve génétique. Pour diversifier un peu le patrimoine génétique quand ça devient nécessaire. Pour le reste, je vous ai dit que leur gestation ce fait par l’entremise de « machines » spécialisées.

– Comme d’un clonage…

– Oui et non ! Clonage pour la reproduction de masse. Un de vos auteurs de science-fiction en a fait un très beau roman (1) qui sera resté dans les mémoires collectives. La parthénogénèse pour le reste.

Ceci dit, plusieurs de vos poètes (2) et philosophes, mais également bien de vos théologiens, ont compris que toutes les espèces sexuées, à altérité sexuelle, dépendent donc des femelles pour leur survie en qualité d’espèce.

– Ça tombe sous le sens. Pas besoin d’être philosophe ou théologien pour comprendre ça.

– Peut-être, en effet. Mais qu’est-ce qui se passe quand il n’y a plus de « femelle » disponible ?

– Je ne sais pas… Vous m’avez dit que la science aura mis au point des utérus-artificiels qui fonctionnent assez bien, même à mon époque à moi.

– C’est exact aussi. Je vous l’ai dit et ça fonctionne de mieux en mieux et pour des espèces de plus en plus nombreuses.

– Donc ? Je ne vois pas où vous voulez en venir, Steph.

– Que des « mâles » de votre espèce de Sapiens, et à votre époque, financent et travaillent à l’élimination de vos femelles !

– Non ? Pas possible ! Et ils deviennent tous pédés, alors ?

– Pas du tout ! Vous avez vu, et c’était important, d’où la conjugaison de vos deux missions, que l’avenir de l’espèce Homo passe par la préservation des femmes Sapiens …

– Ah bé là, je suis votre homme ! » s’exclame Paul, totalement enthousiaste.

« Franchement, je ne vois pas comment on pourrait vivre sans. Elles sont parfois si merveilleuses avec leurs formes si aguichantes… »

Stéphane en rigole, de son rire idiot qui ouvre à peine son orifice buccal sur ses toutes-petites dents de lait…

 

« – Vous me faites vraiment rire !

– Et pourquoi ça ?

– Parce que « vos femmes » finiront par éliminer quasiment tous vos hommes. Vous avez pu le constater.

– Oui, mais plus tard. Et tant pis pour elles. Mais en attendant, toucher une femme autrement qu’avec d’infinies douceurs, ça a tendance à me révulser.

– Parfait, parfait ! Je ne doutais absolument pas de vous. Donc vous serez assez content de mettre un coup d’arrêt, Ô certes provisoire, à des travaux qui visent à les rendre définitivement inutiles ?

– Et comment donc ! Il s’agit de quoi au juste ?

– De quoi ? Vous allez le découvrir…

– Mais encore ? C’est quoi l’ordre de mission que vous me sortez de derrière les fagots ?

– Les quoi ?

– Une expression de mon époque. Ne cherchez pas !

– Encore un idiome sorti de votre époque…

– C’est ça. Bon, ce coup-là, je suis volontaire. Alors, je fais quoi ?

– Vous ne l’étiez pas … avant ?

– Je ne l’ai jamais été. Ni avec vous, ni avec les débilités précédentes, Birgit et George, vous le savez bien !

– Très bien, c’était déjà noté.

– Dans votre grand catalogue de « données » ?

– Oui, c’est ça. De toute façon, c’est déjà « marqué comme ça ». Là, il s’agit de personnes que vous avez déjà croisées.

– Ah oui ? Et je ne leur ai pas déjà fait leur sort ?

– Leur sort ? Les « effacer » ?

– Appelez ça comme vous voulez. Il s’agit de les mettre hors d’état de nuire. Et de façon radicale quand on ne peut pas faire autrement.

– Là… Eh bien vous en aurez l’occasion, Excellence.

– Paul !

– Paul. Excusez-moi. Je vous explique. Votre époque est marquée par un gigantesque pillage des ressources de votre environnement.

– Il paraît…

– Beaucoup en présument qu’il n’est pas raisonnable de persister dans cette façon de faire.

– Peut-être, mais chacun aspire aussi à une vie meilleure, aux bénéfices, à tous les bénéfices des progrès techniques et scientifiques.

– Naturellement, j’en conviens. Mais ça épuise aux yeux d’autres votre fragile environnement, allant jusqu’à menacer votre espèce.

– Oui, peut-être, mais moi j’ai appris qu’elle survivait, quelle aura muté, qu’elle aura même conquis son environnement spatial : il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

– J’en suis fort aise, pour reprendre une expression de votre culture. Parce que c’est exact. Toutefois, vous ne convaincrez jamais tout le monde. Je vous rappelle, Excellence, que pendant encore longtemps, vous restez une exception. Et à bien des égards.

– Vous n’avez qu’à inventer un tourisme temporel accessible au plus grand nombre…

– Ce n’est pas « marqué comme ça » et nos interventions dans notre passé se limitent strictement à ce dont on est sûr. Y déroger pourrait aboutir à des difficultés invraisemblables telles que même les voyages sur la flèche du temps seraient rendus impossibles. Du coup, nous n’existerions pas et ce… « tourisme temporel » pas plus. »

Logique…

Paul a l’avantage d’être d’une espèce « d’arriérés » pour se permettre de telles inepties sans provoquer l’ire de son interlocuteur, tout le monde l’aura compris, même eux deux…

 

« – Je vous débarque dans une région que vous ne pouvez pas atteindre depuis l’avion où je vous ai « débarqué ». Mais avec un petit décalage tel qu’il n’y aura pas d’explication possible pour vos contemporains.

– C’est-à-dire ?

– Vous avez disparu au-dessus d’un océan, vous répparirait sur un autre, avec quatre de vos mois de retard au compteur. Je vous rappelle qu’entre le début de cet enlèvement, vos arrêts intempestifs pour recharger les réservoirs du vaisseau de la légion et réparer ses multiples défaillances, vous avez physiologiquement vieilli de quelques cinq de vos années…

– Tant que ça ? Mais c’est du vol !

– Admettons. Ceci précisé, je vous débarque quatre mois plus tard sur une île. Vous aurez à survivre et à vous familiariser avec les autochtones qui s’appellent eux-mêmes les « rebelles ».

– Des « re-belles » ? Qui ont déjà été belles ?

– Pardon, excellence ?

– Juste un jeu de mots…

– … Ah bon. Ce sont des réfugiés d’une île voisine qui pratique des expériences biologiques sur vos femmes.

– Ah ?

– Financées par de grandes fortunes internationales de votre époque. Pour celles-là, le problème reste la surpopulation prévisible de votre planète. Qui va de pair avec l’accélération du pillage de l’environnement.

– Et alors ?

– Dans leurs esprits de primates-dégénérés, il suffit de mettre fin à cette expansion démographique pour protéger et votre espèce et votre environnement.

– Je connais. Et au passage pratiquer un eugénisme sélectif.

– Exactement.

– Ce n’est pas nouveau depuis quelques théories génocidaires déjà vues en application concrètes dans mon passé…

– Qui est aussi le mien. Nous parlons de la même chose.

– Ok. Et ils font comment, désormais, à part préparer une gentille petite guerre mondiale ?

– Ils mettent au point une sorte de virus contagieux, par voie aérienne, qui infecte les ovaires de vos femelles et les rendent stériles.

– Mais c’est dégueulasse, ça !

– Absolument. D’après nos données, ils en sont pour l’heure à des expérimentations sur des souris, des rates, des volailles et des truies. Et comme c’est un virus dangereux, ils vérifient que ça n’a pas d’incidence sur la qualité des semences mâles et tentent, en même temps, de mettre au point un traitement de parade chimique.

– Eh bien ! Vous m’en direz tant. Et mes autorités ne font rien ?

– Qu’en savent-elles ? »

Oui. Dans l’ignorance de sa propre ignorance et de son étendue, il n’y a pas grand-chose à espérer.

« – Expliquez-moi ce qu’il y a à faire.

 

– Oh c’est très simple. Il s’agit d’un laboratoire de manipulation génétique de très haut degré de sécurité. Il va vous falloir tout noyer et bétonner.

– C’est tout ?

– Non, bien sûr !

– Je me disais aussi…

– Une fois les équipements détruits, devenus inappropriés, inaccessibles – d’autant qu’il n’y a pas que le matériel contre lequel vous vous prenez, mais aussi un chercheur et le commandite – vous aurez à récupérer les installations en surface.

– Pourquoi ça ?

– Parce que ça vous sera utile plus tard, notamment pour votre avion orbital. Souvenez-vous, à votre époque, votre humanité explore à peine son environnement spatial. Et elle est loin de s’être affranchie de la pesanteur de votre planète facilement.

Or, ces installations sont situées en territoire britannique, proche de l’équateur… »

L’équateur et son effet « fronde » de quelques 455 m/s pour mettre en orbite équatoriale des satellites : la position idéale.

L’Homo-Ultra de « gouverneur » de la Coupole intergalactique poursuit.

« Et je sais que les autorités britanniques n’ont rien à vous refuser. »

Après tout, c’est vrai depuis que Paul a été fait pair d’Angleterre à la suite de quelques actions jugées déterminantes à l’occasion des JO d’été de 2012 (3).

Une fameuse histoire qui lui aura valu bien des aventures postérieures…

« – D’où la nécessité de prendre en charge les lieux. Notamment, de façon à ce personne d’autres que vous n’y revienne.

– Je vois !

– Non, vous ne voyez pas tout. Parce que là encore, vous connaissez, au moins de loin bien des bailleurs de fonds privés, mais également quelques chercheurs que vous avez déjà croisés.

– Ah oui ?

– Vous rappelez-vous de cette fondation qui œuvrait de façon criminelle autour des greffes d’organe ? »

Ah oui, ça, il se souvient parfaitement de la fondation Risle, du professeur Edmond  son fondateur, de sa fille Priscilla, sa propre belle-sœur, la seconde femme de son frère Jacques, qui voulait lui arracher son foie – et même faire un moulage de son sexe ! – et de la plateforme qui aura sombré au large du Canada (4).

« Eh bien, c’est une simple résurgence. Une continuité. »

Ça va être gai…

  1. https://www.amazon.fr/Meilleur-mondes-Aldous-Huxley/dp/2266128566
  2. http://lieucommun.canalblog.com/archives/2008/03/01/15840112.html
  3. http://flibustier20260.blogspot.fr/2013/09/parcours-olympiques-sommaire.html
  4. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/07/au-nom-du-pere-tome-i.html

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-troisieme.html

 


Ultime récit : Chapitre vingt-deuxième

 

Terminus.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Alors, ok, va pour un « retour aux sources ». Et l’équipe procède comme il a été indiqué : on relève la navigation antérieure depuis les mémoires du vaisseau et on trace à rebours en laissant quand même les dernières balises sur place autour du « terminus », pour faciliter l’expansion des Krabitz dans leur nouvel univers tellement oppressant.

Le tout en évitant la bêtise de la « balise 95 », qui de toute façon n’est plus placée là où il a fallu « bagarrer » une civilisation de « pierres-radioactives » improbable.

Et puis au fil de la route, les cyborgs de Paul effacent les mémoires du vaisseau, sous le nez d’Axel qui, s’en rendant compte, a quand même tenté de faire des sauvegardes pirates.

Il aura fallu la mettre « sous contrôle » en permanence, consignée dans ses quartiers à chaque étape.

 

Paul voit sa cambuse s’épuiser lourdement. Axel la sienne aussi. Auraient-ils trop tardés ?

« Pas grave, on fera des étapes « pirates » si nécessaire. »

C’est quoi ça, une « étape pirate » ?

« Bé c’est simple. On va chercher quelques étoiles à planètes et on descend dessus pour les piller de ce que nous avons besoin. »

Ah non, ça c’est contraire au code de la légion !

« – On a toute l’énergie nécessaire pour fabriquer n’importe quoi à partir de rien.

– Bé alors où est le problème ?

– C’est une question de temps. Les générateurs quantiques sont déjà mobilisés pour refaire des pièces détachées qui ont cassé à chaque étape et refaire les pleins d’énergie pour les réacteurs. Et leur capacité n’est pas infinie.

– Eh bien on prendra le temps qu’il faut. Je n’ai pas envie de crever de faim ! »

Manquerait plus que le vaisseau ne ramène que des cadavres…

Mais Axel est pressée : ras-le-bol pour elle de devoir naviguer avec un rustre, obsédé sexuel et alcoolique en plus, tout juste bon pour vivre dans une réserve ou un zoo, qui dégage une odeur épouvantable et qui est couvert d’une pilosité repoussante, d’après son point de vue…

Bref, à part quelques coups de gueule, notamment quand « Alpha » le cyborg rapporte l’existence de copie pirates des mémoires de navigation, l’ambiance reste électrique à bord et les étapes apparaissent de plus en plus longues.

C’est « dans la tête » que ça se passe, parce que le trajet du retour se fait aucun sans problème. Comme si le vaisseau sentait l’écurie approcher.

Pour déboucher sur la « balise 5 », celle en bordure de la galaxie de départ.

 

Le vaisseau de la Garde se signale à peine 24 des heures de Paul plus tard à proximité.

C’est le moment de la séparation.

Sans aucune instruction émise, Paul remet « sa » combinaison, celle qui lui donne une allure d’agent des services spéciaux en tenue de combat, alors que les cyborgs reprennent leur forme primitive et revêtent à leur tour leur combinaison « gris-argenté ».

Un dernier salut à Axel, dans cet état.

« – Vous allez où dans cette tenue ?

– On rentre.

– Vous rentrez où ?

– Chez nous pardi ! Axel, je tenais à te remercier pour ta collaboration. Je sais que ça n’a pas dû être toujours facile pour toi que de devoir partager cet espace avec moi. Mais ce qui compte, c’est que la mission soit une réussite. Et sans toi, je n’y serai probablement pas arrivé.

– Mais… mais… Je fais quoi maintenant, moi ? On ne devait pas retourner à notre point de départ ?

– Toi, oui. Tu es arrivée au bord de la galaxie où t’attend ton amirale, que tu salueras pour moi en le remerciant malgré son opposition première d’avoir mis son vaisseau à ma disposition.

– Mais c’est la partie la plus délicate de notre navigation qu’il faut aborder désormais…

– On est parti il y a environ 5 de mes années… Pendant ce temps-là, je suppose que tes collègues de la Légion t’ont recherchée.

– … Ou considérée comme disparue.

– De toute façon, tu dois pouvoir retrouver la trace de nos balises 4, 3 et les précédentes.

– Dans le laps de temps que tu indiques, elles auront migré.

– Règle les détecteurs de façon suffisamment large. On a bien réussi à revenir jusqu’ici de la sorte.

– Sur les crêtes de non-gravitation, ça ne bouge pas trop.

– Ah quand même ! Tu as pu remarquer que sur la fin, ça devenait sensible…

– Raison de plus pour les astres d’une galaxie en mouvement depuis si longtemps.

– Eh bien tu m’as dit une fois, que vous entreteniez des balises-phares. Elles doivent toujours être là. T’es pilote-navigateur oui ou non ? Tu vas savoir t’y retrouver, ne t’en fais pas. »

Pas totalement convaincue la « Plus »…

« – Rien à ajouter ?

– Et quoi donc ? Vous regrettez quelle que chose ? »

Pas vraiment pense Paul. La seule chose qu’il regrette, c’est d’avoir été entraîné de force, à son corps-défendant, dans cette aventure pas faite pour lui.

« Vous n’auriez pas aimé … te vous me « taper » ? »

Elle rêve, là !

« Désolé Axel, tu n’es vraiment pas mon style. Je crois que je n’y ai même pas pensé. Mais toi ? Un regret ? »

Une fois encore, on ne saura jamais.

 

Paul sort du poste de pilotage, suivant en cela ses cyborgs qui connaissent le chemin dans ce dédale de coursives – comme le fond de leur poche qu’ils n’ont pas – et puis, après quelques portes franchies, il débouche sur une toute autre ambiance, sans savoir comment, face au Gouverneur Stéphane, qui affiche un sourire radieux avec ses petites dents de lait qui se dévoilent sur son étroit orifice buccal.

« Mais comment vous êtes arrivé ici, vous ? » demande Paul.

Vraiment une question idiote : soit il a débarqué sur le vaisseau de la légion grâce à se technique éprouvée de voyage sur la flèche du temps et de l’espace, soit c’est l’inverse : c’est Paul qui avait été « aspiré » de la sorte sur le vaisseau de la Garde.

« – Alors, Axel, votre co-pilote, intéressant ?

– Ça dépend de quel point de vue. Nous avons beaucoup philosophé : qui suis-je, d’où vins-je, où erre-je, ou coure-je…

– Je vois… Et ce voyage au-delà de ce qui existe ? Cette mission ?

– La mission semble être une réussite…

– Oui, ça je sais ! Je savais même avant que vous partiez… »

C’est vrai que « c’était marqué comme ça » dans ses archives…

« – La mission, je ne sais pas trop…

– Une réussite, je vous l’assure. Nous avons pu vider une grosse partie des peuplades Krabitz des systèmes où ils résident dans la galaxie…

– Ils étaient beaucoup plus nombreux que je ne l’avais imaginé.

– Il faut vous dire que ceux-là ont été suivis par d’autres que nous découvrirons au fil de notre expansion dans l’espace.

– Ah oui ? Comment ça ? J’ai pourtant retiré toutes les balises et effacé les traces de ma navigation des mémoires du vaisseau de la Légion…

– Vous avez bien fait. Mais n’ignorez pas que nous savons d’où et précisément quand vous vous êtes élancé. Ce n’est pas trop difficile pour nous de déplacer qui bon nous semble vers ces coordonnées spatio-temporelles et de leur faire bénéficier du chemin que vous avez ouvert.

Et puis d’interdire à tout autre d’emprunter cette voie. La « Voie Charlotte ». Elle est restée ainsi baptisée dans nos données. »

La voie « Charlotte », quelle drôle d’idée !

 

« – Je ne comprends pas.

– Quoi donc ?

– Vous m’avez affirmé que vous êtes la mutation des homos la plus évoluée…

– La plus évoluée à mon époque. Je vous ai dit qu’il y en avait eu aussi entre les « augmentés » et les « améliorés » et mon espèce. J’imagine qu’il y en aura d’autres après mon espèce.

– D’accord, mais ce n’est pas le sujet.

– Alors quoi ?

– Vous aurez pu remarquer que le genre « homo » et ses espèces, en tout cas notamment les Sapiens, sont animés par une vive soif de connaissance. C’est même ce qui lui a permis de modifier son environnement naturel à son profit.

– C’est exact. Une immense curiosité qui reste le moteur du progrès. Vous avez raison sur ce point-là.

– Et alors, les mutations génétiques auraient fait perdre cette caractéristique-là au fil de l’évolution ?

– Non pas du tout. Vous voulez en venir où, Excellence ?

– Jamais eu l’envie d’aller voir de près le « bout du bout du bout » de l’univers ?

– Oh mais si ! Seulement voilà, en tout cas à ma propre époque, car pour mon futur, je ne sais pas, à chaque fois qu’on a envoyé des sondes et des instruments scientifiques au plus proche de la naissance de la lumière, l’univers observable était déjà en place tel qu’il existe encore aujourd’hui, avec quasiment le même rayonnement fossile, dans toutes les directions. Celui qui date encore une fois la naissance de l’univers au moment de la singularité originelle de la même époque.

Et à chaque fois que nous les avons envoyées un peu plus tôt, elles ne sont jamais revenues !

Comme si le moment de la naissance de la lumière restait insaisissable…

– Mazette !

– Exactement. L’univers que nous voyons semble ne pas avoir de centre et pas de limites.

– Et pourtant… Au « bout du bout du bout » où vous m’avez fait emmener les Krabitz, il y a bien un mur, une sorte d’immense coupole de « rien ».

– Non ! Pas du rien. Juste une absence d’énergie rayonnante et probablement, parce que ça va de pair, une absence de matière telle que nous la connaissons et dont nous sommes faits. Il s’agit d’autre chose. Probablement d’un état préexistant à la lumière et l’énergie ! Je ne peux pas vraiment vous dire, parce qu’à mon époque, plusieurs théories sont proposées par nos chercheurs et rien ne permet encore de les départager.

Mais peut-être que dans mon avenir, il en sera différent.

– Ça peut être quoi ?

– Probablement la singularité elle-même qui aura pris une dimension quasi-infinie, des milliards de milliards de vos années-lumière, dès le début de la période de l’inflation cosmique. En fait, un immense couvercle, un chaudron sphérique qui englobe tout, tellement large qu’en son centre, la lumière a pu se refroidir assez vite et d’un coup, afin d’enfin naître pour être mirée par nos sens et appareils de mesure. »

Presque poétique, avec ça…

 

« – Nous ne savons pas. Seulement que ça semble agir comme d’un vaste « aspirateur » qui étire vers lui tout le reste en accélérant même cette expansion du « visible ». Et le reste, c’est ce qui est à notre disposition pour qu’on le décrypte et le comprenne.

– Oui, enfin, si Dieu existe, il aurait pu faire plus simple…

– Probablement que justement Dieu n’existe pas, car il aurait bien entendu fait plus simple. Il n’y a pas de « création » au sens d’un « Créateur-ultime et premier ». Il s’agit seulement d’un phénomène physique inéluctable.

– Et pourtant, la vision de l’amirale Landdisty, le message de ce Cortinco…

– C’est vrai que c’est historique. Même si dans le premier récit, apparu en début de votre XXIèmesiècle à vous, énonce des dates complètement farfelues (1).

Mais tout ça peut très bien venir d’une espèce mutante et intelligente de mon propre futur. Ce serait d’ailleurs assez vraisemblable. Là, je ne peux pas vous fournir d’explication.

– Pourtant, vous m’en donnez. Et vous savez que j’ai un biographe non-officiel qui pirate ma vie d’une façon incompréhensible et qui va rapporter tout ce que vous me dites ou que j’aurai appris.

– Naturellement ! Sans lui, nous n’aurions d’ailleurs pas pu vous « localiser ». Mais ce « Ice-Cube » a le bon goût de rapporter vos divagations sous forme de roman. Ça passe totalement inaperçu à son époque et pendant très longtemps. Les élucubrations qu’il va en faire dans votre futur à vous seront même présentées comme un ultime roman de science-fiction. Bien trop en avance sur votre époque pour que vos scientifiques en tirent quoi que ce soit d’utile ! C’est dans le cours naturel des choses.

– Je vois : aucun intérêt !

– C’est ça. Ce n’est pas très important, finalement. Presqu’anecdotique.

– Et pourtant ça vous a guidé pour venir m’emmerder à faire des sauts, d’abord dans mon passé, puis désormais dans un futur improbable.

– Vous êtes effectivement un cas, Excellence.

– Paul !

– Excellence. Dans notre Coupole, vous avez un rôle d’ambassadeur. Arriéré, certes, mais parfaitement respectable. Vous verrez.

– Je ne veux rien voir du tout ! » s’emporte Paul.

« – Vous avez raison. Vous n’avez pas à savoir. Même si je sais que vous avez pris le risque de prendre connaissance de votre nécrologie. Vous n’auriez pas dû : ça perturbe l’esprit et le comportement, dans votre espèce, et votre entourage va le remarquer.

– Je ferai gaffe à oublier. Bon alors maintenant, on rentre quand ?

– Tout de suite. Juste un coupe-circuit à actionner et je vous ramène à votre époque pour la suite de votre mission…

– Ah oui… La suite ? Parce qu’il y a une suite ?

– Mais oui ! Je vous en déjà ai informé.

– Laquelle ? Parce que là j’en ai un peu ras-la-casquette ! »

 

(1) http://flibustier20260.blogspot.fr/2008/08/paradoxes-temporels-121.html

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-deuxieme.html

 


Ultime récit : Chapitre vingt-et-unième

 

Déjà la question du retour.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« – Oh, je te fais confiance. On se perd, on fait comme le petit-poucet qui aura semé des cailloux sur son passage : on revient vers la dernière étape. Marche arrière.

– C’est vrai que votre espèce est totalement abrutie, finalement ! Arriérée même. Comment on fait si on a ramassé la dernière balise laissée dernière nous ? On ne reviendra pas en arrière, elle sera dans la cale. »

Oui bon, ok.

« – À moins de les laisser en place…

– Pas question, tu le sais bien, Axel ! »

Mais bien essayé. Voilà ce qu’il advient à causer pour ne rien dire, parfois…

« – Attends Axel, on a fait des relevés cartographiques à chacune de nos haltes, on doit pouvoir reconstituer les écarts entre deux relevés et calculer la route après coup.

– Non mais amusons-nous à ça, pauvre Paul ! Pour faire ce genre de travail de triangulation, il faut au moins avoir un repère temporel. Or, depuis notre départ on n’en a plus aucun. On n’a jamais su quand on est arrivé à chacune de nos étapes, ni vraiment où.

– Le « où », ça peut se calculer. Nous, en mer, avant l’apparition des GPS…

– C’est quoi ça, GPS ?

– Un système de triangulation à partir de l’espace proche. Des satellites.

– Ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas : je sais ce que c’est qu’un satellite. Et notez que ceux-là sont obligés eux aussi de se cadrer sur un top-horaire à chaque passage au-dessus leur repère natif.

– Oui je suis au courant.

– Bé oui, en orbite, même basse, le temps reste relatif et il ne s’écoule pas à la même allure en altitude qu’à la surface d’une planète. Tout le monde sait ça, Paul.

– Moi aussi, Axel.

– Bon alors pourquoi vous mettez en doute ce que je te dis ? Le temps, là, en ce qui nous concerne, ça ne veut plus rien dire. Bien pire que pour tes satellites GPF.

– GPS. Tu ne me laisses pas terminer. Je suis con, peut-être, mais je sais tout ça. »

Alors de quoi il veut parler ?

« – Je te disais que justement, avant les GPS et la radiogoniométrie, on triangulait soit les amers-remarquables près d’une côte, soit on naviguait aux étoiles et au Soleil. L’étoile de ma planète.

– Oui et alors. Vous réfléchissez aussi ? Vous faisiez comment ?

– D’abord un point sur la route à l’estime. Cap/vitesse. Une confirmation avec une droite de soleil, hauteur/azimut, une autre à la méridienne et la nuit avec des droites d’étoile.

– D’accord, mais là « l’estime » ne veut rien dire dans notre situation.

– On peut tenter de reconstituer en superposant deux cartes du ciel prises entre le départ et l’arrivée…

– … et là, nous n’avons pas de méridienne à faire, quant aux droites de hauteur, il va falloir quand même que vous vous rendiez compte qu’entre deux prises de carte, les astres, les étoiles, les galaxies ont pu bouger les unes par rapport aux autres. C’est ce que j’essaye d’expliquer : tout bouge dans le cosmos. C’est comme si vous vouliez faire de la navigation en prenant pour repère les seules vagues de la mer qui passent… »

Ah oui, vu comme ça…

On n’avait encore jamais fait de carte des vagues, c’est vrai.

« – Bon alors, on va faire comment ?

– Je ne sais pas. Comment vous faites dans une galaxie quelconque ? »

La question idiote…

 

Elle a déjà répondu : des balises sont posées depuis les premiers vols intersidéraux et sont depuis régulièrement entretenues. Et le maillage reste étroit pour les routes les plus fréquentées.

Avec les capacités de calcul en Téra-qbit qu’offrent l’usage du neutronium, on peut alors tracer des trajectoires à peu près sûres, d’autant que beaucoup de balises sont posées autour des astres les plus fréquemment visités.

« – Bon, bé lors c’est très simple.

– Comment ça ? »

Vraiment une femme…

Elles sont capables de partir dans le mauvais sens avec une carte et une boussole en main.

C’est même pour elles qu’on a inventé les panneaux indicateurs jusque dans le métro.

« – Notre vaisseau a des instruments qui vivent, non ? J’entends, dans le temps « normal » pendant que nous nous sommes « spinés ».

– …

– Donc ils ont en mémoire tout le trajet, n’est-ce pas ?

– …

– Il suffira de décoder pour arriver en bord de notre galaxie de départ, le saut n° 5. Ça n’aura pas trop « bougé » entre-temps sur tout le parcours, puisqu’on a navigué sur les crêtes de gravitation. Là où il y a le moins d’activité… »

Peut-être, mais après ?

« – Après ? Il sera toujours temps pour vous de trouver quelle que part une de ces balises « entretenues » et le tour sera joué.

– Ah oui ? »

Ah oui.

D’ailleurs, il faudrait que Paul charge les cyborgs « Alpha », « Bêta » et « Gamma » d’effacer discrètement les mémoires du vaisseau dès le chemin du retour entamé : pas question que la légion puisse identifier leur lieu d’arrivée.

 

Le trajet se poursuit sans histoire, sauf celle d’un mortel ennui. Les cyborgs transformés en « sex-toy » grandeur nature, même aux 1.000 apparences, c’est mieux que de la masturbation, mais pas beaucoup plus, finalement : juste une illusion.

D’autant qu’après avoir épuisé quasiment tous les « modèles », Paul en invente de nouveau, mais finalement revient de plus en plus souvent aux mêmes, notamment Florence, la mère de ses gosses, l’affect en moins.

Il n’y a rien à faire, cette fille-là, il l’a dans la peau.

Vraiment dommage qu’elle l’ait fait cocu avec Junior n° 5… (1)

Une meurtrissure, finalement.

Il ne la sait pas encore être rentrée pour la … rentrée scolaire. Il a été « enlevé » avant par le « Gouverneur » Stpeh. Et il ne compte de toute façon plus vivre à Paris, si par hasard il rentrait.

Trop de souvenirs.

Et puis quel intérêt ? Ses business fonctionnent tout seul et lui fournissent assez pour vivre et vieillir tranquillement.

Il sent bien par ailleurs que de toute façon, son aventure va profondément le changer.

Devenir un agent spatial, extraterrestre, extragalactique même, pour aller se promener vers des lieux que personnes, même pas les meilleurs scientifiques de son époque, ne peuvent imaginer, c’est… comment dire ? « Hors-normes ».

Une expérience qui ne sert strictement à rien parce qu’il ne pourra certainement pas la partager. Avec quiconque.

Même si son biographe inconnu et improbable, ce « I-Cube » qui le suit d’année en année, la rapporte pour la rendre publique.

Mais comment pourra-t-il la rapporter, d’ailleurs ?

C’est proprement impossible.

 

Au 120ème saut, c’est clair, le vaisseau volé à la légion arrive au bout de son périple. Devant, à part quelques clartés insignifiantes qui correspondent à quelques étoiles éparses, il n’y a rien que le noir, le vide absolu, une absence de rayonnement complète, même du rayonnement fossile.

Les détecteurs ne bougent même pas, ne réagissent même plus quel que soit la direction vers lesquels ils sont pointés.

On est face à un « mur » oppressant. Gigantesque. Incommensurable.

Ce n’est pas la fin du bout de la fin, c’est autre chose. C’est le commencement d’un univers inversé. Sans rien que cette matière hypothétique qui avalerait tout pour l’absorber, le détruire, jusqu’à la moindre parcelle d’énergie quelle qu’en soit sa nature.

Là, désormais, il s’agit de ne pas aller plus. Ils pourraient le faire, mais au risque de se laisser engloutir dans le néant.

D’ailleurs, il est débattu de l’intérêt d’y envoyer une sonde. Et puis le projet tombe à l’eau : comment va-t-elle être récupérée, si on peut la récupérer ?

Le mieux, c’est de chercher, parmi les « clartés » encore existantes devant eux, ou à proximité, une ou plusieurs étoiles où poser des balises, mais qui soient équipées de planètes d’accueil pour les Krabitz.

À eux ensuite, avec les vaisseaux cargos, de se démerder pour faire au mieux avec cet immense mélasse qui leur barre le chemin.

Il faudra plusieurs sauts pour trouver une étoile – un système double – autour duquel orbitent une planète d’accueil, c’est-à-dire, pas trop chaude, avec un sol en silicate, un peu d’humidité et sans espèce autochtone belliqueuse ou dangereuse.

Probablement qu’il n’y a aucune civilisation développée ci-avant.

Ils dégottent ainsi la « balise 123 » où la seule espèce dominante semble être de grands sauriens herbivores : pas tout-à-fait ce qu’ils espéraient, mais pourquoi pas ?

Les Krabitz arrivés entre-temps à la « balise 120 » commencent à se déployer.

Leurs gros vaisseaux cargos sont vraiment très nombreux : pas mille, pas dix milles, mais une multitude, peut-être même des millions de cargos de la Garde !

Et le tout durant les quelques jours où Paul et Axel seront restés à proximité de la frontière du « rien ».

Véritablement extraordinaire !

Pas possible qu’ils viennent tous de leur point de départ d’origine, la planète où Paul a été projeté depuis son passé par la sorcellerie du « Gouverneur » Stéphane : ils ont eu du renfort.

Un prompt renfort…

 

L’explication ne peut venir que de Steph qui aura fait les fonds de tiroirs de l’espèce Krabitz partout où la Garde sait qu’ils se sont posés et aura guidé ceux-là dispersés dans les galaxies où les Homos-Ultra naviguent aisément, usant de leurs possibilités de voyager sur la flèche du temps, pour utiliser les balises posées par Paul et son pilote « Homo Plus » et ainsi les faire migrer.

Car normalement, Paul ramasse ses balises sur la route du retour : après lui, le chemin sera fermé.

Et ça persiste à débouler en escadrilles nombreuses et serrées : il y a bien plusieurs « envois » !

La Garde fait son ménage…

Du coup, Paul prend l’initiative de refaire plusieurs sauts vers des étoiles encore existantes dans les parages, à la recherche de planète d’accueil pour tous ces vaisseaux cargos.

Et plus il en fait et en trouve, et plus il en arrive…

Magique.

Jusqu’au jour où Axel en a marre.

Ça fait un moment qu’il faut discuter de l’intérêt de la manœuvre.

« – On avait dit 260 sauts. Ça fait 130 à l’aller, autant au retour… On s’est arrêté au 120ème. Depuis on en a fait 7. Il n’y en a plus que 2 à faire parce que le dixième doit nous faire revenir vers notre « balise 120 » et on met le cap sur la « balise 119 ».

– Ça fait déjà 9 en comptant les sauts loupés des balises 95 et 96. Aller et retour.

– Raison de plus. Mais ces deux-là ont été des sauts de puce. Je ne sais pas s’ils comptent de la même façon. À mon sens, il est temps de penser à rentrer… »

C’est vrai : Paul en a également marre. D’abord la gravitation de la sphère de vie, légèrement trop « forte » pour un Sapiens, même si ça semble adapté au Plus. Puis cet air en boîte, sans odeur que celle de sa cuisine. Justement, la cambuse qui commence à s’épuiser, notamment la cave. Et surtout la vidéothèque : il a fait toute la filmographie des westerns, celle des John Wayne, Clint Eastwood, Henri Fonda, Steeve McQueen et tant d’autres, avait revu les space-opéras, bien mièvres à côté de ce qu’il est en train de vivre, plein d’autres genre encore ; il a vu des opéras, Verdi, Mozart et quelques autres, les concerts d’Emily Lison, des Pink-Floyd, des Beatles et quantité d’autres qu’il aura découvert.

Il ne va pas non plus passer sa vie à se promener dans un endroit qui n’existe même pas dans aucune équation, qu’on ne peut même pas voir avec les meilleurs instruments de n’importe quelle époque et ce pendant encore des milliards et des milliards d’années, pour être placé au-delà de l’horizon universel et que personne d’autre ne pourra jamais connaître ni même comprendre ou seulement envisager.

C’est totalement déprimant.

Surtout pour faire le con au profit de touffes d’herbes qui ne communiquent même pas.

Pas un remerciement, rien.

Mais probablement, ce qui angoisse le plus Paul, c’est la suite promise…

 

Cf. l’épisode « Laudato si… » : (1) http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/01/laudato-si-0.html

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-et-unieme.html

 


Ultime récit : Chapitre vingtième

 

La poursuite du voyage.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Par acquis de conscience, il continue de scruter tous les horizons. On ne sait jamais, les « pierres » peuvent revenir. Peut-être même que les cargos chargés de Krabitz arriveront à saturer l’espace, comme au cinquième saut en bordure de la galaxie de départ.

Avec les maigres ressources de son petit générateur quantique, il décide de se rapprocher de la sonde qui aura été larguée avant la disparition du vaisseau.

Il n’a pas le souvenir d’avoir fait la manœuvre, mais qui sait…

Avec quelques efforts, il finit par la repérer et navigue à petite allure dessus et là, surprise, aucun moyen que les cargos de Krabitz ne parviennent jamais en cet endroit reculé : la partie en charge de retourner sur la balise précédente est toujours bien accrochée à la sonde.

Elle a été larguée, mais par retournée à son envoyeur, la bouée 94. Moment de sombre désespoir en vue : même les Krabitz ne peuvent pas venir jusqu’à lui !

Il ne sera pas possible de retourner au point de départ, d’expliquer le problème au « Gouverneur », de s’emparer du vaisseau « second » de la légion pour poursuivre l’exil des Krabitz…

Foutu et bien foutu !

Radicalement foutu : il ne verra jamais grandir ses gamins. Il ne vieillira plus très longtemps, désormais…

 

Quand tout d’un coup, alors qu’il somnole, les alarmes retentissent : les « agresseurs » sont-ils de retour ?

Panique !

Avec le peu d’énergie qu’il a encore en réservoir, la lutte prochaine sera largement déséquilibrée. Même pas sûr que le champ de protection puisse fonctionner très longtemps.

Et la première fois, il avait été utile compte tenu du dégagement d’assauts de rayonnement ionisant qu’il avait encaissé et qui avait tant secoué sa barge. Sans cela, il n’aurait eu d’autre issu que de fuir. Vers où, vers quoi au juste ?

Non, apparaît à proximité de la bouée restée inerte la seconde partie d’une des sondes, puis quelques instants plus tard, pas très loin, le vaisseau de la légion piloté par Axel, alors que tombe des haut-parleurs sa voix en même temps que se précise la position des deux appareils détectés !

Pour une surprise, c’est une sacrée surprise !

Ça alors…

Au fil de leur rapprochement, la conversation devient plus fluide :

« – Mais t’étais où ?

– J’ai mis à l’abri le vaisseau…

– Un 96ème saut ?

– Oui !

– Mais avec quelle réserve d’énergie ? »

Avec ce qui restait. Un petit saut, pas grand-chose, puisque la machine s’était rapidement mise en rideau faute d’énergie.

 

Nouvelle alerte d’intrusion : des « agresseurs » sont détectés à quelques 33 minutes-lumière de distance, venant d’un axe nouveau.

Ce n’est pas possible, ils ont un détecteur de masse super-sensible ceux-là. Probablement comme ceux qui équipent le vaisseau de la légion.

« – Paul, vous embarquez le plus vite possible. Je récupère la sonde 95 et la balise 96 et on décampe !

– Je vote pour. »

Refaire un gymkhana pour repousser l’assaut des « courgettes » avec une autre barge, c’est l’autre option.

Mais c’est nettement plus intelligent de « sauter » l’étape 95, d’aller se réfugier au « 96 » et de n’envoyer vers la « balise 94 » que la dernière sonde. Si la zone est sûre, au moins les Krabitz n’auront pas à se faire massacrer par les « pierreux-agressifs » qui infestent le secteur.

« Pas pour rien que nous sommes des « Homos-Plus ». Plus évolué, plus amélioré, plus intelligent, plus augmenté ! »

Mais oui, c’est cela…

On ne va pas contrarier la main salvatrice tendue, n’est-ce pas, en pense Paul.

« – Tu aurais pu avoir l’idée avant mon largage…

– Mieux vaut tard que jamais », ou quelle que chose comme ça.

 

C’est la quatrième fois qu’il fait la manœuvre de rapprochement. Les barges  de secours sont conçues pour évacuer. Pas pour servir de liaisons. Même si la programmation reste utile pour la manœuvre.

Qui consiste à s’approcher à vitesse réduite du vaisseau. Comme il ne s’agit pas d’user du réacteur de propulsion orienté vers le vaisseau pour ralentir afin d’éviter d’abîmer son revêtement inerte, il faut donc ralentir la barge en exécutant des embardées en spirale grâce aux moteurs auxiliaires d’attitude, roulis, tangage, lacet… et se débrouiller pour stopper à distance zéro, vitesse zéro devant l’ouverture béante de départ.

Il y aurait bien l’ouverture prévue justement pour les « liaisons », en tête et en queue de vaisseau, le débarquement des personnels et matériels, l’embarquement des mêmes et de l’avitaillement, mais la barge n’est pas du tout adaptée et ça la rendrait inutilisable pour son usage premier.

Alors c’est un peu sportif pour la remettre dans son logement de départ, d’autant que les « courgettes » approchent et qu’il s’agit de ne pas traîner dans le coin.

Ça se passe et c’est avec soulagement que Paul revient dans la sphère d’habitation pour se faire griller sauvagement un steak, probablement de soja lyophilisé, arrosé d’un excellent bordeaux. Il a la dalle, marre des rations de survie indigeste de la barge !

Et il déboule dans le poste de commandement pour superviser le départ vers la bouée 96 pour un 98ème saut, avec en soute la sonde 95 qui sera balancée plus tard vers l’étape 94 : tout rentre dans l’ordre, mais quelle histoire.

 

Au point « vrai 95 », l’étape est un peu longue, mais sûre, sans « agresseur ». Il s’agit de refaire tous « les niveaux » dans tous les compartiments du vaisseau qui aura été rudement sollicité durant cette bataille improbable contre des créatures encore plus improbables.

Pour se jeter vers le « vrai 96 ».

Ils ont fait les quatre cinquième de ce parcours invraisemblable, la plupart du temps sur les crêtes de gravitation qui zigzaguent entre les vallées gravitationnelles où se regroupent matière et galaxies entières.

Et plus ils avancent, plus la cible de faible température grandit, remplissant au fur et à mesure un cône devenu bien visible d’un noir presqu’absolu, car il persiste encore quelques formations galactiques regroupées en amas de loin en loin.

Les cartes du cosmos se complètent en des amas parfaitement inconnus.

Toujours la présence des galaxies les plus jeunes, qui datent de quelques 13 milliards d’année-lumière et quelques pour les plus lointaines, qu’on peut encore détecter par endroits là où ils font halte. Mais elles commencent à ne plus être également réparties dans le cosmos. Vers le 111ème saut, c’est clair, le cosmos devient asymétrique.

Soit on arrive à sa « vraie frontière », celle du « début-du-début », la limite physique de la période d’inflation qui a suivi immédiatement la création de la singularité originelle, bien avant que l’univers ne se refroidissent assez par son expansion pour laisser surgir la lumière, soit on se rapproche d’un phénomène destructif, une sorte de gouffre « mange-matière », « mange-lumière », un gigantesque univers de trous noirs qui barrent l’horizon et absorbe toute l’énergie, qui entoure finalement le monde entier de la matière et de la lumière, ce qui pourrait alors expliquer qu’au fil du temps et des mesures, l’expansion de l’univers visible semble s’accélérer.

Au choix.

Mais c’est certain, c’est là que vont les Krabitz. Et ce qui est dingue, c’est qu’ils aient eu besoin de l’espèce Homo, dans ses versions Sapiens, Plus, Ultra, peu importe, pour les y emmener alors qu’ils auraient pu y être posés dès l’origine…

Il y a comme quelques incohérences originelles dans le procédé.

À moins que…

À moins que ce soit le processus préféré dès l’origine. Ni Paul ni Axel ne savent…

Totalement prodigieux.

 

Comment la petite troupe de Krabitz qui arrive dans leur sillage pourra-t-elle faire face ?

C’est largement improbable compte tenu de la taille du cône qui s’élargit au fil de leur avancée.

À moins d’un miracle inexplicable.

En attendant, la moisson des données cartographiques en devient lui aussi prodigieux. Quelle distance ont-ils parcouru depuis leur départ ?

2, 10, 20, 100 ou 1.000 fois plus grand que l’univers visible ? Impossible à dire.

Combien de siècles, de millénaires, de milliers ou de millions de millénaires se sont écoulés depuis leur départ dans le « temps-vrai » ?

À leur allure d’escargot, ça doit dépasser l’entendement.

Et pourtant quoi ? Au compteur de Paul, à peine quelques mois, une paire d’années terrestre se sont écoulés : sa montre et son calendrier artisanal en témoignent, évidemment.

D’autant qui sait qu’il n’est pas éternel, qu’il vieillit, plutôt pas très bien avec des « petites-douleurs » jusque-là inconnues et ce n’est pas bon pour son moral.

S’il arrive à sa destination en deux ans et demi, il en mettra autant pour revenir à son point de départ.

S’il revient : il ne sait pas ce qui l’attend, même s’il a pu prendre connaissance de sa nécrologie qui ne dit pas la même chose, et envisage tout et n’importe quoi, ce qui anime ses discussions avec Axel : ils philosophent…

Car une des difficultés reste de retrouver les balises déposées en chemin.

 

Axel lui explique que cette technique de navigation a été abandonnée il y a bien des générations par les vaisseaux de la Légion et les flottes commerciales, scientifiques et touristiques au profit d’un balisage permanent des menaces qui parsèment les routes de l’espace dans une galaxie donnée.

Parce qu’elle n’est valable que pour des parcours relativement courts et rapides. Une balise, ça dérive dans le cosmos une fois qu’elle est lâchée.

Et justement, ça dérive avec la menace qu’elle signale, un peu comme un phare en mer posé sur un écueil.

« – Si vous attendez trop longtemps, elle n’est plus là où on l’a posée.

– Tu la perds ?

– Non, les détecteurs de navigation la retrouve. Ce n’est pas ça le problème. Le problème ce sont les objets qui circulent eux aussi dans le cosmos et qui ne sont pas connus.

Comme vous l’avez vu à plusieurs reprises, nous avons été arrêtés la plupart du temps sur notre parcours par la présence de matière non détectée au départ. Qu’à chaque fois, nous en avons profité pour remettre à niveau le vaisseau et refaire les pleins d’énergie. Et encore, comme notre navigation n’était pas très précise, nous on visait « au plus loin », sur les crêtes apparentes de gravitation.

Mais vous aurez noté que plusieurs fois, on est allé probablement plus loin, et plus d’une fois on a dû reprendre la route à peu près dans la même direction. Alors quand un convoi vous suit sans délai, pas de souci. À condition de lui indiquer la route à suivre et les coordonnées des balises. C’est le rôle des sondes qu’on renvoie à chaque étape.

Mais au retour, où seront-elles, nos balises ?

– Tu veux dire qu’elles auront pu dériver de telle sorte qu’on les perde où qu’elles nous fassent croiser des obstacles qui n’étaient pas présents sur la route à l’aller.

– Plus on attend, plus elles dérivent invariablement. Mais bon, il n’y a pas à s’inquiéter outre mesure. C’est un modèle adapté à nos besoins et nos détecteurs le sont tout autant. On les retrouvera, même les premières.

Moi, ce qui m’inquiète, c’est la seconde hypothèse : un obstacle qui n’était pas présent à l’aller, une fois dans la galaxie de départ.

– Oh bé moi ça ne m’inquiète pas trop », crane alors Paul qui a confiance dans les détecteurs du bord chargé de déspiner le neutronium.

Ah bon et pourquoi ça ?

 

« – Tu l’as toujours prétendu : tu es plus intelligente que moi, tu trouveras bien une solution.

– Prétendu et démontré. Rappelez-vous de l’étape 95 ! Où vous vous êtes comporté comme un imbécile, un primaire, propre à votre espèce. Aller en découdre, il n’y a que ça qui compte pour vous ! » s’enflamme-t-elle.

« – Tu peux parler toi et ta légion qui s’apprêtait à génocider une espèce inconnue des herboristes de ton espèce. Nul, oui !

– Il y avait probablement des raisons que j’ignore. Si une telle opération a été décidée, il fallait bien l’exécuter. C’est le rôle de la Légion, qui fait la police dans le cosmos. Et il y a du travail avec tous ces pirates, contrebandiers, trafiquants et autres voyous de l’espace.

– Admettons. Un ordre, ça ne se discute pas, même quand ils sont stupides. J’ai déjà payé de ma personne pour le savoir et à plusieurs reprises.

De toute façon, que tu l’exécutes ou non après c’est toujours le bordel. Alors autant choisir celui qu’on préfère…

– J’en suis d’accord. Non, là ce qui m’inquiète, c’est que si nous avons le matériel qu’il faut pour nous éviter les obstacles et savoir les détecter avec une marge de manœuvre assez large, je ne sais pas bien si nous allons pouvoir récupérer toutes nos sondes…

– Et alors ? Quelle importance ? Il suffit d’en reprendre assez n’importe où pour fermer définitivement le passage. Personne d’autre ne pourra nous suivre à la trace. C’est dans notre mission.

– Ça je sais. Ce n’est pas ce qui m’inquiète.

– Alors quoi ?

– Si on en loupe une, le vaisseau va poursuivre sa route jusqu’à épuisement ou l’approche d’un nouvel obstacle.

– Pas de problème. On saute à la suivante si l’une est dépassée.

– Et oui et on fait comment pour savoir dans quelle direction ?

– On a navigué à peu près tout droit…

– Non pas du tout. En zigzag et en trois dimensions. Si on se perd, on ne saura jamais dans quelle direction retrouver notre chemin… »

Ah oui, vu comme ça… inquiétant, effectivement !

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingtieme.html

 


Ultime récit : Chapitre dix-neuvième

 

La bataille de la « côte 95 ».

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Comme Axel n’a pas de meilleure idée sur le moment, Paul s’équipe pour aller chevaucher une des barges du bord.

L’accès à celles-ci n’est pas simple. Il faut d’abord sortir de la sphère de vie et sa douce gravité artificielle. Il y a huit passages possibles à travers l’entrelacs des circuits de matière accélérée qui crée par sa masse les effets de la gravitation et il ne les connaît pas tous.

Il faut ensuite sortir par les étroits orifices de la sphère revêtu de neutronium en l’occurrence « déspiné ». Dans le cas contraire, ce n’est pas possible.

Ce sont des ouvertures avec à deux sas. Un d’ultime protection de la sphère de vie et de son environnement, et deux autres vers l’extérieur qui sont là assurer la continuité de la couche de protection du neutronium.

Celui-ci étant constitué de neutrons liés les uns aux autres par la force-forte, il faut fournir beaucoup d’énergie mécanique pour forcer le passage par déchirement.

Mais pas autant que pour libérer les orifices des tuyères des réacteurs qui sont quand même plus gros.

Le principe, pour limiter les efforts, est de faire circuler des protons animés par une vive tension d’électrons. Ça crée une « faiblesse », certes éphémère, qui est concentrée sur la circonférence d’un orifice assez grand, qui libère un passage dans le premier sas.

Une opération impossible à faire quand le neutronium est spiné : il absorbe alors toutes formes d’énergie, tel qu’il en suspend même l’écoulement du temps, vers l’intérieur quand tous les spins sont orientés vers un seul point à l’intérieur d’une sphère, vers l’extérieur quand ils sont orientés parallèlement à la plus grande longueur d’un tube.

Ou d’une ogive en l’occurrence pour la forme du vaisseau de la légion.

Par précaution, il est refermé pour assurer la continuité de la couche de neutronium, pendant qu’un autre est ouvert de l’autre côté du sas, de la même façon.

Puis refermé pour donner accès à tous les appareils qui assurent l’intendance du vaisseau et sa propulsion.

Les barges sont regroupées sur les flancs, entre les énormes « réservoirs » qui s’enroulent couche sur couche, sur toute la longueur et le pourtour du vaisseau, contenant la matière et l’antimatière qui circule à vitesse relativiste depuis les générateurs pour aller se perdre dans les moteurs de propulsion, ou pour un autre usage.

Entre, il y a des passages de services, en état d’apesanteur. Mais là on franchit de nouveau une série de sas, car on est déjà dans le vide : un scaphandre est obligatoire, ainsi que l’usage d’un des véhicules utilisés par les cyborgs pour se déplacer le long pour arriver au plus près par les corridors de service.

Les barges sont juste derrière, stockées dans des excroissances du vaisseau. Pas très pratique en cas d’évacuation d’urgence.

Les autres excroissances que Paul a pu identifier à l’occasion de ses sorties, ce sont les tourelles pilotées par des droïdes – qui ne craignent pas le vide intersidéral – et commandés depuis le poste central par l’officier artificier.

Là, ce jour-là, c’est Axel dont ce n’est pas la formation, qui va devoir s’en charger.

Paul s’arrime sur son siège après avoir refermé l’étroite porte d’accès et déverrouille les amarres.

La barge flotte à côté de l’immense vaisseau de la légion. Elle a une taille ridicule, tel un puceron devant une grosse meule de foin, alors que Paul sait qu’il y a le volume d’un vaste appartement de fonction assez grand pour accueillir une dizaine de membres d’équipage dans des conditions de relatif confort.

 

Puis elle est expulsée par la mise en route simultanée du champ de protection du vaisseau alors que Paul fait de même pour le sien.

Une barge est équipée en standard des équipements de survie et de navigation, d’un réacteur à fusion matière/antimatière, de deux gros réservoirs pour sa propulsion, d’un petit générateur quantique de secours pour ses besoins en énergie et entretenir les réservoirs de matière/antimatière, d’un canon d’autodéfense planté dans le nez, de deux tourelles d’autodéfense qui circulent sur des rails au-dessus et en-dessous, pivotantes sur 180° assurant ainsi une sphère de protection légère en complément du champ sur 360°, mais pas de dispositif antigravitationnel, ni d’aucun en neutronium.

Paul une fois éloigné suffisamment, met en marche le réacteur pour dépasser le vaisseau.

Une trajectoire tout d’abord tangentielle, pour éviter d’abimer le vaisseau qui coure sur son aire avec les jets d’énergie à ultra-haute température de sa tuyère.

Accélération d’un G. Normale. Puis il stoppe le moteur, fait pivoter sa machine avec les petits réacteurs de positionnement et d’attitude et accélère ensuite vivement vers les « agresseurs » préalablement verrouillés pendant la phase d’écartement du vaisseau.

Les plus proches sont à 8 minutes-lumière. La seconde vague est à 22 minutes dans une autre direction. La troisième est à à peu près une heure. Et une quatrième se profile à l’horizon de 12 heures, encore dans un autre azimut.

Ça va être coton…

 

L’idée première de Paul est de faire une reconnaissance « rapprochée » pour évaluer la menace. Puis de s’interposer entre les premiers « agresseurs » et le vaisseau de la Légion, afin de retarder comme il peut le moment du contact.

Il sera toujours temps de rejoindre le vaisseau, et pour celui-ci d’en profiter pour refaire un peu d’énergie avec ses générateurs quantiques, au moins assez pour un « petit-saut » et s’éloigner de la menace.

C’est qu’en approchant de la cible la plus grosse, il s’aperçoit au fil de sa progression qu’elle est entourée d’une myriade de « pierres » plus petites qui virevoltent autour, comme en orbite. Même matière apparemment rocheuse, gris-sombre, en forme de courgette irrégulière. Pas d’activité électromagnétique, mais un taux d’émission de radiation ionisante, dans la gamme des rayons X et gamma typique d’une activité radioactive.

Ces trucs-là sont soit des blocs de transuraniens, soit dotés de réacteurs nucléaires…

Pas foncièrement dangereux, mais tout de même incompatible avec la forme de vie de Paul et des « Homo-Plus ». Probablement aussi pour les Krabitz.

Il met presque trois heures pour parcourir les 8 minutes lumières, en économisant l’énergie du bord. En revanche, les « agresseurs » n’accélèrent pas, ne ralentissent pas, ne changent pas de cap, mais tournent sur eux-mêmes à un rythme assez lent.

Pas très véloce, même s’il ne faut pas se fier aux apparences.

Peut-être qu’il s’agit seulement de blocs de matière inertes qui suivent leur cheminement dans l’espace, tout simplement, comme de vulgaires astéroïdes, sauf que les trajectoires sont convergentes vers le vaisseau : pas l’effet du hasard.

 

À moins d’une minute-lumière de distance, il s’agit de les « tester ». Paul arme un tir de semonce. Le canon est un bitube. Le premier éjecte à une vitesse relativiste un jet d’antimatière et l’autre un jet de matière qui se focalisent tous les deux à une distance donnée. Normalement, au moment du « mélange », les deux jets s’annihilent et dégagent une formidable énergie, celle qui sert dans les réacteurs du vaisseau et de sa barge. Sauf que si dans les réacteurs l’énergie dégagée est canalisée par un puissant champ électromagnétique pour transformer cette énergie en poussée dans la tuyère, là, la désintégration se fait sans être canalisée, tous azimuts. Provoquant non pas une onde de choc, mais un plasma exothermique de plusieurs millions de degré. De quoi disloquer toute forme de matière.

Hors le neutronium spiné…

Pas de réaction visible.

Juste quelques « pierres » parmi les plus petites qui changent de trajectoire et accélèrent dans la direction de Paul : il y a donc un mécanisme « intelligent » qui vient en reconnaissance.

Se sentant menacé, Paul réitère sa manœuvre, mais avec les tourelles qui sont programmées pour les viser directement afin de provoquer leur destruction. Les morceaux seront en principe arrêtés ou déviés par le champ de protection de la barge pour éviter tout impact destructeur.

 

La plus grosse pierre précédemment visée par le coup de semonce se met à émettre un puissant rayon dans la gamme des gammas, depuis une ouverture qui s’agrandit, telle une immense gueule ouverte au sommet avant de la « courgette », dans sa direction que ça secoue la machine via son champ de protection. Là, il s’agit de déguerpir rapidement : l’énergie nécessaire à la génération du champ de protection pourrait vite être épuisée.

Paul manœuvre. Il fait face à une réelle menace. S’il est capable d’envoyer une slave plus puissante et plus longue, la barge pourrait ne pas y résister.

Le prochain coup est pour l’ouverture gigantesque qui se rapproche mollement. Le canon l’explose littéralement.

Dans un grand dégagement de gaz chauds qui illuminent cette portion du ciel d’un éclat invraisemblable.

Et il s’agit de ne pas attendre la suite. Paul persiste à manœuvrer en tous sens pour ajuster et tirer sur le caillou suivant avant que celui-ci n’ouvre lui aussi son orifice et crache son rayonnement mortel.

On n’est pas au contact et la lumière, qui renseigne sur l’environnement, met un peu de temps à parcourir les distances : il faut donc impérativement anticiper !

Deux minutes-lumière et il prend le risque de se faire désagréger par le flux d’énergie que les « courgettes » sont capables d’envoyer pour lui barrer la route.

Le champ de protection de la barge réagit très bien, sauf que ça perturbe complètement sa trajectoire, avec parfois de violentes accélérations à subir.

À plus de 5 minutes-lumière, ce sont les anticipations de Paul et des calculateurs du bord qui foirent leur propre tir au canon…

La bonne distance, c’est donc 3-4 minutes-lumières. À la fois beaucoup et assez peu.

Car à part ce détail, c’est relativement facile pour Paul, face à des objets qui voyagent relativement lentement et c’est manifestement plus difficile pour elles face à la barge de Paul nettement plus véloce et agile, d’autant que son pilote manque de s’envoyer dans les pommes à plusieurs reprises avec ses propres accélérations de 3 à 5 G, toujours d’arrière en avant, alors que la trajectoire de sa barge fait des arabesques dans les trois dimension de l’espace en accélérant à chaque fois puisqu’il change d’axe de poussée…

Qu’il s’agit d’ailleurs un moment de ralentir en retournant l’appareil, dans la mesure où les calculateurs du bord se mettent à moins bien anticiper les mouvements des cibles qui se présentent : on n’est plus très loin de la saturation et le tir du canon semble avoir loupé sa dernière cible… La distance, la vitesse, les changements de cap…

Mais au fil de la bataille, il s’agit toujours de repousser plus en aval la proximité des « courgettes » de leur axe de progression vers le vaisseau.

Sauf qu’à un moment, manifestement, il n’y a plus un axe convergeant, mais plusieurs.

Les cargos des Krabitz seraient-ils déjà en approche ?

C’est possible mais compte tenu de la distance, le renseignement n’arrive pas à Paul à temps pour confirmer ou infirmer.

Il se passe autre chose : Paul en a la confirmation quand il reprend les cartes des déplacements. Les « agresseurs » se dispersent au fil de ses tirs. Notamment ceux dont il est le plus proche.

Certes, eux aussi dégagent de l’énergie ionisante en quantité dans sa direction, qu’il persiste à éviter en anticipant, mais désormais, il fait mouche à chaque coup et l’escadron de courgettes la plus proche s’éparpille.

Celle qui était à 22 minutes-lumière semble s’éloigner. Il n’y a d’ailleurs plus de trace sur les détecteurs des deux plus lointaines.

Par quel mystère ?

 

Plus grave, alors que les réserves d’énergie commencent à indiquer un niveau assez faible tel qu’il faille envisager de faire le plein sur le vaisseau ou changer de barge, Paul se rend compte que celui-ci a disparu des écrans de contrôle…

L’effroi quand il se rend compte que son vaisseau est introuvable !

Alors même qu’il n’a pas pu être détruit ou avalé par les « agresseurs » de la « côte 95 ».

Ce n’est pas possible, s’interroge-t-il. Il y aurait eu des traces résiduelles.

Et ses appels en direction d’Axel restent vains. Ce qui est logique compte tenu des distances.

Mais pas durant plusieurs heures. Or, la bataille n’a pas duré plus d’une demi-journée terrestre. Il n’a pas pu s’éloigner du vaisseau au plus de 12 heures-lumière. Même pas la moitié, même pas le quart…

Bref, il est perdu. Axel a disparu et avec elle le vaisseau. Elle l’aura déplacé « hors-champs » pour le récupérer et rejoindre un port d’attache quelconque de la Légion.

« Salope ! » peste Paul enragé par la perspective.

Il s’est fait rouler comme un bleu !

Diantre : il a combien de réserve pour finir de divaguer dans l’espace infini avant de mourir de faim, d’épuisement ou de désespoir ?

Un rapide calcul permet d’affirmer que c’est de froid ou d’intoxication au gaz carbonique, faute d’énergie si par hasard le générateur quantique se met en carafe – il ne sait pas le relancer – et qu’il n’y aura plus moyen de chauffer ou de régénérer l’air ambiant.

Quant à la bouffe, ça peut être plus rapide, tellement il allait s’intoxiquer avec des nourritures « difficiles » pour son métabolisme. Et puis combien de temps d’abstinence d’alcools forts et autres vins argentins tiendra-t-il sans devenir fou ?

Les paris sont ouverts…

Et alors, la mission confiée par le Gouverneur ? Un échec total !

Et son retour sur Terre à son époque à lui, pour la seconde mission promise, un leurre ?

Le Nivelle 003 ne verra donc jamais le jour…

Lui et ses certitudes !

 

C’est con de se faire rouler de façon aussi sotte. Vraiment, quel con !

Il désespère ainsi une cinquantaine d’heures, se satisfaisant seulement de constater que le ciel scruté sans discontinuer est désormais vide. Totalement vide. Pas de vaisseau, c’est certain, même les « pierres » agressives se sont éloignées : personne ne saura jamais de quoi elles étaient faites, comment elles fonctionnaient, d’où elles venaient, quelle technologie mystérieuse elles utilisaient.

Décidément frustrant.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-dix-neuvieme.html

 


Ultime récit : Chapitre dix-huitième

 

Le 95ème saut.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Certes, il y a bien sa curiosité naturelle qui l’emmène à parcourir les longues coursives où il découvre les « barges de secours », qui sont en fait de petites machines autonomes, un peu étroites pour son gabarit, en parfait état de vol dans le vide spatial, qui plus est armées, qui lui permettront de faire des « sorties » à explorer les contours de l’immense vaisseau pris sur la légion.

Certes, il a ses propres équations à avancer pour concevoir correctement le Nivelle 003.

Bien sûr, ça manque un peu d’activité sportive. Il fait installer un vélo d’appartement, les ateliers du bord étant capable de fabriquer ex-nihilo à peu près n’importe quoi, même des pièces défaillantes du vaisseau lui-même, même les plus complexes, par méthode additive – comme dans les imprimantes 3 D de son époque – et faire défiler « son paysage » avec un peu de vent dans les cheveux rend l’illusion presque parfaite : il suffit pour cela d’adapter la difficulté à la pente apparente de la piste et le souffle de l’air à sa vitesse théorique.

Ça reste toutefois limité.

 

Le plus splendide en matière d’activité physique et « autre », ça reste « Alpha », « Bêta », « Gamma » et leur « catalogue » de formes.

Il pourra ainsi « essayer » quantité de « people », des actrices, des femmes célèbres ou des épouses d’hommes publics, des comédiennes, des femmes politiques, d’autres simplement splendides qui auraient pu devenir « top-modèle » dans la vraie vie, des chanteuses, des romancières, des athlètes sportives, voire quelques-unes de ses anciennes conquêtes, dont Florence, Matilda, Emily, Isabelle Nivelle, sa fille, Mylène et sa fille, et beaucoup d’autres dont Miho, sur lesquelles il fantasmait sur terre : un vrai bonheur !

Des blacks, des beurs, des métisses, des blanches, des asiatiques, des grosses, des maigres, des grandes, des petites, des superbement belles, d’autres moins belles et même une réplique d’Axel elle-même est très ressemblante, juste pour en rire…

D’ailleurs, le jour où elle s’est ainsi croisée, alors qu’elle se contentait de rester habituellement dans ses quartiers à elle, qu’il en fallu sortir son cyborg ainsi transformé, juste pour lui faire une démonstration de ce qu’il avait à lui offrir jusque dans le poste de pilotage, elle a été à la fois outrée, scandalisée et … intéressée !

Au moins, ça aura réveillé sa libido d’homosexuelle, puisque Paul lui aura « prêté » un cyborg à plusieurs reprises.

Paul, en revanche, devant ces masses molles disgracieuses et bloblottantes à outrance, son absence de poitrine faute d’utilité, il en a eu « une défaillance »…

Ça lui a fait comme l’effet d’être un peu l’équivalent d’une activité zoophile déplacée.

De toute façon, ça reste des cyborgs et c’est déjà en soi « contre-nature », des cyborgs manquant en plus d’un peu de diversité vestimentaire. Ça a même un côté un peu dément, alors que ces créatures artificielles savent y mettre les apparences d’y prendre un goût certain et quelques compétences, beaucoup de « bonnes techniques » comme les massages mantra, sans jamais aucune retenue ni aucun tabou des meilleurs venus.

Passons : on fait avec ce qu’on a sous la main…

 

L’autre activité qui reste intéressante, c’est de faire la cuisine. Steph avait fait rentrer quantité impressionnante de vivres dans les réserves de la cambuse, mais essentiellement congelés ou sous forme de poudres lyophilisées.

Beaucoup de produits déjà préparés, qu’il suffit de réchauffer au micro-onde ou en bain-marie, mais heureusement encore, aussi pas mal de produits bruts qui avaient dû être frais à un moment ou à un autre.

Manquaient que les œufs, remplacés par des poudres sans saveur…

Dès lors, quant à pâtisser, là, il ne fallait pas trop y compter, même si les quelques essais de crème ne sont pas trop mal réussis. En revanche, les glaces et sorbets prennent très bien…

Alors cuisiner avec ça, c’est l’affaire de « Gamma ».

D’ailleurs même Axel est venue partager ce moment de convivialité, malgré la présence de « sa réplique » découverte en milieu de parcours, pour manger des portions ignobles, hyper-protéinées de couleurs inconvenantes, avec des surdoses de glucides. Très peu de graisses apparentes, et pourtant elle est grasse.

Allez savoir pourquoi ?

Quand Paul se met aux fourneaux, ça a une autre gueule et les odeurs de fritures et d’épices dégoulinent un peu partout avec bonheur. Même Axel n’y est pas totalement indifférente, c’est dire.

Et c’est d’ailleurs ce qui l’a fait revenir « en cuisine ». Ce qui embête un peu Paul au début : il a pris l’habitude de « se faire tripoter » sous la table pendant ses repas et il ne veut pas contrarier son pilote après l’épisode de la « copie-cyborg »…

Tiraillements dans l’ambiance générale.

En revanche, question boisson, le Gouverneur Stéphane avait fait des efforts particuliers : il y a de quoi satisfaire les palais les plus fins et exigeants pendant des années et des années, à coup de productions australiennes, argentines, californiennes, européennes et même chinoises.

Tel qu’au bout de son voyage, il ne restera plus grand-chose et que finalement Paul aura dû se contenter d’eau gazeuse sur la fin, ce qu’il déteste, d’autant que celle disponible a un arrière-goût de désinfectant et est très salée : c’est ce que boivent habituellement les « Homos Plus ».

Alors qu’Axel a apprécié les vins californiens…

Ça, et les plats au thon rouge…

 

L’eau et la pitance d’Axel, ça aurait tendance à filer la tourista à Paul. Et la pharmacopée, bien fournie pour les « Homo-Plus », aura dû être « adaptée » pour Paul et ses petits-bobos du voyage. Soit en diluant les principes actifs, soit en forçant les doses, après avis d’Alpha, le cyborg.

Les seuls moments reposant et plaisant, outre les parties de « pattes en l’air », ça reste les longs moments à écouter des enregistrements de concerts ou regarder des films anciens et la « bibliothèque » disponible – sur écran – jusqu’à y compris une biographie complète, mais alors complète jusqu’à sa nécrologie, de « Charlotte-soi-même » : très perturbant de découvrir tout ça, presque par hasard…

C’est ce qui meuble ces trop nombreuses « étapes » où les robots-ateliers ravaudent les blessures du vaisseau, où les générateurs quantiques refont les pleins d’énergie.

Si le cinquième arrêt, en bordure apparent de la galaxie de départ est aussi dû à la présence d’un obstacle imprévu, il est surtout question de faire quantité de travaux de réparation des défaillances de la machinerie du vaisseau.

À cette occasion, ils se font rattraper par la flotte des cargos chargés de Krabitz.

Ceux-là sont arrivés par sauts sur la flèche du temps grâce aux efforts de la Garde, à proximité de leur planète-refuge.

Des mécaniques probablement plus solides et mieux adaptées que les vaisseaux de la Légion, puisqu’ils sont prêts pour un long voyage le long des crêtes avant que le vaisseau de Paul ait pu être prêt lui-même.

Impressionnant que d’entendre les alarmes retentir dans le poste de pilotage. Paul faisait une sieste « coquine » avec une « bimbo » (qui n’existe pas, mais est très à son goût du moment) dans ses appartements, et à chaque nouvelle arrivée, plutôt à chaque rafale d’arrivées, les détecteurs se mettent à hurler.

Il débarque en petite tenue, dissimulant mal son érection insatisfaite et finissante.

Tel qu’il est accueilli par un hurlement d’horreur poussé par Axel, à la vue de sa pilosité.

Drôle d’effet…

Il y en a partout tout autour, arrivés par grappes, à touche-touche… presqu’au contact.

Axel est également arrivé, nue sans sa tenue de vol, encore plus moche avec ses « plis » sur le ventre et ce qui lui tient lieu de fessier.

« – Tu viens pour me finir une pipe où tu t’occupes de manœuvrer pour éviter des collisions ?

– Votre excellence, voyons ! Je ne sais pas faire et vous n’êtes pas du tout mon genre, vous le savez bien. Mais un jour si mon cul vous intéresse, passez par derrière ! »

Du lard ou du cochon ?

Axel serait-elle une hétérosexuelle refoulée ?

Ayant une attirance pour la zoophilie d’avec des Sapiens ?

On ne saura jamais.

 

Au fil des arrêts, ils prennent l’habitude de faire un check-up complet de tous les organes du vaisseau, de refaire les pleins d’énergie, de procéder à quelques réparations plus ou moins majeures.

Il peut y avoir ainsi des étapes sans pratiquement aucune panne détectée, d’autre avec une foultitude de choses à remettre en état. Parfois les jauges d’énergie sont seulement au plus bas : la machine ne peut plus aller plus loin en toute sécurité, parfois non.

Juste un obstacle imprévu qu’il faut cerner.

Mais à chaque fois, l’arrêt prend quelques jours, parce qu’ils décident de cartographier l’espace « de leur point de vue ». On entre ainsi au fil du temps dans des portions de l’espace où personne n’a jamais été. Et l’univers visible – et celui qui rayonne dans l’invisible mais qui reste détectable par les instruments de mesure – se modifie du tout au tout : une mine d’informations inégalée pour les scientifiques de la Garde !

Non pas directement, puisque tout sera effacé des mémoires sur le chemin du retour, mais pendant les quelques mois où la route est tracée et pas encore refermée, Paul imagine à juste titre que La Garde, le seul organisme qui connaît la localisation précise dans le temps et dans l’espace des « balises » laissées par Paul dans son sillage, « maintenant » et « à jamais », enverra bien quantité de sondes et d’engins, à n’en pas douter.

Ainsi, jamais aucune sonde n’aura été aussi loin dans l’espace profond.

Ce qui reste curieux, c’est que les galaxies lointaines, les plus jeunes, semblent vouloir rester en nombre important, quel que soit l’azimut où elles sont détectées.

L’univers apparaît n’avoir aucune limite, hors le rayonnement fossile, qui reste le même dans toutes les directions, sauf les « irrégularités » déjà connues sur Terre et ce « point bleu » qu’ils ont visé dès le départ qui s’intensifie de fil en aiguille.

Disons qu’il grossit, et en son sein, on distingue désormais une toute petite portion qui approche le zéro absolu comme jamais. À peine 0,000.01 °K !

C’est celui-là qui grossira au fil de leur progression, jusqu’à devenir « non mesurable » sur l’échelle des températures : le noir absolu, là où il n’y a rien, même pas ce rayonnement fossile, le siège de la matière « mange-énergie », les « sans-âmes » vers lesquels ils emmènent les Krabitz chargés de les « avaler », de les métaboliser…Incroyable, l’univers a-t-il une fin, une limite ?

 

Au 95ème saut, alors que les précédents sont « sans histoire notable », mêmes alertes en cascade que lors du 5ème saut. Paul était prévenu : là, ça ne peut pas être une ânerie de navigation.

Il ne sait plus quelle heure, ni quel jour il est malgré qu’il ait tenu un calendrier à jour, comme un prisonnier qui coche une barre sur les murs de sa cellule chaque jour qui passe.

En fait, sa montre possède une fenêtre indiquant le jour, mais combien de fois, l’avait-il avancé à bon escient à l’occasion des mois courts de 30 ou 28 jours ?

On doit en être au 15ème mois, peut-être le 14ème ou le 16ème, de navigation monotone, mais il allait falloir se battre, il le sait déjà.

L’état du vaisseau n’est alors pas au mieux et Axel s’est précipitée pour régler les urgences et redémarrer les générateurs identifiés comme déphasés.

Paul lui s’occupe de l’environnement immédiat.

Il y a quantité de « grosses pierres », grosses, c’est de plusieurs kilomètres, qui suivent des trajectoires convergentes.

Le problème, c’est que ça ne vient pas d’une seule direction, mais de plusieurs à la fois.

Pas de doute, ils sont tombés dans une sorte de traquenard : une intelligence quelconque dirige ces pierres vers eux, qui se sont mises en mouvement dès que le vaisseau volé à la légion s’est matérialisé dans leur espace !

Il va falloir livrer bataille.

C’était prévu…

 

Seulement voilà, ces « assaillants » sont encore loin, mais ils sont nombreux. Ils ne volent pas vite et ne sont pas visibles à l’œil nu, même s’ils apparaissent clairement sur les focales des instruments du bord.

Quant aux niveaux des réserves d’énergie du vaisseau, elles sont des plus faibles, à peine 3 %. Et 95 % des générateurs se sont déphasés depuis leur départ. Pourtant, en prévision, ils avaient perdu un peu de temps à les rendre disponibles à hauteur de 100 %.

Et d’avoir fait les pleins de matière et antimatière à hauteur de 90 % des capacités. Au-delà, par exemple 98 % ça prend un temps fastueusement et inutilement long.

Il vaut mieux remplir deux fois à 70 %, on va plus loin et ça demande des arrêts beaucoup plus courts.

« – Comment va-t-on pouvoir faire face ?

– Est-on sûr que ce sont des hostiles ? »

Là, il ne faut pas trop en douter, d’après Paul.

Pourtant, à l’observation, quel que soit le spectre, ce sont des astéroïdes tout ce qu’il y a de plus inoffensif. Pas la trace d’une seule arme de projection.

« – Tu sais quoi Axel, pour en avoir le cœur net, je vais aller au-devant avec une des barges.

– Excellence… ça peut être dangereux.

– Bé oui, mais je préfère avoir l’initiative plutôt que de faire uniquement confiance à nos systèmes de défense.

– Les barges sont très limitées en cas de problème.

– Elles ont un canon à antimatière, non ?

– Un seul. Et deux tourelles d’auto-défense. Nous, on peut sortir plusieurs tourelles…

– Eh bien voilà ce qu’on va faire. Toi tu restes et tu mets en branle l’armée des robots et droïdes pour réparer cette foutue barcasse. Mais tu consacres un peu des réserves d’énergie à ces fameuses tourelles.

– Euh, je ne sais pas comment elles fonctionnent.

– Les cyborgs du bord si !

– Mais je vais en avoir besoin pour les remises à niveau.

– La priorité, c’est le vaisseau. Sans lui, nous ne sommes plus rien et notre mission échouera. Alors tu le mets en état de combat, avec bouclier et tout. Celui-là, tu vas l’ouvrir pour me laisser passer, à l’aller et à mon retour.

Ok ? »

Une phrase qui va lui provoquer une énorme angoisse.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-dix-huitieme.html

 


Ultime récit : Chapitre dix-septième

 

Ces interminables étapes

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Finalement, Paul fait la visite complète du vaisseau qui est, grand, mais grand, immense.

Probablement de plusieurs kilomètres.

Qu’il faut se déplacer sur de petits véhicules individuels, probablement électromagnétiques autonomes, qui se commandent avec un joystick en trois dimensions dans les coursives et autres entrelacs de cheminements faiblement éclairés, en état d’apesanteur, peuplées d’innombrables machines, câblages, droïdes et autres cyborgs…

Parfois c’est sportif quand on n’a pas l’habitude, car il s’agit surtout de contrôler son inertie !

C’est l’occasion de se rapprocher d’Axel qui, pour en rajouter, ne sent décidément pas bon. Et c’est une sensation probablement réciproque et partagée…

Il s’agit de savoir comment ce foutu vaisseau fonctionne et de quoi il est fait.

En notant que c’est plus facile avec un plan en main. Et des plans, il y en a partout accrochés aux cloisons, avec derrière chaque cloison amovible, des détails sur le compartiment qui s’ouvre à sa visite.

 

Globalement, le vaisseau aurait la forme d’une lentille elliptique. Devant et derrière sont regroupés deux groupes de trois moteurs. De gros accélérateurs de particules dans lesquels de la matière et de l’antimatière s’annihilent mutuellement à très haute température dans une chambre au très fort gradient électromagnétique, pour s’évacuer par une tuyère d’une taille ridicule par rapport à l’engin lui-même : ça doit « pulser » !

Paul tente de calculer de tête que l’éjection de quelques kilogrammes de matière et antimatière par seconde qui s’échappent à la vitesse de la lumière, ça doit forcément dégager des poussées invraisemblables, mais il se perd dans les zéros, ceux avant la virgule !

Sur place, les tuyères auraient presque la dimension d’une dizaine de mètres.

Les trois sorties de tuyères sont prolongées entre elles par un cône de fuselage tronqué qui peut lui-même s’ouvrir comme une tulipe pour embarquer de gros chargements, et le tout, invisible de l’intérieur et recouvert, non pas d’une peinture noire, mais de neutronium, à l’état de repos pour le moment, d’un noir absolu : même pas la trace d’une ombre à sa surface !

Quand il est « spiné », il ferme le champ des tuyères et ne sont actives que des sondes qui émergent à travers et vers le milieu extérieur.

De ce que Paul comprend des explications fournies par Axel et le cyborg Alpha, la manœuvre de déplacement dans l’espace infini consiste à accélérer dans une direction, droit devant après avoir positionné le vaisseau entier dans la bonne direction grâce aux moteurs tournant à faible régime et pivotant sur trois axes, et de fermer le champ du temps qui s’écoule en spinant le neutronium de l’enveloppe extérieur.

À charge pour les détecteurs et sondes de détecter les obstacles situés en aval et de déclencher le despinage, soit de façon programmée soit automatiquement en cas de « d’alerte-panne » ou pour éviter une éventuelle « collision ».

Le vaisseau entier avance donc à son allure première dans l’espace, mais comme le temps est suspendu à l’extérieur, quelle que soit la vitesse initiale, le déplacement atteint une vitesse infinie.

 

À l’intérieur, il s’agit de contrebalancer les effets de la suspension du flux du temps qui s’écoule du fait du spinage de la coque extérieure en neutronium, car les machines doivent « vivre » pour fournir l’énergie nécessaire à ce spinage.

Il s’agit d’énormes boîtes à « énergie quantique » qui tournent sans arrêt. Même s’il paraît que ça se déphase et tombe en panne de temps-à-autre, chose que les cyborgs spécialisés sont sensés réparer jusqu’à la… limite d’usure.

L’énergie primaire ainsi pompée dans le vide quantique de l’endroit est stockée dans des accélérateurs de particules après avoir été transformées en matière et antimatière, qui s’enroulent autour de tout le fuselage.

Une partie est prélevée pour les moteurs à l’avancement, une autre est récupérée dans un générateur nucléaire de fusion, pour produire l’électricité nécessaire au « spinage » de la coque extérieur, mais également d’une sphère inversement spinée qui contient l’ensemble des espaces de vie des équipages.

En effet si le temps ne s’écoule plus dans le monde extérieur pendant le déplacement du vaisseau, il s’écoule à l’intérieur soumettant les équipages au vieillissement au même titre que les machines et sources d’énergie.

Pour protéger l’équipage des effets de ce vieillissement, la sphère est elle-même spinée de la même façon. Et s’il s’agit bien d’une sphère, c’est qu’une partie de l’énergie stockée dans les anneaux des accélérateurs de particules, sert de « masse » pour créer un champ de gravitation différentiel et artificiel interne à ladite sphère de vie, compensant les effets des accélérations éventuelles à subir par des tressautements ou autres accidents de l’ensemble dudit vaisseau.

C’est la circulation de cette matière relativiste qui a été, non pas coupée, mais « équilibrée » de telle sorte que tout-à-l’heure, lors de la prise du bâtiment par Paul, en son centre, là où se trouve le poste de commandement et les espaces de vie de l’équipage, se sont retrouvés en apesanteur relative…

Ils auraient pu tout aussi bien être écrasés par une pesanteur artificiellement provoquée de la même façon…

 

La « sphère de vie » possède en son centre le poste de commandement lui-même, au plancher légèrement courbe, comme un couvercle, recouvert d’écrans qui restitue dans différentes longueurs d’ondes l’environnement naturel à la demande. Sans pivoter, on peut faire pivoter la vue restituée sur un angle d’environ 30° avec des repères gradués en radian qui permettent de s’orienter.

Et devant, tout un tas de compteurs divers qui rapportent l’essentiel du fonctionnement des machines.

Autour du poste de commandement, relativement étroit, il y a les « locaux techniques », au-dessous les locaux de vie de l’équipage, sur deux niveaux, par lesquels on accède par une échelle de coupée, et l’ensemble est protégé par des cloisons manifestement étanches.

Et au-dessus, des issues qui permettent d’accéder, en champ gravitationnel inversé ou neutre, vers d’autres équipements et compartiments.

Ce qui reste le plus impressionnant, ce sont les tubulures qui enferment de la matière accélérée dans ses entrelacs qui « tressent » l’environnement gravitationnel autour du poste de commandement. Où on règle la pesanteur relative en fonction des besoins en déplaçant ces masses.

Vers le centre du poste de pilotage pendant les manœuvres, plutôt vers les étages de vie dans les moments de repos. On peut ainsi avoir une « pesanteur-zéro » ou au contraire des pics tels qu’ils écrasent, contrebalancent l’inertie des accélérations du vaisseau.

« Jusqu’à un niveau 500… »

C’est tellement bien fait qu’il s’agit de se regrouper au centre de la sphère surtout de ne pas se déplacer au moment d’une manœuvre, pour que « l’ajustement » se traduise par un simple petit-choc quasiment imperceptible.

En revanche, par effet de marée, sortir de son fauteuil pourrait disloquer des matières molles composant le corps des Homos du bord.

Les cyborgs, les droïdes, les machines, les placards et les appareils sont fixés et conçus pour supporter ces différentiels.

 

Paul a pris campement dans la vaste cabine de l’amirale, bien équipée. Chose assez étonnante, c’est que le décor est « au choix ». Il peut ainsi recréer les perspectives d’un paysage de plaine, de plage, de mer, de montagne de son choix et même faire circuler du vent, du doux zéphyr à la tempête – avec ou non des embruns – maîtriser la température, l’hygrométrie et quelques autres paramètres.

Une de ses réalisations restera de restituer le pont d’Eurydice, depuis la plage arrière, depuis le carré, depuis le poste de barre, depuis la plage avant : assez extraordinaire !

Comme ça, il n’est pas trop perdu.

Mais il refera aussi sa vue depuis sa chambre des « Collines de Cabourg », la salle à manger du restaurant « Cuisine de filles », la vue qu’il a sur Notre-Dame-de-Paris depuis la fenêtre de son loft, celle de Paris depuis le toit des bureaux du Kremlin-Bicêtre et encore quantité de lieu qu’il a autrefois visité.

La pièce est finalement relativement petite, mais ça donne une impression vertigineuse d’immensité, surtout quand on laisse tout bonnement les cloisons se remplir des lumières des étoiles qui entourent le vaisseau.

Prodigieux.

Mais dès confirmation parvenue que les chaloupes de secours sont parvenues au vaisseau « bis », le temps que Paul se familiarise avec les commandes du bord, ce sera le premier saut.

 

Comme prévu, on vise une des « zone de froid », toute petite il faut bien le dire, dans le rayonnement fossile. Axel aidée des calculateurs du bord précise alors les zones de « crêtes » gravitationnelles, comme Paul le lui explique après avoir rapporté l’essentiel de sa conversation d’avec « Stéphane » sur le sujet.

Le tout afin de déterminer l’accès le plus proche d’une « sortie » de la galaxie, pas trop encombré.

Une opération qui demandera effectivement 5 arrêts pour corriger la route.

C’est que les cartes en quatre dimensions restent peut-être suffisamment précises, elles ne sont pas parfaites : on vise et s’aligne « là », pensant que la route est libre, et le « là » est en fait ailleurs et on aura croisé un obstacle non-inventorié !

On se sangle, on attend que tous les voyants soient au vert, les indicateurs et sondes à leur niveau optimal, les pleins d’énergie partiellement refaits à un niveau suffisant, et on appuie sur un bouton qui démarre la poussée des réacteurs : une toute petite partie des considérables réserves d’énergie contenu dans les anneaux des accélérateurs de particules est dérivée vers les trois chambres de fusion qui expulse l’énergie dégagée dans leurs tuyères à confinement électromagnétique.

L’engin tressaute quasi-imperceptiblement, pour une accélération de niveau deux qui écrase un court instant la colonne vertébrale sur le dossier, puis un voyant s’allume.

On appuie alors sur un second bouton, celui qui démarre le « spinage » du neutronium des deux coques, l’interne et l’externe, gros moment de consommation d’énergie, le ciel s’illumine de tous ces feux, transformant chaque point lumineux traduisant la présence d’une étoile en de vastes traits de lumière à travers la restitution qu’en font les écrans panoramiques situés devant eux et immédiatement après, les traits disparaissent pour un ciel qui redevient noir d’encre, parsemé d’un autre champ d’étoiles dont aucune n’a la même place, la même couleur, la même taille que l’instant d’avant…

Déroutant.

 

On n’est pas là où l’on croyait être arrivé : un planétoïde, une masse noire, un gradient d’énergie noire aura été détecté par les sondes restées en fonctionnement durant tout le parcours. Ou bien les machines ont besoin de souffler un peu et d’être ravaudées, rééquilibrées, réparées.

Les horloges du poste de commandement n’ont même pas avancé dans l’intervalle.

Étonnant.

Il faut alors se positionner dans ce nouvel environnement, le temps que les calculateurs s’y retrouvent assez précisément, enregistrer la position, la transmettre à la balise qui va être larguée et dont une partie va faire rapidement le chemin inverse, tant que la « route » ainsi tracée n’est pas perturbée par un élément nouveau pas croisé à l’aller.

C’est que tout bouge dans le cosmos : il n’est jamais identique d’un moment à un autre. Et si les « plus gros » morceaux ont des trajectoires qui se calculent, parce que très prévisibles en application des lois de la mécanique céleste, les plus petits peuvent échapper à l’observation, donc à la détection et à la prévision.

Ça dure un peu. Paul a eu une journée pour le moins très chargée : il y a encore peu, il était dans un avion volant vers le nouveau continent.

Sa montre bracelet annonce un peu plus de 26 heures depuis son décollage de Roissy-Charles-de-Gaulle !

Et il est là, perdu au milieu de rien, quelle que part au milieu de n’importe où ailleurs !

Qu’il laisse donc Axel manipuler les calculateurs sous la surveillance de Bêta et va piquer un petit roupillon à l’étage inférieur et à la pesanteur un peu supérieure.

Pas longtemps : il est informé qu’un second saut se prépare.

Il y en aura encore quatre autres pour atteindre un endroit sur le bord de la galaxie où l’essentiel des lumières des étoiles se trouvent derrière eux. Et devant, immensément plus de « lucioles », toujours de façon aussi dense peut-être, mais dont l’éclat apparent est beaucoup plus faible et tire vers le rouge.

D’ailleurs la vue est meilleure dans l’infrarouge profond…

 

Là, il faut beaucoup plus de temps pour préparer le saut suivant : d’abord recharger les réserves d’énergie, ensuite repérer les fameuses « crêtes » qui s’alignent vers le « point-froid » visé.

Ce qui demande des temps de détection des quelques photons venus mourir de parfois si loin dans le fond des instruments de détection qui s’allonge parce que la lumière n’est pas si dense que ça.

Là, coincés à faire l’inventaire de ce qu’il y a autour, ils vont devoir patienter une petite semaine qui s’écoule avec lenteur.

Paul se fait l’effet de ces navigateurs au long-cours sur leurs porte-containers. Autant sur un voilier, il se passe toujours quelque chose, autant sur un pétrolier ou un cargo, il ne se passe jamais rien : la machine se pilote elle-même et toute seule jusqu’au port et la seule distraction reste… « les exercices ».

On en fait un peu n’importe comment, n’importe quand, pour ponctuer et réduire la routine.

Le seul qui a un peu d’activité, c’est le cuistot. Même si les tâches qu’il a à fournir sont toujours les mêmes, il est là pour varier l’ordinaire en fonction de son inspiration du moment, des réserves et des restes à accommoder !

Eh bien à bord de cet engin de la Légion, c’est pareil.

Et Paul, s’il n’avait pas ses trois cyborgs « à géométrie variable », il deviendrait vite neurasthénique.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-dix-septieme.html

 


Ultime récit : Chapitre seizième

 

La bataille de « Boomerkar »

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Nous sommes au carrefour de la bataille qui va vous permettre de capturer le vaisseau amiral de la flottille de Landditsy à proximité des peuplades à évacuer et dont vous allez prendre la charge.

Je crois qu’on arrive un peu avant le moment où l’amiral fait face à une mutinerie. Lui vient d’avoir un… comment dire ? Un « contact » avec un de ses ancêtres qui lui fournit un contrordre d’assaut des plus crédibles.

Ses officiers ne sont pas du même avis.

Nous intervenons à ce moment-là pour créer une confusion.

Avec la technique des sauts dans le passé, je n’ai aucun mal à échapper à leurs agressions et je vais pouvoir mettre hors d’état de nuire leurs drones spatiaux de combat.

Et puis je vous propulse au sein même du vaisseau de commandement, juste avant sa mise en phase de combat.

– Et comment ça ?

– Mais avec votre scaphandre préféré ! Vous connaissez, non ? »

Il parle de quoi, là, le mutant ?

Paul ne se voit pas du tout traverser le vide spatial sur toute la distance en tenue de plongeur. Avec des palmes en sus pour mieux se mouvoir !

 

« Vous n’y êtes pas. Vous l’avez déjà utilisé entre la Normandie et l’Algérie sur votre planète. Souvenez-vous ! »

Quoi ? Le « truc » qui ne lui a pas empêché de se fouler la cheville ? (1)

« – Attendez, Steph… Moi, là je ne comprends pas très bien. Votre… organisation m’a déjà fait faire deux séjours dans mon propre passé. L’un justement avec ce « bidule » mal commode…

– Oh, il a été réparé et même décoré. Il a l’avantage d’avoir été conçu à vos mesures.

– … Peut-être,  mais malcommode tout de même et l’autre dans une sorte de camping-car. Sans le « machin ».

– Votre premier saut dans le passé s’accompagnait simultanément d’un déplacement vectoriel dans l’espace à trois dimensions. Pour cela, à moins de disposer d’un engin incroyablement vorace en énergie comme notre véhicule actuel, le tout pour déplacer un simple « moucheron », on peut procéder via l’équipement d’un scaphandre équipé comme vous l’avez fait la première fois et d’une série de relais pré-positionnés.

Vous vous souvenez de ce que vous avez pris pour un OVNI en arrivant au-dessus de votre lieu de largage en parachute ? »

Oui.

« – Eh bien il y en avait un au-dessus de votre cave – l’agent Birgit aura profité des conditions météorologiques pour le dissimuler – pour faire la liaison. C’est beaucoup moins vorace en énergie et ça ne perturbe pas trop les champs à proximité.

C’est exactement la manœuvre que nous avons préparé pour vous.

À l’occasion de votre second saut vers votre passé, vous n’avez pas eu besoin d’un déplacement géographique. Souvenez-vous, vous avez pris un aéronef pour vous rendre dans votre désert et George vous a attendu sagement exactement au même endroit qu’à votre départ pour la phase de retour.

C’est son camping-car qui a sauté dans le passé, puis est revenu, avec vous à son bord à l’aller comme au retour.

– Mais lui, comment il est arrivé là ?

– Par la route.

– Par la route ?

– Oui, exactement. Son véhicule est arrivé par la voie normale, avec relai, pour sauter ensuite dans son passé sans mouvement sur la planète. Il a reçu consigne de se rendre à votre lieu de rendez-vous par la route de votre époque. Et une fois qu’il a accompli sa mission, il a fait le chemin en sens inverse.

– Les mêmes relais que je vais devoir poser sur mon prochain parcours ?

– Pas tout-à-fait. Les vôtres sont des balises. Elles sont composées de deux parties. La première cartographie précisément l’endroit où elle est larguée. Elle calcule donc la route empruntée. C’est assez facile. Elle remet ces données à la seconde partie qui part faire le chemin inverse pour être recueillie par les véhicules qui vous suivent. Tout simple.

Et durant votre propre retour à vous, vous les ramassez, pour les détruire, les rendre inactives, effacer leurs données, les rendre irrécupérables pour fermer le parcours.

– Personne ne peut les pirater ?

– Si naturellement. Mais justement, je reste sur place pour empêcher tout départ inopiné de « pirates » de la légion. Jusqu’à votre retour. Il faut vous dire que puisque nous ne détruisons pas le véhicule dont vous allez vous emparer, ne serait-ce que pour ne pas non plus sacrifier inutilement des êtres vivants qui y sont cantonnés, ceux-ci resteront dans les parages pendant quelques temps à bord d’un second véhicule, dit de secours, positionné à quelques « heures-lumière » en périphérie de ce système stellaire.

Même si finalement, je vous attendrai non pas vraiment à votre point de départ, mais à votre cinquième étape pour, à la fois pour faciliter votre retour à votre époque, et être certain que personne ne vous suive depuis les bords de la galaxie, dès qu’ils seront partis.

Vous ne ferez donc pas 258 sauts, mais 253 avant de me rejoindre. »

Très élaboré : Paul va donc d’abord jusqu’aux « bords de la galaxie ».

 

« – En cinq trajets, effectivement. Mais ensuite, ça va beaucoup plus loin…

– Euh autre chose Steph. Il faut que je vous dise que si j’ai bien compris la Miss Birgit, pour ce type d’usage de votre … scaphandre, il faut que je fasse corps avec lui et qu’il s’agit que je sois totalement enduit d’une sorte de gel hydrosoluble de façon… jusqu’à intime !

Et moi, ça me met dans un état impropre à enfiler ledit bidule.

– C’est prévu. Je vous ai dit que nous avions pensé à votre confort. Vous serez accompagné de trois cyborgs très élaborés, chargés de votre sécurité, aptes à satisfaire à tous vos désirs et à géométrie variable…

– À géométrie variable ? Qu’est-ce donc que cette diablerie ?

– Vous pourrez leur donner l’aspect et la forme que vous désirerez. Ce n’est pas infini, mais ils ont un catalogue assez considérable en mémoire. Vous verrez.

Faites-en bon usage le temps de votre parcours.

Je vous présente « Alpha », « Bêta » et « Gamma » ! »

Entrent alors trois formes d’humanoïde de taille identique, revêtues chacun d’une combinaison gris-argenté et ajustée, mais qui diffèrent par la forme et la couleur de ce qui ressemble à un épiderme : Alpha est pâle, Bêta est de la couleur caramel un peu cramé et Gamma à l’aspect d’un asiatique !

« Des robots… » fait Paul sur un ton dépité.

Pas très féminin d’aspect, en plus…

« Je ne peux pas faire mieux. Désolé. Mais je vous assure que vous en serez très content pour assouvir toute votre … bestialité.

Vous pouvez aller l’équiper ! » fait-il aux cyborgs.

 

La bataille qui suit est conforme à la fois au déroulement des événements qui se sont déroulés en ce lieu perdu dans l’espace, et à ce qui était donc prévu dans les annales de la Garde.

La tactique du Gouverneur Stéphane est simple : puisqu’il connait très précisément le déroulé et les lieux exacts de ses interventions, il n’a aucun mal à faire une succession de saut sur la flèche du temps. De « T », il interrompt les circuits qui l’ont propulsé depuis son époque, disons « T + 1.000 », pour revenir à « T » dans un second saut, mais pas tout-à-fait au même endroit. Puis interrompre à nouveau les « phases », pour passer à « T + 1.000 » et ainsi de suite.

D’ailleurs, entre chaque « saut », il peut très bien se passer plus de temps que l’instantanéité apparente en « T » ne l’exige, par exemple « T + 1.000 » plus « 1 » ou « 2 », mais peu importe.

Le tout consiste à se présenter à faible distance devant la partie la plus faible du vaisseau-robot à détruire, à savoir les tuyères de ses moteurs restées « ouvertes » pour pouvoir se mouvoir et manœuvrer, avant que l’alerte « combat » ne déclenche les protections habituelles de champs d’énergie et de déclenchement de feu automatique.

Steph, choisi le moment juste avant le premier tir de semonce à recevoir : il n’aura pas été le premier à faire feu…

Là, il dégage une bouffée à haute densité de matière et antimatière simultanément depuis ses tourelles d’assaut, focalisée sur la partie visée, en même temps que les réacteurs de son vaisseau produit une accélération compensatrice : c’est que c’est assez « massif » et à grande vélocité pour avoir un effet « recul » non négligeable.

En général, le dégagement d’énergie sur la cible est particulièrement destructeur et déstabilise le vaisseau-automatique-cible.

Il assure ensuite la destruction finale par deux autres tirs du même genre et coupe les circuits de phase temporelle, avant que les morceaux du véhicule détruit ne viennent polluer son environnement immédiat au risque de collision.

C’est rapide et imparable, et il recommence sur la cible suivante.

Compte tenu du parcours pour le moins lent des signaux électromagnétiques et des photons émis à l’occasion de ces « décharges » d’énergie, la bataille semble s’écouler sur plusieurs équivalents-heures, voire équivalents-jours pour un observateur un peu éloigné.

Mais reconstitués, tous ces mouvements créent une impression de saturation, d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de trace du tireur en déplacement d’une de ses cibles à une autre.

C’était ce qui était arrivé à Paul à Biskra : un seul bonhomme, mais ils étaient finalement quatre à faire le coup de feu contre les geôliers de Florence (2).

Là, il n’en verra pas vraiment les effets, ou pas grand-chose.

 

Paul se retrouve en effet propulsé, dès avant la mutinerie dans les entrailles d’une machine dotée d’un champ de gravitation léger et artificiel.

Un dédale de couloirs, de portes, avec quelques escaliers à franchir, guidé par les cyborgs qui semblent connaître les lieux comme le fond de leur poche… qu’ils n’ont pas.

Pour déboucher dans la salle de commandement alors en plein drame.

L’apparition inopinée de Paul fait son effet.

Il faut dire qu’avec tous les liserés dorés rajoutés sur son scaphandre, Paul se fait l’impression d’être déguisé en sapin de noël !

Et comme prévu, il est obligé de faire feu à deux reprises sur les « augmentés » du bord, alors qu’il a armé et déverrouillé son arme favorite pendant leur parcours dans les couloirs du vaisseau. Un mystère, ce 11,43 qui le suit depuis la Normandie…

 

Des « filles » d’après ce qu’il a pu en comprendre des explications antérieures de Steph.

Que ça ne se voit vraiment pas trop, finalement : aucune rondeur « attractive » à se mettre sous la macula.

Hors le fait que leur apparence est plutôt « rabougrie », pas très grande sans toutefois être des naines, métissées à des degrés divers, un peu comme « Bêta », s’agitant dans un langage incompréhensible mais retraduit par Alpha, alors que Gamma se charge de traduire ses propres ordres et indications à lui dans leur logorrhée à elles, elles ont la particularité d’être totalement imberbe, pour ne pas avoir un seul poil visible : pas de cheveu, pas de cils ni de sourcils !

Le reste, il ne sait pas encore.

Ce n’est pas que ce soit « moche », mais ce n’est vraiment pas très sexy du tout.

D’autant que leur visage reste ovale, avec des yeux très écartés au plus large de « l’ovalité », avec un nez assez affreux, équipés de narines épatées mais pareilles à celle des félins, qui se dessine à partir du tiers du visage et tombe jusqu’au-dessus de la bouche sans lèvre et assez large pour barrer le milieu du dernier tiers du visage.

Globalement, les bras sont manifestement plus longs que chez un Sapiens et les jambes plus courtes, pour un buste taillé en forme de tonneau…

Et manifestement, Paul leur fait le même effet, mais inverse, avec sa propre pilosité apparente et son aspect… humanoïde archaïque et musclé !

Pas de quoi en rire…

 

Cela dit, il fait venir l’amirale Landditsy dans son ex-poste de commandement et lui donne ses instructions. Pas contente du tout l’amirale. Mais elle obtempère sans résistance. Qui serait vaine : Paul a encore cinq étuis parfaitement opérationnels dans son chargeur.

Et il se retrouve affublé d’un pilote nommé Axel.

Une bouille plutôt plus moche que celles de ses copines – sans aucun cheveux ce qui lui donne un air de cancéreuse – tachetée de points de rousseur, au visage creusé par ce qui pourrait être des traces d’acné juvénile, dotée d’une voix plutôt grave et rauque, qui a l’air paniquée à l’idée de se faire violer.

Ou quelque chose comme ça…

Elle est grosse et molle des parties-molles : « Vraiment pas mon style ! »

Et puis il est entouré par Alpha et Gamma, pendant que Bêta contrôle l’évacuation du reste de la troupe des légionnaires à jeter par-dessus bord.

« Je veux faire le tour du propriétaire. »

Il aurait parlé chinois… 

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxvii-promenade-hors-norme-33.html
  2. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-x-liberation-de-florence-45.html

 

Sources : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-seizieme.html

 

 


Ultime récit : Chapitre quinzième

 

Préparatifs

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Une bataille, même spatiale et cosmologique, menée par la Garde, même contre des vaisseaux de guerre les mieux armés de la légion et servis par des troupes et officiers au top de leurs compétences, c’est comme un jeu d’enfant.

Absolument imparable !

Et pour cause.

Non seulement la Garde, qui vient du futur et maîtrise les sauts « dans le passé », possède vraisemblablement les meilleurs documents archivés de la vie de l’univers en plus de cartes du cosmos en quatre dimensions, et il lui suffit alors de se conformer à « ce qui est déjà marqué », puisque c’est marqué « comme ça », mais en plus le mutant Steph l’Ultra, a par conséquent prévu de collecter des informations essentielles, là encore en quatre dimensions et de façon très précise, de sa propre intervention en disposant préalablement cinq sondes « passives » orbitant autour du système Boomerkar en temps voulu.

C’est-à-dire « avant » l’arrivée de la flottille de la Légion de l’amiral Landditsy.

Simple…

 

Ayant ainsi tout le déroulé des opérations, en trois dimensions spatiales plus celle du temps qui avance de présents en présents, il a pu prendre connaissance, presqu’intime, des opérations de la Légion qui a d’abord consisté à chasser les Krabitz des planètes et étoiles « extérieures », à la fois en usant de la puissance de destruction des véhicules de sa flottille et en empoisonnant avec des cyanobactéries extrêmement voraces et efficaces l’environnement des « touffes d’herbe », vers Boomerkar, puis des planètes du système « Boomerkar » vers les deux dernières avec pour ambition de finaliser son génocide à coup de « chocs énergétiques ».

Et ses vaisseaux sont équipés pour ça.

Pour lui, il fallait faire rapidement, d’une part parce que c’est la mission que la « Haute autorité » lui avait confiée – et son avancement pouvait en être accéléré – mais aussi parce que la flotte est mobilisée par ailleurs pour réduire la rébellion de Qarassa, ces peuplades autochtones qui ne trouvent rien de mieux à faire, après être sorties de leurs planètes, de s’enrichir en pillant et piratant le trafic de vaisseaux-cargos qui circulent sur les lignes commerciales entre les diverses civilisations de leur coin de la galaxie.

Un transfert rapide s’impose donc à ce moment-là.

Et il est pressé de réussir. 

 

Les sondes de la légion n’ont pas su détecter les « intrus » de la Garde, dissimulés dans les ceintures d’astéroïdes éparpillées autour d’astres plus massifs, composant soit des satellites naturels, soit des « protoplanètes » en devenir, comme il arrive souvent.

Et les sondes de la Garde peuvent ainsi donner de précieuses informations ensuite recoupées avec les autres données disponibles en archive.

Paul de Bréveuil, alias « Charlotte » participe à cette phase finale de la bataille.

Après son enlèvement et « son initiation » par le « gouverneur Stéphane », à l’occasion de son repos, la machine retourne à son présent. C’est-à-dire … dans le futur lointain.

Puis « ressaute » dans son passé, au moment de la dite bataille sur les lieux de celle-ci. Dans l’intervalle, Paul, après avoir pris une connaissance sommaire des événements qu’il va vivre, est prié de préparer son intervention directement sur l’appareil de l’amiral Landditsy.

« – Mais vous faites ça comment ?

– Je crois que l’agent Birgit vous l’a déjà expliqué. Le saut vers le passé est très encadré et n’existe que quand il est évident qu’une de nos machines a pu y procéder.

– Que sont devenus Birgit et George ?

– Je n’ai pas à répondre à cette question, figurez-vous. D’autant que l’une d’entre-elle relève de mon futur à moi-même. Que j’ignore.

– Comment ça ?

– Birgit appartient à mon passé. Un excellent élément antérieur à la création de la Légion et par conséquent de la Garde.

– Ah ?

– C’était une « augmentée ». Elle a été, comme vous, enlevée à son époque, pour réaliser votre jonction et piloter l’opération que vous avez vécue, la première je crois, propre à votre époque et à l’enlèvement de votre… moitié à vous ! »

Une « augmentée »… Il va falloir qu’il comprenne un jour ou l’autre.

 

« Les « augmentées sont des homos, comme vous, comme moi, dont le génome est « travaillé » par Sapiens. Ils ont des capacités physiques et intellectuelles « augmentées » par différentes techniques d’ingénierie notamment génétiques.

D’ailleurs, je crois me souvenir que ces sciences du vivant apparaissent à votre époque et vous allez même être projeté à votre époque, à votre retour de mission, pour mettre un terme à l’une d’entre elle qui reste anticipée pour… votre époque. »

Pas sûr, pas sûr…

« – En revanche George est probablement un cyborg de haute génération issu de mon avenir.

– Haute génération ?

– Il me semble qu’il a une conscience de lui-même et aurait été capable d’empathie. Tout ce dont les nôtres ne sont pas encore capables à mon époque à moi.

– C’est vrai qu’il m’a semblé être doté d’un certain sens de l’humour, de quelque autodérision et a pris son pied à surfer sur les vagues du pacifique à mon époque… à moi, quand il m’a balancé en pleine guerre du Koweït.

– Ah oui, ce conflit interminable du Moyen-Orient de votre siècle…

– Et alors ? Quelle différence entre « augmenté » et « amélioré » ?

– Les « améliorés » sont des « augmentés » mais qui ont atteint, par l’effet des progrès de l’ingénierie génétique, une relative « immortalité ».

Nous disons relative, parce que même pour nous, les « Ultras », nous ne sommes pas vraiment immortels. Au moins autant qu’eux. Il arrive un moment de notre existence où nous nous « endormons ».

Alors certes, nos mémoires et matières peuvent être conservées indéfiniment et « réactivées » n’importe quand, elles peuvent être également dupliquées, clonées, répliquées, mais il nous arrive à tous de ne pas souhaiter persister dans le monde des vivants.

Et nous nous éteignons.

À noter un détail qui reste important pour vous le Sapiens originel et … à peine évolué.

La différence physiologique entre nos quatre espèces tient à leur mode de reproduction.

Vous, les Sapiens et les « augmentés », êtes des vertébrés, sexués, vivipares. »

C’est un peu ça…

« Les « améliorés » sont toujours des vertébrés, mais sont devenus des « ovipares » asexués. »

Pardon ?

« – En fait il n’y a qu’un seul sexe. Celui des femelles. Elles pondent des « œufs », des ovules, tout-à-fait naturellement et en prélèvent quelques-uns avant nidification pour les ensemencer avec des gamètes issues d’autres ovules. C’est du génie génétique-appliqué.

– Eh bien, ça doit être gai un monde pareil, je veux dire sans sexe !

– Une façon comme une autre de goûter aux joies de l’existence. Et puis ça permet de progresser sans sentiments négatifs, tels que l’envie, la jalousie, l’orgueil, la luxure débridée qui génèrent souvent des querelles, des violences colériques, des guerres et leurs atrocités. Des plaies de votre espèce Sapiens si belliqueuse.

– Probablement… Mais comment font-elles pour réaliser une gestation complète ?

– Oh, ça ? Mais même à votre époque vous avez déjà mis au point des machines qui font ça très bien !

– Ah bon ? Je ne suis pas au courant…

– Alors c’est que ça va venir.

– Et vous, les « Ultras », qu’est-ce qui vous différencie ?

– Nous somme également des ovipares, mais pour être à la fois des non-vertébrés et de vrais hermaphrodites, nous sommes encore plus … autonomes. Nous nous dupliquons par clonage et manipulation de cellules souches, éventuellement enrichies. Vous remarquerez que ça nous met à l’abri des diverses distorsions comportementales liées à vos natures torturées pour être avant tout bestiales.

Mais il n’y a pas que ça. Par exemple, vous savez déjà que je reste sensible aux champs dans lesquels nous sommes plongés. Vos sens à vous, les six, dont un est formidablement atrophié, ne nous sont pas vraiment utiles. Et puis, il y a d’autres mutations dont je bénéficie, qui nous séparent de votre espèce particulière.

– Comme quoi ?

– Juste un exemple. J’ai un cortex comme le vôtre, mais ce qui vous sert de nerfs, qui commandent vos muscles, vos organes, vous renseignent sur votre environnement par vos sens, sont chez nous des prolongements de l’équivalent de vos neurones.

– Ah oui ?

– Eh oui !

– Intéressant. Combien de mutations génétiquement stables entre moi et vous ?

– Plusieurs dizaines. Je vous rassure, toutes ces « variantes » peuvent cohabiter. Pas toujours en harmonie, mais ça cohabite et se développe normalement, surtout quand on intervient de temps en temps, bien évidemment.

– Naturellement… Puisque vous disposez d’une « intime connaissance » du, des déroulés historiques.

– Il n’y en a qu’un seul. Seul l’avenir est incertain. Même si nous sommes rassurés sur ce point, puisque nous-mêmes, nous recevons des « impulsions » exactement comme vous. Venant de notre futur.

– Je vois : une longue chaîne de savoirs sur les devenirs.

– Un seul devenir, mettez-vous ça dans la tête, Paul.

– Et le tout contrôlé par une organisation politique optimisée, je suppose ?

– Je n’ai pas à vous en parler. Vous imaginerez bien que ce que vous voudrez. Sachez seulement que l’univers est peuplé d’une quantité incroyable de formes de vie, de la plus microscopique à la plus montreuse. Vous allez d’ailleurs en croiser, de la taille d’un planétoïde. Pas toujours dangereuses, mais d’après mes données, il va vous falloir faire usage des moyens de destruction de votre vaisseau pour « ouvrir un passage » un laps de temps suffisant pour faire passer les cargos-Krabitz et revenir. Étape 95.

– Étape 95 ? 

– Je vous explique. Vous allez prendre le vaisseau amiral de Landditsy avec mon aide. C’est pour cette raison que je suis là. Après une courte bataille. Puis vous allez ouvrir un chemin jusqu’au-delà de l’horizon de l’univers vers la matière noire qui fera un excellent terreau pour les Krabitz, dont on peut imaginer qu’ils vont pouvoir se développer sans limite.

En tout, 130 étapes par un cheminement qui nous échappe. Tout ce qu’on sait, c’est que vous serez aidé d’un pilote de la légion, qui va vous guider jusqu’à la sortie de la galaxie, puis que vous suivez ensuite les crêtes gravitationnelles vers les points les plus froids de l’univers.

Vous savez, ces déficiences, des faiblesses du rayonnement fossile. »

Paul en a déjà entendu parler. Mais pas des « crêtes-gravitationnelles ».

 

« – La gravitation universelle est une force d’attraction qui s’exerce sur la matière. La matière n’est d’ailleurs qu’une cendre d’énergie. Qui dit « attractivité » dit, selon les équations des symétriques, « répulsion ». Et l’un comme l’autre de ses champs de force créent des « vallées », où s’accumule la matière qui donne ces magnifiques galaxies qui peuplent l’univers visible, et forment des « crêtes » là où il n’y en a pas…

Ce sont là où se trouvent les champs d’énergie les plus faibles qui finalement ont l’avantage de ne recéler que très peu de matière et donc présentent très peu d’obstacles à votre progression.

Vous retenez tout ça, parce que je ne serai plus là pour vous le rappeler…

– J’enregistre. Savez-vous que je ne sais pas vraiment piloter vos engins ?

– Naturellement. Vous serez aidé en cela par un pilote de la légion, vous ai-je précisé Axel.

– Un otage ?

– Un volontaire désigné d’office. Mais qui compte revenir. Vous pouvez lui faire confiance.

Vous poserez donc à chacune de vos étapes des balises qui traceront automatiquement le parcours à faire pour tous les vaisseaux Krabitz qui vous suivront.

– Pourquoi des étapes ?

– Pour deux raisons : le cheminement le plus sûr dans l’espace n’est pas la ligne droite. Il faut éviter les obstacles et l’engin dont vous allez vous emparer est équipé pour, non pas les éviter, puisque lui va toujours tout droit, mais pour les détecter. Vous verrez. Dès qu’il y a un problème sur la trajectoire, les dispositifs de sécurité vous rendent maître de la manœuvre. Et puis, ils ne sont pas non plus infaillibles : il faut les entretenir, les réparer, les recharger. Ce qui impose des arrêts durant votre parcours, des étapes.

– 130 donc ?

– 129 en réalité. Avec une mention spéciale pour le 95ème.

– Parce que ?

– Vous verrez bien une fois arrivé sur place. En revanche, une fois votre voyage terminé, il vous faudra faire le chemin à rebours et vous ramasserez les balises laissées à l’aller afin de fermer définitivement le passage vers le nouveau lieu de vie des Krabitz.

C’est pour cette raison que personne ne saura jamais, au moins jusqu’à mon époque, où se ils se trouvent.

– Ok, ok ! Je vois. Et maintenant, quel est donc le programme des réjouissances ? »

À ce mot, le gouverneur-Stéphane éclate de rire, ce rire si incroyable qui sort de son orifice buccal étroit et montre ses petites dents-de-lait…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-quinzieme.html

 


Ultime récit : Chapitre quatorzième

 

Paradoxes temporels (24/21)

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

La dernière bataille, de très courte durée, fait rage sitôt après cette intrusion.

Comment cette apparition a pu pénétrer le vaisseau, sans avoir été détectée ni repérée alors même que tous ses détecteurs sont en fonction ?

Impossible !

L’un des officiers présents se remet plus vite que les autres de la tétanie provoquée par cette apparition ubuesque et monstrueuse à la fois : pensez, un poilu !

Il se précipite vers une console de commande pour couper l’activation du champ de gravitation interne au vaisseau et centré sur le poste de commandement.

Paul réagit très vite, comme s’il savait, sort son lourd 11,43 colt 45 fétiche et tire dans la direction de la créature alors que chacun flotte désormais en apesanteur !

La détonation claque, l’odeur de la poudre envahit l’habitacle et apparaît un liquide rouge qui gicle de la blessure, mortelle, de l’officier désormais inanimé …

Du sang !

De l’hémoglobine !

Son odeur âcre, ses petites gouttelettes qui se répandent dans le poste de commandement et de pilotage du vaisseau…

L’horreur absolue.

Ils sont combien à avoir vu du sang sortir d’un orifice gros comme un pouce ?

 

Paul se retourne vers un autre, flottant dans un coin isolé, sur le côté et lui loge une seconde balle dans le buffet alors qu’il sortait son arme personnelle de son étui.

Normalement, le massacre doit s’arrêter là, il le sait pour avoir pris connaissance des archives de Steph.

« Un autre candidat ? »

Les mots ne sont pas ceux-là quand ils sortent de son larynx, mais ils sont immédiatement traduits par un des cyborgs qui l’accompagnent en langage coutumier aux autres officiers de la légion.

« Rétablissez immédiatement la gravitation, que je n’ai pas à le faire moi-même ! »

L’un des officiers obtempère.

Tout le monde choie sur ses pieds (ou ce qui en fait office), l’arme sortie de son étui produit un son métallique en heurtant le sol, les gouttes de sang des deux victimes de Paul éclatent en une multitude de tâches par terre.

« Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de cet appareil. »

Un prénom neutre et autre féminin. Serait-ce un transgenre ?

Qu’est-ce donc que la Coupole ?

Est-ce une façon normale et « diplomatique » propre à la fonction d’ambassadeur que de commencer par tuer des officiers de la légion ?

« Vous allez évacuer avec vos barges de secours vers l’appareil en second. Tous ! »

Le temps de comprendre…

« Tous, sauf les droïdes, les cyborgs, les robots d’entretien et un pilote. »

Il prend un otage ?

« Exécution ! Et plus vite que ça. Sortez-moi aussi l’amiral Landditsy de son trou et amenez-le-moi. »

Comment cette… créature peut-elle connaître le nom de l’ex-patron du bord et de la flottille ?

 

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas », commence ainsi l’amiral qui est amené manu-militari par les propres cyborgs de son bord, alors que d’autres regroupent les légionnaires vers les véhicules de sauvetage.

« – Qu’est-ce se passe ici ?

– Paul de Bréveuil, ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de ce vaisseau et vous décharge de toute responsabilité quant à l’usage que je vais en faire.

– …

– Prise de guerre. Mais je vais vous le restituer d’ici quelques temps. Après usage. J’ai besoin d’un de vos officiers qualifiés pour en rendre compte et le piloter. Juste durant l’intervalle. Vous ne comptez pas comme moi, mais j’en ai pour environ 260 de mes mois. Si vous êtes assez patient, vous le récupérerez. »

En un seul morceau et en état de marche…

Qu’est-ce que ça veut dire ? Et puis tout ce sang étalé sur le sol…

Les deux cadavres.

Il reconnaît d’ailleurs en l’un d’eux son « partenaire de sensualité » favori, auquel il était attaché. Le conduire jusque-là pour le voir périr, alors que ce n’était pas vraiment un légionnaire qui s’intéressait à la chose militaire, quel gâchis ?

Pourquoi lui ?

Landditsy réprime le nœud qui lui tord les boyaux à la vue de cette chose devenue inerte et qui savait si bien prendre soin et exalter ses sens, pouvait être très tendre et toujours attentif, tel que lui n’avait jamais su lui rendre la pareille.

Mais quel désastre !

La honte de se faire voler son vaisseau en plus, également. Il ne pourra jamais y survivre.

« Nous récupèrerons quoi, si un de nos pilotes est à bord ? »

Une question stupide. Landditsy se rend compte que ce n’est le problème du moment.

« Comment avez-vous pu aborder et pirater un vaisseau de combat de la Légion ? Savez-vous ce qu’il en coûte ? »

La conversation est un peu hachée pour cause de traduction simultanée, malgré les deux cyborgs qui accélèrent le rythme.

« – Facilement.

– Quels sont vos objectifs ? Votre mission ?

– La même que la vôtre : pas les Krabitz ! »

Alors là, Landditsy ne sait plus quoi penser…

« – Mais, mais… » balbutie-t-il. « Ce n’est pas possible. Je m’apprêtais à me faire confirmer l’ordre d’évacuation par mon état-major.

– Pas la peine. Je suis là. Et puis… je vous signale que vous avez été destitué de votre commandement par vos propres officiers.

– Comment savez-vous ça aussi ?

– Et eux n’auraient fait qu’une bouchée des touffes d’herbes à transférer. Vous le savez bien. Vous n’auriez jamais eu le temps ni la possibilité d’exécuter le contrordre que vous avez reçu.

– Vous… vous êtes encore un avatar de ce… de ce Michel…

– Pas du tout. Moi, je suis un marin-militaire. Pas une gonzesse. Mais militaire de réserve mobilisé de temps en temps par la Garde et ses agents. Et j’obéis.

– Mais qu’est-ce donc que cette « garde » ?

– Je n’en sais rien et de toute façon, si je savais, je ne vous répondrai pas. Vous n’avez pas besoin de cette donnée pour débarrasser mon bord. »

Son bord, comme il y va !

« – Je ne comprends toujours pas, il était convenu avec… enfin il était convenu que nous restions sur place en attendant des vaisseaux de transport pour évacuer les Krabitz…

– Vous restez dans le coin si ça vous amuse. Le navire de la Garde que vous avez voulu écarter restera sur place tant qu’ils n’auront pas tous embarqué dans les cargos qui vont arriver. Des fois que vos officiers félons veuillent en découdre de nouveau.

Ce qui est improbable, mais ça va les retenir.

Moi, je file avec mes troupes et un de vos pilotes. Votre machine, mérite que je ne fasse pas trop de fausses manœuvres avec. Et comme je n’ai pas trop le temps de suivre des cours de pilotage accélérés, tâchez de me fournir celui qui est censé le ramener en un seul morceau.

– Vous allez où ?

 Mais j’en pose des questions, moi ? Faites ce que je dis où je me fâche. Et en ce moment, j’ai le sang chaud !

– Bien, bien ! »

Du calme.

 

Qui lui refourguer ? Soit il choisit Ilke mais ce serait prendre le risque de saboter le parcours, car ce n’est pas le pilote le plus habile, soit il désigne Axel. C’est un bon élément, assez adroit et si le vaisseau revient, il aura bien eu l’idée de noter jusqu’où cet ambassadeur-là emmène les Krabitz.

Pour une opération ultérieure. 

Seulement voilà, Axel est déjà embarqué sur la chaloupe d’évacuation. Il faut le sortir de là.

« – Et pourquoi moi, Amiral ?

– Parce que j’ai besoin d’une personne de confiance.

– Ilke ferait l’affaire. Non mais, je ne comprends pas Amiral. Je ne vais quand même pas voyager avec ce rustre-là, seul jusqu’à je ne sais où ?

– Il affirme en avoir pour 260 de ses semaines à lui…

– Et ça fait combien des nôtres ? »

Comment peut-il savoir…

« – Non mais Amiral ! Vous ne pouvez pas me faire ça… J’ai toujours été bien noté. Je ne vais pas voyager avec cette bête toute poilue tout de même.

– Si ! Et justement parce que vous êtes bien noté. Votre mission, c’est de nous faire un rapport de l’endroit où il va. C’est absolument essentiel. Et je m’occupe de votre avancement et de votre solde… Avec prime de risque doublée !

– Pendant toute la durée de la mission ?

– Toute et au tarif majoré ! »

Dans ces conditions-là…

« – Mais vous me demandez l’impossible… Cohabiter avec ce… ce monstre !

– Vous y arriverez. Prenez sur vous. C’est important pour la suite. » 

 

Les cyborgs de Paul auront compris l’essentiel de l’échange et l’un d’entre eux lui en rapportera le contenu.

Les derniers légionnaires embarquent, laissant l’équipage réduit à un seul de leur membre, désigné volontaire, et une armée de droïdes, de cyborgs et de robots à bord.

«  – On va où et on part quand, votre excellence ?

– On attend d’embarquer mon chargement personnel qui devrait arriver dans quelques instants. Et on démarre.

Appelez-moi Paul. Vous êtes Axel, si je ne m’abuse. Et puis rassurez-vous, j’ai besoin de vous, dans certaines limites, naturellement, mais vous n’êtes pas du tout mon style. Et j’ai ce qu’il faut pour satisfaire tous mes instincts bestiaux… »

De quoi parle-t-il ?

« – Avez-vous à bord une machine qui puisse traduire nos échanges vocaux en direct.

– Naturellement ! »

Axel se tourne vers une des consoles du bord et manipule quelques boutons et curseurs.

« – Je note que votre langage est … comment dire ? Très antique !

– Je viens de votre antiquité.

– Vous, vous… vous êtes un Homo ou une machine ?

– Un Homo Sapiens. L’espèce mère de la vôtre. Mais pas dégénérée par quantité de mutations génétiques comme vous l’êtes… »

L’affront !

Il n’y a pas plus évolué dans tout le cosmos connu que les homos-supérieurs tel qu’Axel…

« Et si je peux me permettre… Paul… Comment à votre époque pouvez-vous disposer d’une telle technologie qu’elle dépasse le mienne ? »

Une alarme retentit et un robot d’alerte indique la présence d’une chaloupe de ravitaillement en approche imminente.

« Ah ! Voilà ma cambuse avec mon matériel, » s’exclame Paul.

Époustouflant de précision : comment cet engin est apparu de façon si proche sans avoir été détecté avant ?

Et de quelle façon il s’arrime à l’un des sas de ravitaillement, pris en charge par les robots manipulateurs qui déchargent le matériel et quantité impressionnante de conteneurs… !

« – Excusez-moi de vous importuner, Paul. Savez-vous au moins piloter ce vaisseau ?

– Vous allez m’expliquer. J’étais assez doué pour piloter n’importe quel engin, à mon époque. Même des prototypes qui n’avaient jamais volé.

Mais vous avez raison, j’ai besoin que vous me fassiez faire le tour du propriétaire…

– Le tour du propriétaire ?

– De la machine et de tous ses organes et nous mettons les voiles ?

– Les voiles ?

– Une expression de mon mode à moi. Ça veut dire qu’on décampe. On se casse.

– On n’attend pas l’évacuation des Krabitz ?

– Pas la peine. D’autres vaisseaux vont s’en charger dès que vos petits camarades auront rejoint leur vaisseau en second.

– Mais comment vont-ils nous suivre ?

– Il est prévu de larguer des balises spéciales sur notre parcours qui débarquent avec mon chargement. Pas compliqué. Elles arrivent dans plusieurs des containers ».

Euh, si tout de même. Et puis n’importe qui peut les suivre…

Axel ne comprend plus très bien…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-quatorzieme.html

 


Ultime récit : Chapitre treizième

 

Le roman « Ultime récit » s’enrichit des 23 chapitres de « Paradoxes temporels » mystérieusement apparus sur le blog de l’Infreequentable en 2008.

 

 

Paradoxes temporels (23/21)

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

La bataille de « Boomerkar », du nom donné à l’amas d’étoiles local par la mission astronomique qui aura identifié le système planétaire détecté il y a des dizaines de décades de ça, restera dans les annales de la légion.

D’abord, parce que c’est un échec. L’amiral Landditsy sera relevé de son commandement par l’état-major, non pas pour cette raison qui aurait suffi à elle-même, mais parce qu’il n’a pas su empêcher une mutinerie de ses officiers supérieurs.

Il faut dire que les circonstances s’y prêtaient.

Il sera ensuite promu, sans commandement opérationnel, pour avoir validé, une des premières fois dans l’histoire de la Légion, l’existence de « La Garde », cette légende et de ses moyens technologiques qui dépassent largement la science et les connaissances du moment.

Par ailleurs, la révélation restera dans les hautes-sphères du « Haut-Conseil » : la légende de Patrick Cortinco reprend de l’épaisseur, puis s’étend à l’ensemble des officiers de la légion.

Dès lors, le message « pas les Krabitz » deviendra un mot d’ordre général durant de très longues périodes dans ce corps de soldats de l’espace, et même au-delà, quand celle-ci se muera en « La Garde » par absorption.

 

Par ailleurs, on cherchera longtemps à localiser à la fois « les barges » où auraient transité Lierreux le Sapiens et Edgorkloonyx le Krabitz. Mais probablement elles sont « cachées » au-delà de l’horizon de l’univers visible.

Plus étonnant, ça restera la présence d’un « Homo-rustique » se présentant comme l’ambassadeur d’une Coupole, qui se saisira du vaisseau de l’amiral Landditsy de façon inexplicable.

Qu’est-ce donc, cette Coupole qui ne laisse aucune trace dans les archives et reste insaisissable dans l’organisation du cosmos, en tout cas dans les galaxies explorées du groupe local ?

Ce qui valide du coup les hypothèses d’infinités de l’univers dans ses dimensions spatiales.

Bien trop loin pour être éternellement cachées aux instruments et sondes de recherche.

Les deux seuls témoignages qui en restent sont celui d’Axel, l’officier de navigation qui aura accompagné le « Charlotte », le Sapiens primaire des plus rustres qui aura ouvert la route et pilotant ainsi la flottille des cargos de Krabitz vers leur destination finale et un récit oublié – présenté comme d’un roman –, dans les mémoires internétiques mis en ligne par un certain « I-Cube » de l’époque très ancienne d’où serait issu « Charlotte », mais aussi la légende de Cortinco : rien ni de très sérieux, ni de très probant et finalement, le toute reste très embarrassant.

Puisqu’inexplicable.

En revanche, le plus crédible des rapports et études qui auront été produits depuis sur le sujet, restera l’idée générale d’une civilisation spatiale qui semble maîtriser les déplacements sur la flèche du temps.

Ce n’est pas que la recherche scientifique du moment ne s’intéresse pas aux propriétés cachées du neutronium-spiné, loin de là, et l’idée a déjà fait l’objet d’études théoriques et de mises en applications pratiques nombreuses, mais jusque-là, on n’en sait pas plus quant aux voyages sur la flèche du temps.

Et la consigne est désormais, dans les flottes de la Légion, de ne pas s’opposer à n’importe quel prix aux vaisseaux de « La Garde », dès qu’ils sont identifiés comme tels.

 

Pas la peine de risquer inutilement les matériels et les troupes…

 

Par ailleurs, la présence de « Michel », une sorte d’archange, qui se présente comme un « jardinier » œuvrant pour des « maîtres » qui se nourrissent du « vivant » et lutte contre des « sans-âmes » qui détruisent la vie sous toutes ses formes, générera des travaux en quantité considérable.

S’agit-il d’une énième espèce dont personne n’a encore et jusque-là aucune trace ?

D’une espèce « à naître » si l’on envisage des boucles temporelles, ou au contraire « originelle » si l’on considère qu’elle est première, dépassant la théorie du tout ?

Ce qui voudrait dire que l’univers est « causé », ce qui est parfaitement inenvisageable ?

Où gisent les « maîtres », comment se manifestent-ils, quels sont leurs objectifs ?

Il faut alors se replonger dans les textes anciens, voire très anciens, mythologiques de dizaines et de dizaines de civilisations exotiques, parfois disparues, pour avancer des explications qui ne sont que des spéculations.

Dieu n’existe pas pour les « Sapiens-Plus » dit « augmentés ». Tous les phénomènes religieux sont les résultats de pures spéculations d’esprits faibles : c’est une constante historique dans toutes les civilisations rencontrées, quelle que soit l’époque, leur développement, les lieux et les espèces.

Un fait scientifique acquis. Irréfragable.

D’autant qu’au fil du temps, les connaissances s’accumulent sur les origines de l’univers et ses mécanismes intimes. Et il est convenu que Dieu, la notion, ne peut pas être réduit à une série d’équations. Or l’univers entier, le connu et celui qui échappe à l’observation, le macro comme le plus petit de ses éléments microscopiques, obéissent tous à des équations.

Il n’y a donc pas de place pour « les maîtres » dans la culture des « Plus ».

Même les « Ultras » sont prévisibles puisqu’il s’agit de recherches des plus pointues, mais pas les « maîtres » et « Michel » n’entrent, à ce moment-là, dans aucune catégorie.

Inutile de dire que l’épisode de Landditsy et de la bataille perdue de « Boomerkar » restera un « marqueur » important dans la culture de la « Légion ».

 

Effectivement, sitôt après cet ordre de suspension, à la surprise générale, une alerte des « sentinelles-avancées » disséminés dans l’espace proche survient de façon inopinée, juste le temps que les messages arrivent.

« Vaisseau non-identifiée en approche ! »

Hostile demande le robot d’alerte du pont ? Pas de réponse…

« Amiral ! Qu’est-ce qui se passe ? »

La question se veut surtout portée sur la « prémonition » formulée par Landditsy l’instant précédent.

« Armez un coup de semonce et tentez d’entrer en contact avec ce vaisseau pour lui indiquer qu’il entre en zone de combats. Formation de combat ! »

Les émetteurs crépitent…

« – C’est quoi ce message de contrordre que vous venez de me remettre ?

– Je vous ai demandé de l’analyser en urgence.

– Semonce armée-verrouillée. Boucliers armés.

– Une réponse à nos messages ? Quelle est la distance de l’intrus ?

– Huit minutes. Progression en ralentissement, trajectoire convergente. Mais on ne sait pas par où il est arrivé.

– Alarme ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération sur azimut 100, hauteur – 40, à 3 minutes.

– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération rapide sur azimut 200, hauteur + 110 à 6 minutes.

– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération, azimut 220, hauteur 330, à 12 minutes.

– Amiral ? On nous assaille !

– Je le vois bien. Alors ces analyses ? La sonde de liaison ?

– Il n’y a pas plus urgent ?

– Si !… L’évacuation du secteur…

– En abandonnant notre offensive contre les touffes d’herbe ? Après tant d’efforts pour être parvenu à les regrouper.

– Commandant, vous ne voyez pas que nous sommes attaqués ?

– Par quatre malheureux vaisseaux inconnus…

– Et ce coup de semonce, alors ? »

Le dégagement d’énergie est immédiatement envoyé dans la direction verrouillée et… loupe sa cible qui réapparaît immédiatement – le temps que l’information arrive – sous un autre angle.

« Pas possible ! C’est de la magie, ça… » lâche un des officiers de pont, celui qui est de plus le responsable de l’arsenal du bord.

 

Landditsy se rend compte que la bataille est mal engagée.

 – Ordre de repli. On se regroupe en …

– … Ah non amiral ! Refus de se battre en pleine action de feu, c’est l’exécution immédiate !

– Commandant, ne déraillez-pas. On ne sait rien de la dangerosité de la menace. Pensons d’abord à nos matériels et nos troupes !

– Mais non ! Pas question !

– Ventre-saint-gris, commandant ! Vous obéissez à mes ordres oui ou non ? Je vous ai demandé une analyse du contrordre que je vous ai remis, un sonde de liaison avec l’état-major et je vous dis que la situation créée par ces intrus nous oblige à un repli. On reviendra régler le problème des Krabitz ultérieurement !

– Les quoi ? Avec tout le respect que je dois à votre rang, je constate que c’est vous qui avez les foins de vous battre et que vous avez de plus un langage qui témoigne de votre inaptitude au commandement, amiral !

– Vous débloquez totalement, commandant ! Ce n’est pas le moment de jouer au fanfaron.

– Au titre de l’article 156 du code de la légion, je vous destitue sur le champ de votre commandement, vous mets aux arrêts de rigueur et prends la tête des opérations ! » fait l’officier le plus proche entouré de quelques-uns de ses collègues qui s’étaient regroupés autour du fauteuil de l’amiral durant l’échange verbal.

« – Planton ! Désarmez l’amiral et escortez-le en chambre-forte.

– Vous faites une immense bêtise qui va nous mettre tous en péril imminent, commandant ! »

Dans l’instant, des droïdes désarment l’amiral et se saisissent de sa personne. Celui-ci persiste à protester vertement.

« Je vous en conjure. Cessez cette mutinerie immédiatement ou vous en rendrez-compte ! »

 

Pendant ce temps-là, les « chasseurs » se sont rapprochés alors que le vaisseau initial a encore changé de position.

« Hostile au contact ! » annonce un robot.

« Vite ! Armez les champs et les tourelles ! »

D’un coup d’un seul le vaisseau amiral de la flottille devient impénétrable par activation des champs de gravitation et l’activation des boucliers d’énergie des tourelles chargées en principe d’annihiler tout forme d’énergie venant de l’extérieur.

« Combattants ! Feu sur tous les hostiles, depuis toutes les stations ! Exécution immédiate ! »

L’espace est aussitôt zébré, en divers endroits de puissants traits lumineux créés par l’éjection de pairs de jet de matière et d’antimatière prélevées sur les réservoirs d’énergie, qui circulent autour de la planète des Krabitz, mais aussi d’un peu partout ailleurs jusqu’aux confins du système stellaire, là où sont positionnées les « sondes-vigie » qui n’ont pas vu venir le vaisseau hostile.

Le temps pour que l’information en retour parvienne au poste de commandement, il faut se rendre compte que l’incroyable se produit : pas un seul des objectifs visés par les armes de la légion n’atteint sa cible ! En revanche en quelques parcelles de temps, la plupart des engins automatiques des légionnaires sont pulvérisés !

Une déroute à laquelle assistent médusés et terrorisés les Krabitz derrière leurs écrans de visionnage de l’extérieur.

« Vous voyez bien qu’il s’agit maintenant de profiter de l’occasion pour évacuer ce foutu caillou ! » s’exclame Edgorkloonyx à l’adresse des siens.

Oui, peut-être, mais avec quels moyens… ?

Les bipèdes Homos de la légion vont de toute façon rappliquer, dans des délais courts, avec des moyens militaires et de destruction supplémentaires et ils n’auront pas le temps de finaliser la fabrication de leurs propres vaisseaux.

Peut-être un ou deux pour sauver leur espèce, et encore. 

 

Les deux vaisseaux amiraux, celui de commandement et le second, celui qui suit de très loin la bataille qui sera livrée à ses capteurs plusieurs heures (décimales) plus tard, pour, comme dans toute expédition de la Légion, à la fois témoigner en lâchant des sondes automatiques vers les relais de l’état-major et éventuellement récupérer et porter secours aux légionnaires survivants, sont épargnés.

Mais, seconde surprise, et des plus étonnantes, celui qui est « engagé » en première ligne est tout d’un coup « occupé ».

Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », se présente à la porte du sas du poste de commandement, entouré de trois cyborgs, immédiatement identifiés comme tels, revêtus de combinaisons grises argentées et ajustées.

Il est impressionnant, revêtu d’une sorte de scaphandre antique, exactement le même qu’il avait à Biskra (1), articulé, noir-profond, mais en plus tout orné aux articulations de liserés dorés du meilleur effet qui en jettent !

Son visage est en partie dissimulé par un masque transparent qui lui permet de respirer dans un air surchargé de dioxyde d’oxygène propre aux homos-rustiques.

Et contrairement aux équipes du bord, s’il s’agit d’un bipède à la stature impressionnante, ce masque laisse apparaître des poils, notamment au-dessus des yeux et autour des paupières : des cils et des sourcils !

Une horreur pour l’équipage, dépourvu de tout poil depuis des générations et des générations de manipulations génétiques successives… !

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-viii-liberation-de-florence-25.html

 

Quelques explications.

Ce chapitre est ajouté soudainement à la suite des 21 chapitres du roman « Paradoxes temporels » mis en ligne en 2008 sur le site de « l’Infreequentable » : http://flibustier20260.blogspot.fr/search/label/Paradoxes%20temporels

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-treizieme.html

 

 


Ultime récit : Chapitre douzième

 

Le roman « Ultime récit » s’enrichit des 22 chapitres de « Paradoxes temporels » mystérieusement apparus sur le blog de l’Infreequentable en 2008.

 

Paradoxes temporels (22/21)

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Et maintenant ? »

C’est l’amiral Landditsy qui s’exprime. Lierreux vint de disparaître. Comme il était venu, sans prévenir, sans laisser de trace que ce message écrit, tracé directement avec son propre sang sur une pochette tirée de son pyjama.

Ce barbare, tout poilu…

« Michel. Tu nous dis la suite ? On ne va pas rester coincé là toute une éternité… »

Là, c’est Edgorkloonyx qui commence à trouver le temps long.

« L’éternité… Quelle drôle d’idée ! » lui répond Michel.

« – Edgorkloonyx, tu as reconnu Pierre, le messager ?

– Probablement. Mais j’ai surtout bien aimé son message.

– Landdisty, tu as compris ce qu’il t’a ordonné ?

– Oui, ça, ça va : pas les Krabitz. J’ai entendu. J’ai aussi entendu ton message. Mais j’ai des objections ?

– Ah non ! » intervient Edgorkloonyx.

– Ah si ! J’aime bien le côté « évacuation ». Le problème, c’est que je ne sais comment on va faire. Tes vaisseaux me semblent vachement trop rustiques pour envisager un long périple dans l’espace. Vous ne savez faire au mieux que des voyages de quelques dizaines de parsecs… » (1)

Ce qui n’est pas totalement faux. À chaque « migration », quand le biotope local est épuisé, les Krabitz disparaissent petit-à-petit avant d’envisager de déménager. Ils consacrent alors leurs dernières ressources pour construire quelques vaisseaux interplanétaires pour aller « plus loin », jusqu’à un endroit qui soit à leur portée et assez accueillant afin de s’y établir de façon provisoire.

Et ainsi de suite de génération en génération.

Beaucoup périssent ainsi par épuisement. Les survivants échouent souvent pour se perdre dans le cosmos, mais l’espèce survit toutefois depuis des temps immémoriaux pour avoir toujours pu retrouver un lieu d’accueil favorable.

Là, le problème posé par la présence des Homos, leur première rencontre semble-t-il, c’est que ne disposant pas d’une technologie comparable, les Krabitz sont dans l’incapacité de résister à une invasion.

 

L’espèce est un végétal qui ce sera libéré de son enracinement. Les végétaux se nourrissent de nutriments puisés dans leur environnement, en principe solide même si  certaines espèces trouvent ceux-ci dans des gaz ou des liquides, dès lors qu’il y a un ou des solvants disponibles à profusion, et du carbone, la matière-première indispensable, même sous forme de monoxyde ou dioxyde. Le reste est affaire de « chimie » en fonction des réactifs disponibles.

Et les Krabitz sont à l’origine lointaine des « plantes-marines » mais qui ont su développer une « micro-civilisation », puisqu’ils communiquent entre eux par échanges « chimio-électriques » comme n’importe quel végétal même ceux qui n’ont qu’une conscience diffuse de leur identité propre, partageant leur environnement avec d’autres espèces, notamment des « mobiles », bipèdes, quadrupèdes, volantes, nageantes ou non, les insectes et autres. Ils sont d’abord « enracinés », puis, au fil du temps, ils sont sortis de leur milieu liquide et ont acquis aussi la possibilité de se mouvoir « hors-sol » sur les parties émergée de leur planète d’origine.

Ce n’est que quand celle-ci a été mise en danger par son étoile qui se transformait en géante rouge au fil du temps, que les Krabitz, qui raffolent de philosophie et de mathématique, ce sont mis à chercher des moyens de migration.

L’espace immédiat a été identifié comme une bouée de secours provisoire et puis ils ont ensuite migré toujours plus loin dans l’espace.

Globalement, l’espèce est installée depuis pas mal de temps dans ce petit coin du ciel, autour de trois étoiles, un système binaire et une étoile proche, autour desquels orbitent, parmi d’autres, cinq planètes telluriques et deux gazeuses situées dans des zones de températures supportables.

À distance convenable desdites étoiles.

Le système binaire est un peu instable, mais les biotopes sont parfois riches et la bio-cinèse acceptable. Pas trop létale à condition de prendre des précautions d’usage.

Bref, pas le paradis, mais assez « confortable » pour avoir pu y regrouper une grande partie de la population de Krabitz pendant longtemps avant d’envisager une nouvelle migration.

 

Et l’arrivée des vaisseaux d’exploration scientifique des Homos, une espèce carnée, bipède et belliqueuse, aura été un bouleversement inattendu.

Alors qu’ils ne sont pas du tout adaptés pour vivre et partager le même milieu, puisque les Homos sont incapables de vivre dans une atmosphère trop chargée en dioxyde-de-carbone, alors que c’est l’essence même du gaz parfait qui favorise le développement des Krabitz et autres herbacés, ces gens-là se sont permis de les expulser de leurs endroits favoris pour creuser les sols, saccageant les autres espèces locales et les réalisations Krabitz.

Forcément, la révolte a grondé et a tourné en faveur des espèces autochtones qui se sont liguées contre les envahisseurs venu de l’espace.

S’en est suivi une courte période de calme, jusqu’à l’arrivée d’une flotte de vaisseaux armés qui, en représailles, ont réduit en cendre les habitats de la première planète envahie.

Quelques Krabitz ont pu s’en échapper pour rejoindre les colonies sises à proximité. Mais s’en est suivi alors une course-poursuite qui a permis de regrouper les Krabitz sur une seule des planètes, un peu hostile et à la gravitation insuffisante – il y a parfois des vents furieux qui balayent la surface de la planète et détruisent tout sur leur passage, jusqu’à propulser hors de l’atmosphère nombre d’objet « non-enracinés » –  qui est désormais entièrement mise sous blocus.

Tous les vaisseaux spatiaux ont été détruits. Il n’y a plus de moyen de fuite et la flotte humaine s’apprête à donner l’assaut final à coup de grands dégagements d’énergie ponctuels.

Alors l’épisode de suspension temporel est vécu par Edgorkloonyx, le Krabitz, comme inespéré. Puisque son espèce n’a plus les moyens de ne pas disparaître, pourquoi ne pas accepter de migrer là où elle sera le plus utile ?

Même si l’apparition d’un curieux « humanoïde » reste suspecte dans cet épisode.

Mais Edgorkloonyx n’en est plus à sa première « rencontre » aliène : il a vécu longtemps sur ce qui s’apparentait à une sorte de barge en suspension autour d’une planète inconnue où il avait déjà rencontré un humanoïde.

C’était d’ailleurs juste avant l’arrivée des « sans-âmes », cette poussière noire qui se mange si facilement et qui envahissait tout.

Il en garde le souvenir d’un « paradis » à retrouver et à partager avec le plus grand nombre de ses congénères, avant d’avoir eu l’idée de retrouver la barge de l’humanoïde qui les avait visité et que tous les deux disparaissent dans un « puits-du-temps » improbable.

Pierre était manifestement revenu à son époque et sur son monde d’origine, Edgor également, alors que la population des autres Krabitz s’en donnait probablement encore à cœur-joie de bouffer du « sans-âme » et à en prospérer de façon soutenue.

Certes, il était passé pour un hurluberlu sur sa planète, quand il avait raconté son histoire, alors même que tous les Krabitz envisageaient déjà une migration.

L’arrivée des vaisseaux de la Légion donnait sens à tout cela.

 

« La solution va arriver incessamment. » C’est Michel qui l’affirme.

« Ta parole d’officier général que tu ne vas pas t’y opposer ? »

Quelle question…

En fait ce qui taraude l’amiral, c’est la réaction de ses troupes : tous ses officiers sont prêts à en découdre. Ils ont redoublé d’efforts pour éradiquer toutes traces de vie sur trois des planètes rocheuses. Manifestement, les humains veulent des territoires vierges pour mieux les exploiter, en extraire des minéraux qui semblaient si précieux à leur expédition d’étude scientifique.

Il en reste deux.

Sur les planètes gazeuses, ils ont lâché des quantités prodigieuses de cyanobactérie non-symbiotique (2) donc capables d’une vie indépendante, parfois « aérobiques »,  qui réduisent en un temps record le taux de gaz carbonique du milieu naturel, le rendant impropre à la vie des Krabitz.

Et avec le blocus orbital, toute échappatoire devient très difficile : les vaisseaux humains et leurs machines de guerre sont sans pitié. Ils détruiraient tout ce qui tente de passer.

Ce sont en fait des robots qui veillent et appliquent sans aucune empathie les consignes des officiers de la Légion.

Du coup, les Krabitz survivants se sont regroupés sur les deux planètes rocheuses et inconfortables, qui orbitent l’une autour de l’autre, en vue de produire des vaisseaux assez rapidement dans des cavernes parsemées dans les profondeurs de la plus petite des planétoïdes qui reste « creuse » : de vastes galeries générées par des « macro-biotiques-mange-pierre », qui se nourrissent de silicate mais restent heureusement hydrophobiques.

Cette espèce a déserté ses galeries, qui sont restées, au contact des nappes phréatiques profondes.

Sans grand espoir : même si les humains peuvent éventuellement les laisser faire un temps, il faudrait mettre au point une tactique de leurre des drones qui interdisent tout trafic spatial autour de ces deux planètes.

Et là, les intentions de l’amiral Landditsy sont claires : il va passer à l’offensive, au moins sur la plus grosse des planètes-refuges.

Alors évidemment, changer du tout au tout tous ses plans de de bataille jusque-là élaborés, même parce qu’il aurait vu et dialogué avec un « ancêtre », même celui de la légende des officiers généraux, ça n’a rien d’évident.

 

« Tu vas le faire. De toute façon, je t’ai dit que je ne te laisserai pas saccager « mon jardin » et détruire jusqu’au dernier des Krabitz comme tu en as reçu la mission. Tu vas laisser faire leur prochaine migration et celle-ci sera définitive.

Je t’envoie aide et assistance. Une flottille de vaisseaux cargos devrait convenir. »

Et elle va sortir d’où, cette flottille ? Les moyens de la Légion ne sont pas illimités et ça va demander des années et années.

« – Ne t’inquiète pas. Elle va arriver. Tu laisseras les Krabitz embarquer et ils fileront là où ils sont attendus pour te laisser place nette… Ta mission sera couronnée de succès.

– Et où donc ? » demande Edgorkloonyx, un peu angoissé. « Là où nous migrerons, ils vont bien tenter de nous poursuivre.

– Tu as raison sur leurs intentions Edgor. Mais là où vous allez, ils ne peuvent pas vous pourchasser. C’est bien trop loin pour leurs vaisseaux et ils n’ont aucune idée de la façon de faire.

– Ils pourront nous pister.

– Bien sûr, mais pas longtemps. D’une part, la route sera fermée à jamais après votre arrivée sur place et puis, va couvrir votre départ un vaisseau doté d’armes contre lequel ceux de la légion ne peuvent encore rien. »

Landditsy voudrait bien voir ça, tiens donc…

La légion est équipée des engins de destruction et de mort les plus élaborés de l’univers à base de matière et antimatière. Et, en tout cas dans l’amas local de galaxies, il n’y a rien de plus puissant.

De plus, si la majeure partie des moyens de la légion est actuellement mobilisée pour mater les rebelles de Qarassa qui piratent les lignes commerciales entre les diverses civilisations d’un coin de la galaxie pas trop éloigné, là où d’ailleurs on attend sa flottille une fois sa mission commandée par la « Haute autorité » intergalactique contre les Krabitz terminée, elle pourrait être rapidement mobilisée pour repousser n’importe quelle agression.

 

« – Il ne s’agit pas de ça. Il s’agit d’une technologie qui dépasse la vôtre, Amiral.

– Celle de la Garde ?

– Effectivement. Que fait-on de mieux à ton époque…

– Là encore, c’est une légende ! Une de plus.

– Si tu en es certain, qu’as-tu à redouter à tenir ta parole ?

– J’ai surtout les moyens de détecter tous mouvements suspects d’ici jusqu’à quelques 24 à 48 heures-lumières (3)

– Je te laisse avec tes certitudes. Rentre chez toi, rends compte à tes autorités et laisse venir et faire. Toi, Edgor, tiens les tiens près à un départ massif. Entendu ? »

Et que bien sûr ! Même s’il reste à convaincre les siens de laisser tomber les solutions jusque-là envisagées pour se tirer d’affaire et échapper à un génocide.

Pas certain qu’il y parvienne…

D’autant qu’il se retrouve, sitôt la suspension temporelle de « Michel » terminée, dans la même situation qu’avant son « échappée » chez « Michel », dans le bruissement général qui l’empêche dans premier temps de se faire entendre. De là à se faire comprendre…

Heureusement que les événements se précipitent à l’extérieur.

 

Tout comme pour l’amiral de la légion spatiale…

Lui aussi se retrouve l’instant d’après dans son poste de commandement, entouré de ses officiers là où il les avait laissés, finissant leurs mouvements entamés au moment de la « suspension » qu’il a vécu avec une troupe improbable dans un endroit encore plus improbable, les rapports de position des diverses machines déployées dans le système Boomerkar où sa flottille s’apprête à livrer une bataille facile continuant à être égrainés par un droïde de liaison.

« – Amiral ? Oh, Amiral !

– Quoi ?

– Quels sont vos ordres ?

– Mes ordres ?

– L’ordre du feu.

– L’ordre du feu ?... Euh, non… On suspend l’offensive.

– Pardon ?

– On suspend. Il va se passer un événement nouveau.

– Comment ça, amiral ?

– En attendant, prenez ceci (il tend le message remis sur un bout de chiffon par Lierreux), analysez-le moi de toute urgence et préparez immédiatement une sonde de liaison avec l’état-major ! »

L’officier d’ordonnance semble interdit.

« Exécution ! »

 

(1) Un parsec est égal à environ 3,2616 années-lumière. Historiquement, le parsec est défini comme la distance à laquelle une unité astronomique sous-tend un angle d’une seconde d'arc. Autrement dit, la distance à partir de laquelle on verrait la distance terre-soleil, sous un angle d’une seconde d’arc.

Mais là, comme il s’agit d’autres mesures du temps et des distances – seul ne nom est resté – la distance n’est pas la même.

(2) Sur terre, elles ont été responsables de la « grande oxygénation » de la planète peu après sa formation et elles survivent sous forme d’algues « bleues vertes » qui prolifèrent dans les océans à la faveur des changements climatiques en cours au XXIème siècle.

(3) Là encore, la référence n’est pas comparable, puisque décimale, avec celles de leur passé : seul les noms sont restés dans la mémoire collective.

 

 

Quelques explications.

Ce chapitre est ajouté soudainement à la suite des 21 chapitres du roman « Paradoxes temporels » mis en ligne en 2008 sur le site de « l’Infreequentable » : http://flibustier20260.blogspot.fr/search/label/Paradoxes%20temporels

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-douzieme.html

 


Ultime récit : Chapitre onzième

 

Précisions utiles. 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« – Je fais ça comment, moi, qui ne pige pas grand-chose à vos méthodes de voyage dans le temps ?

– Vous ne voyagerez pas dans le temps. Les Homos de cette époque-là savent peut-être que ça existe probablement comme je viens de vous le dire, mais ne savent pas faire. Vous voyagerez à leur façon, comme je vous l’ai montré lors de la première partie de notre parcours. Mais comme je vous l’ai indiqué, vers des zones que mêmes nos technologies ne peuvent pas encore atteindre.

– Et vous croyez que moi je vais savoir y faire ?

– Naturellement, voyons ! D’abord parce que vous serez assisté, ensuite parce qu’on vous demande juste de baliser le parcours vers ce « rien » à atteindre, et justement parce que vous ne voyagez pas dans le passé, mais dans le présent. Ce qui n’est pas sans risques, mais puisque vous revenez…

– Je ne comprends toujours pas…

– Bien sûr que vous ne savez pas. Quand un de nos véhicules, quel qu’il soit, une sonde, un relai, n’importe quoi, voyage sur la flèche du temps, vers le passé, c’est parce que nous savons précisément vers où et vers quand. Et comme nous avons une connaissance intime de tous les objets qui circulent dans le cosmos, à toute époque, nous savons limiter les risques d’interception. Un vaste inventaire qui se poursuit toujours d’ailleurs.

 

Parce que nous ne pouvons pas non plus aller sans risques pour nos véhicules et ses passagers vers des endroits du passé qui n’ont pas été inventoriés au préalable.

Vous saisissez ?

– Si j’ai bien compris cet aspect-là de votre exposé, Steph, ça se résume à pas de voyage trop loin, jusqu’à pas trop tôt dans le passé de la flèche du temps, ni vers le futur qui n’existe pas !

-  Exactement : Vous apprenez vite, votre excellence.

– Paul, s’il vous plait, Steph !

– Pas de flèche du temps ni avant la naissance de l’univers, pas de flèche du temps depuis un présent vers un futur qui n’existe pas encore. Et pas de voyage sur la flèche du temps dans des endroits de l’espace est trop dense en obstacles divers.

D’où une approche des étoiles du centre d’une galaxie par « petits-sauts » et sur des parcours balisés par nos sondes et relais. Et encore, à condition d’en avoir un inventaire précis du cours de leurs évolutions dans la soupe gravitationnelle ambiante. En revanche, c’est plus facile dans les bras d’une galaxie et entre les galaxies, là où les « crêtes gravitationnelles » ont fait le vide.

Naturellement.

– Naturellement. Et c’est quoi, ces… « crêtes gravitationnelles » ?

– Ce sont des endroits où il y a peu d’étoiles, entre les galaxies qui, de par leur masse attirent la matière pour la transformer en énergie. C’est là où on le plus de chance de ne rencontrer aucun obstacle entre deux amas de galaxies. Et comme vous voyagerez loin, très loin, je vous conseille de vous guider entre les sources lumineuses ou radiatives.

Pouvez-vous me faire une petite synthèse de tout ce que vous venez d’entendre, s’il vous plaît ?

– Euh… »

 

Paul est pris au dépourvu…

« – Ne devais-je pas aller me reposer ?

– Bien sûr. Mais juste après.

– Alors … euh… si j’ai bien compris je suis une « singularité », un Homo-Sapiens qui voyage sur la flèche du temps et le dans le cosmos lointain alors que sa civilisation et ses technologies ne le permettent pas.

– Bien !

– Notez que j’ai déjà voyagé à deux reprises dans mon passé.

– Je sais cela. Vous êtes par conséquent « éduqué » et votre esprit n’en a pas trop souffert par des crises schizophréniques. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. La plupart des abduqués finissent cinglés…

– Ah oui ? Passons… Donc, pour voyager de la sorte, il nous faudra être capable de puiser de l’énergie dans le vide quantique.

– C’est ça.

– Et si je comprends bien, je fais aussi fausse route avec mes tentatives relatives à mes énergies surnuméraires comme le moteur Minato, la z-machine de McShiant ?

– Le moteur que vous dites exploite les différentiels des champs magnétiques. Ça fonctionne grâce au champ de votre planète. Mais c’est inopérant dans l’espace profond.

 

Les « z-machines », ce sont une bonne piste, mais c’est extrêmement délicat à faire fonctionner durablement. Et puis je vais vous dire, vous n’en avez pas besoin pour ce que vous souhaitez faire…

– Ah ?

– Continuez !

– Si j’ai bien compris aussi, le fait de tirer de l’énergie du vide permet de comprendre un peu mieux les relations de la matière et des champs. Notamment les qualités intrinsèques des neutrons.

– Oui, c’est un peu ça, quoique pas seulement, mais ça permet surtout d’en fabriquer avant de découvrir que le neutronium absorbe toutes les énergies autour de lui.

– Dès lors que l’on a compris à quoi ça peut servir, ça permet d’imaginer vos fabuleux voyages sur la flèche du temps.

– Non, ce n’est pas ça. Vous avez sauté des étapes. L’énergie du vide permet d’abord de modifier les champs gravitationnels et de découvrir l’existence des contre-champs. La gravitation « attire » deux masses. Les contre-champs les repoussent. Les deux lois se complètent et fonctionnent toutes les deux en fonction inverse du carré des distances. Ne l’oubliez pas, parce que dans les voyages lointains dans le cosmos, il y a probablement plus de contre-champs que de puits gravitationnels, puisque l’univers poursuit son expansion contre toute raison.

– Mais dites-moi, si cette expansion existe…

– Et s’accélère probablement indéfiniment…

– …Il doit bien y avoir une contrepartie quelle que part ?

– À condition de présumer d’un équilibre général. Ce qui est loin d’être acté. Et puis vous savez qu’existent des effondrements gravitationnels. Les trous-noirs !

– Ah oui, les trous noirs… Bon, ok ! Donc énergie du vide, champs et contre-champs gravitationnels, le neutronium qui permet d’en jouer et de rendre possible des voyages lointains intersidéraux, et enfin, par un mécanisme que vous ne m’avez pas dévoilé, à savoir l’utilisation de ces acquis pour voyager sur la flèche du temps. C’est ça ?

– Ce n’est pas mal pour un rustre primaire comme vous.

– En revanche, je crois avoir compris que j’ai à prendre en charge une civilisation que je ne connais pas, agressée par mes descendants. Or, un, j’ai bien compris que vous ne savez pas pourquoi moi. Deux, vous ne savez pas où je l’évacue. Trois, j’ignore avec quels moyens propres à vos technologies. Parce que moi, je ne les ai pas de toute façon.

– Vous les évacuez là où nous, nous ne pouvons pas aller. Vers un endroit si éloigné qu’il n’est pas détectable puisque situé au-delà de la distance maximale d’où nous parvient les champs d’énergie qui font l’univers tel que nous le voyions. L’horizon universel.

Il n’existe donc pas dans notre flèche du temps. D’où l’inadaptation de nos technologies. En revanche, avec les technologies rustiques des « Homos Améliorés », ça semble possible.

Nous allons donc vous les fournir une fois sur place. Pas de problème.

– Et pourquoi ils ne le font pas eux-mêmes alors ?

– Parce que ce n’est pas marqué comme ça dans nos archives, d’une part, et probablement parce que les « Améliorés » n’ont pas à savoir où les Krabitz vont résider. D’autant que ce sont des belliqueux et ils ont une dent contre les Krabitz. Pas la peine de tenter le diable.

– Le diable existe donc, chez vous ?

– C’est une expression de votre civilisation si crédule. Nous, on parle de tentation « animale », basique, instinctive.

– Je vois ! Mais je vais où ?

– Je vous l’ai déjà dit : là où il n’y a rien. Plus de lumière, plus d’énergie. Manifestement le domaine de la matière qui absorbe tout sur son passage…

– Du neutronium ?

– Peut-être… on ne sait pas. Mais si c’est le cas, ça expliquerait certaines choses.

– Comme quoi ?

– Je n’ai pas à vous le dire. Désolé. Et puis vous ne comprendriez probablement pas.

– Admettons. Alors comme ça je sais que je suis arrivé quand il n’y a plus rien devant moi ?

– C’est possible.

– Et ? »

 

Steph marque une pause…

« – Et vous revenez.

– Comment ?

– Exactement par le cheminement que vous aurez emprunté pendant le voyage de l’aller. Car, mais votre co-pilote vous le rappellera, parce que lui aussi compte bien revenir à sa propre civilisation, vous aurez « balisé » votre parcours. Logique si on veut que les véhicules des Krabitz vous suivent…

– Autrement dit, je joue le rôle de l’éclaireur, de l’ouvreur de piste.

– C’est exactement ça ! D’une part c’est possible tant qu’il n’y a pas trop de temps qui s’écoule entre la pose d’une balise et son retour vers elle, d’autre part, vous êtes priés de les « ramasser » afin de fermer le passage que vous avez ouvert à l’aller.

– Et pourquoi ça ?

– Pour éviter à la Légion de vous suivre et de porter la guerre là où elle n’a pas à aller encore.

– Bon sang, mais c’est bien sûr ! Suis-je bête !

– Je ne vous le fais pas dire… »

Et l’Homo-Ultra de recommencer à rire, avec ses petites dents dans son orifice buccal si étroit, surplombant une absence de menton qui s’efface au fil de l’entretien.

Il va finir monstrueux…

« – Encore une chose importante. La Légion est composée d’une espèce d’Homo-Amélioré, augmenté. « Plus » ils en disent d’eux-mêmes.

– Oui. J’imagine qu’ils ont une intelligence plus développée que la mienne, c’est ça.

– Pas vraiment. En revanche, à force de manipulation génétique de toutes sortes, qui d’ailleurs ont commencé à votre propre époque, ils ont fini par réduire leur part d’animalité de façon drastique.

– C’est-à-dire ?

– Ils sont devenus végétalien… c’est comme ça qu’on dit à votre époque ?

– Végétarien ?

– Non ! Végétalien. Aucun produit animal.

– Ils mangent de l’herbe alors. Herbivore !

– Il y a de ça, effectivement.

– J’espère que je ne vais pas devoir manger que de l’herbe. Moi, je mange les bêtes qui mangent de l’herbe.

– Nous y avons pensé, figurez-vous. Mais pour eux vous êtes une bête repoussante.

– Oui, je sais, déjà que pour vous avec mes odeurs.

– Vos phéromones, vos phéromones, rien de plus et qui génèrent des micro-champs disharmoniques. Qui plus est, vous êtes un mâle.

– Bé oui, normal. Pas encore hermaphrodite à reproduction par parthénogénèse, comme vous.

– Ils n’en sont pas encore là, mais à l’étape du clonage-mixte.

– C’est quoi, ça ?

– L’altérité sexuelle a été éradiquée et les générations se renouvellent par fécondation in vitro.

– Pardon ?

– Il n’y a que des femelles !

– Punaise ! Que des femelles ? Le pied, ça !

– Euh non, je ne crois pas justement. Elles ne savent pas ce que c’est. Et ce sont d’ailleurs libérées de tout instinct sexuel, hors leurs jeux érotiques et homosexuels.

– Eh bien, je vais pouvoir leur faire découvrir…

– Je viens de vous dire que non ! Ce n’est pas possible.

– Allons bon ! Ça va être gai alors !

– C’est pour ça que nous vous avons prévu quelques cyborgs du meilleur effet pour défouler votre libido native, propre à votre espèce… »

Là, Paul commence à percevoir que ce voyage promis aux confins de l’univers, jusque-là où il n’y a « rien », risque d’être un vrai cauchemar…

 

« – Il y a autre chose que je devrais savoir avant d’y aller ? Des de la même trempe que je m’y fasse ?

– Oui, mais nous en parlerons à votre retour. C’est l’objet de votre seconde mission, celle de votre époque.

– Ah oui ! Je reviens à mon époque. Et comme un « bon agent », je fais le boulot sans poser de question.

– Un ambassadeur, excellence. L’ambassadeur de la Coupole ! Qui arrive escorté par un véhicule de La Garde. Avec un déguisement qui en jette, vous allez leur en mettre plein la vue et nous sommes là pour vous couvrir jusqu’à votre retour.

– Admettons. Mais savez-vous que moi, je n’avais qu’un rêve ?

– Je le connais. Voler dans les éléments de votre planète, dans l’atmosphère, jusqu’au-delà de ses limites. Ce que nous faisons. Et puis sur la surface de vos océans. Mais ça, ça vous vient sur le tard, quand vous aurez goûté aux joies et vertus du cosmos… »

S’il le dit.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-onzieme.html

 

QUELQUES PRÉCISIONS

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

 

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 


Ultime récit : Chapitre dixième

 

Formation accélérée 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Je peux continuer ? Remettez-vous et finissez donc votre verre. »

Paul s’exécute tellement il a le gosier sec à « entendre »… enfin, entendre… ce qu’on lui dit, disons plutôt « transmet ».

« Les déplacements spatiaux ont évolué depuis que votre espèce a commencé à s’affranchir de la gravitation de sa propre planète. Un lourd handicap. Les Krabitz et la plupart des autres espèces sont plus malines en s’installant et se développant sur des planètes solides ou gazeuses ou à faible gravité. D’autant que les concepteurs de vos engins ont d’abord cherché à exploiter des réactions chimiques exothermiques, alors que d’autres espèces ont trouvé plus intelligent de se servir de forces électriques.

Passons, ce n’est pas significatif… »

Sympa pour les « ancêtres-Sapiens » dudit mutant… en pense Paul.

« En ce qui nous concerne, nous avons évolué vers le déplacement sur des champs. Des champs gravitationnels, nettement plus puissants quand on sait les utiliser.

Je vous explique : si mon espèce est sensible aux champs, tous les champs, ce n’est pas par hasard, mais le fruit d’une évolution biologique et des travaux de mon espèce sur les champs.

Je viens de vous dire que notre énergie primaire est issue du vide. Une énergie diffuse, certes faible en apparence, mais inépuisable et omniprésente. Nous la stockons, après l’avoir transformée en électricité par effet piézoélectrique … »

Comme dans le gel « Birgit » s’interroge Paul ? (1)

Il n’a même pas le temps de formuler sa remarque que le « gouverneur » de La Garde réagit.

« C’est un peu ça, effectivement… énergie que nous stockons dans deux types d’accélérateur de particules. Un de matière protonique, l’autre anti-protonique. Et comme vous le savez déjà, plus on accélère de la matière, plus sa masse augmente. Autrement dit, nous créons des champs gravitationnels qui entourent totalement la partie de nos installations de vie et nous puisons à volonté dans ces réserves pour faire fonctionner, à travers un réacteur adéquat, pour, à la fois, la restitution de l’énergie nécessaire pour spiner nos structures en neutronium, voire les réparer à l’occasion, et pour nos réacteurs très classiques – action/réaction, poussée/mouvement – que vous allez voir fonctionner lors de votre voyage vers « rien », alors que nous, nous surfons aussi… surfer, c’est le mot qui convient ? … Surfons sur les champs gravitationnels et leurs contre-champs pour des déplacements plus ou moins long. »

Ah ?

« – L’engin qui vous a transporté de votre aéronef vers ce véhicule fonctionnait de la sorte. Et c’est d’’autant plus nécessaire, que comme ici, vous ne pourriez pas physiologiquement supporter les accélérations imposées par nos navigations sans contre-champs gravitationnels internes. La machine était programmée pour un niveau 3. Nous supportons 20 fois plus sans être totalement déformés, disloqués, nous les « Ultras ».

Et c’est très simple à faire, pour répondre à la question qui devrait surgir de votre encéphale : la masse de ces particules de matière et d’antimatière qui se déplacent à une telle vitesse qu’assez peu de matière au repos est suffisante pour créer des gradients de gravitation compensant les accélérations de nos véhicules.

Le seul problème, dans ceux de petite taille, reste juste « l’effet de marée ». Le champ n’a pas la même puissance d’un endroit donné à un autre, puisqu’il fonctionne en raison de l’inverse du carré des distances…

– C’est pour cette raison que vous m’avez demandé de rester debout et de ne pas bouger ?

– Exactement. Et que nous n’avons pas « poussé les manettes » trop fort. Vous vous seriez déplacé dans un espace aussi étroit, ou simplement retourné, votre côté gauche n’aurait pas « pesé » le même poids que votre côté droit.

– Intéressant. Et « l’ajustement » se fait comment ?

– Il suffit de déplacer plus ou moins de matière accélérée plus ou moins loin, devant, derrière, dessus, dessous, sur les côtés. Nos machines règlent ça parfaitement, sauf parfois, à l’exception de quelques « sursauts », conséquences d’infimes variations du champ primaire. Ça peut être dévastateur à des niveaux 30 ou 50. Voire encore plus élevés… »

Paul en est tout ébahi : prodigieux !

 

« – Vous me racontez tout ça, je veux bien, mais vous savez que je ne vais pas l’oublier…

– Naturellement. Mais la technologie de votre époque est très loin de pouvoir exploiter tout ce que vous apprendrez durant votre parcours, croyez-moi ! »

Probablement.

« Vous êtes à peu près comme… qui donc d’ailleurs ? Un peintre, d’une époque antérieure à la vôtre… Aidez-moi ! »

Un peintre ?

« – Qui a aussi été architecte, sculpteur et vous a laissé des travaux très en avance sur son époque qui ne maîtrisait pas la métallurgie assez finement.

– Eiffel, non Vinci, Léonard de Vinci ?

– Oui peut-être cette identité-là. Un de vos prédécesseurs parmi les Sapiens… Requis pour une petite mission qui aura eu des effets sans importance pour le déroulé normal de la flèche du temps… »

Veut-il supposer que Paul serait le Léonard du XXIème siècle ?

« Non pas du tout ! » s’exclame-t-il.

« Vous êtes-vous aussi une singularité. D’excellentes idées, certes, quelques réussites, pas de doute, mais surtout la trace que vous laissez, enfin… même pas vous, mais plutôt votre biographe, aura nettement plus de conséquences sur le devenir de votre espèce et par conséquent de la mienne…

Sans ces traces, vous ne seriez probablement pas là. Quoique… Comme vous en laissez aussi dans l’époque où nous allons, forcément la Coupole vous aura réquisitionné.

– Nous allons où et pour faire quoi, finalement ? Ai-je besoin de subir cette formation tronquée et en mode accéléré sur vos hautes techniques « avancées » ?

– Au moins un minimum. On a besoin de vous pour évacuer loin des « Sapiens Améliorés » et « Augmentés » de la Légion, les Krabitz et les emmener dans un endroit situé au-delà des confins de l’univers visible.

On a ensuite besoin de vous pour procéder, à votre époque d’origine, à l’éradication d’une équipe de barbares Sapiens qui menace la vie de tous les Sapiens. Là. De façon certaine. Et vous n’aurez pas de mal à vous en rendre compte. Pour le moment, ce sera tout. Vous verrez bien par la suite ce qu’il vous adviendra…

– C’est quoi cette équipe à éradiquer ? Ça a un lien avec les Krabitz ?

– Un lien ? Non pas vraiment, sauf celui d’une unité d’action. Nous vous déplaçons dans le temps, dans l’espace et nous vous faisons revenir à votre époque d’origine, mais pas tout-à-fait dans l’aéronef qui vous transportait.

– Ah bon ?

– Dans un endroit isolé où « cette équipe » trafique quelques matériaux viraux qui sont contraires à la manifestation de la vie. Vous verrez ça assez vite et assez bien. C’est très anticipé sur l’évolution noté dans nos … livres d’Histoire à nous. Les modifications du génome de Sapiens doivent se faire dans un certain ordre, selon un tempo déjà écrit dans les mémoires de la Coupole, et certainement pas de façon destructrice et inopinée comme cette « équipe » le prépare.

– Et si vous laissiez faire ?

– Si nous laissions faire ? Mais réfléchissez donc deux instants, votre excellence ! » s’emporte le « mutant ».

« – Juste deux parcelles de votre temps, pas plus, s’il vous plaît, Paul !

– Vous me dites depuis tout-à-l’heure que vous êtes le produit d’une évolution pluriséculaire qui maîtrise des technologies qui dépassent la mienne. Bon admettons : vous venez de mon futur…

– Donc je connais votre futur, parce qu’il est notre passé. Nous savons tout de la façon dont Sapiens doit évoluer, techniquement, biologiquement, culturellement, nous savons ses désastres et ses splendeurs. Il va en passer par des crises invraisemblables, survivre, évoluer, se répandre dans l’espace-voisin, s’étendre avec le temps. Devenir majeur en s’améliorant et s’augmenter comme le dit ceux vers qui nous voguons.

Pour finir par évoluer jusqu’à nous, les Ultras, mon espèce. Je vous  l’ai indiqué d’emblée : nous sommes vos « petit-petit-petit-descendants ».

Alors quand quelques crétins de votre espèce à vous tentent, à votre époque d’éteindre la vie sur la planète matricielle, ils ne peuvent pas réussir, où nous ne serions pas là. Nous n’existerions même pas.

Et vous, votre excellence Paul de Bréveuil, vous êtes cet outil pour empêcher cette forfaiture.

– Et pourquoi pas vous-mêmes ?

– Parce que ce n’est pas rapporté comme ça. Il n’y a qu’une version dans notre passé. Et elle vous implique directement. Nous ne faisons que nous y conformer quand nous voyageons sur la flèche du temps. »

Compliqué pour Paul, tout ça.

 

« – Vous devriez aller vous reposer. Je comprends parfaitement que tout cela soit complexe et dense à assimiler pour un esprit … aussi rustre que le vôtre. J’en conviens.

– Rustre, rustre… Rustre ou rudimentaire ?

– Ne le prenez pas mal. Il y a des milliers et des milliers d’unité de temps qui nous séparent. Biologiquement, mais tout autant technologiquement et scientifiquement. C’est un des effets incontournables de nos voyages sur la flèche du temps. Ils n’existent que parce qu’ils sont indispensables à un moment donné. C’est tout. Le strict minimum.

Comprenez, pendant votre repos, nous allons retourner à notre point de départ, dans le temps et l’espace. Mon époque. Il n’est évidemment pas question que vous saisissiez le moindre indice sur la façon dont nous procédons. D’autant que c’est assez simple pour notre civilisation des Ultras, dès lors qu’on maîtrise les champs.

Puis nous allons sauter dans mon passé, qui reste votre avenir, à la rencontre des Krabitz dont vous allez vous avoir la charge. À cette occasion, vous allez rencontrer des « Sapiens Augmentés », améliorés qu’ils en disent.

Ils se disent « Supérieur ». « Sapiens Altiorem », « plus ». Supérieurs à vous, les Sapiens tout court. Alors c’est vrai qu’ils ont abandonné une partie de leur animalité. Vous découvrirez de quoi il s’agit.

Mais ils n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour vivre en harmonie avec le cosmos et la vie d’une façon générale.

Ils leur restent ce côté radical, belliqueux qui les rend dangereux, non plus que pour eux-mêmes comme ceux de votre espèce, mais pour toutes les autres espèces du cosmos.

Attention toutefois, ils voyagent dans le cosmos comme je vous l’ai montré, en utilisant l’énergie du vide quantique et le neutronium. En revanche, s’ils savent l’existence de la Coupole et de la Garde, ils ne voyagent pas sur la flèche du temps. Même s’ils savent que ça existe.

Ou en tout cas le devinent.

– Ok, je ferme les yeux, je ne dis rien…

– Pas seulement. Vous, dans leur légende, vous êtes le successeur – alors qu’en fait chronologiquement et historiquement vous le précédez – de Pierre Lerrieux.

– Qui est-ce celui-là ?

– Oh mais… » s’énerve le gouverneur Stéphane !

« – Vous n’aviez qu’à lire le document que je vous ai remis précédemment !

– Vous en avez un autre exemplaire ?

– Non ! Et puis c’est agaçant.

Lerrieux, c’est la trace littéraire d’une boucle temporelle improbable. Je vous ai dit que la Coupole réfléchissait dessus depuis des temps immémoriaux…

– Mais c’est un roman, d’après ce que j’en aie compris !

– C’est présenté de la sorte, en effet. Mais pour une civilisation comme la mienne, qui maîtrise les voyages sur la flèche du temps, sachez que nous savons identifier ce genre de paradoxe temporel. Croyez-moi, votre Excellence.

– Je veux bien. Mais je ne comprends pas tout à vos… trafics !

– Probablement, en effet. Et c’est tant mieux ! Nous repartons donc dans mon présent et nous filons ensuite dans mon passé au moment où l’amiral Landditsy, qui commande la flotte de la Légion s’apprête à pulvériser, éradiquer les Krabitz. Il vient de vivre une séance, hors du temps, pour laquelle nous ne sommes pour rien d’ailleurs, qui l’a confronté à un « jardinier » en charge de le convaincre de changer les objectifs de sa mission…

– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Un amiral contre un jardinier ?

– Ah oui, mais pas n’importe quel « jardinier » ! Probablement une « puissance céleste » qui nous dépasse nous aussi.

– Un dieu ? Une divinité ?

– Dieu n’existe pas dans notre « harmonie-cosmique ». Sauf que là, s’agissant d’une « singularité » dont on ignore l’origine à mon époque et qui se prénomme elle-même « Michel », toutes les spéculations, mêmes religieuses, restent permises.

Un grand mystère, même pour mon propre futur qui ne nous éclaire pas pour autant à mon époque, en tout cas sur ce sujet.

Comme l’amiral est convaincu du bienfondé d’une évacuation des Krabitz qui le gênent, à vous de la mettre en œuvre. »

Facile, à n’en pas douter…

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxii-retombees-de-lepisode.html

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-dixieme.html

 

QUELQUES PRÉCISIONS

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

 

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 

 


Ultime récit : Chapitre neuvième

 

Le voyage intersidéral

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« – Bon alors expliquez-moi !

– Alors… très simplement. Nos véhicules spatiaux sont conçus de telle sorte qu’ils sont revêtus de deux couches de neutronium, un agglomérat de neutrons qui absorbe toute sorte d’énergie et de particule. Toutes en fait. Autrement dit une fine couche sur sa partie interne, dans laquelle nous nous trouvons et qui nous protège. Quand la machine spine le neutronium, la flèche du temps est suspendue à l’intérieur de la cavité dans laquelle nous nous trouvons.

Il ne s’écoule plus.

Seulement voilà, pour spiner du neutronium, il faut de l’énergie délivrée au fil du temps. Donc, la machinerie est situé à l’extérieur de cette activité-suspendue.

Mais mieux que ça, en inversant le spinage d’une seconde couche de neutronium à l’intérieur d’une cavité qui emprisonne la première plus la machinerie qui fournit l’énergie aux deux spinages, mais globalement pas dans le même axe, un qui sera perpendiculaire de celui protégeant la première cavité, c’est la flèche du temps à l’extérieur du véhicule qui sera suspendu…

– Vous voulez dire… étendu à tout l’univers connu ?

– Tout, non. Mais on calcule assez facilement que si une étoile à neutron le faisait, alors oui, tout l’univers entier, si l’étoile était assez massive, verrait la flèche du temps suspendue. Vous imaginez les conséquences…

En ce qui nous concerne, en fait le véhicule entier disparaît du monde connu. La flèche de son temps, sa masse, son énergie cinétique, sa … matérialité.

– Il est transporté dans une autre dimension ?

– Mais non ! » s’emporte Steph sur le ton d’un instituteur qui s’énerve face à un élève qui dit une bêtise, tellement il ne comprend rien.

« – Il est toujours là. Il existe tout en entier, mais sort des dimensions habituelles de l’espace-temps.

– Bé ce que je dis, il est dans une autre dimension.

– Mais enfin pas du tout, pas du tout ! Il n’y a pas d’autres dimensions. Il est devenu a-dimensionnel. Ou quelque chose comme ça dans votre vocabulaire d’arriéré » s’enflamme-t-il « Sans dimension. Aucune !

– Je ne comprends pas » admet Paul dans un souffle.

« Normal. Et puis il vaut mieux. Vous seriez encore capable d’en changer le cours naturel de l’évolution de votre espèce ! » commence-t-il à s’apaiser.

 

« – Or, vous n’avez pas à savoir. Pas plus que la réponse à la question qui devrait vous tarauder l’intellect… si vous en avez un à la hauteur… »

« L’Ultra » jaugeant le crétin des alpes de Sapiens de la branche des « Homos »…

Qui avait eu le dessus de Neandertal et de Sapiens, s’ils cohabitaient dans le même biotope ?

Paul n’ose pas demander « laquelle », de peur de passer à côté.

Le résultat ne sera guère mieux : « Mais enfin, Paul ! Et l’énergie qu’il faut ? Elle sort d’où ? »

Ah oui l’énergie…

« J’allais justement vous le demander, Steph. »

Une dernière fois, le ciel s’est illuminé de façon aussi brève que précédemment, pour finir par redevenir sombre, noir, parsemé de quelques éclats plus brillants, dont une étoile plus proche que les autres, de couleur bleutée : là, c’est sûr, à moins d’un scénario particulièrement tordu et bien fait, élaboré et mis en place par un « service qui n’existe pas » quelconque, destiné à on ne sait quelle manipulation, Paul n’est plus dans l’espace circumterrestre, c’est évident !

« L’énergie du vide quantique. Vous en avez détecté, même à votre époque, la trace à travers ce qui est resté « l’effet Casimir ». »

Oui, bien sûr…

 

L’effet Casimir, tel que prédit par le physicien néerlandais Hendrik Casimir en 1948, est une force attractive entre deux plaques parallèles conductrices et non chargées.

Cet effet, dû aux fluctuations quantiques du vide, existe également pour d’autres géométries d’électrodes.

Les fluctuations quantiques du vide sont présentes dans toute théorie quantique des champs. Et l’effet Casimir est dû aux fluctuations du champ électromagnétique, décrit très classiquement par la théorie de l’électrodynamique quantique.

L’énergie du « vide » entre deux plaques se calcule en tenant compte uniquement des photons (y compris des photons virtuels) dont les longueurs d’onde divisent exactement la distance entre les deux plaques dès qu’il est un entier positif, théorie des quantas oblige. Ceci implique que la densité d’énergie du vide (entre ces deux plaques) est fonction du nombre de photons qui peuvent exister entre ces deux plaques.

La force entre ces deux plaques, à savoir la dérivée de l’énergie par rapport à leur distance de séparation, est donc attractive.

Tout le monde sait ça dans les écoles d’ingénieur contemporaines de Paul, même si ça n’aucun intérêt pratique.

 

Sauf à démontrer que l’effet Casimir dérive de la théorie quantique des champs, qui impose que tous les champs fondamentaux, comme le champ électromagnétique, soient quantiques en chaque point de l’espace. De manière très simple, un champ physique peut être vu comme un espace rempli de balles et de ressorts vibrants tous interconnectés. La force du champ se matérialise comme le déplacement d’une balle depuis une position au repos.

Des vibrations dans ce champ se propagent selon l’équation d’onde appropriée pour un champ particulier.

Dès lors, l’hypothèse de seconde quantification de la théorie quantique des champs requiert que chaque combinaison balle-ressort soit quantique, c’est-à-dire, que la force du champ sera quantique en chaque point de l’espace.

Le champ se décrit partout comme un oscillateur harmonique simple. Les excitations du champ correspondent à des particules élémentaires de la physique des particules.

Toutefois, de ce qu’en avait appris Paul, c’est que le vide a une structure complexe. Tous les calculs de la théorie quantique des champs doivent être rendus relatifs à ce modèle de vide.

Dès lors, le vide a, implicitement, toutes les propriétés qu’une particule peut avoir : spin, une polarisation dans le cas de la lumière, l’énergie, etc. Toutes ces grandeurs ont des valeurs moyennes nulles : le vide est, après tout, « vide » en ce sens, à l’exception près de l’énergie.

Or, la somme de l’énergie de tous les oscillateurs dans tout l’espace donne une quantité infinie. Pour s’en débarrasser dans les équations, on « renormalise » : on considère comme seules significatives les différences d’énergie, un peu comme la tension électrique, dont seules les différences comptent.

 

Si la « renormalisation » permet de prédire des résultats corrects, elle demeure fondamentalement problématique. L’élimination de cet infini est d’ailleurs l’un des défis de la « Théorie du tout ». Même si on ne sait pas actuellement, à l’époque de Paul, pourquoi il convient de donner à cet infini une valeur nulle.

La quantité d’énergie du vide, à l’échelle de l’univers, serait d’ailleurs modélisée par la constante cosmologique dans l’équation d’Einstein.

L’effet Casimir étant d’origine quantique et relativiste, on s’attend, toujours à l’époque de Paul, à ce que la force par unité de surface de Casimir dépende des deux constantes fondamentales : la vitesse de la lumière dans le vide « c », et la constante de Planck réduite « ℏ ».

Le plus étonnant c’est que le calcul exact, fait par Casimir en 1948, suppose une température thermodynamique identiquement nulle. Or, il donne une valeur non nulle mais négative de la constante « k ». Et le signe moins indique que cette force est attractive.

Cet effet, prédit par Casimir en 1948, a depuis fait l’objet d’un certain nombre de vérifications expérimentales à l’aide de miroirs dans un vide poussé : la première en 1958 par Marcus Spaarnay. Cette expérience a seulement montré une force attractive qui « n’est pas en contradiction avec la prédiction théorique de Casimir ». Mais on peut attribuer à cette première expérience une marge d’erreur de 100 %.

La première expérience au résultat non ambigu date de 1978, et a été réalisée par van Blokland et Overbeeck. On peut attribuer à cette expérience une précision de l’ordre de 25 %.

À la fin des années 1990, Umar Mohideen et ses collègues de l’université de Californie vérifient la prédiction théorique de Casimir avec une précision de l’ordre de 1 %.

À ce niveau de précision, des effets de réflexion imparfaite des miroirs doivent être inclus dans le calcul théorique.

Bref, Neandertal pouvait ne rien en comprendre, au moins autant que les meilleurs scientifiques « Sapiens » du début du XXème siècle, mais pas Paul.

Et l’autre d’enfoncer le clou.

« Heureusement que vous n’avez pas lu tout le fascicule que je vous ai remis. La description des boîtes à énergie que nous utilisons y est parfaitement claire. »

Merde, en pense Paul pour lui-même… Lui qui cherchait une source d’énergie primaire suffisante pour le « 003 » afin d’animer les futurs moteurs de son engin orbital… il était passée à côté.

Quand même pas de chance !

D’autant que ça semblait assez puissant pour soulever des montagnes de neutrons… spinés qui ne doivent pas avoir une masse très légère, puisque la densité doit logiquement être celle des étoiles à neutron.

La masse du soleil tout entier réduite à la dimension de la Lune ou de la Terre...

 

« – Mais il n’y a pas que ça dans la navigation spatiale intersidérale. Vous avez compris que si à l’intérieur de notre cavité, le temps ne s’écoule plus, ni même à l’extérieur de l’enveloppe extérieure du véhicule, le tout grâce à une machinerie qui tire son énergie du vide, pour celle-là, la flèche du temps poursuit son cheminement.

On en a besoin pour entretenir les spinages des deux enveloppes du véhicule, mais aussi pouvoir « déspiner » si un obstacle non détecté par la sonde passe à proximité immédiate.

Question autant de sécurité que de cohérence.

La masse du véhicule a disparu, il ne peut pas y avoir d’accident avec un astéroïde, voire une planète. En revanche, un micro trou noir ou carrément un objet massif comme une protoétoile ou une étoile qui viendrait à croiser la trajectoire du véhicule, même si elle est virtuelle, pourrait déstabiliser, de par sa masse et sa proximité, le fonctionnement de l’inter-couche où sont logés les générateurs et les machines. Et ce serait une catastrophe : on n'en prend pas le risque, jamais.

De plus, accessoirement ça provoquerait un « désordre » dans la trajectoire dudit astre avec des conséquences incalculables sur l’environnement cosmologique.

Vous suivez ?

– Oui naturellement, Steph », même si ce n’est pas certain.

« Par conséquent, ce type de navigation n’est possible que sur des distances relativement courtes à l’échelle de la galaxie, ou, au contraire, sur des distances intergalactiques importantes, là où l’on présume qu’il n’y a rien.

Ce n’est pas très confortable dans des zones de matière dense. On est sans arrêt « arrêter » par les dispositifs de sécurité qui « déspinent » automatiquement les enveloppes du véhicule.

Il faut alors reprendre en manuel.

D’autant que les matériels peuvent tomber en panne. Ils sont en nombre redondant suffisant, mais sur des laps de temps importants, on passe son temps à les réparer… »

Là, il faut bien le dire, Paul ne pige plus : le gouverneur vient de lui expliquer en long, en large et en travers que le temps est suspendu pour tout le monde.

Dedans et dehors.

 

« – Vous le faites exprès ou quoi ?

Dedans, dehors, oui, mais par dans la partie intermédiaire qui fournit l’énergie primaire et la poussée des moteurs pour avancer, accélérer, ralentir et corriger les trajectoires une fois arrivé à l’étape visée et entretenir le spinage du neutronium.

C’est vrai que c’est bien commode, mais il y a un arbitrage à faire entre vitesse et précipitation.

– Vous allez m’éclairer. La vitesse de déplacement est probablement « infinie ». Puisqu’il s’agit communément d’une distance donnée parcourue dans un temps donné.

– Exact.

– Or, si le temps s’écoule jusqu’à ralentir à la valeur zéro, la suspension dont vous me parlez, la distance devient infinie, c’est bien ça, quelle que soit la vitesse initiale.

– C’est bien cela. Sauf pour la machinerie inter-cavité. Elle, elle vieillit, s’use, s’auto-répare peut-être, mais finit par rendre l’âme au fil du temps qui passe pour elle.

Alors nos véhicules sont équipés de systèmes redondants qui permettent de prendre le relai le temps nécessaire, mais comme je vous l’ai dit, dans les périodes de « réalité » de la flèche du temps qui s’écoule normalement, on passe sa vie à réparer avant de repartir en toute sécurité.

C’est d’ailleurs ce qui va vous ralentir dans votre progression. Vous allez y passer quelques unités de votre vie biologique.

Désolé.

– Ma progression vers quoi ?

– Vers rien. En tout cas au-delà de l’univers connu. Je vous explique, Paul. Si le cosmos est né il y a quelques milliards d’unité, son expansion, qui d’ailleurs s’accélère, a été telle avant que la lumière ne fuse, qu’il est de considérables portions dont personne ne verra jamais la trace lumineuse.

C’est rigoureusement et géométriquement impossible vous ai-je dit précédemment. »

Impressionnant…

 

« – Et j’y suis obligé ?

– Et pourquoi je serai obligé moi-même de me coltiner ce voyage en votre compagnie et celle de tous vos phéromones ?

Nous sommes peut-être génétiquement cousin, je suis formé et habitué à cohabiter avec des centaines d’espèces parfois bien plus repoussantes que vous, Paul. Mais je serai peut-être mieux ailleurs à admirer la beauté de quelques équations en mouvement dans un coin de l’espace.

– En écoutant de la musique…

– Ah désolé ! Nous y sommes insensibles : nous ne sommes pas dotés comme vous d’appareil de détection vibratoire atmosphérique.

– Et alors, comment m’entendez-vous quand je parle ?

– Je ne vous entends pas comme vous l’imaginez, Paul. Je lis dans vos pensées quand votre cerveau les conçoit, les verbalise, prononce vos mots. D’ailleurs, je les entendrais que ça ne me dirait rien. Nous n’avons absolument pas les mêmes codes de communication. Moi je réagis aux champs que votre mécanisme cérébral génère.

– Et moi, comment je vous entends ?

– De la même façon. Le reste est factice. Je n’ai pas de voies respiratoires. Pas besoin pour métaboliser mon matériel protéinique par oxydoréduction. C’est … « électrique » chez nous. »

Ah bé « ça alors ! » en pense Paul complètement bluffé…

Un vrai mutant, l’Homo-Ultra…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-neuvieme.html

 

QUELQUES PRÉCISIONS

 

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

 

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 

 


Ultime récit : Chapitre huitième

 

La mission

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« – Bon alors expliquez-moi !

– On va arriver à notre point de départ.

– Ah bon ? Tout ce périple, comme dans un rêve de science-fiction, pour revenir sur Terre, enfin dans mon avion ?

– Non pas du tout ! Excusez-moi votre excellence.

– Arrêtez de m’appeler comme ça. Moi c’est Paul. Alias « Charlotte » pour quelques-uns de mes contemporains. »

Le mutant fait mine qu’il sait ces détails…

« – Je veux bien vous appelez Paul, mais vous restez « excellence » sur nos appareils. Vous êtes en mission, mandaté par la « Coupole » et je reste gouverneur de « La Garde ».

Ne l’oubliez pas et appelez-moi Stéphane.

– Steph, c’est plus court.

– Toujours cette animalité primaires des Sapiens…

– Mais c’est quoi cette référence imbécile, à la fin ?

– Mais, mais… c’est aussi un hommage à mes ancêtres, figurez-vous ! Je porte une partie de vos gènes, même si les miens ont été considérablement enrichis et que bien des vôtres, ceux de votre espèce, sont en réalité rendus inertes chez moi, ne s’exprimant pas.

– Je vous fais l’effet d’un chimpanzé, c’est ça ?

– Ça et votre odeur…

– Vous êtes sensibles aux odeurs ?

– Aux phéromones que vous sécrétez, Paul. Cette part d’animalité propre à votre espèce, avec d’autres caractéristiques, naturellement.

– Comme quoi ? Le côté agressif des Sapiens ?

– Agressif, brutal, belliqueux qui font votre réputation dans le cosmos, même chez les « Augmentés », les « Améliorés », oui effectivement.

Ne m’en voulez pas. Nous avons un bout de chemin à faire ensemble. Autant que ça se passe dans les meilleures conditions possibles. »

Entre alors un cyborg gris-sombre, équipés de deux yeux bleus fluorescents, portant un plateau à l’horizontale où est posé une bouteille de ce qui ressemble à du vin et un verre de verre qui brinquebalent dessus.

Pas très adroit le cyborg pense pour lui-même, Paul.

« – Je vous avais dit que nous avions pensé à votre confort d’animalité. Un vin de votre époque, du Lacrima de Christi.

– C’est excellent, surtout quand c’est frais. Pourquoi un seul verre. On ne trinque pas à notre collaboration… imposée ?

– Je n’ai pas le même métabolisme que le vôtre. Ça n’a l’air de rien, mais je ne suis pas fait comme vous. Seulement quelques os, en très petit nombre, du collagène et des cartilages. Mes « parties protégées » le sont par des implants, sans ça je serai tout flasque, presque comme une méduse. C’est ça, une méduse ?

– Je connais. Je n’aime pas trop, mais elles, elles m’aiment bien… Et vous tirez votre énergie vitale de quoi alors si vous ne buvez pas un peu de glucose ?

– Des « champs » dans lesquels nous baignons. Vous, votre espèce, n’y êtes pas sensibles, mais nous, les « Ultras », si, puisque nous avons été conçus de la sorte.

J’ai juste besoin d’ingérer quelques portions de protéine pour renouveler mon  matériel génétique et mes structures cartilagineuses.

– Eh bien…  Ça doit être gai !

– Pas pire que votre condition animale. Soumise à ces instincts bestiaux et aux jeux de ses délicates hormones…

– Mais dites-donc, Steph, ça se reproduit comment, des Ultras comme vous ?

– En poussinière. Par parthénogénèse améliorée à partir de quelques cellules d’origine.

– Du clonage de cellules-souches ?

– Pas nécessairement.

– Eh bien, ça doit gai, je confirme. Pas une seule femme à se mettre sous la couette ? »

Et voilà Stéphane repris de son rire idiot qui en découvre de minuscules dents de la taille de dents-de-lait dans son étroit orifice buccal…

 

« – Nous avons pensé à ce détail, pour votre voyage… Vous disposerez de trois cyborgs spécialisés à votre seul usage. Et d’un co-pilote, pas très commode, lui. Vous verrez, les programmations sont extraordinairement bien faites et votre côté « animal » sera de toute façon absolument comblé.

Mais juste le temps de votre mission.

– Je m’en régale d’avance : baiser des robots, ça doit être passionnant. Bon, expliquez-moi un peu en quoi consiste cette « mission ».

– Très simple : quand je dis que nous arrivons à notre point de départ, ce n’est pas du vôtre dont je veux parler, mais du mien.

Nous avons fait le chemin à l’envers pour baliser votre arrivée. En quelques mots, je pars d’une époque très en avance dans le temps sur la vôtre, vers mon passé qui reste une portion de votre avenir lointain.

Il s’agit d’approcher le système planétaire où se trouvent les Krabitz.

– Les quoi ?

– Les Krabitz. C’est une espèce végétale assez commune dans plusieurs galaxies, mais celle vers laquelle nous allons survit dans une portion éloignée de votre galaxie. Elle se nourrit de nitrates et de monoxyde de carbone. Avec un peu de photosynthèse d’une étoile pas trop chaude, sur des planètes de préférence gazeuses et à faible gravité. Elle reste stable. Elle se déplace dans le cosmos avec des engins rudimentaires de sa conception, qui se meuvent à coup de photo-électricité. Vous ne verrez pas, mais ce sont de grandes voiles.

– Et alors ?

– Une espèce qui ne maîtrise pas les voyages sur la flèche du temps. Or, par effet démographique, elle saccage assez fréquemment les endroits où elle se pose et est donc une espèce devenue « migrante » avec le temps.

Comme les autres, elle reste protégée, d’autant qu’elle a un rôle primordial contre une menace de toutes les espèces vivantes même celles qu’à notre époque nous n’avons pas détectées.

Il se trouve que le rôle de la Coupole et de son exécuteur qu’est La Garde, dont je vous rappelle que j’en suis gouverneur, c’est de protéger toutes les espèces de vie, du virus aux monstruosités cosmiques. Et ce n’est pas forcément facile, notamment avec les quelques espèces belliqueuses qui sillonnent le cosmos depuis toujours et pour encore l’éternité.

Dont les Sapiens, souvenez-vous.

– Et alors ?

– Il semble que les Krabitz soit la seule espèce capable de faire barrage à cette menace inconnue que serait les « sans-âmes ».

Mais dites-moi, avez-vous lu oui ou non le fascicule que je vous ai remis lors de notre première rencontre, Paul ?

– Vous avez des imperfections, mon cher Steph, tout « Ultra » que vous êtes conçu : je vous ai déjà répondu que non !

– Quel dommage… Buvez votre verre…

– C’est quoi les « sans-âmes » ?

– Aucune idée. Mais d’après le texte que je vous ai remis et qui date d’ailleurs de votre propre époque, enfin qui est apparu à votre propre époque, parce qu’à notre sens il est largement postérieur et probablement contemporain du moment où nous allons, les « sans-âmes » tuent toute énergie.

– Comment ça ?

– Aucune idée… Même pour un « Ultra »… qui a aussi ses imperfections ! Mais c’est assez grave pour mobiliser depuis très longtemps la Coupole. L’univers, l’univers tout entier, sans énergie, c’est du néant. Or, comme il est né du néant, c’est peut-être l’outil de son retour à son état primitif, antérieur à sa création.

– Admettons. Et alors ? »

 

Comment expliquer à un rustre des notions vitales comme l’énergie première qui a façonné l’univers tel que la science moderne – de l’époque de Steph – l’appréhende ?

« – J’ai plein de choses à vous faire découvrir en ce moment. Mais là, je ne peux pas vous expliquer. Vous vous formerez au fil de votre voyage et de votre intérêt.

Tout ce qu’on sait, c’est que la première rencontre entre les Krabitz et les Homo-Augmentés s’est traduite par un massacre de ces derniers.

Il ne nous a pas été possible de l’empêcher malgré nos missions et notre maîtrise de la flèche du temps. Impossible.

Pour la raison suivante : la technologie du moment de cette rencontre dont dispose la Légion des Homos-Augmentés, l’ancêtre de « La Garde » mais en plus guerrière, non-pacifiée quoi, ne permet pas de voyager au-delà de plusieurs centaines de millions d’unités temporelles.

C’est celle que nous avons utilisé pour la première partie de notre parcours.

– Vous voulez dire ce déplacement qui illumine le ciel environnant ?

– Oui !

– Il faudra que vous m’expliquiez comment ça marche… » dit Paul sans trop y croire.

Car ce serait soit un bond technologique aux conséquences considérables s’il retourne bien à son époque et sur sa Terre d’origine, ou ce serait le condamner à ne jamais revenir…

« – Bien sûr que nous vous expliquerons, puisque vous allez devoir l’utiliser au-delà de ce que nous-mêmes savons faire avec des moyens beaucoup plus évolués.

Mais je vous rassure : vous ne saurez pas tout ! Ce serait une rupture scientifique aux conséquences incommensurables ! »

Tiens donc, et comment, fait Paul pour lui-même, mi-rassuré, mi-inquiet quant à la suite.

C’est Steph qui poursuit.

 

« Je vous explique. Nos machines peuvent sauter dans le passé. Il se trouve que c’est indispensable pour tous les trajets entre deux étoiles. Vous le savez, celle qui est la plus proche de la vôtre se trouve à un peu plus de 4 de vos unités de temps. Quand vous la regardez, c’est de la lumière vieille de cette durée. »

Ces « unités » là seraient donc proches d’une année-lumière… dans l’échelle de Steph.

« Quelle que soit la vitesse à laquelle vous l’aborderez, elle ne sera plus là quand vous arriverez sur place.

Le calcul permet d’anticiper cet effet, naturellement, mais c’est un inconvénient considérable dès qu’on dépasse quelques dizaines d’unités, car le mouvement d’une source lumineuse qu’est une étoile reste par bien des côtés imprévisible.

Le voyage vers le passé permet de pallier cette difficulté. Il suffit d’envoyer une sonde vers le passé, à peu près le temps que mettrait la lumière pour parvenir à vos appareils de détection, lui faire faire le repérage des bonnes positions, azimut et hauteur et de couper la connexion pour qu’elle revienne avec des données correctes.

Et là seulement là, vous pouvez vous élancer. »

Ce qui ne règle pas le mouvement de l’astre visé durant la durée du parcours pour le rejoindre.

« – Exact Paul. Mais si vous aviez lu le fascicule que je vous ai remis, vous sauriez que ça n’a pas d’importance.

– Comment ça ?

– Comment vous expliquer ? Pour voyager sur la flèche du temps, il faut d’abord pouvoir le suspendre, puis l’inverser. C’est ce que font nos sondes et nos véhicules.

– Et comment ça ?

– En maîtrisant la technologie du neutronium-spiné ! »

Allons bon ! Qu’est-ce donc encore que ce « truc-là » ?

 

« – Vous connaissez le neutron, tout de même, ce constituant électriquement neutre de la matière ?

– Le proton et l’électron également. Plus quantité de particules élémentaires. Si je cherche bien dans mes cours de physique de la matière, je dois pouvoir vous en citer au moins une bonne dizaine.

– Pas besoin de faire cet effort. Il y en a une belle quantité et toutes ont leur contraire, leur « miroirs ».

– Probablement…

– C’est une certitude scientifique ! Donc le neutron, c’est lourd, c’est neutre et ça s’agglomère grâce aux forces nucléaires-fortes quand il ne reçoit aucune énergie autre que sa propre masse. »

Ça correspond à peu près à ce que Paul avait appris en classe préparatoire au concours de polytechnique.

« Et j’imagine que vous savez que toute particule est animée d’un mouvement de rotation sur elle-même autour d’un axe. Ce que votre civilisation a nommé le « spin » et c’est resté. »

Oui, il sait ça aussi.

« – Pas n’importe quel axe. Ce n’est pas un choix de la particule, mais un mécanisme physique intime à la matière. Bien. Quand on parvient à « spiner » de façon cohérente un amas de neutrons, il présente des propriétés étonnantes. Qu’on retrouve d’ailleurs dans les étoiles à neutron.

Sauf que si on parvenait à « spiner » tous les neutrons d’une étoile à neutron sur le même axe parallèle à ces voisins, la face de l’univers serait probablement très différente.

Heureusement, ce n’est pas le cas.

– Qu’est-ce qui se passerait ?

– Je n’ai pas à vous le dire. En revanche, je peux vous dire, puisque vous êtes dedans, quand vous avez un « trou » au milieu d’un environnement de neutrons spinés, à l’intérieur de cette cavité, le temps est totalement suspendu dans sa flèche.

– Pardon ?

– Il ne s’écoule plus ! Et vous en avez vu les effets à l’instant quand notre environnent s’est illuminé à plusieurs reprises. »

Alors là, pour une surprise, c’était une surprise pour Paul.

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-huitieme.html

 

 

QUELQUES PRÉCISIONS

 

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

 

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 


Ultime récit : Chapitre septième

Mises à niveau

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Tous ces mystères, cette situation inattendue, « hors-normes », ce vocabulaire, ces notions employées tellement étranges et étrangères à ce qu’il a l’habitude d’entendre se bousculent dans la tête de Paul.

« J’imagine que vous avez de très nombreuses questions à me poser, excellence. Je vais y répondre, pas à toutes, mais à toutes celles qui vont vous permettre de réussir les missions pour lesquelles vous avez été « ôté » de votre époque et de votre … petite monde à vous. »

Pourquoi « excellence » ?

« – Ah oui. C’est votre titre dans mon monde. Je n’y peux rien, c’est comme ça.

– Et ça correspond à quoi ?

– Comme chez vous à votre époque. À un titre d’ambassadeur. Vous êtes le représentant des Sapiens de votre époque dans mon époque.

– Quelle époque ?

– Vous allez le savoir. Si j’ai bien étudié les éléments de votre biographie, vous êtes actuellement un militaire, un marin aviateur réserviste. En plus d’un homme d’affaires qui traite des dossiers pointus concernant votre pays et quelques autres.

La notion de pays nous est désormais étrangère. On résonne, à mon époque, plutôt en ethnie, en espèce, en planète voire système planétaire quand plusieurs orbitent dans une même région de l’espace en un temps donné.

Vous me suivez ? »

Pas très clairement, mais admettons.

 

« Vous avez donc un grade, une fonction durant ce que vous appelez votre carrière. Plusieurs même, qui évoluent. Mon monde reprend l’essentiel de ce mode d’organisation, mais il compose avec les multiples espèces et ethnies qui peuplent le groupe de galaxies dans lequel nous évoluons actuellement.

Il faudra vous y faire, mais les Homos ne sont pas les seules intelligences qui occupent tous ces territoires, loin de là. Même si beaucoup, d’innombrables espèces ne maîtrisent pas du tout les voyages cosmiques. Et que bien des mondes restent hostiles à la présence d’autres espèces.

Par exemple, vous ne pourriez pas survivre dans notre véhicule ni sur la planète où nous allons, faute de trop peu d’oxygène gazeux. D’autres espèces ne pourraient pas survivre sur votre planète. Moi-même, pourtant comparable à un Sapiens comme vous, je ne peux pas y séjourner trop longtemps sans atmosphère contrôlée, la vôtre étant trop riche en oxygène : je finirai rapidement par avoir mes tissus et la plupart de mes composants détériorés par oxydoréduction.

Commençons d’ailleurs mes explications par là. Dans quelques instants, nous allons faire un saut vers notre premier relai. »

Sans un geste, sans un bruit, alors qu’ils sont tous les deux debout au milieu d’une « pièce » assez vaste et à la lumière diffuse, un peu bleutée, Steph dépassant d’une bonne tête Paul alors que celui-ci est d’un gabarit pourtant déjà imposant, ce qui semblaient être des cloisons s’illuminent tous azimuts sur ce qui apparaît être l’espace environnant.

« Nous en ferons d’ailleurs une succession dont le plus long nous fera changer de galaxie, ces regroupement d’étoiles. Soyez attentif, s’il vous plaît, excellence. »

Le soleil scintille à droite, un peu au-dessus d’eux. Il faut se tourner vers la gauche pour voir la Lune partiellement ensoleillée, depuis sa face cachée, puisque Paul ne reconnaît pas le dédale des tâches sombres de l’astre nocturne qui forment des « mers » (mais n’en sont pas) et un vague dessin d’un visage humain tout rond.

 

Tout d’un coup, sans le moindre frémissement, pas la plus petite vibration, les distances semblent s’étirer vertigineusement, puis, à peine quelques secondes après le début de ce phénomène étrange, le ciel entier s’illumine !

Un spectacle ahurissant et splendide de beauté. Ça ne dure pas car aussitôt après, le ciel redevient noir, parsemé de quelques étoiles.

« Nous avons sauté vers notre premier relai, celui que nous avons posé à l’aller. On va le récupérer et nous sauterons vers le second. Puis le troisième et enfin nous sortirons de cette galaxie-là. »

Je ne comprends pas… pense Paul.

« C’est très simple. Vous ne voulez toujours pas vous désaltérer, excellence ? »

Quelle idée même si… Paul avait la gorge un peu sèche.

« Si. Vous avez quoi à boire qui ne soit pas du poison pour moi ! »

Steph est pris d’un fou rire qui se traduit par des « hihihi » ridicules et des tressautements de sa grande carcasse qu’il a des plus souples, puisqu’on dirait qu’elle ondoie, semble-t-il.

« Figurez-vous que dans l’intervalle de ma première visite et de votre enlèvement, nous avons fait quelques « provisions » à votre intention ! »

Ça voulait dire quoi ?

« À propos, avez-vous lu le fascicule que je vous ai remis ? »

Non, pas en entier. Il devait le terminer pendant les phases d’éveil de son vol vers les caraïbes…

Paul n’en aura pas eu le temps.

 

« – Si vous m’aviez laissé dans mon avion, j’aurai pu en prendre connaissance. Pourquoi votre… organisation s’acharne sur moi, s’il vous plait ?

– C’est une question à laquelle je peux répondre. Mais ça ne va pas satisfaire votre curiosité. C’est vous, parce que c’est comme ça.

– Comment ça, « comme ça » ?

– Vous êtes pour nous une… singularité, je vous l’ai déjà dit. Un Sapiens certes, mais pour le moins une espèce arriérée pour mon époque, mais qui a su évoluer au cours de son Histoire. Je suis d’ailleurs le fruit d’une longue lignée de mutations génétiques engendrées par ce Sapiens ancien. L’Ultra. Après avoir évolué en « Augmenté », « Amélioré ». D’ailleurs pas très loin de votre époque, celui-là.

Votre époque est assez extraordinaire, et vous ne le savez pas.

– Comment ça ?

– Pour la première fois, vous découvrez que votre planète est finie. Qu’elle est unique et qu’il faut la préserver alors même qu’à plusieurs reprises votre espèce est en voie d’extinction à travers des conflits sans nom.

Plusieurs pistes de recherche sont semble-t-il élaborées, dont une migration vers les planètes de votre proche espace, mais également des actions de conservation de sa biosphère et le génie génétique qui cherche d’abord à adapter des espèces végétales aux conditions prévisibles des consommations alimentaires.

Puis, plus tard, animale et enfin Homo elle-même qui sera d’abord « augmenté » pour devenir « amélioré », puis « Ultra », comme moi.

Parce que naturellement, Sapiens est une espèce qui grandit vite, explose même sur son petit caillou mais il dégrade son environnement. Plus il le dégrade, plus il devient nombreux, plus il consomme d’énergie et vous le savez sans doute, toute énergie finie par se dégrader en chaleur.

Or, la planète d’origine de Sapiens est « finie » comme je viens de le dire et l’énergie dissipée ne peut pas s’évacuer…

D’où toutes ces pistes de recherche pour faire face ou sortir de cette impasse prévisible. »

Encore un discours écologique…

 

Paul avait déjà le même du Pape François, retracée dans son encyclique « Laudato si… » (1) à laquelle il n’avait peut-être pas tout compris finalement.

« Oh, ça va vous demander plusieurs générations, naturellement. D’autant que les vôtres sont courtes et que ce qui est perdu par les uns doit être réappris ou redécouvert par la génération suivante.

C’est assez curieux d’ailleurs… »

Le même phénomène fascinant d’un ciel qui s’illumine dans sa totalité jusqu’à saturation puis replonge dans le noir vient de se reproduire.

« … une des premières choses que les chercheurs de Sapiens auront tenté, non sans succès, c’est d’améliorer sa propre espèce ! En longévité, mais également en qualité de vie.

D’abord avec des implants, puis avec des modifications génétiques mineures et enfin des adaptations majeurs.

Du coup, plusieurs espèces de Sapiens cohabitent depuis. Les « Augmentés » plus spécialement adaptés à des milieux comparables à la planète d’origine, la Terre. Et les « Ultra » comme moi, plus spécialement adaptés à des conditions de vie extrêmes dans le cosmos.

En bref, nous assurons des liaisons entre espèces sur des territoires très étendus et éloignés, et pour ce faire, nous sommes dépourvus de tout instinct belliqueux, le principal défaut des Sapiens d’origine comme vous, qui les rend si dangereux. »

Charmant…

 

« Oh, ça ne s’est pas fait en peu de temps. Il y a eu de nombreux échecs, et il a fallu des… comment dites-vous ? Des siècles et des siècles d’avancées scientifiques et techniques dans divers domaines pour parvenir à notre degré d’adaptation et d’organisation.

Par où commencer, pour vous expliquer tout ça ? »

Par le commencement : Qu’est-ce que Paul vient faire là ?

« – Oui. Je vous emmène dans votre futur, un futur lointain pour votre époque…

– Je croyais que le voyage vers le futur n’était pas possible.

– Naturellement ! D’ailleurs quiconque essayerait disparaîtrait aussitôt. À la fois pour des raisons éthiques, mais aussi pour des raisons d’organisation des espèces.

– Comment ça ?

– Elles sont nombreuses à vivre dans le même univers. Très, très nombreuses et nous ne les avons pas encore toutes explorées ou rencontrées. Chaque chose doit se faire en son temps, à son époque, dans son déroulé si on ne veut pas créer un chaos permanent.

On imagine qu’il doit y avoir une « autorité supérieure » qui veille à ce genre de détail.

Nos élites sont elles-mêmes guidées par celles-là et elles se sont organisées en une sorte de… comment dire ? De confédération pacifique d’où on peut espérer qu’émergera dans un futur encore plus lointain la création de cette « autorité supérieure ».

Pour l’heure, nous nous contentons de faire vivre une « Coupole » qui fédère les espèces capables de se mouvoir dans l’espace et même parfois sur la flèche du temps.

Pour cette dernière, elles sont encore si peu nombreuses, que ça reste assez ordonné.

– Vous maîtrisez le voyage vers le futur, vous ?

– Non pas vraiment, dois-je vous dire. Vers le passé, pas de problème, même s’il y a des limites et je vous dois de vous expliquer lesquelles. Ce qui est d’ailleurs une des raisons de votre présence dans notre véhicule.

– Ah ?

– Techniquement le voyage vers l’avenir n’est pas possible. On ne peut pas non plus voyager vers ce qui n’existe pas encore, à mon sens. Et je ne suis pas le seul à en  être convaincu. C’est une des deux limites techniques, que dis-je, scientifiques, qui empêche le voyage vers l’avenir.

En revanche, partant d’un présent quelconque, bien identifié dans ses quatre dimensions en comprenant la dimension temporelle, on peut voyager vers le passé avec nos technologies, justement vers un autre point, bien identifié dans l’espace mais aussi le temps pris en références absolues, pas de doute possible.

Et vous l’aviez compris avec l’agent George, ce que vous avez pris pour un « MIB » qui vous a envoyé vingt-ans plus tôt que votre époque d’un même point d’une côte océanique (2).

Quand un relai ou un véhicule arrive dans son passé et qu’il y retourne par simple coupure des connexions, s’il emporte un animal, une plante ou un Homo vers son présent, pour ce passager, ce sera bien un voyage vers le futur !

Nos fameuses « singularités ».

En principe, elles n’en reviennent pas, sauf vous, parce que ce sera la seconde mission qui vous sera confiée, chronologiquement postérieure à celle que nous avons entamée, et dont on sait que vous les mènerez à bien toutes les deux, votre excellence… »

De quoi il cause ?

 

« – Vous l’avez peut-être déjà compris, la seconde limite du voyage dans le temps, vers le passé comme on vient de le dire, c’est la limite temporelle. L’instant zéro avant lequel il n’y a rien.

De la même façon qu’on ne peut pas se déplacer vers ce qui n’existe pas encore, on ne peut pas non plus se déplacer vers ce qui n’a jamais existé…

– Logique.

– Or, plus on voyage vers le passé, plus on voyage loin, compte-tenu de la vitesse limite des lois de la physique. Celle de la lumière.

Je crois avoir lu dans les rapports de votre biographe, que ça aussi vous l’avez déjà assimilé, votre excellence (3). Il faut pouvoir se déplacer dans le passé pour viser à bon escient l’étoile ou le système vers lequel on veut aller.

Or, aller au-delà de disons… une sphère de 13,5 milliards de vos unités (probablement qu’une unité correspondant à une année terrestre en déduit Paul), alors que la lumière n’est pas encore née, que l’univers est totalement opaque dans sa phase post-inflation quantique, ce n’est matériellement pas possible.

Et il se trouve que l’univers est bien plus vaste, nous le savons, bien plus vaste que cette distance-limite. Où que nous nous trouvions, la plus vieille lumière observable reste toujours de l’ordre de cette même durée, même quand on a pu se déplacer de plusieurs centaines de million d’unités.

– Intéressant…

– D’autant plus intéressant, je ne sais pas pourquoi votre excellence, mais vous êtes cette « singularité » qui ira bien au-delà de cette limite, et surtout, qui en reviendra, là d’ici quelques dizaines de vos cycles circadiens.

– Ah oui ? »

Et de nouveau les écrans de la pièce s’embrasent de mille feux éblouissants qui s’évanouissent l’instant d’après.

 

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xxxvi.html
  2. http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/09/laudato-si-xlvi.html
  3. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/09/chapitre-xxxiii-haddock.html

 

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-septieme.html

 

 

QUELQUES PRÉCISIONS

 

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

 

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 


Ultime récit : Chapitre sixième

 

L’enlèvement

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Peu après la mi-parcours, Paul s’extrait de son siège pour aller soulager un besoin naturel. L’avion change à ce moment-là de cap pour se déporter sur bâbord et éviter une formation orageuse qui est détectée par le radar météo du bord.

La consigne applicable est de contourner d’environ 100 km de telles formations, soit environ 12 minutes de vol, non pas pour des raisons de confort des passagers, mais pour éviter la formation de givre.

 

Le givrage des avions est un fléau pouvant mettre en danger l’avion si l’on n’y prend pas garde. Il est dû à la présence d’eau sous forme liquide à des températures négatives. En impactant l’appareil, elle se transforme en glace : il y a alors accrétion sur l’avion.

Au titre de ses mécanismes de formations, on peut observer soit de la congélation qui est le processus par lequel l’eau passe de son état liquide à son état solide, soit de la condensation solide qui est le processus par lequel l’eau passe de son état gazeux directement à son état solide.

Et les gouttelettes liquides ne se congèlent pas nécessairement à 0° C. Elles peuvent rester à l’état surfondu, c’est-à-dire sous forme de gouttes liquides à température négative. Cet état instable cesse lorsqu’il y a contact sur un objet, ou au contact d’un noyau glaçogène (particule microscopique qui agit comme déclencheur de la congélation de la gouttelette).

Le contenu en eau liquide (CEL ou Liquid water content, LWC en anglais) qui exprime la quantité d’eau liquide condensée présente dans un mètre cube d’air humide (g/m3), n’est pas homogène et varie rapidement dans les nuages stables et instables, le long d’une trajectoire horizontale du nuage, dans l’épaisseur même du nuage. De 0,1 à 2 g/m3 dans de la brume et ou un brouillard, à 0,2 à 0,5 g/m3 dans des nuages stables mais une valeur qui grimpe très vite dans un nuage instable, entre 2 à 5 g/m3 voire jusqu’à 15 g/m3 dans certains nuages tropicaux.

Et la taille des gouttelettes nuageuses conditionne l’accrétion (captation, forme et zone contaminée) et donc la sévérité du phénomène.

À partir de 40 microns, une gouttelette devient une goutte.

 

Le givre est « faible » (light) et n’implique pas de contraintes particulières sur la conduite de l’avion pour des valeurs  inférieures à  1 g/cm2/heure, modéré (moderate) tel que dans ces conditions l’équipage peut juger utile de changer de cap ou d’altitude pour des valeurs supérieur à 6 g/cm2/heure et fort (sévère) au-delà 12 g/cm2/heure, des conditions de givrage qui imposent à l’équipage à changer immédiatement de cap ou d’altitude.

L’intensité du givrage est cependant difficile à quantifier. Lorsque les conditions d’intensité restent « faibles » mais durent, le risque lié au givrage augmente. De plus, cette classification se base sur les conséquences pour l’avion au cours d’un vol et non sur les conditions météorologiques mises en cause.

Il faut retenir qu’il n’y a pas « une » même sévérité de givrage pour tous les avions passant dans la même zone : il y a des conditions givrantes qui, selon le type d’avion, la phase du vol, sa vitesse, le moment où il traverse la zone, et les conditions rencontrées au préalable vont provoquer un givrage plus ou moins fort.

Notamment, parce que la présence et la quantité de gouttelettes sont conditionnées par la température de l’atmosphère et que le nombre de gouttelettes surfondues est plus important près de l’iso 0° C.

Par ailleurs, des mouvements ascendants et descendants des masses d’air dans une formation nuageuse brassent les cristaux de glace et les gouttelettes entre les différentes altitudes, ce qui alimente le nuage en gouttelettes d’eau surfondue. L’importance des mouvements augmente le brassage et permet de trouver des gouttelettes surfondues à des températures allant en moyenne jusqu’à – 20° C.

 

Or, l’accrétion de givre ou de glace entraîne une diminution du taux de montée, une diminution de la vitesse horizontale, une augmentation de la vitesse de décrochage, une diminution du plafond pratique de n’importe quel avion.

Par ailleurs, le dépôt de contaminants givrés sur l’aile, même en faibles quantités, rend sa surface rugueuse : cette rugosité modifie localement le gradient de pression de la couche limite à écoulement laminaire et peut la rendre turbulente ou la faire décoller de la surface. Or, la diminution de la portance diminue le coefficient Rz (de portance) pour un angle d’incidence donné, son « Rz max », la réduction de l’angle d’incidence de « Rz max » et augmente la traînée de l’avion avec un Rx (coefficient lui-même sans dimension de la trainée) pour un angle d’incidence donné ainsi que par conséquence la détérioration du coefficient Fz (la finesse).

Le dépôt de contaminants givrés provoque une diminution de l’angle d’incidence auquel apparaît le décrochage. De plus, l’accrétion de givre est rarement symétrique sur les deux demi-ailes. Ce qui explique qu’en cas de décrochage, celui-ci s’accompagne souvent d’un départ en roulis incontrôlé.

Même un givrage léger peut par conséquent être dangereux puisqu’il entraîne le commencement du décollement des filets d’air sur l’aile sous l’effet du givrage et peut se manifester par un léger buffeting, par une réduction de l’efficacité des ailerons, ou encore par des perturbations en roulis. En notant que le décollement desdits filets d’air sur l’aile sous l’effet du givrage se produit plus rapidement si la vitesse d’approche est faible.

Ce qui n’est pas le cas en vol de croisière au niveau 300 ou plus.

 

Globalement, il vaut mieux éviter les formations nuageuses en altitude, notamment celles qui puissent leur énergie au-dessus d’un océan « chaud » et humide mais grimpent aux mêmes altitudes, froides qu’un avion en limite de stratosphère.

On peut certes contourner la formation de ces cumulonimbus, mais la plupart du temps, on passe au-dessus. Le commandant de bord peut donc demander l’autorisation de passer à un niveau supérieur d’altitude à l’approche d’une formation « sévère », mais chacun se souvient que c’est dans ces conditions qu’a été perdu le vol Rio-Paris. Une atmosphère avec un gradient de masses d’air trop chaud en haute altitude, une densité réduite, et l’avion n’a jamais pu dépasser le niveau 350 malgré la pleine poussée des réacteurs et un angle d’incidence qui s’accroissait au fil du givre qui s’accumulait sur les « parties-vives » de l’aéronef.

Sondes Pitot rendues aveugles par ce givre, le pilote automatique qui n’assure plus son boulot, l’équipage pensait monter alors qu’en fait il perdait de l’altitude. Et il a fini par aller se planter, cabré, dans l’océan atlantique…

 

Sachant tout cela pour l’avoir en tête, l’équipage prend donc la décision de se dérouter quelques minutes.

Ce qui n’empêche pas l’avion d’être « secoué » par des vents de traverse, pris en cisaille par des ascendantes en amont de la formation nuageuse (qui justement viennent l’alimenter en air chargé d’humidité) au moment où Paul tente de ressortir de son étroit réduit.

Serrure bloquée pour une raison inconnue.

Quand il parvient à la débloquer, il n’est plus dans l’avion.

« Sortez de là tout de suite, votre excellence : il faut restituer ce relai ! »

C’est « Steph » et son accent chantant…

Cette fois-ci, il porte une sorte d’uniforme bleu-pétrole ajusté qui lui couvre tout le corps et s’ouvre sur un visage d’une pâleur de cierge de pâques à faire peur où brillent deux yeux de chat jaune, la pupille très fine et verticale, surplombant un orifice buccal minuscule qui abrite une dentition infantile.

Un mutant !

« Mais, mais… mais ! » balbutie Paul, totalement étonné, surpris, maîtrisant mal un mouvement de répulsion à l’égard de la « créature » qui se tient devant lui, mais à peine étonné de ne pas pouvoir retrouver son siège à travers le couloir qu’il venait d’emprunter.

« – Qu’est-ce que … ?

– Vous rêvez de voyages dans les étoiles, votre excellence. Nous allons vous en offrir un. Et un qui dépasse l’entendement, même à mon époque.

– Mais où suis-je ? » finit-il par réussir à énoncer.

« Quelle que part au-dessus de l’océan de votre planète, votre excellence. Mais pas pour très longtemps. Venez vous installer dans le poste de navigation. »

Paul suit la silhouette efflanquée, à la taille nettement plus étroite que dans la clinique normande, qui le guide dans ce qui semble être un aéronef de relative grande taille.

Mais il ne saurait dire combien.

 

« Tenez-vous bien droit ici, bien à plat contre la cloison, et sans bouger. Ça ne va pas être long, mais nous allons encaisser une accélération différentielle d’un niveau de 3, ce qui pourrait vous disloquer par effet de marée. Je crois que c’est comme ça que vous dites. »

Trois quoi ?

La « cloison » épouse la forme de son dos et face à lui, s’éclairent différents écrans qu’on aurait pu confondre avec des ouvertures sur l’espace extérieur.

Le « gouverneur » Stéphane s’installe lui aussi debout, devant une des consoles qui lui font face et restitue l’environnement, au moins en lumière visible.

« Un instant. Je manœuvre et les explications vont vous être données. »

Et là, l’incroyable, après s’être fait « ôté », enlevé, « abducté », Paul voit soudain le paysage des nuages terrestres se précipiter de plus en plus vite vers leurs écrans et fuir vers l’arrière de leur trajectoire apparente, comme dans un film accélérer, de plus en plus vite, alors qu’il ne ressent qu’une légère « pression » sur ses épaules, ses hanches et son dos.

« Ça va ? Je n’y vais pas trop fort ? » interroge le MIB-mutant.

Puis rapidement le ciel devient noir, les étoiles s’allument, l’engin vire et se dirige à une allure incroyable vers le satellite naturel de la Terre, la Lune, laissant le soleil sur tribord, en dessous.

« On va vers la station-relai. En vol normal. Elle est posée provisoirement sur ce que vous appelez un point Lagrange. L’endroit des équivalences gravitationnelles qui tourne synchrone avec votre satellite naturel.

On reviendra dans quatre de vos mois par le même chemin. »

Quatre mois ?

Mais que va-t-il faire pendant 4 mois dans l’espace, avec une telle facilité alors qu’il s’échine à inventer une machine complexe qui dépense tant d’énergie pour s’extraire de la gravitation terrestre ?

Alors que ça paraît si simple pour la technologie de « Steph »…

 

« Vous allez avoir toutes les explications que vous voudrez. Ou presque. Il faut même que vous preniez des cours de navigation interstellaire pour mener à bien votre mission. Parce que ça n’a rien d’évident même pour nos calculateurs. »

Ah ?

« Vous l’avez compris, je ne viens pas de votre époque. En revanche, je suis une espèce d’homo, comme vous. Mais… comment dire ? Améliorée, c’est ça ? En fait « Homo-Ultra ». »

Pour l’heure, il n’en saura pas plus.

La Lune est dépassée en quelques minutes et l’engin s’approche d’un autre qui apparaît d’abord sous la forme d’un point scintillant – probablement les effets de la lumière solaire se reflétant sur ses aspérités – mais qui au fil du ralentissement semble bien plus immense que l’appareil dans lequel ils évoluent tous les deux.

« C’est le seul endroit qui n’est pas détectable par les appareils de surveillance de votre civilisation. Bien pratique… »

Nettement plus immense, comme dans un film de science-fiction, puisque leur engin vient s’intégrer dans le fuselage oblongue qui les dépasse largement, à travers un orifice qui a l’air si petit.

« – Je ne comprends pas. Je n’ai jamais ressenti qu’une petite accélération. Pas de décélération du tout…

– Normal. C’est tout le poste où nous nous trouvons qui pivote en fonction de notre trajectoire et de nos mouvements. Les accélérations et décélérations s’ajustent pour rester sous le niveau 3, en principe supportable par votre … « animalité » accrochée à votre squelette, grâce aux mécanismes antigravitationnels de cette capsule.

Mais nous, nous pouvons en supporter nettement plus. Je vais vous expliquer dans quelques instants. »

 

Les deux « homos » débarquent dans un couloir faiblement éclairé.

« Veuillez m’excuser. Je ne vous présente pas à mon équipage. Des consignes de sécurité circulent à propos des « Sapiens » de votre espèce, car ils réputés dangereux dans toute la galaxie et même au-delà.

Je sais bien que non, pas à votre époque, mais une consigne reste une consigne, même dans « La Garde ».

Alors, certes, c’est vrai que vous êtes considéré aussi ici comme une « singularité ». Et il convient de vous protéger.

Le moins de contact possible serait le mieux, » continue-t-il de sa voix fluette et chantante.

« Ceci dit, l’essentiel des membres de cet équipage est constitué de cyborgs, c’est comme ça que vous les appelez, je crois. Des machines dociles, compétentes et performantes. Elles sont revêtues d’uniformes clairs, plus ou moins gris, contrairement aux « ultras » qui revêtent des uniformes mauves, roses, verts, rouges, jaunes ou bleus comme le mien, selon leurs responsabilités. »

Oui et alors, ces explications ?

« Je vous emmène au poste de commandement. Vous allez faire une expérience de navigation que peu de « Sapiens » feront, même dans un futur lointain. Hors quelques « singularités » comme vous, votre excellence.

Souhaitez-vous prendre vos quartiers, pour vous faire quelques ablutions ? Vous restaurez ? »

Pourquoi faire ? Autant en terminer au plus vite…

 

« Steph » a un sens de l’humour : « Nous avons tout le temps. Le temps… » et il se met à éclater de rire. « Le temps, nous nous en sommes rendus maîtres. Alors un peu plus ou un peu moins, ça se rattrape.

Mais vous avez raison, votre excellence, le temps biologique, le vôtre, s’écoule inéluctablement. On ne revient pas dessus. Votre horloge biologique est implacable sur ce point. Ne vous en faites pas et je vous rassure, c’est pour toutes les espèces vivantes la même chose. »

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-sixieme.html

 

QUELQUES PRÉCISIONS

 

Durant ma carrière de pilote de ligne, j’ai pu faire, le 28 janvier 1994, une extraordinaire observation, celle d’un OVNI gigantesque, de près de 300 mètres, en vol stationnaire au-dessus de Paris, et qui s’est dématérialisé devant nous.

 

 Cette observation étant indiscutable, car corrélée avec le radar au sol, j’ai été appelé à témoigner devant le « Comité OVNI » des anciens élèves de l’IHEDN présidée par le général Denis Letty.

 Ce comité a ensuite publié, en 1999, le « Rapport Cometa », préfacé par le général Bernard Norlain, et a été remis au Président de la République, Jacques Chirac, ainsi qu’au Premier ministre, Lionel Jospin.

 Cette publication a été retardée d’une année en raison de la parution du livre « The Day after Roswell » du Lt-Colonel Philippe Corso, héros de la deuxième guerre mondiale, et, en 1961, chef du bureau « of US Army Research and Development », où il raconte qu’il a dispatché dans les centres de recherches des principaux industriels américains des morceaux de l’OVNI de Roswell et qu’une grande partie de découvertes technologiques des années 1960 (et après) sont en fait des rétro-ingénieries.

Je fais partie des 1400 observations d’OVNI faites par des pilotes civils et militaires dont 15% sont corrélées radar et j’ai accepté de témoigner dans plusieurs émissions de radio et TV dont un film, le « Secret Américain », où j’apparais à côté du général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air (troisième partie - 4 minutes 20).

Ce documentaire a été présenté en projection privée au Sénat.

J’ai aussi participé en 2007 à une conférence au National Press Club (NPC) à Washington sur les cas d’observation d’OVNI les plus importants.

 

Lors de cette conférence, j’ai pu rencontrer le Sgt Jim Penniston qui a témoigné sur son contact direct – il a touché un OVNI posé au sol – dans la forêt de Rendlesham le 27 décembre 1980.

Une observation parfois surnommée le « Roswell britannique ».

 Il y a plusieurs témoins dont John Burroughs, qui serait rentré dans l’OVNI, et le colonel Charles Halt, commandant la base de Bentwaters de la RAF.

Cette événement est largement documenté par la presse, les médias et internet.

Le plus extraordinaire dans cette affaire est le message envoyé par ce que l’on peut appeler une "sonde temporelle ». Celui-ci explique que cette machine vient du futur, de notre futur, et qu’elle a la capacité de voyager dans le passé, jusqu’à 40.000 ans avant son époque de départ…

 

Aussi, le dossier OVNI s’est enrichi ces dernières années d’une hypothèse absolument fantastique : le voyage temporel est possible, vers le passé. De plus, il est aussi absolument nécessaire de le maîtriser pour voyager dans notre Galaxie.

Cela implique d’envisager de nouvelles hypothèses sur l’origine des OVNI, et parmi celles-ci, on peut retenir que nombre de ceux-ci viennent de notre futur !...

Et que tous les OVNI observés maîtrisent le voyage temporel et viennent, de toute façon de leur futur.

 On doit envisager la possibilité que nos descendants contrôleront la « flèche du temps », c’est-à-dire le voyage temporel et que certains des vaisseaux observés, y compris celui que j’ai observé, viennent de notre futur.

 

Le voyage temporel est l’un des sujets de prédilection des écrivains et des scénaristes de science-fiction et je reprends ce thème dans la catégorie « VOYAGE TEMPOREL » disponible sur ce blog.

Dans les romans de « I-Cube » traitant de ce sujet, j’apparais aussi sous les traits du « Capitaine Haddock ».

 

Jean-Charles Duboc

 


Ultime récit : Chapitre cinquième

 

Un récit abracadabrant

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Gustave revient sur la folle-prédiction de Paul. Comment un gamin, déniaisé par une pucelle qui pourrait être sa mère peut-il devenir président de la république dans quelques mois ?

C’est totalement impensable !

À ce moment-là, on est en pleine phase finale de la campagne des primaires. Et les sondages sont en faveur de Jouppette qui sera selon toute vraisemblance opposé à Krasosky. Normalement, les courbes du chômage flirtant avec le degré zéro après avoir crû indéfiniment durant plus de cinq ans, Landau tiendra sa promesse et se représentera pour défendre son bilan très incertain pour autant.

La présidentielle se jouera donc non pas comme une revanche de 2012, mais comme un duel du premier tour où le vainqueur sera élu contre la peste-blonde.

Car pour le moment, seule celle-ci est assurée d’arriver au second tour. Et tous les autres candidats – il est prévu une primaire des verts, probablement une union PCF/FdG plus quelques farfelus tel Cheminant, DuViaduc-Planplan et quelques autres – ne feront que de la figuration, profitant de l’occasion pour vendre un peu de leur bouquin-programme…

Même LeMer en a fait un, un pavé illisible, d’autant qu’à l’oral, il s’emmêlera volontiers les pédales dans les chiffres : un mauvais, pas encore mûr.

Et Jouppette ne peut pas rater l’investiture du parti. Les partisans de Krasosky sont persuadés du contraire, mais plus personne ne veut de leur champion, qui persiste à polluer le paysage et le discours politique dans l’opinion après son quinquennat catastrophique de 2007/2012.

Donc, Monkrac, il est hors-jeu d’emblée dans cette lutte de titans.

 

Et pourtant, à la fin du mois de novembre, Jouppette s’est effondré, bavant en direct à la télé, avec un score irrattrapable au premier tour des primaires au profit de Billion, l’ex-premier ministre de Krasosky.

Le pire des scénarii. À partir de ce moment-là, toutes les semaines, absolument toutes les semaines, il aura été la cible de « nouvelles révélations » sur sa façon de « jouer avec les lignes jaunes », non pas de la loi, mais de l’éthique, à défaut de la morale la plus élémentaire.

Et comme il a une défense de nul, de menteur impénitent qu’il se révèle, il ira se faire piétiner dans les poubelles de l’Histoire, relayé en cela par un appareil judiciaire particulièrement célère pour ouvrir information judiciaire sur information judiciaire et distiller le cancer de la suspicion sur son honnêteté d’homme public.

Incroyable et, incrédule, il se fera massacrer fin avril dans les urnes de façon pitoyable.

« Paul, expliquez-moi ? Vous aviez une boule de cristal ? Vous avez cultivé un don de double-vue pendant votre absence ? »

Pas du tout.

Et sa réponse, extorquée à coup de « revenez-y », n’apporte rien de plus : « J’ai eu l’occasion d’avoir quelques contacts qui en savent beaucoup plus long sur ce qui se préparait ! »

Frappé, le patron ! Comment croire à un coup à trois bandes et même plus que ça dès le mois de juin ?

« – Comment ça ?

– Si je vous raconte, vous allez me prendre pour un cinglé.

– Dites toujours, commandant » dixit l’amiral sur le ton impérieux des ordres donnés.

Paul n’est plus sous les ordres de l’amiral. C’est même plutôt l’inverse.

Invariablement, la réponse reste négative.

 

Il faudra attendre le mois d’août 2017 pour commencer à comprendre. Le biographe de Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », met en ligne un récit qui relève de la plus pure science-fiction elle-même accommodée à une sauce de « haute-fantaisie ».

Et qui de toute façon ne répond même pas à la question posée de la « préscience » du boss.

Gustave avait rencontré le bonhomme à déjeuner en milieu de journée à « La Closerie des Lilas », un certain 13 juillet 2014 (1). Une époque où tout aurait pu basculer.

C’est depuis un des rares à savoir que les deux personnages existent et ne se confondent pas en un seul, sans pouvoir, à vrai dire, faire le lien entre les deux. Un lien qui existe pourtant, à n’en pas douter.

Et l’astuce de ce « I-Cube », le biographe, reste néanmoins de relater les dossiers hyper-secrets de la République dans lesquels Paul de Bréveuil évolue au fil du temps, en les « romançant ».

Il l’avait expliqué calmement. Sereinement.

Le premier, le plus important, le fondateur, « Opération Juliette-siéra » (2) touchait à un énorme secret de la « ripoublique » des années Thiermirandiennes.

D’ailleurs, le dernier en ligne (3), exactement au moment où le capitaine de frégate de réserve Paul de Bréveuil disparaissait de la circulation, venait d’être mis en ligne et  terminait la série sur le même thème.

Là encore, c’était totalement hallucinant puisque Paul de Bréveuil aurait été « parachuté » dans le passé, en août 1990.

Une époque où Gustave, sortant de l’école navale, allait être affecté à son premier poste de commandement pour y faire ses preuves dans un territoire ultra-marin.

La marine, n’est-ce pas, ça n’a pas de frontière bien établie.

Si la première partie relevait de la science-fiction – pensez, le voyage dans le temps et dans le passé ! – les autres détails, notamment ceux de la CISA restent vrais : Gustave peut en témoigner pour y avoir pris sa part.

 

En septembre 2017, le monde a changé à la veille des élections générales et germaniques.

Évidemment, Gustave aura suivi les publications aoûtiennes de ce « biographe » là.

Racontant non plus un voyage sur la flèche du temps vers le passé, mais cette fois-ci vers le futur !

Un futur lointain.

Très lointain semble-t-il. Sans plus de précision.

Et curieusement en se raccrochant à de vieux feuillets mis en ligne en 2008.

Ce qui donne corps encore un peu plus à ce récit abracadabrant : comment un auteur, si s’en était un, même à l’imagination débordante, peut-il mettre en ligne – même s’il prétend que ces « posts-là » ne sont pas de lui – neuf ans plus tôt un récit qui dépasse l’entendement uniquement pour les reprendre en rebondissant dessus et « inventer » une nouvelle histoire ?

Ce n’est plus du talent ou du génie, c’est de la prémonition prodigieuse !

Qui peut se dire que dans 9 ans – presqu’une décennie – il fera ça comme ça et pas autrement, et de le mettre en scène ?

Personne, il faut bien le reconnaître.

On ne sait même pas si demain on est toujours vivant ou non.

Alors dix ans comme ça, tous les jours, ça relève de la démence : personne ne peut le faire.

 

D’autant que c’est une évidence : si I-Cube peut écrire l’avenir « ex-post », après que les événements qu’il rapporte ce soient passés, avec assez de détails pour rendre ses récits crédibles, même à travers d’un ou de plusieurs romans, comment Paul de Bréveuil soi-même pouvait savoir pour la campagne présidentielle, avant qu’elle n’aboutisse ?

Il avait dit, à propos de la concession des droits de la CISA sur sa base de données « qu’il savait », alors qu’il est resté coupé du monde pendant 5 mois ?

Hallucinant…

Un plus un donnant en général deux et à partir de deux points, on peut tracer une droite, mais seulement à partir de trois points une seule courbe, le troisième événement, enfin plutôt le premier, c’est cette histoire de disparition.

Étonnante.

Le monde entier perd Paul de Bréveuil en juin 2016 entre les deux rives de l’atlantique.

On sait qu’il a embarqué sur le vol de New-York.

Il est même invité dans le cockpit de l’avion.

Mais il ne débarque pas. Ou s’il débarque, non seulement il n’apparaît à aucun contrôle, mais il n’embarque pas pour son vol suivant, billet payé. Ni sur aucun autre.

Pas une seule trace sous aucun portique de contrôle de sécurité. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché.

Et le voilà qui, cinq mois plus tard réapparaît au milieu d’un autre océan, en naufragé miraculé et amnésique.

Amaigri, notablement vieilli, qui refuse toute procédure d’interrogatoire, mais une fois revenu à « ses affaires » donne la preuve à Gustave qu’il est assez loin d’être un amnésique qui aurait besoin de soins.

Il a des choses à dire, à raconter.

Et le peu qu’il énonce relève de la « magie-noire ».

Certes, son assurance sur les élections présidentielles, mais il y en aura d’autres, notamment dans le cadre des « enquêtes de Charlotte » qui déboulent de temps à autre à la CISA : il a la solution d’énigmes à partir de rien. Que parfois il en faudra des semaines d’enquête et d’un travail de fourmi pour la confirmer.

D’ailleurs, s’en rendant compte, il se fera moins disert, comme si ça l’ennuyait.

Manifestement, il a changé : il s’est passé quelque chose qu’il ne veut pas dire et que ne raconte pas non plus son biographe…

 

Il faut dire qu’il se remet à travailler sur son projet de « Nivelle 003 ». Le « 001 » aura eu une courte vie, mais bien remplie.

Un démonstrateur hypersonique usiné seulement pour valider l’idée de bords d’attaque d’un bolide en céramique.

Un premier vol catastrophique qui a failli perdre la machine et son pilote, la faute à des défauts de conceptions de la motorisation mixte – à la fois turboréacteur couplé à deux statoréacteurs –, des parties mobiles des ailes mal dimensionnées et de la programmation du logiciel du pilotage automatique défaillant.

Mais une belle machine qui valide le procédé et fera plusieurs vols.

D’après le « biographe », elle en fera un second pour faire revenir l’avion à ses ateliers d’origine dans l’Ardèche.

Puis un troisième qui boucle un tour du monde, par les pôles et en 12 heures (4) validant au-delà de tout espoir le concept.

Un quatrième ensuite au large de Toulon pour faire dégager deux navires russes qui font « hippodrome » devant la rade au moment des événements en Ukraine (5).
Enfin deux dernières fois, quand il a été volé par un équipage pirate et justement le 14 juillet 2014, quand il a été récupéré (6).

 

Là Gustave s’en souvient très bien, puisqu’il est à bord : un sacrée machine qui a le défaut de ne pas savoir virer facilement à pleine puissance et préfère naviguer « tout droit ».

 

Le « 002 » a été fabriqué en Chine. Beaucoup plus gros, il bénéficie d’une innovation – qui n’en est pas vraiment une, sauf dans son application à ce cas-là – le « Gel-Birgit », afin de protéger les céramiques, façonnées d’une seule pièce pour les parties chaudes, destiné à repousser au plus loin les plasmas qui se forment au contact d’avec les couches raréfiées de gaz dans les vols comportant une rentrée dans la haute atmosphère à très haute vitesse.

Il a fait deux vols d’essai, juste pour savoir si la machine répond à son cahier des charges à basse vitesse (subsonique) et altitude « normale ».

En revanche, c’est un avion suborbital. Il peut monter en très haute altitude, hors de l’atmosphère (plus de 100 km) et même au-delà, capable donc de mettre un jour en orbite un satellite, à condition que celui-ci soit équipé de son propre propulseur d’apogée pour lui donner l’impulsion nécessaire à sa satellisation définitive, soit quelques 1.000 m/s supplémentaires.

Comme en aura dit Paul « il peut se mettre en orbite. Mais il n’a plus assez de carburant pour redescendre sur le plancher des vaches dans des délais raisonnables. »

Le « Gel-Birgit » fait parfaitement son office et Paul, avec un équipage réduit, fait un nouveau tour du monde en quelques heures, d’est en ouest, à latitude constante pour revenir là où il a décollé.

En chine.

Un prototype qui a plusieurs années d’avance sur les projets de Musk et ses fusées Falcon, sur ceux des associés de Paul Allen et de quelques autres encore qui visent à réutiliser tout ou partie du lanceur lui-même. Pour juste à refaire les pleins et encore, pas avec n’importe quel carburant : du kérosène qualité « aviation » et une grosse bombonne d’oxygène liquide comme comburant, qu’on trouve facilement sur n’importe quel aéroport civil.

Une sacrée performance qui n’aura pas de suite immédiatement.

Les chinois ne disposent pas d’ingénieurs qualifiés en nombre suffisant pour poursuivre, mobilisés qu’ils sont par le développement de leurs propres avions en concurrence d’Airbus – avec qui ils ont pourtant une usine exploitée en commun sur le sol de l’empire du milieu – et les avionneurs américains.

L’espace n’est pas la priorité, mais passe d’abord par l’aviation militaire, avant même l’aviation civile.

Et l’ambition de Paul est de s’attaquer à la conception du « 003 », un engin orbital, totalement récupérable et nettement plus gros, pouvant emporter des charges lourdes sur orbite.

Avec son milliard d’euros tiré de la concession des fichiers et logiciels de la CISA, sans faire de bruit, il en a désormais les moyens.

Est-ce la raison pour laquelle il se montre moins présent ou son côté taciturne inhabituel est-il dû à autre chose que les équations de vol qui se bouscule dans la tête ? 

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2014/11/mains-invisibles.html.
  2. http://flibustier20260.blogspot.fr/2010/07/operation-juliette-siera-00.html
  3. http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/01/laudato-si-0.html
  4. http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-xxi-tome-ii.html(et suivants).
  5. http://flibustier20260.blogspot.fr/2014/09/chapitre-xxxiii1.html(et suivants).
  6. http://flibustier20260.blogspot.fr/2014/09/chapitre-xxxiv1.html(et suivants).

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-cinquieme.html

 


Ultime récit : Chapitre quatrième

 

Explications oiseuses

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

D’autant que Paul ne fournit pas beaucoup d’explication, préférant jouer les amnésiques, réel ou non d’ailleurs, face à ses interrogateurs. Tout ce qu’il veut bien en dire, c’est préciser sa dernière étape : il se retrouve en panne d’essence dans un hors-bord non immatriculé qui n’est pas le sien, avec ses « accompagnatrices » qui seront-elles, beaucoup plus disertes.

Et ils finissent leur parcours à  la pagaie et à l’estime le long des récifs coralliens avant d’être interceptés et recueilli par une vedette côtière.

Une curieuse histoire où il est question de naufrages, de séquestrations, d’expérimentations médicales, de viols.

Comme elles n’accusent pas « Charlotte » de violence mais le considèrent plutôt comme « leur sauveur » et bienfaiteur, ce dernier sera remis dans un avion de liaison destination de Londres.

De là, il ne se signale même pas à ses bureaux ni aux autorités et repart pour les caraïbes, avec une correspondance à Miami, cette fois-ci.

Ce n’est qu’une fois à bord d’Eurydice, sa goélette qui fait du « tourisme » pour riches américains dans les îles, qu’il daigne communiquer avec Paris, son siège et l’amiral Gustave Morthe-de-l’Argentière, pour prendre des nouvelles de « ses affaires ».

Via le réseau Tor.

 

On rappelle à l’occasion que Tor est un réseau informatique superposé mondial et décentralisé. Il se compose d’une centaine de serveurs, appelés « nœuds du réseau » et dont la liste est publique. Ce réseau permet d’anonymiser tout simplement l’origine d’une connexion TCP.

Cela peut, entre autres, servir à rendre anonyme la source d’une session de navigation Web ou de messagerie instantanée, mais aussi de contourner la censure sur Internet : il permet ainsi aux personnes l’utilisant d’accéder à des sites, contenus ou services bloqués dans certaines régions du monde. Mais il est aussi mis en œuvre dans les échanges entre lanceurs d’alerte, journalistes, avocats, dissidents politiques, organisations non gouvernementales, pour partager leurs données, en maîtrisant leur sécurité, celle de leur connexion, de leurs destinataires et de leur position.

Tous les « bleus » du système « BBR » de la CISA et quelques « rose » dont on rappelle qu’ils deviennent « vert » quand on les repère sur des sites ou blogs propres aux terroristes avant de passer « orange » quand ils sont déjà « signalés » en font un usage fréquent.

Car Tor peut aussi servir à des personnes ou organisations malveillantes en permettant un certain anonymat.

Cependant, l’anonymisation du flux n’est pas suffisante, car l’application peut potentiellement transmettre des informations annexes permettant d’identifier la personne émettrice : c'est pourquoi le projet Tor développe également un navigateur Web basé sur Firefox, « Tor Browser », ainsi que d’autres applications spécialement modifiées pour préserver l’anonymat de leurs usagers.

Pour cela, pour parvenir à ce résultat, Tor fait « sauter » le trafic de ses utilisateurs et utilisatrices via une série de relais. Ce procédé permet de ne pas être tracé par les sites web consultés.

Et ni Gustave ni Dimitri ne peuvent d’emblée certifier la communication de Paul.

 

En effet, le système fonctionne comme un « routage en oignon » qui fait rebondir les échanges TCP au sein d’Internet afin de neutraliser les analyses de trafic sur une partie du réseau. Les utilisateurs du réseau deviennent alors impossibles à identifier, même s’il existe une astuce technique qui a permis le démantèlement d’un réseau de de 400 utilisateurs frauduleux (cf. « opération Onymous » conduite par Interpol) et que les logiciels de la CISA recréeront ultérieurement.

L’astuce de Tor, c’est qu’à chaque relai, l’utilisateur n’a accès qu’à une liste limitée de nœuds de Tor. Chaque « client » choisit automatiquement un chemin aléatoire (il pourra en changer au bout d’un certain temps), puis construit un circuit au sein duquel chaque nœud a la propriété de ne connaître que son prédécesseur et son successeur, sans en savoir plus.

Le premier nœud du circuit est le seul à connaître l’adresse IP de l’utilisateur : il suffit d’ailleurs d’user du premier nœud pour devenir un « rose » (ou « bleu ») dans le logiciel « BBR » de la CISA et de passer à « purple », non-identifié, voire directement à « vert » quand il n’est pas encore « signalé » (à « orange » quand il est fiché) quand en retour il y a téléchargements suspects : un procédé assez simple développé par la CISA et notamment par Huyck qui s’y entend, mais qui ne permet pas l’identification formelle.

Dès le deuxième nœud, la négociation se fait par l’intermédiaire du circuit partiel déjà construit, de sorte que le deuxième nœud ne connaîtra finalement que l’adresse IP du premier nœud et du troisième lorsqu’un troisième nœud aura été ajouté et ainsi de suite.

Pareil pour le chemin de retour en cas d’échanges instantanés, sauf que ça ne se fait pas nécessairement par les mêmes « nœuds ».

Les paquets d’octets à acheminer sont associés à une identification du propriétaire du circuit, la personne qui l’a construit, Huyck en l’occurrence qui en dispose de plusieurs pour l’usage de la CISA. Cette identification est un code arbitraire choisi au moment de la construction du circuit et l’ensemble des transferts sont cryptés de relai en relai. L’idée est de distribuer à chaque nœud du circuit une clef secrète chiffrée avec une clef publique dédiée à ce nœud. Après la phase de construction, chaque nœud du circuit dispose d’une clef secrète qui lui est propre et du coup ne connaît que son prédécesseur et son successeur au sein du circuit.

Pour acheminer un paquet au serveur, le client doit chiffrer son paquet de nombreuses fois : la première fois, le client chiffre son paquet TCP avec la clef publique correspondant au dernier nœud, numéroté n. La deuxième fois, avec celle de l’avant-dernier nœud, numérotée n – 1. La troisième fois, avec celle de n – 2, la quatrième fois, avec celle de n – 3, etc. La dernière fois, avec celle du premier nœud, numéroté 1. Et la même chose se passe en sens inverse.

C’est d’autant plus facile que ça peut se faire automatiquement par les serveurs de Tor.

Impossible à « casser » en direct… et même souvent après coup !

Mais ça ralentit et nuit un peu la fluidité d’une conversation via Skype, nettement moins pour les messageries instantanées du type Telegram, ProtonMail, BBM, WhatsApp, Messages (iOS) ou Hangout, voire les japonaises, elles-mêmes déjà doublement cryptées : à peine quelques microsecondes.

Finalement, le « Charlotte » ne se révèlera pas si « amnésique » que ça, puisqu’il se manifeste de la sorte jusque sur les écrans de la CISA situés dans les locaux du Kremlin-Bicêtre.

 

Quelle surprise : il était porté disparu depuis la mi-juin et ressurgit à l’improviste, alors que les choses ont largement évolué pendant cette longue absence.

« Prestige spirits » a bien fonctionné et fera une bonne saison d’hiver.

« Les collines de Cabourg » aura fait également une bonne saison… d’été.

Le fonds géré par Anjo Pisuerga persiste à souscrire les emprunts d’État avec de l’argent « pas à lui » et à faire en plus des marges positives.

La fondation patrimoniale luxembourgeoise « Charlotte & Cie » s’est en revanche enrichie de façon spectaculaire, tel qu’Anjo fait du prêt interbancaire à vue… pour dépanner ses « potes » banquiers.

Et l’activité « enquête et investigation » de la CISA est surtout le fait de « Charlotte », la vraie, celle dont le nez bouge de haut en bas quand elle parle, qui fournit encore un peu de missions de sécurité aux équipes de la « Sphère de sécurité » qui justifie le « S » (pour security) de la boutique.

En effet, la « CISA » n’est plus vraiment la CISA. Et Gustave se perd un peu dans des explications pour le moins oiseuses. Il redoute surtout la réaction de son associé très majoritaire soudainement revenu de l’océan indien.

« C’est que… sous la pression, il a fallu se résigner à concéder notre base de données. »

Quelle pression ?

« D’abord, il y a eu les attentats du mois de juillet. À Nice d’abord, le 14 juillet, pour lequel le logiciel a émis une alerte « orange » sans plus de précision que deux départements du sud-est du pays. »

Et alors ? Il a été conçu pour ça, non ?

« Certes, sauf que l’écheveau des pistes à suivre a saturé un peu les forces de l’ordre. Le préfet de région a fait une première « alerte vigilance » en étendant l’alerte à toute la zone PACA et la Corse alors que l’état d’urgence venait d’être levé. »

Oui, et… ?

« Par ailleurs, les effectifs disponibles ont été surtout disposés de telle sorte que la priorité a été donnée à la visite privée en Avignon du Président Landau. Il faut comprendre puisque l’attentat du mois de novembre 2015 au Stade-de-France à Saint-Denis, au moins dans leurs esprits, le visait. On pense même désormais que les fusillades sur les boulevards et l’attaque du Bataclan devaient avoir pour objectif de dégarnir sa garde rapprochée autour du stade afin de faciliter l’intrusion des commandos-suicides… »

Ce n’est qu’une hypothèse, mais fort probable compte tenu du minutage et du déroulé de ces attaques simultanées.

« Donc, la côte d’azur a été laissée pour compte. » Et Gustave de décrire par le menu la folle trajectoire du camion fou, la polémique qui a suivi et les retombées en termes de « choc psychologique ».

 

« Or, nous avons été les seuls à prévenir. Et après l’attentat normand contre prêtre et ses fidèles, même si là encore le logiciel n’avait pas réellement vu l’arrivée du passage à l’acte…

– Les « zombies » n’étaient pas encore au point ?

– Non, Dimitri et Huyck travaillaient dessus. Ça n’a été « opérationnel » qu’ensuite, justement avec les données collectées à l’occasion de ces deux attaques…

– Bon et alors ? Je ne comprends pas de quelle pression il s’agit. « BBR » n’était pas encore totalement au point, il me semble.

– Mais le ministère souhaitait déjà, à partir de ce moment-là, avoir la mainmise sur notre système-expert.

– Et ? Vous ne leur avez pas proposé un accès illimité ?

– Si bien sûr. Mais j’ai aussi une hiérarchie. Et celle-là subissait les assauts de l’OTAN pour se nourrir à la même source.

– Bon. Et puis ?

– Et puis, tout ce que j’ai pu sauver c’est un accès libre pour nous et nos ministères.

– Sauver de quoi ?

– D’une… concession exclusive américaine… »

Là, normalement, Paul aurait dû éructer ! Et quel que soit l’endroit d’où il communiquait, une pluie de scuds devait s’abattre sur le crâne dégarni de l’amiral Gustave dans la seconde qui allait suivre.

Mais Ô divine surprise, rien !

« – C’est Palantir qui a fait la meilleure offre. Vraisemblablement financée par la CIA ou la NSA. Voire encore une autre agence américaine.

– …

– Puis il a fallu négocier avec le ministère des finances, sur instigation du ministère de la défense et contrôle du ministère de l’intérieur.

– Je sais. »

Comment ça, il sait ?

« En fait, le décret autorisant l’opération a été signé très rapidement par le ministre des finances, celui qui va devenir le Président et a trouvé là la meilleure façon à la fois de  financer sa campagne et de faire plaisir aux décideurs américains qui vont garantir son élection… »

Pardon ?

Là, c’est Morthe-de-l’Argentière qui en reste coi, tétanisé…

 

« Qui ça ? Les primaires de droite vont avoir lieu en fin de semaine pour désigner Loup-Pette la semaine suivante. Landau va se représenter, alors Monkrak, s’il n’avait pas encore décidé en juillet, il commence tout juste à pointer dans les sondages… Mais à des scores tels que même « Peluche » pourrait le battre à plat de couture !

Pensez, il n’a aucun appareil partisan derrière lui, par un radis, pas de troupe et en plus il est si jeune et tellement inexpérimenté.

Sauf votre respect, il n’a aucune chance. »

Mais Paul maintient.

« Vous verrez, en mai il va se retrouver face à la blondasse bleu-blanc-rouge et non seulement il va gagner au second tour, mais il va se retrouver avec une majorité absolue au Parlement en juin. »

Comment ne pas en rire ?

Et Gustave ne se gêne d’ailleurs pas.

Bien sonore le rire.

 

« – Ceci dit, personnellement, j’aurai négocié le prix au double de ce que vous avez obtenu. Leurs moyens sont illimités. D’autant que je n’étais pas vendeur.

– Dites donc, on est parti de 200 millions de dollars pour arriver un milliard d’euro, net impôts et commissions déduites, c’est déjà bien payé.

– Non, pas assez. Ça valait au moins le double.

– Mais j’ai sauvé un usage personnel et les intérêts du pays. Et puis, un milliard, qu’auriez-vous fait du double ? Déjà que…

– Que vous avez considéré que c’était inespéré, je sais tout ça. Un gros tas d’argent, ça vous a fait tourner la tête.

– Mais vous étiez injoignable, porté disparu. J’ai fait au mieux et sous la pression.

– Je sais. C’est fait, c’est fait. On ne va pas revenir dessus. En revanche, je ne sais plus à quoi vous servez dans notre dispositif… »

Vu comme ça…

Il y a toujours l’activité des enquêtes.

Et celle de la « Sphère-de-protection » des VIP.

Mais on n’est plus dans la même dimension…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-quatrieme.html

 


Ultime récit : Chapitre troisième

 

Réapparition inexplicable

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

L’archipel est également à 15.037 km ou 9.344 milles, voire 8.120 nautiques de New-York. 

D’une superficie totale et dérisoire – 50 km² – on peut dire que « le volcanisme n’a eu aucune part à leur formation ». Isolées à 1.200 milles nautiques au nord-est de Maurice et à 700 milles marins au sud des Maldives, ces îles madréporiques sont fixées entre les parallèles 04°41’ et 07°39’ sud et les méridiens 70°47’ et 72°41’ est. C’est dire qu’elles sont à une distance sensiblement équivalente des côtes de l’Afrique orientale, des grands archipels indonésiens, de l’Australie, du territoire irakien et du Proche-Orient – où se poursuit le conflit israélo-arabe dans lequel sont impliqués, par le biais des menaces terroristes islamistes, les États-Unis.

Les Chagos sont enfin ancrées à proximité de l’Asie du Sud où perdure une rivalité de plus en plus préoccupante entre le Pakistan et l’Inde à propos du Cachemire, province indienne à majorité musulmane revendiquée par les autorités d’Islamabad.

Une échappatoire totalement improbable pour « Charlotte ».

Si les îles Chagos sont presque à égale distance des routes maritimes traditionnelles, vitales pour les puissances industrialisées, elles sont presque à mi-chemin du canal de Mozambique, qui est un bras de mer entre l’Afrique orientale et Madagascar, et du détroit d’Ormuz, qui sert de voie de passage obligée entre le golfe Persique et la mer d’Oman. Les Chagos sont encore situées à proximité du détroit de Bab El-Mandeb (la porte des Pleurs) qui met en communication la mer Rouge et l’océan Indien. Le groupe des Chagos est enfin ancré dans le voisinage des goulots malais et indonésiens – notamment les détroits de Lombok, de Malacca et de la Sonde – qui comptent parmi les principaux « verrous » de cette partie du monde dès lors qu’ils assurent le passage de tous les navires en provenance ou à destination des pays de l’Extrême-Orient et des Philippines entre l’océan Indien et le Pacifique, via la mer de Chine méridionale et la mer de Célèbes.

Des zones surveillées comme le lait sur le feu : difficile de passer inaperçu pour quiconque.

C’est dire l’importance de ces îles sur le double plan géopolitique et géostratégique pour les États-Unis, désormais capables d’intervenir – à partir de la décennie 1970 – dans les moindres délais dans tous les recoins de cette partie du monde.

Recouverts d’une végétation où dominent les filaos (casuarinas) et les cocotiers, la soixantaine d’atolls et d’écueils coralliens émergent de quelques mètres à peine au-dessus des flots (15 mètres pour le point culminant). Ils sont rassemblés en six composantes principales, elles-mêmes éparpillées autour du grand banc des Chagos qui s’étend sur 180 km d’est en ouest et de 120 km du nord au sud. À l’exception de quelques récifs, ce banc est principalement un atoll immergé d’une forme ovale irrégulière dont la couronne, « très accore vers le large », est couverte par 7 à 20 mètres d’eau tandis qu’à l’intérieur, les profondeurs peuvent croître jusqu’à 90 mètres.

Dans la partie septentrionale et l’extérieur du banc se détachent deux mini-archipels : les îles Salomon ou Onze-Iles à l’est et Peros Banhos (27 îlots) à l’ouest.

Sont également postés en sentinelles mais sur la bordure immédiate du banc des îlots qui ont été toujours inhabités : au nord, l’île Nelson ; à l’ouest, les Trois-Frères, l’île de l’Aigle, flanquée de l’île aux Vaches marines, et l’île Danger. Il faut encore mentionner au sud-ouest le groupe des îles Egmont.

Le climat de Diego Garcia est tropical. Il est caractérisé par son humidité atmosphérique et ses températures modérées par les alizés. Les précipitations atteignent cependant environ 2.500 millimètres par an. De par sa proximité avec l'équateur, Diego Garcia n'est pas soumis au passage des cyclones.

La végétation de Diego Garcia est représentée par une forêt tropicale couvrant la totalité des terres émergées de l’atoll. Celle-ci est essentiellement composée de cocotiers et de bois de fer.

Cette forêt est le lieu de vie de crabes, dont des crabes de cocotier, de lézards, de geckos, d'insectes, d'oiseaux tropicaux ainsi que des poules et des ânes retournés à l'état sauvage. Des espèces invasives se rencontrent sur Diego Garcia telles le rat qui affectionne particulièrement les œufs d’oiseaux et de tortues marines ce qui provoque d’importants dégâts parmi ces populations animales.

La faune maritime est abondante avec plus de 700 espèces recensées qui bénéficient des eaux parmi les plus pures au monde. Ces espèces aquatiques se trouvent en grande majorité au niveau du récif corallien qui entoure les atolls et qui compte parmi les récifs les plus sains du monde.

Enfin, dans la partie la plus méridionale de l’archipel mais très nettement à l’extérieur du banc, pratiquement au cœur de l’océan Indien, émerge la plateforme la plus vaste de l’archipel des Chagos par sa superficie (une quarantaine de km²) et celle qui fut la plus peuplée jusqu’en 1971 : l’île de Diego Garcia.

Son sort est lié par un traité. Après avoir décrété, dans son article 1er, que le « Territoire demeurera sous la souveraineté du Royaume-Uni », il dispose en effet dans son article 11 que « le gouvernement des États-Unis et le gouvernement du Royaume-Uni prévoient que les îles resteront disponibles pendant un laps de temps indéterminé afin de répondre aux besoins éventuels des deux gouvernements en matière de défense. En conséquence, après une période initiale de 50 ans, le présent accord demeurera en vigueur pendant une période supplémentaire de 20 ans, à moins qu’un des deux gouvernements, deux ans au plus avant la fin de la période initiale, notifie à l’autre sa décision d’y mettre fin, auquel cas le présent accord expirera deux ans après la date de cette notification ».

Passant outre aux objections formulées par les États riverains – notamment par l’Inde et par le Sri Lanka – et concrétisant une intention exprimée dans ce traité, les deux États occidentaux sont allés plus loin à la suite d’un entretien au sommet à Camp David entre le Président américain Richard Nixon et le Premier ministre britannique Edward Heath.

Dans un communiqué conjoint, daté du 15 décembre 1970, ils ont en effet annoncé leur intention de signer un nouvel accord en vue d’installer, non une « base militaire » proprement dite à Diego Garcia, mais une « station commune de communications par satellites » afin de combler un vide dans le système de communications des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans une région hautement stratégique où la pénétration navale soviétique était de nature à préoccuper, à l’époque, les deux pays.

Formellement conclu le 24 octobre 1972 et entré en vigueur le jour même, le deuxième accord anglo-américain est appelé à rester en vigueur aussi longtemps que le premier.

Le choix de Diego Garcia est compréhensible. Cette île est située à proximité de quatre grandes masses continentales environnantes : Afrique, Antarctique, Asie et Australie. Portant le nom d’un capitaine portugais qui la découvrit en 1532, pratiquement inconnue du monde de la géostratégie avant 1965, très difficile à trouver sur un atlas normal et ne semblant pas, jusqu’à cette date, digne de figurer dans l’Encyclopædia Britannica, Diego Garcia a été choisie en raison de sa position privilégiée.

L’atoll est semblable à un « porte-avions indestructible » posé à proximité duquel passent nécessairement tous les navires et aéronefs qui veulent traverser l’océan Indien de part en part.

Mais ses caractéristiques physiques ont également été décisives pour les États-Unis lorsqu’ils ont voulu installer une base militaire aux Chagos.

Étendue sur la quasi-totalité de la couronne d’un atoll allongé et presque complètement fermé qui rappelle la forme d’un fer à cheval, Diego Garcia est la plus vaste des îles Chagos avec sa superficie de quelque 40 km². Basse, sablonneuse et sans relief, l’île s’étire sur 25 km. Dans sa partie la plus resserrée, sa largeur est de l’ordre de 5 km (lagon compris).

Quant à la couronne récifale, elle a une épaisseur moyenne de quelques centaines de mètres et une largeur maximale de 3 km. Elle abrite un immense lagon interne – cas plutôt rarissime – dont la largeur extrême peut atteindre 10 km et la profondeur, 31 mètres.

Capable d’accueillir une véritable armada de navires de surface, y compris des porte-avions, et de sous-marins nucléaires, le lagon n’est toutefois accessible que par le nord.

Entièrement supportés par le gouvernement de Washington, les nouveaux travaux d’aménagement tous azimuts ont eu pour objectif de créer une véritable base militaire.

Au fil des ans, cette plateforme a été érigée au rang de complexe aéronaval ultramoderne, permanent et polyvalent, destiné à servir bien au-delà de 2016 – date d’expiration du bail initial de 50 ans – et pour lequel les Américains ont déjà dépensé des centaines de millions de dollars, d’abord pour son édification, puis pour son extension et, maintenant, pour son entretien et son utilisation.

De fait, une décennie après avoir été l’un des pivots des raids aériens dirigés contre l’Irak pendant la guerre du Golfe – lors de l’opération « Tempête du désert » menée après l’invasion du Koweït par l’armée de Saddam Hussein dans la nuit du 1er au 2 août 1990 –, la base de Diego Garcia est devenue l’une des têtes de pont du dispositif militaire américain dans l’océan Indien, lors la guerre engagée contre le gouvernement pro-taliban de Kaboul et les membres opérationnels des réseaux islamistes de l’organisation Al-Qaida.

Concrètement, dans le cadre de l’opération « Liberté immuable », la base de Diego Garcia a été largement utilisée par l’aviation américaine – notamment par les superbombardiers B-52 – qui a pilonné de jour comme de nuit de vastes zones abritant les forteresses talibanes installées en Afghanistan ainsi que les repaires des combattants d’Al-Qaida dans les grottes de la région montagneuse de Tora Bora dans l’est du pays avant de les chasser du pouvoir le 12 novembre 2001 et d’installer un régime démocratique de transition à Kaboul dès le 24 novembre suivant.

La création du TBOI en 1965 au mépris des droits des populations autochtones et sa militarisation croissante à partir de la décennie 1970 ont, dans une très large mesure, contribué à assurer la déstabilisation de la région de l’océan Indien, devenue dès lors une « zone de convoitises » pour les grandes puissances maritimes. Cependant, cette double initiative occidentale et la riposte prévisible de l’URSS a suscité les critiques les plus vives de la part des États riverains. Prenant de plus en plus conscience du danger, ces derniers se prononcent pour la suppression des bases militaires étrangères dans l’océan Indien et proposent, depuis 1971, la transformation de cet espace en zone de paix.

Certes, la rivalité idéologique Est-Ouest a pris fin avec l’implosion en 1991 de l’Union soviétique en tant que superpuissance et État fédéral. Mais il est clair aujourd’hui que cette fin heureuse et inattendue ne sonne pas pour autant le glas de l’unique base américaine dans l’océan Indien.

Les autoroutes des hydrocarbures et des matières premières stratégiques qui traversent l’océan Indien ne paraissent-elles pas trop importantes pour que l’Aigle américain, conscient à la fois de son leadership aujourd’hui incontesté et de ses responsabilités au niveau planétaire, ne se retire spontanément de cette zone ?

Au moment où par ailleurs l’opinion publique américaine exige de nouveaux résultats concrets, décisifs et surtout durables dans la « guerre contre le terrorisme international anti-occidental » en général et contre le terrorisme anti-américain en particulier après le renversement réussi du régime des Talibans d’Afghanistan, les idées sur la « crédibilité » et la « théorie des dominos » forgées par le Président Ronald Reagan et reprises à son compte par le Président George Bush et leurs successeurs – Bill Clinton et George W. Bush – ne vont-elles, pas de surcroît, continuer à paralyser la vision que la superpuissance américaine a des risques d’un changement en profondeur ?

Certes, dans la dernière résolution 56/16 relative à la création d’une zone de paix dans l’océan Indien, l’Assemblée générale des Nations unies « se déclare de nouveau convaincue que la participation de tous les membres permanents du Conseil de sécurité et des principaux utilisateurs maritimes de l’océan Indien aux travaux du Comité spécial est importante et faciliterait grandement un dialogue bénéfique à tous sur la voie de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région de l’océan Indien ».

En raison précisément d’une opposition tenace des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, la résolution 56/16 n’apporte concrètement rien de nouveau en la matière par rapport au « vote historique » du 16 décembre 1971, de la résolution 2832 au profit des Chagossiens qui ne se comptent qu’environ 4.000.

Ce qui ne pèse pas vraiment beaucoup…

Et Paul de Bréveuil réapparaît, comme si de rien n’était, dans un hors-bord semi-rigide, en panne d’essence et récupéré par une vedette de patrouille britannique, accompagné de trois « vahinés » locales particulièrement maigres et dénutries, dont une très mal en point, 5 mois après sa disparition depuis « l’autre côté du globe », lui aussi très amaigri et légèrement vieilli.

Sommairement interrogé par les services américains qui reconnaissance en lui « Charlotte », leur double médaillé du Congrès et de la Liberté, il est très vite récupéré par les autorités britannique pour être aussi Pair du Royaume, anobli par la reine pour ses activités autour des JO de 2012 de Londres. (1)

  1. http://flibustier20260.blogspot.fr/2013/09/parcours-olympiques-sommaire.html

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-troisieme.html

 


Ultime récit : Chapitre deuxième

 

Disparition inexpliquée

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Les équipages comptent bien leurs passagers « embarquant », mais ne comptent qu’exceptionnellement ceux qui en ressortent. C’est la raison pour laquelle personne ne s’aperçoit tout de suite de la disparition de Paul de Bréveuil.

Qui n’embarque pas sur le vol de correspondance, là c’est une certitude… certifié.

Compte tenu de l’importance du personnage, les autorités aéroportuaires de New-York chargent le FBI de l’enquête. Qui prévient de son côté le consulat de France, qui répercute à Paris. Dont les autorités compétentes elles-mêmes dépêchent une équipe qui se met en contact avec les agences de sécurité états-uniennes, dont la CIA.

Mais rien, aucun contact.

Pas d’enlèvement, pas de demande de rançon, les indics habituels muets, l’enquête sera rapidement abandonnée puisqu’aucune caméra n’enregistre le passage de « Charlotte » dans l’aire de JFK.

Un vrai mystère.

 

Qui ennuie les équipes de la CISA, dont l’amiral Morthe-de-l’Argentière au moment même où l’enquête sur « Requin » aboutit et que les « profils Z » se précisent grâce à l’enquête du groupe « HLM » qui remonte la piste de « Requin » durant le printemps sous la conduite de Nathalie, avec l’aide des forces de sécurité.

Le bonhomme est arrivé depuis Johannesburg en Afrique du sud vers Schiphol aux Pays-Bas avec des faux-papiers britanniques en poche et est passé par Bruxelles, pays non encore adhérents au dispositif de la CISA, jusqu’à la gare du nord et par TGV. Espace Schengen aidant et malgré les contrôles anti-migrants et l’attaque avortée de l’été précédent, il est passé comme une lettre à la poste sous l’œil des caméras de vidéo-surveillances de toutes les gares et de l’aéroport de débarquement : il n’était pas non plus recherché …

Il est pointé au Moulin-Rouge et dans le quartier de Pigalle avant d’acheter sa voiture qui va lui permettre de repérer sa « cible », d’abord à travers Paris, puis plus loin jusqu’à Pontoise et enfin en Normandie.

Un « discret » qui n’attire pas l’attention et se fait vite oublier pour ne jamais dormir plus de trois fois dans le même hôtel, en général sans étoile ni aucun luxe.

Pas de traces dans les mémoires, hors quelques péripatéticiennes du bois de Boulogne et des abords des champs de course du bois de Vincennes, dont quelques-unes gardent le souvenir d’un « petit-machin » tout ce qu’il y a de plus correct, sans prétention excessive.

 

La caméra de surveillance « du siège » du Kremlin-Bicêtre l’aura pointé plusieurs fois sous son objectif. Idem sur celles des carrefours des quais de Seine, à proximité du domicile de Paul.

Il aura été repéré à plusieurs reprises aux différents péages et caméras de surveillance du trafic le long de l’A13, de l’A14 et de l’A15 ainsi que du périphérique parisien. Enfin pas lui, mais sa voiture toujours conduite en solo.

Un type qui ne boit pas, n’a aucun contact en ville, mange chinois plus particulièrement à Belleville ou dans le 13ème arrondissement, mais aussi un peu partout au fil de ses déplacements, qui ne lit comme journaux que des BD pour gamin, n’a pas de téléphone portable, pas de chéquier, pas d’ordinateur et pas de carte de paiement.

Un vrai « zombie » du XXIème siècle !

 

Le profil des « Z » résultera de l’algorithme complexe qui balaye l’ensemble des données préenregistrées dans la base et recoupe l’ensemble des sources, électroniques et physiques (les déplacements de véhicules, des cartes bleues ou d’abonnement aux transports en commun, les passages sous les caméras de contrôle, et les logiciels de reconnaissance faciale, etc.) avec des identités vérifiées.

Le « Z », c’est un « Purple » qui n’a pas pu être « rattaché », identifié, mais se promène quand même sur la voie publique, sans signature électronique aucune. Il peut évoluer en blanc, bleu ou rose du classement « BBR », s’il se connecte à un réseau à un moment donné, puis éventuellement en « vert/orange » s’il est rapproché d’un « signalé » dangereux ou suspect, notamment par son comportement.

Et ils sont encore assez nombreux au cours d’une journée même et seulement autour de quelques points sensibles, prédéfinis par la « sphère de sécurité » : toujours le même principe de base.

En revanche, il passe « ZZ » dès qu’il est devenu trop proche d’une zone sensible et déclenche alors une alerte au même titre que tous les autres déjà classifiés dans « BBR ».

Ce qui a été le cas pour une 604 qui n’avait pas à se trouver dans le quartier de Paul à proximité de Notre-Dame de Paris.

Lui n’était pas spécialement visé, puisque il avait vraiment disparu…

L’alerte « ZZ » émise n’a pas été exploitée par les forces de l’ordre, pourtant stationnées à proximité en bas de la rue Monge, alors que la voiture se révèlera bourrée de bombonnes de gaz, heureusement « non armée » d’un détonateur idoine : juste  en « approche » pour plus tard…

Dès lors, les autorités ne feront plus dans le détail ni la moindre retenue depuis ce moment de début septembre 2016…

À tel point que sur plus de 400 mesures d’intervention, la lutte contre le terrorisme n’est statistiquement plus une priorité. Le dispositif de la CISA est dévoyé pour s’atteler à toutes sortes d’atteintes aux biens et aux personnes, mais aussi pour « contrarier » d’une façon générale les « troubles à l’ordre public ».

Près des trois quarts des interventions relèveront du « droit commun », pas de l’état d’urgence.

 

Le changement du cadre législatif et réglementaire se devait aussi d’être adapté au fichier « Z », ce qui sera fait en catimini par décret en novembre 2016 se traduisant par une digitalisation de toutes les photos pour toute forme de papiers officiels, quels qu’ils soient.

D’ailleurs, durant toute la fin de l’année 2016, les opérations « préventives » se seront succédées à un rythme effréné sur les indications du logiciel de la CISA, qui fonctionne désormais « tout seul ».

Une merveille : même pas eu le moindre incident lors des fêtes de fin d’année, hors la série des quelques 300 véhicules traditionnellement incendiés sur tout le territoire à l’occasion de la saint-Sylvestre !

Et quelques actes antireligieux mineurs visant des églises et des crèches de Noël.

Un vrai succès technique qui donnera « des idées » à quelques majors de la sécurité dans le monde occidental, alors même que la « pression diplomatique » imposera à Gustave Morthe de l’Argentière, co-gérant et directeur de la CISA, de concéder le logiciel et les bases de données aux autorités américaines.

Contre une véritable montagne de pognon…

 

Seul regret, il n’en sera pas de même à Nice le soir du 14 juillet, puisque l’ensemble du dispositif avait été résilié à l’approche de la levée de l’état d’urgence.

Et pourtant, la CISA avait lancé une alerte « orange » dès le début du mois sur deux départements du sud de la France, étendue par les autorités à la région « PACA » et à la Corse…

Sans succès, comme chacun le sait : on baissait bêtement la garde.

Toutefois la chasse « ex-post » permettra de remonter et démembrer une « proto-filière » d’une dizaine de personnes « impliquées » à des degrés divers dans cet odieux attentat au camion-bélier.

Tout comme pour la « réplique » de Saint-Étienne du Rouvray 12 jours plus tard… Mais là, il faut convenir que les « signaux » avant-coureurs étaient particulièrement « faibles », impliquant à peine une demi-dizaine de personnes classées « orange », dont seulement deux « actifs ».

En revanche, si ces morts violentes sont un désastre pour les personnes concernées, bien sûr, ces deux attentats auront été précieux pour affiner le profil des « Z » et finalement prévenir d’autres attentats.

Et le logiciel, malgré l’étendue de son fichier qui s’implémente des données de tous les citoyens de l’hémisphère-nord de la planète, hors une partie de la Chine, mais auquel il faut rajouter avec le temps la quasi-totalité de l’hémisphère sud, hors le continent africain, reste incapable de localiser « Charlotte »…

 

Il faut dire qu’une disparition à JFK-Airport apparaît invraisemblable depuis les attentats de septembre 2001. Il y a bien eu l’intrusion d’un naufragé qui aura traversé deux pistes en service avant de se faire appréhender, après avoir franchi des clôtures de 2,5 m, et plus tard 11 personnes qui ont pu passer des portiques de sécurité à l’embarquement pour la côte ouest sans contrôle et sans que ça n’émeuve personne : seuls trois d’entre eux ont été identifiés après coup.

JFK-Airport, c’est le dix-septième aéroport mondial, avec plus de 50 millions de passagers et le premier aéroport américain quant au nombre de passagers pour les vols internationaux. C’est le dix-huitième aéroport au monde quant aux mouvements d'avions, avec un demi-million atterrissages et décollages.

Il s’étend sur 20 km² qui comprend 3,6 km² dans la zone du terminal central (Central Terminal Area ou CTA).

Il y a 6 terminaux en services et chacun est cerné par des centaines de caméras vidéo, désormais à haute résolution. Même la nuit, elles sont si précises avec leur 5 millions de pixels qu’elles renvoient les couleurs sur les écrans de surveillance et permettent d’identifier les personnels sur le tarmac à près de 200 mètres à la ronde.

Le terminal 1 a bénéficié de l’installation d’un réseau de fibre de 10Gb suffisamment puissant pour supporter la bande passante des nombreuses caméras. À cela, se sont ajoutées une armada de matériels électroniques tels que des fibres optiques à grande vitesse, des commutateurs, des injecteurs Power over Ethernet (PoE), des logiciels, des postes de travail ou encore des systèmes d'exploitation.

Ce qui représenterait en tout près d’un petabyte de stockage.

Pour un seul des six terminaux…

« En regroupant leurs opérations de sécurité et de surveillance, les administrateurs ont un plus grand contrôle sur les processus technologiques, y compris la piste, l’aire de stationnement, le parc à carburants et combustibles ainsi que flux des bagages », fait valoir un manager de chez Milestone Systems.

 

Plusieurs hypothèses sont étudiées : si Paul ne débarque pas après avoir bien embarqué, c’est qu’il est sorti d’une autre façon de l’avion que par les portes d’accès. La soute à bagage par exemple.

Mais là encore, aucune trace, ni dans l’avion, ni sur les tapis de livraison des bagages-passagers.

Par le train d’atterrissage ? Impossible sans dépressuriser la cabine. Et puis quel intérêt pour quelqu’un qui paye son billet en première classe ?

A-t-il été enlevé ? Peut-être, mais par qui qui n’apparaît pas suspect sur le vol.

L’équipe « HLM », pour Henri, Laurent, Marion, les enquêteurs de la « Sphère de sécurité » de la CISA, la première et celle « des garçons » a pu enquêter durant des semaines sur tous les profils des passagers grâce à différentes sources.

Résultat : néant.

 

Le mystère restera complet jusqu’à la réapparition de Paul à la mi-novembre 2016, cinq mois plus, à Egmont Island dans Archipel des Chagos, située au nord-est de Diego Garcia, la grande base militaire alliée du territoire britannique de l’océan indien situé à environ 1.225 km au sud de Malé, aux Maldives, et à environ 1.775 km à l’est de Victoria, aux Seychelle

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-deuxieme.html

 


Ultime récit : Chapitre premier

 

Rencontre inédite

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

En cette mi-mai 2016, encore alité des suites de son accident sur l’A13, alors même que les gendarmes du cru auront laissé quelques plantons pour sa protection personnelle, au cas où un complice de Requin veuille achever ce que celui-ci n’aura pas réussi à faire lui-même – chose improbable pour Paul et son entourage – un individu, grand, très grand même, plutôt élégant, mince et aux allures souples, lunettes fumées devant ses yeux, en costume noir parvient à le rencontrer jusque dans sa chambre.

« Votre excellence ? Appelez-moi Stéphane. »

Paul émerge de son brouillard… un peu pâteux.

Le gars a la main molle, chaude, presque spongieuse, mais un large sourire lui barre le visage et lui donne un air sympathique.

Pourtant…

Paul est sur ses gardes, les mauvais souvenirs refluant en cascade.

Il parle en français, sans accent, presqu’en chantant, même si parfois il mélange un peu son vocabulaire avec des sonorités pour le moins étranges.

« – Excellence ? Vous êtes sûr ?

– Paul de Bréveuil, je présume ?

– En effet.

– Je suis votre ordonnance.

– Mon ordonnance ? Détachée par qui ? Je n’ai pas besoin d’ordonnance. Juste quelques infirmières et un ou deux toubibs…

– Je préfère vous le dire tout de suite : je ne viens pas de votre époque. »

Allons bon c’est bien ça ! Voilà que ça recommence réagit pour lui-même Paul !

« – Vous êtes sûr ?

– Absolument. Je ne fais juste qu’un petit passage pour vous remettre ceci. »

Et « Stéphane » tend un petit livret à Paul, au-dessus de son lit.

« – C’est quoi ?

– Lisez-le, votre excellence. Il va vous indiquer les grandes lignes de votre prochaine mission au sein de La Garde… »

La Garde ?

« – Le corps que je sers en qualité de « gouverneur »… Je vous dis tout de suite que cet opuscule existe déjà sur « la toile » et à votre époque. Il est complètement faux. Enfin… pas en totalité.

– Ah ? Alors… quel intérêt ?

– Globalement, les dates et détails sont archi-faux. Au moins dans leur première partie. Nous avons vérifié tout ce qui concerne « Pierre Lierreux »…

– Intéressant… C’est qui ?

– … en revanche, pour la seconde séquence, nous ne savons pas. Nous n’avons pas pu vérifier.

– Ah ?... Et ?

– Et ? La dernière partie est parfaitement vraie : elle est dans nos livres d’Histoire.

– Ah oui ! Naturellement… Et vous… venez de notre futur, je suppose ?

– De votre futur, je viens de vous le suggérer, effectivement. Pas du mien. Vous en avez déjà fait l’expérience, à ce que je sache. »

C’était bien ça ! Encore ces mélimélos de « flèche du temps » qui n’en finissent pas de lui pourrir la vie.

 

Il en revient justement : là encore récemment, un MIB était venu jusqu’en Californie lui expliquer qu’il fallait qu’il se méfie du « vendredi 13 ». Résultat, un premier attentat raté un vendredi 13 novembre 2015 et depuis un autre un 13 mai 2016 !

Et c’est encore avant, une WIB qui lui avait fait faire un voyage temporel dans son propre passé, pour finalement une cheville foulée … et la libération de Florence enceinte de leur fils Louis, chose qu’il ignorait à ce moment-là…

Birgit, une « WIB » extraordinaire qui lui avait fait une démonstration de « préscience » le jour même d’une catastrophe aérienne épouvantable depuis Barcelone, alors que son « MIB » californien l’avait propulsé jusqu’au Koweït au moment de l’invasion de l’Irak en 1990, 25 ans en arrière !

Il en revenait à peine. Et le seul avantage, ça aurait été d’avoir volé sur le Concorde…

Paul avait l’impression que c’était hier.

« – Vous ne pourriez pas me lâcher un peu avec vos voyages dans le temps ?

– Désolé, votre excellence. Vous accomplissez un destin, que je qualifierai de « hors-norme » pour un Sapiens de votre époque.

Oh, il y en a d’autres, naturellement, mais pas beaucoup et de toute façon rarement à votre époque archaïque… »

Sapiens, archaïque. C’est quoi ce délire verbeux ?

S’il n’y avait pas eu ces expériences extraordinaires de « retour vers le passé », justement hors normes, ces blessures et ces « prédictions », Paul pourrait penser à un vaste canular.

 

L’autre, Stéphane, sans se démonter continue sur sa lancée.

« Je sais, ça va paraître délirant à bien des gens, de votre époque, naturellement, pour la plupart incrédules, j’en conviens, mais aussi bien plus tard, pendant si longtemps qu’on l’aura oublié jusqu’à ce que « La Garde » ait été sollicitée pour la, pardons, pour les missions qui vont suivre. »

Paul va se réveiller, c’est sûr. Le livret remis glisse déjà sur les draps et il va disparaître.

Ce doit être une poussée de fièvre. Juste un délire.

Comme si Stéphane lisez dans ses pensées, il poursuit : « Désolé, vous ne délirez pas. J’ai toutes les données vous concernant et elles sont formelles. »

Oui, oui… Le MIB Californien lui avait dit qu’il mettrait au point le Nivelle 003 avec les financements « opaques » réalisés à la va-vite à l’occasion de son récent « saut dans le passé ». Planté ! Il en avait financé la CISA, son logiciel et sa base de données.

« Mais vous avez encore un avenir, votre excellence. Qui vous dit que vous ne parviendrez pas à le financer ? »

Ce n’était pas dit comme ça…

« Naturellement, il vous faudra d’autres fonds. C’est d’ailleurs ce qui va se passer pendant votre absence… »

Comment ça, « son absence » ?

« Lisez donc cet opuscule. Comme je viens de vous le dire, Lierreux n’existe pas. Enfin… à part cette apparition dans cet ouvrage, nous ne savons pas. Nous ne savons pas tout non plus. En tout cas pas à l’époque indiquée, mais plus tard, un Cortinco Elerata. Sûrement.

L’affaire de « l’arche », vous verrez, nous ne savons pas plus. Tout comme les « sans-âmes ». Et pourtant, l’épisode de l’amiral Landditsy est parfaitement corrélé. C’est d’ailleurs là que je vous emmène. »

Pardon ?

 

Paul ne va nulle part ! Il en serait bien incapable dans l’état où il se trouve et il déclenche la sonnette de l’infirmerie dont la commande est à portée de main.

« Vous êtes têtu, mais je reviendrai. Lisez donc cet ouvrage. Nous en reparlerons une autre fois. »

C’est ça : une autre fois… peut-être seulement.

L’infirmière de garde, une sorte de matrone en blouse blanche et au visage ingrat, pénètre dans la chambre de son malade. Pas vraiment étonnée de la présence du visiteur.

« S’il vous plaît, Monsieur, veuillez sortir de la chambre, » fait-elle sur le ton impérieux propre à ces circonstances.

Sébastien obtempère sans sourcilier et sans un mot.

« – Qu’est-ce qui se passe Monsieur de Bréveuil ?

– Euh… rien. Un importun. Enfin si… Vous pourriez réduire le débit de la pompe à morphine ?

– Vous n’avez pas de pompe à morphine. Juste quelques antalgiques et des antibiotiques à spectre large. Vous ne vous sentez pas bien ?

– Vous êtes sûre ?

– Naturellement que j’en suis sûre.

– Comment ce gars-là est-il entré ? Je croyais que j’étais sous protection… »

Si elle avait répondu, « quel gars », là, ce serait évident, Paul débloquait.

« – Je ne sais pas. La gendarmerie est positionnée plus loin et dehors.

– Bien… Je sors quand d’ici ? »

Naturellement quand les effets de l’anesthésie se seront dissipés et que le transit intestinal recommencera son office naturel. De toute façon, ce n’est pas elle qui prend la décision, mais le chirurgien. Question de jours.

« – Mais il faudra revenir pour vous retirer votre plâtre.

– Commencer par envisager de me refiler un lavement.

– Pour ça, il faudrait que vous puissiez vous lever. Soyez patient, une question de jours je vous dis. Avez-vous soif ? »

 

Paul en profite pour se rendormir et plus tard remettra la main sur « Paradoxes Temporels » (1) qu’il mettra plusieurs nuits à lire. Parce que c’est vraiment du « délirant » compact et sans grand intérêt.

Il rentrera dans son « Bunker » quelques jours plus tard pour se faire dorloter comme un coq en pâte par Matilda et les filles de l’équipe de Christelle et d’Irène, en attendant que les cicatrices se referment, que les broches implantées fassent leur office, dans une de ses chambres médicalisées des « Collines-de-Cabourg ». Il fait des pieds et des mains pour qu’on lui retire son plâtre qu’il ne supporte plus, préférant jouer des « cannes-anglaises » qui reprennent du service pour ne pas maltraiter ses broches toutes neuves posées sur le col du fémur et le tibia, et obtient rapidement l’autorisation de filer à l’anglaise vers les caraïbes.

Ce qui lui évitera d’avoir à croiser Florence de retour en Europe, assumant difficilement de s’être faite larguée par « n° 5 » sous la pression de Karen, sa « légitime » à lui, et assurer une future scolarité « normale & francophone » à Annabelle pour la rentrée 2016.

 

Ce qui ne l’empêche pas de suivre de loin en loin les activités de « Prestige Spirits » et de la CISA.

D’ailleurs, pour celle-ci, l’urgence de cette époque-là est au match d’ouverture de la coupe d’Europe de football programmé pour dans moins de trois semaines, le 10 juin suivant, et qu’il s’agit, pour la CISA et les autorités, d’être fin-prêt pour assurer la sécurité des stades, des fans-zones et de leurs abords jusqu’au dimanche 10 juillet…

Après, lesdits ingénieurs-dédiés seront détachés au Brésil pour l’ouverture des JO de Rio du 5 au 21 août suivant et l’état d’urgence doit être aboli.

État d’urgence qui sera finalement rétabli le 15 juillet, comme chacun le sait depuis, pour deux périodes successives de six mois devant conduire au-delà des élections législatives de 2017… entraînant un retour en puissance du dispositif de la CISA.

Huyck et Dimitri s’attèleront avec ardeur à définir les « zombies » et la façon de repérer un « Z » dans l’écheveau des renseignements collectés par « la machine » en temps réel : « Requin », le dernier tueur à gage lancé par River aux trousses de Paul, en était un.

Et personne ne l’avait vu venir, faute de traces électroniques.

C’est d’ailleurs sur ce point que les équipes tentent de perfectionner le logiciel de détection de menaces.

 

Au Brésil, il fera justement merveille une fois adapté à la configuration des JO d’été 2016 : 25 sites étalés sur quatre « zones » autour de Rio-de-Janeiro, la plage de Copacabana, Maracanã, Deodoro et Barra da Tijuca, ce dernier site accueillant également le village olympique.

Le 21 juillet, la police fédérale brésilienne arrêtera ainsi douze personnes soupçonnées d’appartenir à une cellule mal organisée de sympathisants de l’organisation État Islamique et planifiant des attentats sur les indications du système expert de la CISA adapté sur place par les ingénieurs de la DGSI, Dimitri, Nathalie et Gustave préférant « télé-piloter » les dispositifs mis en place depuis « le siège ».

Et il y aura eu d’autres hauts-&-bas : le 7 août 2016, Tiago Brandão Rodrigues, ministre de l’Éducation du Portugal ayant tutelle sur les sports, est menacé par deux hommes armés de couteaux auxquels il doit remettre ses effets, alors qu’il s'apprête à rentrer à son hôtel situé à Ipanema, quartier pourtant réputé sûr. Le ministre a pu récupérer ses biens peu après, les voleurs ayant été immobilisés par des passants et arrêtés par la police.

Dans la nuit du dimanche au lundi 15 août, de retour d’une fête, quatre nageurs américains, avec parmi eux le multiple médaillé olympique Ryan Lochte, affirment s’être fait agresser par de faux policiers. L’enquête, notamment basée sur les images des caméras de sécurité, conclut à un mensonge de la part des athlètes qui, sous l’emprise de l’alcool, ont causé divers incidents, ce qui a provoqué la confiscation de leur passeport pour faux témoignage et la présentation d’excuses de la part du comité olympique des États-Unis.

Un dispositif qui aura marqué les esprits par son efficacité…

Et fera des envieux.

Alors même qu’en France, malgré l’alerte « Orange » lancée par la CISA en première semaine de juillet, rien n’aura pu empêcher l’affreux drame de Nice le soir du 14 juillet.

Mais Paul n’en vivra rien en direct. Si tôt capable de se mouvoir sans ses cannes, il n’a alors qu’une hâte, c’est de suivre tout cela de loin, depuis Eurydice, sa goélette stationnée dans les caraïbes.

Or, s’il embarque bien à Roissy en faisant sonner toutes les alarmes des portiques de sécurité, et est même reçu par le commandant de bord en qualité de « Charlotte » jusque dans le cockpit, mais il ne débarquera jamais à l’escale new-yorkaise.

 

(1) http://flibustier20260.blogspot.fr/2008/08/paradoxes-temporels-121.html

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-premier.html

 

 


Ultime récit : Chapitre double-zéro

 

Je plains mon biographe !

 

Si un jour il existe…

Le pôvre : Il va me penser totalement schizophrène, jouant de plusieurs personnalités, la vraie qui reste « anonyme » pour la plupart – mais c’est avec bien des difficultés et nombre de sueurs-froides – et puis celle « en ligne ».

Mais s’il n’y avait que ces deux-là, encore…

Non, il y a aussi mes personnages de « roman-d’été ». Oh pas très nombreux pour être toujours les mêmes à quelques « enrichissements » près, mais tout de même.

En fait, pour l’essentiel et dès l’origine, il s’agit des deux « Charlottes » : Celle dont le nez bouge quand elle parle (un personnage qui existe réellement dans la « vraie-vie ») et Paul de Bréveuil, un personnage fictif.

Une sorte de « projection » de moi-même. En mieux, bien naturellement : Beau, grand, fort, intelligent, etc.

Un peu mon contraire, finalement : Je suis moche, gros (quoique…), faible et kon.

Passons…

 

« Mes » personnages, je les ai créés il y a bien longtemps. Très choqué par l’incendie qui a ravagé les abords de Calvi (Balagne) dans les années 80, c’était alors facile d’imaginer un « épisode » où ce feu aurait été déclenché pour quelques malversations à inventer.

Le problème du moment, c’était d’avoir des « acteurs » crédibles à mettre en scène et là, j’ai ramé durant des années pour les « mettre au points ».

Les choses se sont précisées au fil du temps : Toujours à Calvi, une jeune-femme tombe des remparts. Des gens peuvent-ils encore en tuer d’autres, voire se tuer eux-mêmes ?

J’avoue avoir écouté longuement son père raconter son histoire : C’était poignant.

Et puis le mien à moi-même (de père, celui qui me fait encore frémir quand je l’évoque) a été abattu…

Il m’a fallu des années, deux décennies exactement, d’enquête personnelle pour comprendre ce qu’on ne voulait pas me dire, pour toucher ce qui avait été caché aux juges.

J’en ai fait un « papier » d’environ 60 pages pour « ma nichée » et celle de ma « petite-sœur », pour qu’un jour les enfants aussi sachent qui était leur grand-père…

Là, le besoin d’écrire s’est ancré profondément : Trace des lignes, il en restera forcément quelque chose !

Alors j’ai repris le clavier. D’abord pour tenter de finaliser « Le feu », toujours pas terminé. Puis « Le crime était parfait », à peine ébauché. Enfin deux autres actuellement sans titre, racontant l’un la manipulation possible de la justice (un thème abordé comme dans une tentative d’expiation dans « Au nom du père » [tome I et tome II]) de mon pôvre parcours personnel et ses longues blessures ; et l’autre sur une tentative d’escroquerie à l’assurance.

J’y reviendrais peut-être si Dieu m’en donne le temps et l’envie.

 

Car entre-temps, je déblogue sur un premier blog en relation avec l’Institut de l’entreprise. On est à une époque où « Le Chi » est finissant et il s’agit de doter le pays d’une force politique positive pour le faire avancer. Et j’y crois, kon que je suis (vous étiez prévenus depuis l’origine…).

Normal : Je suis engagé dans la vie politique depuis « tout-jeune », Gaulliste de conviction et par atavisme familial. Je n’en ai pas honte, au contraire.

Mais déjà, je sens que le destin de mon pays lui échappe.

Alors je compense : Je blogue.

Une fois, puis une autre fois dans la même année sur « Over-blog », puis une troisième fois sur cette plateforme-ci.

C’est l’occasion d’affirmer un style d’écriture, de corriger ses principaux défauts et je deviens « mûr » pour écrire mon premier vrai roman : « Opération Juliette-Siéra » !

Que je n’aurai jamais dû écrire, tellement il m’a entrainé loin de ce qui me plaisait vraiment.

Et qui n’est pas vraiment un roman d’ailleurs, mais une compilation d’informations par ailleurs recoupées. Le récit les remet dans l’ordre pour leur donner un sens.

Il n’y avait d’ailleurs pas beaucoup d’alternatives, pas vraiment le choix : L’écriture s’est imposée d’elle-même et… en utilisant mes fameux « personnages » détournés de leur objectif premier.

Passons…

 

C’est qu’en 2008, pour passer mes vacances dans les « zones d’ombre » des couvertures « internetiques », sur la plateforme « Overblog », je laisse des photos de mes vacances de l’année précédente en « Corsica-Bella-Tchi-tchi ».

C’est tellement sublime.

Et encore, vous n’avez pas les odeurs…

C’était intéressé : D’abord partager ces images d’une beauté à couper le souffle, mais aussi « préserver » ce que je savais que j’allais perdre tôt ou tard et donc les mettre en ligne pour les récupérer un jour ou l’autre.

C’est que j’écrase un disque dur au moins une fois tous les deux ans et malgré mes efforts pour maximiser mes sauvegardes, je perds un nombre considérable de fichiers. Je crois que les plus anciens sont non pas sur un disque-dur amovible, mais sur une ou deux disquettes Zip (un truc qui n’existe plus et mon lecteur a brûlé avec l’incendie de mon « cruttiu » vénitien de cet hiver) et doivent dater de ma visite des « Grands-voiliers » à Rouen de juillet 2008…

Je rentre et « mes images » ont laissé la place à un récit qui n’est pas de moi : « Paradoxes temporels ».

 

Naturellement, j’ai d’abord cru à une mauvaise blague d’un de « mes cousins », me promettant de le démasquer l’été suivant et de lui casser la gueule au passage… pour lui expliquer « les bonnes manières ».

Mais je n’ai jamais réussi à l’identifier et encore moins à le corriger… depuis 2009 !

Depuis, j’ai laissé tomber cette quête : Ça ne servirait de toute façon plus à rien.

Et puis ce qu’il y avait de rageant, c’est que ces posts-là, je ne pouvais même pas les effacer…

Incompréhensible : Quand je l’ai fait à plusieurs reprises, ils étaient encore en ligne après la manœuvre !

Il faut en lire le contenu pour tenter d’expliquer : Ils viendraient du futur !

Mais si !

Impossible, incohérent, absurde, bien entendu…

D’autant que j’ai pu repérer plusieurs erreurs, des détails au fil du temps, mais qui montrent bien qu’ils étaient contemporains de 2008 et sûrement pas de plus tard, 9 ou 10 ans plus tard seulement.

Alors plusieurs décennies, probablement pas, à moins que…

Mais c’est de la pure spéculation de ma part.

 

Une histoire finalement passionnante, mais que j’ai depuis oublié pour « passer à autre chose », les autres « romans-d’été » successifs.

Mais là encore, peut-être inconsciemment, peut-être par déduction logique, j’en suis venu à admettre que peut-être, peut-être seulement, une technologie du futur pourrait manipuler la flèche du temps.

Et pourquoi pas, puisque ce serait la réponse logique à des phénomènes qui se précisent au fil du temps ?

Je laisse « l’Ami-râle » vous expliquer tout ça dans ses commentaires : Il a un site qui fait référence sur le sujet.

Si ça vous intéresse.

Moi, ça me dépasse quelque peu…

 

Mais je reprends, en fait je nourris l’idée que quelques « mains invisibles », une notion déjà existante chez les antiques philosophes grecs, guident le présent pour s’assurer de l’avènement de leur futur.

J’en ai quand même fait trois « romans-d’été » (ci-avant, le suivant et encore un autre l’été dernier) sur ce sujet et celui qui vient sera le quatrième !

Rien de moins…

Avec quelques exceptions toutefois dans cette succession de rigolades, d’abord « Au nom du père », tome I et tome II, tellement il était long à écrire (et mettre en ligne), à vocation plutôt « autobiographique » (jeter à la poubelle mes « vieux fantômes ») et  « Parcours olympiques ».

Cette fois-là, je me suis vraiment amusé et également instruit dans les grandes profondeurs pour y avoir « bossé » durant toute une année.

Après ce énième essai, promis, je passais à autre chose : Ça me bouffe trop le nerf !

Je ne suis pas fait pour ça et j’ai passé l’âge de me faire emmerder par des choses que je ne maîtrise pas et qui s’imposent à moi…

Ma « révolte » personnelle (à « décortiquer », détricoter par mon biographe éventuel, que je plains bien au passage) !

 

Mon « Ultime récit ».

Et pour faire aussi kon que possible, eh bien le 20 juin, après une saison épuisante, j’ai mis en ligne « Paradoxes temporels » sur ce site-ci.

J’ai beaucoup hésité : Rien dans le texte d’origine ne fait mention de ces posts-là.

Je « trichais » avec « le futur ».

Notez qu’ils ont déjà été repris par « l’Ami-râle » sur son site exo-sciences (cité ci-avant) et que ça n’a pas changé la face du monde, à ce que je sache…

Peut-être que la plateforme Blogspot de « Gogol » n’existe plus dans le futur au moins autant que celle de Typepad ?

Que ne reste qu’Over-blog ?

Alors pourquoi pas moi ? Pourquoi ne rajouterai-je pas « ma patte » à quelque chose qui s’est si bien greffée sur mon blog-ancien à mon corps défendant ?

À cette occasion, j’ai vu défiler les « robots »… étonné(s) ! Au moins une demi-dizaine à chaque mise en ligne : J’ai remis ces « posts-pirates » à leur date de parution originelle et ça n’a pas arrêté de défiler durant plusieurs heures devant le compteur des « vues » (127 dès le premier jour pour 21 « chapitres » : Je ne postais pas les week-ends à cette époque-là).

Étonnant !

 

Mais avec une idée précise en tête : Ces posts-là laissent sur votre faim quand vous lisez jusqu’au bout.

Pas de « lieu/place » réservée depuis lors entre-temps.

Avec l’idée de compléter par des chapitres qui vont au-delà, 22, 23, etc.

Ceux-là qui n’existeront effectivement pas, jamais sur « over-blog » !

Et donc pas plus dans « le futur » si on donne du crédit à leur contenu…

Une sorte de défi lancé aux « Mains invisibles » qui nous viendraient potentiellement de… notre futur !

J’adore les « trucs-compliqués » et là, je pose une mine … à retardement…

Qui pourrait « compliquer » à souhait la situation, à moins, hypothèse beaucoup plus probable, que ça fasse finalement « pschitt ! »

Rien que l’idée, ça m’amuse déjà extraordinairement : On a les joies que l’on peut à mon âge avancé, figurez-vous !

 

Je vous remets dans le contexte : J’ai à peine un mois devant moi pour vous fournir une trentaine de posts qui vous raconte une histoire « qui n’existe pas ».

On part de mai 2016 et on balaye jusqu’à novembre de la même année. Souvenez-vous, il s’est passé plusieurs tremblements de Terre en ces quelques mois : Le « Brexit » certes, quelques attentats de plus, de plus et de trop, l’échec des primaires politiques du pays en vue des échéances de mai et juin 2017, l’élection du 4 novembre 2016 aux USA et la percée historique d’un « délirant-outsider » en la personne de « Mak-Rond ».

Une époque formidable, d’autant que cette histoire-là n’est pas terminée : Elle ne fait que commencer et vous allez le découvrir dans un épisode qui restera à écrire ultérieurement, pour mieux vous surprendre.

Mais là, je ne vous dévoile rien : L’actualité s’en chargera pour moi.

 

Sur ce, en ce qui me concerne, une fois de plus, « je dégage » vers des cieux lointains où je vais oublier tout ça.

Si Dieu le veut, je reviens en septembre prochain. Mais ce n’est pas si sûr que ça, loin de là !

Faut vous dire que j’en ai un peu marre de « durer autant ».

Et comme la mort, c’est aussi « culturel », « psychologique », il est possible que j’aspire à … être aspiré par les profondeurs de la « Grand-bleue » !

On verra.

 

En bref, en toute hypothèse, il s’agit bien d’un « Ultime récit ».

Un titre qui s’impose au moment où je trace ces lignes.

 

Bien à toutes et tous !

Et bonne continuation à vous !

 

I3

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-double-zero.html

 


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VIII)

 

Laudato si… (XV)

Quinzième chapitre : La folle équipée de Paul

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Le général Ali ne décolère pas ! « Ce chien d’américain » a abattu son grand-oncle pour voler son pays : il doit payer pour ses crimes.

Et le voilà qui énonce une série de tortures et de mises à mort, heureusement en arabe que Paul ne comprend pas, qui aurait fait frémir d’effroi n’importe quelle âme bien-née.

Et puis il s’en prend à son chauffeur, Paul.

« Chien de roumi, tu es son complice ! » fait-il en français à plusieurs reprises, en agitant son pistolet sous son nez.

« Je ne sais pas ce qui me retient de t’abattre toi aussi ! »

Eh oh : on se calme !

« Je ne suis pas armé et je ne suis pas américain ! Je ne le connais pas plus que ça, moi votre pote le ricain ! »

Ils leur faut rattraper le semi-remorque et ils s’engagent sur la route de Ryad, guidé par Ali qui connaît son pays, et tous ses chemins, comme le fond de sa poche.

 

« J’ai l’impression qu’on la perdu : je ne le vois plus son nuage de poussière depuis un moment ! »

Et à l’allure où ils vont, ils auraient dû, sinon le rattraper, au moins l’approcher.

Paul ralentit, ce qui a le don d’énerver son illustre passager.

« Demande donc à ce piéton s’il a vu un gros camion fonçant à très vive allure. »

Ali préférerait accélérer.

Mais c’est Paul qui est encore « aux manettes » et tient le guidon. Le premier n’a rien vu, que des véhicules militaires et quelques voitures. Le second non plus.

Au troisième, c’est une évidence, River n’est pas passé par là…

« Ce chien a pris au plus court vers le poste frontière de la côte ! القرف، بدوره حولها ». Ce qui veut approximativement dire, demi-tour en comprend Paul vus les grands gestes que fait son général avec son flingue…

Sportif la traversée du terre-plein central, mais il s’exécute.

Mais c’est qui donc, ce River ? D’où le général le connaît ?

« – Un agent de la CIA ou d’une autre agence états-unienne du renseignement. Avec une vraie carte de journaliste. Il a déjà fait plusieurs séjours chez nous et nous gardons des contacts à chacun de ses passages.

– Mais pourquoi tenait-il vraiment à ce qu’on se rencontre ?

– Il nous signale l’arrivée d’agents nouveaux de puissances étrangères, quand il en détecte, contre quelques ragots sans importance en provenance de la cour du roi. Je suppose qu’il en fait des rapports à ses chefs. Ou peut-être des articles… J’ai lu deux ou trois « papiers » de lui qui traitent des affaires de pétrole. Des interviews de travailleurs américains sur nos installations aussi.

Et vous, me direz-vous qui vous êtes, finalement ? Je n’ai pas eu le temps de vérifier les informations que vous m’avez fournies… »

Paul se tâte… Mais comme il n’est plus pour très longtemps au Koweït et qu’il compte désormais renter à San Francisco rapidement pour avoir vu l’essentiel, pourquoi ne pas établir un contrat de confiance avec son passager-navigateur ?

« – Mon général, dans une autre vie, je suis officier-pilote de réserve de l’aéronavale de mon pays.

– Quel grade ?

– Capitaine de frégate, frégaton, deux crans en-dessous d’un officier général, contre-amiral en l’occurrence !

– Tsss, ces occidentaux, décidément ! Amiral, c’est un terme d’origine arabe… Ça veut dire « prince des mers ». »

Paul connaissait ce détail depuis déjà fort longtemps…

« – Pour l’heure, je ne suis qu’un témoin passif de ce qui se passe aujourd’hui.

– Ah oui, votre fameux logiciel « hypothético-déductif »… Et alors, c’est conforme à vos prévisions ?

– On peut dire ça comme ça, mon général !

– Et qu’est-ce qui va se passer, alors ?

– Une réaction internationale qui finira par jeter Saddam et libérer votre pays. Mais c’est une histoire de dingue qui va changer pas mal de choses dans la géostratégie de la région.

– Tant mieux ! Ces chiens ne méritent pas mieux… »

 

Ils passent le poste frontière très encombré d’une foultitude de véhicules en tout genre qui fuit l’arrivée imminente des blindés irakiens.

Ali en profite pour questionner les quelques gardes-frontières sur le départ, sur la présence du semi-remorque sur la route.

« – Affirmatif ! Il est passé par là il y a moins d’une heure. S’il va jusqu’à Manama, on l’aura rattrapé dans quelques heures…

– Si on trouve de l’essence sur la route. On n’embarque pas quelques-uns de vos soldats, pour protéger notre chargement ?

– Je suis là pour ça ! » répond-il si sûr de lui.

Une station-service, ils en trouvent une sur le chemin. C’est qu’il y a 5 à 6 heures de route sous le soleil impressionnant, bordé d’un côté et de loin en loin, par la mer, de l’autre et sans discontinuer par le désert.

Au loin derrière eux, on peut apercevoir des volutes de fumée. Mais à peine plus que d’habitude, de celles que crachent les torchères des tours de cracking des raffineries d’or noir.

 

« – Tu es militaire, le français. Est-ce que je peux te confier une arme en toute confiance ?

– Tu sais, les armes… Je pilotais des chasseurs-bombardiers, type Super-étendard. On a juste une arme de poing dans l’équipement de survie, en cas d’éjection. Mais je ne me suis jamais éjecté : ce n’est pas bon pour la colonne vertébrale ! » en rigole-t-il.

« J’ai ta parole d’officier que tu mettras notre cargaison à l’abri, s’il m’arrive quelque chose ? »

Et que pourrait-il lui arriver ?

« On ne sait jamais… Et je ne fais pas totalement confiance dans ton logiciel, même si une fois réglée toute cette affaire, j’aimerai bien le voir tourner… »

S’il savait…

« – Parole d’officier : je n’ai aucun intérêt à taper dans la caisse et je ne le ferai pas. En revanche, j’aimerai bien qu’on se débarrasse de ton pognon le plus rapidement possible en filant sur Ryad.

– On a une ambassade sécurisée à Bahreïn. Et si le pont « Jisr al-Malik Fahd » est encore ouvert, on y sera avant la tombée de la nuit. Sans ça on poussera jusqu’à Doha, au Qatar. »

 

La « chaussée du roi Fahd » a été inaugurée le 26 novembre 1986 et franchit la partie occidentale du golfe de Bahreïn, une portion du golfe Persique.

Ce pont relie la province saoudienne d'Ach-Charqiya au sud de la ville de Khobar dans l'est du royaume, à la côte occidentale de l'île principale de Bahreïn, dans le gouvernorat septentrional, en passant par l'île bahreïnienne d'Umm an Nasan.

Il permet de relier, par exemple, Dhahran qu’Ali et Paul s’apprête à atteindre, au nord de Khobar, à Manama, la capitale de Bahreïn, villes distantes d'une cinquantaine de kilomètres, en un peu plus de 50 minutes.

Il mesure 25 kilomètres de longueur, est constituée de 12.570 mètres de digues, réparties sur sept tronçons, composées de 7.770.000 m3 de sable consolidé par 3.140.000 m3 d'enrochements.

Ces kilomètres de digues sont interrompus en cinq endroits par 12.430 mètres de ponts construits avec du béton armé, y compris les 536 piles, et par les 1.500 mètres de route.

L'équipement routier proprement dit est de type autoroutier, constituée par deux chaussées de 11,6 mètres de largeur, comptant chacune deux voies de circulation et une bande d'arrêt d'urgence.

La chaussée part de la ville d'Al-‘Aziziyyah, emprunte sur une distance d'environ 10 km, trois ponts de 934, 2.034 et 5.194 mètres de longueur interrompus par deux digues coudées, puis débouche sur une île artificielle.

Cette île de 0,66 km2 est située à l'aplomb de la frontière maritime entre les deux pays et elle accueille les postes de douane et des services, restaurants, mosquées, etc. sur une distance d'environ 2,5 km.

Du côté de Bahreïn la chaussée se prolonge sur environ 6,2 km avant d'arriver à Umm an Nasan. Elle emprunte alors un pont de 3.334 mètres de longueur.

À Umm an Nasan, la route traverse l'île sur 1.500 mètres à son extrémité nord et sur un dernier tronçon d'environ 2,8 km, la route franchit ensuite un nouveau pont de 934 mètres de longueur qui permet de gagner l'île de Bahreïn au niveau de la ville d'Al-Jasra.

Il aura fallu 5 ans de travaux et 1,2 milliard de dollars, entièrement financé par l'Arabie saoudite, pour relier l’île-pays à la péninsule arabique.

Mais ce jour-là, aucun des deux compères ne l’emprunteront.

 

Arrivés à Dhahran, Ali se fait confirmé qu’ils ont 20 minutes de retard sur William River. Et arrivés à Al-‘Aziziyyah, ils n’ont aucun mal à repérer leur cible qui fait halte sur le parking.

River avait peut-être pipi sous ce soleil de plomb qui a viré à l’ouest, dans leur dos…

Ali se précipite dans la station-service, arme au poing, suivi de plus loin par Paul, le temps de serrer le frein-à-main et de se tâter à couper le contact : avec un moteur déréglé qui refuse de redémarrer quand il est chaud, s’ils doivent repartir en urgence, ce n’est peut-être pas opportun avec leur chargement.

Ceci dit, il n’est pas long à comprendre que les choses tournent mal : une rafale d’arme automatique coupera en deux le général Ali qui ripostera de deux coups de feu réflexe qui vont se perdre dans les faux-plafonds.

« JW » sort en courant du local alors que des cris de femme l’accompagnent.

Et il file vers son tracteur.

Paul l’ajuste, puis se ravise : il y a peut-être des gens dans le prolongement de son éventuel tir en direction de River, qui pourraient morfler quelques balles perdues.

Il attend un peu, genou à terre, l’arme confiée par le général Ali tenue à deux mains, et suit la silhouette de William sans « t » qui galope vers son bahut.

Il ajuste les jambes.

Tire deux fois.

Pour rien : sa cible a sauté dans la cabine et lâche une rafale au jugé pour se couvrir, ce qui fait s’allonger instantanément Paul à Terre, en se protégeant la tête…

Truc parfaitement inutile.

Quand il entend démarrer le camion, il se relève et vise les pneus de la remorque.

Là encore, initiative parfaitement inutile.

Troisième décision inutile, il finit par courir vers le lieu de la fusillade, laissant courir le camion et son chauffeur, pour trouver Ali agonisant, gisant dans une mare de sang, étalés dans une salle en panique et désordre total, comme si une tornade l’avait dévastée : la panique et la fuite multidirectionnelle des autres témoins viennent en  surajouter au désordre.

« – Ah Gérard : tu es là ? File à Doha et va voir mon père à notre ambassade. Tu lui diras que je pense à lui et à maman.

– Attend, général, tu leur diras toi-même !

– Quel est ton vrai nom, Gérard ? »

Avant que Paul ne puisse répondre, Ali s’éteint, les yeux révulsés…

 

Des sirènes retentissent dehors. S’il ne veut pas perdre son temps indéfiniment en explications oiseuses, Paul aurait intérêt à déguerpir rapidement et se faire oublier.

Ce qu’il décide à faire. Pour une fois une décision pas totalement inutile…

Il y a encore quatre bonnes heures de route à faire et il arrive sans difficulté ni contrariété mais épuisé par sa journée riche en émotions à West Bay, Diplomatic Area où est posée l’ambassade de France.

En revanche, les explications à l’officier de permanence sont « un peu » compliquées.

Il faut comprendre : voilà un gars qui se pointe la tronche enfarinée, tout crotté et puant la transpiration, avec un pickup à bout de souffle, une carte de presse soi-disant perdue et un passeport trop neuf pour faire vrai, qui plus est, totalement affamé, dit arriver de Koweït-City désormais aux mains des armées irakiennes, avec un bout du trésor koweïtien en chargement et qui raconte qu’il veut voir l’ambassadeur du Koweït, ici à Doha, de toute urgence pour lui parler de son fils, un soi-disant général Ali.

On peut effectivement penser à un conte à dormir debout avec un ticket de logement en main !

Mais vérifications sommaires faites, il y a une vingtaine de cantines dans son véhicule, toutes pleines à craquer de billets de 100 dollars : une fortune que l’officier fait transférer immédiatement dans la « panique-room » de l’ambassade, la salle fortifiée en sous-sol où sont installées les équipements de sécurité et de communication avec Paris.

Ça vaut la peine de déranger le premier-adjoint de l’ambassadeur, qui fait « office de » pendant les vacances en métropole du diplomate titulaire de la fonction.

 

Celui-là, le général Ali, il a entendu en parler et il prend sur lui de communiquer avec le secrétaire de l’ambassade du Koweït, ici à Doha.

Ce dernier rappelle pendant que Paul se restaure sur le pouce : il a surtout soif et se désaltère de thé-noir brûlant !

Affreux… mais un excellent remède pour calmer la déshydratation.

Le temps de faire un rapide topo de la situation et Paul est convoyé sous bonne escorte dans un bâtiment voisin, fouillé et amené dans le bureau de l’ambassadeur, manifestement aux cent-coups compte tenu de la situation à moins de mille kilomètres de là, plus au nord, mais accompagné d’un sous-secrétaire de l’ambassade de France qui ne le quitte pas des yeux.

« – Vous arrivez de Koweït-city, Monsieur Gérard Dupont. Qu’elle y est la situation ?

– Catastrophique ! Il y a des chars irakiens partout et l’armée semble en déroute. Je suis arrivé avec le Général Ali. On poursuivait un camion volé par un journaliste américain du nom de William River. Il venait d’abattre cheikh Fahd al-Ahmad al-Sabah, son grand-oncle, paraît-il.

– Un de mes oncles, je confirme » intervient un petit bonhomme resté sur le côté.

« Votre excellence », poursuit Paul en se tournant vers lui, « nous avons rattrapé notre bonhomme à Al-‘Aziziyyah sur la route de Manama. Et votre fils s’est fait haché par une rafale d’arme automatique. »

Grand moment de solitude dans la pièce richement décorée « à l’orientale »…

« – Inch Allah ! Mon fils…

– Ses dernières pensées ont été pour vous et sa mère : il m’a demandé de vous porter le message que ses dernières pensées vous étaient destinées… à vous deux. »

Nouveau moment poignant d’émotion compacte.

« – Je n’ai rien pu faire pour lui, j’en suis désolé…

– Merci d’avoir fait tout ce chemin aussi vite. Il me faut informer sa mère. Puis-je quelque chose d’utile pour le messager que vous êtes ?

– Faites arrêter ce journaliste du Washington-Post. Il doit être arrivé à Manama avec son semi-remorque. Si j’ai bien compris la situation, vous devriez le trouver avec un conteneur de 40 pieds, vert-de-gris, rempli d’une partie du trésor royal de votre pays que cheikh Fahd al-Ahmad al-Sabah tentait d’évacuer.

C’est un voleur et un double-assassin ! »

 

« Johnnie Walker », l’alias de William sans « t », River n’est hélas pas à Manama : il n’y est jamais arrivé !

Il s’est arrêté sur l’île-frontière, dessinant vaguement un huit posé dans la mer et vu du ciel, entre les deux pays, a stoppé son attelage sur le parking situé en amont des contrôles douaniers saoudiens et est rentré au Costa Coffee se rafraîchir.

Probable qu’il aura du mal à passer la frontière sans quelques questionnements et sans titre de transport pour sa marchandise.

Alors que Paul aura bénéficié de la fatigue de fin de journée des douaniers pour passer le même écueil comme une lettre à la poste : de toutes les façons, un véhicule avec des plaques koweïtiennes, ils en avaient vu passer toute l’après-midi, de ceux de citoyens fuyant les combats dans la précipitation avec des chargements plus hétéroclites les uns que les autres…

Mais pour « JW », ce n’est pas un véhicule de particulier, mais tout un camion.

Il passe alors un coup de téléphone directement à Washington, à sa rédaction.

« Alors tu es où ? Qu’est-ce qui se passe au Koweït ? Comment as-tu pu sortir ? », etc.

« – J’ai un problème… Je suis coincé à la frontière entre l’Arabie Saoudite et Bahreïn avec un chargement de grande valeur qui va être confisqué à la douane, alors qu’il n’est pas à moi.

– De quoi s’agit-il et à qui est-il ?

– C’est une partie du trésor royal koweïtien. Je ne sais pas combien il y a, mais c’est sûrement important. Peut-être plusieurs milliards de dollars. Et au moins des centaines de millions en billets de banque ! »

Sifflement d’étonnement à l’autre bout du fil.

« – J’étais au palais royal au moment de l’assaut des irakiens, pour y faire des photos. Toujours sur la brèche pour ramener des clichés impressionnants pour la boutique ! J’y ai croisé cheikh Fahd al-Ahmad al-Sabah. Et on devait convoyer ce chargement jusqu’à leur ambassade à Ryad à travers le désert : ils ont bien voulu que je les accompagne.

Mais ça n’a pas été possible et le cheikh a été abattu par les irakiens. Alors j’ai pris la route de Manama.

– Bouge pas coco ! C’est de la bombe, ton affaire ! Tiens-toi près du téléphone d’où tu appelles. Je fais intervenir le boss et on te rappelle.

– Je suis au restauroute du coin. Faites vite, je meurs de fatigue. »

L’information est rapidement relayée jusqu’au Pentagone, qui redescend très vite jusqu’à l’ambassade de Manama, qui dépêche une équipe de sécurité détachée sur site.

Au milieu de la nuit, William est averti qu’on s’occupe de lui jusqu’au plus haut niveau.

Qu’il se tienne prêt à recevoir des « boys » en civil qui vont assurer sa protection et celle de sa cargaison jusqu’à l’arrivée de moyens d’évacuation.

Effectivement, une demi-heure plus tard, des concitoyens en civil l’air méfiant et « pas commode » frappent au carreau de son tracteur : des GI de l’ambassade.

Il n’a même pas eu le temps de compléter son « butin personnel », ni de vérifier son chargement : trop crevé pour penser intelligemment !

En revanche, les gars, eux, ils font les vérifications élémentaires et confirment par radio-cryptée la nature de la cargaison du conteneur.

 

Au milieu de matinée suivante, cinq hélicoptères Sikorsky MH-53 de la Navy survolent l’île frontière au nez et à la barbe des saoudiens et des bahreïni et viennent se poser tour à tour à proximité du camion qui est vidé en quelques instants par une équipe de marins alors qu’un cinquième continue à cercler : une véritable invasion aéroportée !

En moins de dix minutes, à peine le temps de réagir, le contenu du conteneur est ainsi chargé dans les carlingues et part au large : direction l’USS Independance qui circule déjà au large, à presqu’une heure de vol, escorté de loin en loin par des F 14 qui assurent une protection aérienne !

Pénible, mais efficace et désormais le chargement volé aux koweïtiens à la barbe des irakiens est en sécurité.

Personne n’aura pensé à soumettre à une fouille en règle la sacoche à appareils photographiques du journaliste, où il s’était délesté de deux téléobjectifs assez volumineux pour y verser le « chargement personnel » du frère du roi abattu : plusieurs litres de diamants étincelants, taillés de mille feux, de toutes les couleurs et de toutes tailles !

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xv.html


Chapitre précédent :

   Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

 

Dans le domaine du voyage temporel, les chapitres les plus intéressants du roman « Mains invisibles » sont :

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (1/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (2/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (3/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (4/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (5/5)

 

Voyage temporel et Service Action du futur (1/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (2/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (3/3)

 

Mains invisibles II : Haddock

 

Tandis que l’aventure temporel qui propulse le capitaine de frégate Paul de Bréveuil à Koweït-City au début de la guerre du Golfe est décrite dans les chapitres suivants du roman « Laudato si… » :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (I)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (II)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

  Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

   Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

 


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

 

Laudato si… (XIV)

Quatorzième chapitre : Le « heure par heure ».

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

À 3 heures GMT (six heures, heure locale), la dépêche de l'Agence France Presse fait le tour du monde : « Des forces irakiennes viennent de franchir la frontière et ont pénétré au Koweït. On en ignore encore le nombre ».

À 5 heures, l'émir du Koweït évacue son palais de Koweït-City et se réfugie à l'ambassade des USA. De là, un hélicoptère de l'armée américaine l'emmène à Riyad, en Arabie Saoudite.

À 6 heures, le roi Hussein de Jordanie appelle Saddam Hussein au téléphone : il se rendra à Bagdad pour essayer de trouver une solution à la crise.

À 7 heures, lors de l'assaut du palais de l'émir, le plus jeune frère de ce dernier est tué. Le cheikh Fahd était connu du public, plus particulièrement des Français, pour avoir provoqué l'interruption du match France-Koweït (4 buts à 1) et contesté une décision de l'arbitre, lors de la Coupe du Monde de Football en Espagne en 1982.

À 10 heures, le Conseil de sécurité des Nations-Unies, réuni d'urgence à la demande des USA et du Koweït, vote la résolution 660 qui demande le retrait des troupes irakiennes du Koweït et le rétablissement du statu quo.

Seul le Yémen a refusé de voter la résolution. Mais pour une fois, la Chine, l'URSS et Cuba se sont rangés du côté des Américains...

À 11 heures, la Syrie met ses troupes en état d'alerte.

À 12 heures, la radio nationale koweïtienne annonce le renversement de l'émir du Koweït. L'agence de presse officielle irakienne INA annonce la fermeture des frontières de l'émirat et la proclamation d'un couvre-feu.

À 13 heures, le gouvernement irakien annonce avoir pris le contrôle du Koweït. Mais de nombreux combats éclatent autour des différents ministères de Koweït-City.

À 14 heures, le roi Hussein arrive en Égypte pour y rencontrer le président Moubarak.

À 15 heures, un discours appelant à la résistance anti-irakienne est capté sur les fréquences de la radio koweïtienne. Le prince héritier Saad appelle à « résister à l'agression ».

À 17 heures, les autorités américaines annoncent l'arrêt de toute transaction avec l'Irak.

À 19 heures, commence la réunion des ministres des États membres de la Ligue arabe, à la demande expresse de la Syrie. La délégation irakienne y est vivement critiquée.

À 20 heures, le roi Hussein de Jordanie rencontre Saddam Hussein pour essayer de désamorcer la crise.

À 21 heures, l'état-major américain met en alerte certaines unités, en particulier celles de l'armée de l'air.

 

Réactions internationales de la journée : Eliahou ben Elissar, président de la commission parlementaire pour les Affaires étrangères et la Défense, menace Saddam Hussein : « Israël n'est pas le Koweït ». Le Premier ministre, Yitzhak Shamir, constitue un cabinet de crise composé des Ministres de la Défense, des Affaires étrangères, le chef d'état-major et le responsable du renseignement militaire. Lors de la réunion extraordinaire de la Knesset, un député compare l'agression irakienne à l'Anschluss de l'Autriche par Adolf Hitler...

Les autorités marocaines condamnent « l'occupation militaire du pays frère ».

Le gouvernement japonais demande le retrait des troupes de Bagdad, en qualifiant « d'extrêmement regrettable » l'invasion de l'Émirat.

Paris annonce le gel des avoirs irakiens et koweïtiens sur l'ensemble de son territoire. Selon une estimation du Ministère des Finances, ces avoirs portent sur 10 milliards de francs. Cette décision vise à empêcher que les troupes irakiennes ne s'emparent du patrimoine des ressortissants koweïtiens. 

La CEE « condamne fermement » l'invasion et estime qu'elle constitue une « menace dangereuse vis-à-vis de la paix et de la stabilité de la région ».

L'Algérie réclame le « retrait immédiat » des forces irakiennes après leur « invasion inadmissible ».

Les autorités de Pékin se disent « extrêmement préoccupées » par l'invasion du Koweït et considèrent qu'il ne doit pas y avoir de « conflit d'intérêt entre pays en voie de développement ».

 

L'OTAN déclare qu'elle « condamne énergiquement l'agression militaire commise par l'Irak » et engage instamment Bagdad à « régler ses différends par des moyens pacifiques ».

L'URSS appelle au « retrait immédiat » des forces irakiennes du Koweït et à la « restitution de la souveraineté ».

L'Iran annonce qu'elle condamne « fermement » l'invasion du Koweït par l'Irak qui est de plus en plus isolée.

Washington « condamne fermement » l'invasion, annonce le gel des avoirs irakiens et koweïtiens sur son territoire, et décide d'arrêter toute transaction commerciale avec l'Irak.

Les USA expriment le souhait que leurs alliés de l'OTAN fassent de même.

Pour le président George Bush, « il n'y a pas de place, dans le monde d'aujourd'hui, pour ce genre d'agression caractérisée ».

Interrogé sur l'éventualité d'une action militaire américaine, il a répondu ne pas l'envisager, mais que, si c'était le cas, il n'hésiterait pas...

D'ailleurs, au même moment, le porte-avions Independence fait route pour le Golfe... 

 

Sur tous les marchés, pétroliers, changes et actions, les volumes de transaction atteignent des niveaux impressionnants.

À New York, le 1er août au soir, une rumeur d'invasion avait déclenché une petite panique. Le lendemain matin, l'information s'étant confirmée, le prix du brut flambait.

À Londres, le cours du Brent, le pétrole de référence de la mer du Nord, atteint son plus haut niveau depuis quatre ans et demi : 23,5 $ contre 20,45 $ la veille au soir. Le pétrole, l'or et le dollar sont en hausse.

À Paris, la séance s'achève sur un recul de 2,12 % alors que l'indice CAC 40 baisse de 3 % durant l'après-midi.

 

La radio française diffuse dans l'après-midi l'interview d'une habitante de Koweït-City qui commente l'arrivée des soldats irakiens. La Koweïtienne explique que « les chars sont partout (...), ils sont dans tous les quartiers résidentiels (...). Tous les 3 m, vous trouvez un char ».

« Il n'y a plus de résistance koweïtienne », ajoute-t-elle. « Ils ont tout détruit ».

Tous les bâtiments importants, ministères, banque centrale, raffineries..., seraient occupés.

Interrogée sur la diffusion d'appels à la résistance par les ondes koweïtiennes, la jeune femme répond que les Koweïtiens préfèrent écouter la BBC ou RFI pour s'informer.

Une chose paraît sûre : les Irakiens, très calmes, sont là pour longtemps. « Les soldats occupent tous les grands hôtels, comme le Sheraton. Ils vivent la vie de stars. Au Sheraton, ils ont cassé toutes les vitres, ils n'ont pas voulu entrer par les portes... »

 

Le vol Tokyo-Bangkok-Bagdad-Paris d'Iraqi Airways, avec 200 japonais et 7 français à son bord, atterrit sur l'aéroport de Bagdad où l'armée de Saddam Hussein a pris position.

Aussitôt après leur descente d'avion, les passagers sont emmenés de force dans un hôtel de la banlieue de Bagdad.

Quelques instants plus tôt, le vol 149 Londres-Kuala Lumpur de British Airways fait escale à Koweït-City. Lors de l'approche de l'aéroport et de l'amorce de la descente, le commandant de bord reçoit un message de la tour de contrôle lui informant que des pirates se sont emparés de l'aéroport et ont envahi les pistes.

Mais il est trop tard pour agir et le Boeing 747 se pose. Il est aussitôt encerclé par les troupes irakiennes qui forcent les 295 passagers et membres d'équipage, pour la plupart occidentaux, à descendre.

Ils sont emmenés de force dans un hôtel de la capitale koweïtienne.

British Airways et Kuwait Airways ont rapidement annulé tous leurs vols au départ de Londres à destination du Koweït.

 

Le vendredi 3 août est marqué par un élan de solidarité internationale qui commence à se mettre en place. De nouvelles réactions sont intervenues depuis l'invasion, notamment la condamnation prononcée par Cuba, demandant que la souveraineté du Koweït soit rétablie « de toute urgence ».

Le Venezuela, pays producteur de pétrole, a annoncé qu’il envisageait de se retirer de l’OPEP si ce cartel pétrolier tombait sous contrôle irakien. Caracas pourrait ainsi, sans entraves, augmenter sa production et fixer lui-même ses prix.

Le Conseil ministériel de la Ligue Arabe condamne l'agression des troupes irakiennes par 14 voix pour et 4 contre (OLP, Jordanie, Yémen, Soudan).

La Libye et l'Irak étaient absentes des discussions. 

 

Les chefs de la diplomatie américaine et soviétique, James Baker et Edouard Chevardnadze, appellent tous les pays à suspendre les livraisons d'armes à l'Irak.

Le gel des avoirs koweitiens est décidé dans de nombreux pays afin qu’ils ne tombent pas entre des mains irakiennes. Cette décision est prise par les USA, la Grande-Bretagne, la France, la RFA, le Japon, l’Italie et la Belgique. Mais pas l’Espagne.

En réaction, Bagdad décide de suspendre le paiement de sa dette à l’égard des USA.

 

Les forces irakiennes poursuivent leur avancée dans l'émirat dévasté, en direction du port pétrolier d'al-Ahmadi, au sud de la capitale. Les nombreux bombardements provoquent de violents incendies.

L’armée irakienne a multiplié l’envoi de renforts, en chars et transports de troupes, dans cette région où, selon des témoins en début d’après-midi, la résistance koweitienne faiblissait.

Les combats se sont rapprochés de la grande raffinerie de Mina Abdallah.

 

Des ressortissants étrangers travaillant dans l’émirat, seul est préoccupant le sort d’Américains, techniciens du pétrole, qui auraient été arrêtés par les Irakiens : 3 selon l’ambassade, 9 selon Washington.

Georges Bush a évoqué, à ce sujet, une possible « dramatisation » de la crise.

Il rencontrait Margaret Thatcher à Aspen dans le Colorado. Tous deux ont donné jeudi soir une conférence de presse au cours de laquelle ils ont insisté sur l’éventualité d’une « action supplémentaire » que pourrait engager l’ONU, dont le Conseil de sécurité avait, le matin même, condamné l’agression. Le premier ministre britannique a invoqué le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, relatif aux initiatives militaires de l’organisation.

Côté américain, on affirmait « qu’une action militaire n’était pas écartée mais (que l’on) ne la privilégiait pas non plus ».

George Bush a indiqué, personnellement : « Nous n’excluons aucune option ».

À l’instar de Washington, dont le porte-avions Independance cingle vers le Golfe pour y renforcer la présence de l’US Navy, Paris aura un aviso de plus dans la région, a indiqué vendredi à la radio française RTL le ministre français de l’Économie Pierre Bérégovoy.

 

Le mystère demeure sur le « gouvernement provisoire du Koweït libre » installé par Saddam Hussein, après la déposition de l’émir Jaber, la saisie de ses biens et de ceux de sa famille, la dissolution des corps constitués.

Une radio émettant en son nom se partageait encore les ondes avec la radio de l’État koweitien, repliée dans un pays voisin et appelant à la résistance.

Si les combats continuent, un nouvel ordre s’installe, et le bilan de la guerre éclair est connu : de 100 à 200 morts, dont celle du frère de l’émir, tué en défendant le palais, jeudi matin.

Les 7 quotidiens du pays ne paraissent pas ce jour, l’agence officielle KUNA, rapidement tombée aux mains de l’ennemi, n’a publié aucune information.

Les communications téléphoniques avec les pays voisins sont devenues de plus en plus difficiles.

Paradoxalement, alors que l'invasion du Koweït fait la une des médias du monde entier, les Koweïtiens semblent être les moins bien informés sur la situation de leur propre pays...

 

Les agences de presse internationales annoncent dans la nuit que Bagdad aurait préparé un plan pour « amorcer le début du retrait des troupes irakiennes du Koweït dimanche, à moins que n’existe une menace pour la sécurité de l’émirat et de l’Irak ».

Selon les agences Reuter et AFP, « un plan a été tracé » pour cette évacuation qui débuterait dès dimanche.

Le porte-parole du gouvernement irakien soulignait : « Ce retrait ne signifie pas que nous répondions aux appels de rhétorique entendus ici et là. Nous le faisons », a-t-il poursuivi, « en accord avec nos principes. »

 

Sur les 600 ressortissants français résidant au Koweït et enregistrés auprès de l'ambassade de France de Koweït-City, près de 250 seraient pour l'heure pris en otages.

Les autres, dont l'ambassadeur de France lui-même, étaient partis en vacances hors du pays.

Richard Boucher, porte-parole du département d’État, a annoncé que 14 Américains qui travaillaient dans les champs pétroliers au Koweït, près de la frontière irakienne, sont « portés disparus » et « nous pensons qu’ils sont sous le contrôle des Irakiens », a-t-il ajouté.

Désormais, le sort incertain de tous les otages provoque l'inquiétude de l'Occident.

 

Les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, Qatar, Émirats Arabes Unis, dont le Koweït, également membre, était censé attendre assistance et protection) sont sortis de leur silence embarrassé.

Le conseil a condamné dans un communiqué publié au Caire « la sauvage agression irakienne contre le Koweït » et réclame le retrait inconditionnel des troupes irakiennes sur les positions qu’elles occupaient avant le 1er août.

À peu près au même moment, la Ligue arabe adoptait également une résolution condamnant « l’agression irakienne ».

Le texte, qui demande aussi le retrait des troupes et la convocation d’un sommet arabe extraordinaire n’a cependant été voté que par 13 pays sur 21.

L’Irak, concerné, n’avait pas le droit de prendre part au vote. 4 pays ont voté contre (Jordanie, Palestine, Soudan et Yémen). La Mauritanie s’est abstenue. La Libye et Djibouti n’ont pas pris part au vote.

Un vote qui confirme la profonde division dans laquelle l’intervention irakienne a plongé le monde arabe.

Les USA informent leurs alliés de l'OTAN qu'ils envisagent « une large gamme d'éventualités » pour le cas où l'Irak étendrait ses incursions au-delà du Koweït.

En France, le prix de l'essence fait un bond exceptionnel. « Le litre de super m'a été livré à 21 centimes (0,03 €) de plus que la veille » explique un pompiste de Toulouse.

Chez certains de ses confrères, la hausse est de 34 centimes (0,06 €).

 

Samedi 4 août : un nouveau gouvernement, dit « provisoire », voit le jour à Koweït-City. Il est composé de 9 militaires totalement inconnus sur la scène internationale. Le chef de ce gouvernement serait un certain colonel Ali Hussein Ali, de l'armée koweïtienne, tout comme ses 8 « conseillers ». Selon l'ambassadeur du Koweït à Tunis, qui va dans le même sens que certaines sources israéliennes, le colonel Ali serait en fait le propre gendre de Saddam Hussein...

Ce premier ministre aurait un temps été attaché militaire à l’ambassade d’Irak en Libye. Quant aux autres membres du gouvernement, il pourrait s’agir de Koweïtiens d’origine irakienne : il y a au Koweït au moins 20.000 irakiens, dont beaucoup sont dans le pays depuis deux générations, devenus citoyens de 2ème catégorie, c’est-à-dire sans droit de vote, réservé aux seuls Koweitiens « de souche ». Un bon nombre de ces irako-koweitiens occupent des petits grades dans l’armée et dans la police.

George Bush a aussitôt qualifié cette formation gouvernementale comme « totalement fantoche » et affirmé que les USA et leurs alliés n'accepteront jamais ce genre de régime.

 

Par ailleurs, un certain nombre de soldats irakiens sont signalés dans une « zone neutre », séparant le Koweït de l'Arabie Saoudite. L'armée saoudienne est aussitôt mise en état d'alerte. Le correspondant de l’Agence France-Presse a constaté ce renforcement des forces armées irakiennes sur la route menant à la frontière saoudienne. « Des blindés et des batteries de canons en grand nombre se trouvent sur la route côtière reliant la capitale au sud du pays », écrit-il.

Camille et Alex  sont toujours à la manœuvre. Pas froid aux yeux,  les gamines…

« Des transports de troupes y sont arrêtés. Les nœuds routiers et les entrées des installations pétrolières de Shouaïba et Al-Ahmadi sont étroitement contrôlés. Un poste avancé a été installé à l’intérieur de la zone neutre, dans la région de Ras Ezzour, à 7 km seulement d’un poste frontalier avec l’Arabie Saoudite. Partout, le calme règne. Aucun tir ne se fait entendre. »

 

Réunis dans la résidence d'été du Président américain à Camp David, Dick Cheney et les experts en matière de sécurité nationale s'entretiennent longuement avec George Bush. Suite à la présence de l'armée irakienne dans une zone neutre, à moins d'un kilomètre de l'Arabie, les conseillers présentent au président américain différents plans. À la fin de la réunion, le principe d'une action militaire est acquis. Mais l'armée irakienne étant la 4ème armée du monde, l'état-major convainc le président de lancer une opération qui, pour être efficace, doit être de très grande envergure.

 

La CEE prend la décision, à l'unanimité, d'imposer un double embargo à l'Irak, sur les importations de pétroles irakien et koweïtien, mais aussi sur les ventes d'armes et d'équipements militaires à destination de Bagdad. L'Irak dépend de la Communauté pour environ 20 % de ses exportations. Cet embargo va avoir pour effet de priver les Douze d'environ 12 % de leur approvisionnement en brut. Durant le 1er trimestre 1990, la CEE a tout de même importé 7 milliards de tonnes de pétrole d'Irak, son 6ème fournisseur, et 4 milliards de tonnes du Koweït...

 

Les occupants de l'hôtel français Le Méridien de Koweït-City sont pris en otages. Parmi les Français qui seraient toujours au palace figurent le chef de cuisine de l'hôtel, le directeur du restaurant, le sous-chef de cuisine, et 13 membres d'équipage de la compagnie Air-France. Le chef pâtissier de l'hôtel a été pris par les soldats irakiens dans une rafle. Il aurait été emmené à Bagdad avec les 27 Français pris en otages dès l'invasion.

Le directeur de l'établissement Woods Keaton, un Américain, s'est, lui, réfugié à l'ambassade des USA de Koweït-City. La direction des Hôtels Méridien, située à Paris, a perdu tout contact avec ses employés : une seule fois, après le début des événements, elle a pu obtenir des renseignements par l'ambassade de France.

 

Avant l'invasion irakienne, les Squadrons 9 et 25 de l'armée de l'air koweïtienne étaient basés à Ahmad al Jabeir, dans le sud du Koweït. Après que leur aérodrome a été bombardé par l'aviation irakienne, les pilotes koweïtiens ont opéré depuis un tronçon d'autoroute, avant de regagner aujourd'hui l'Arabie Saoudite, pour fuir le rouleau compresseur irakien. La flotte koweïtienne ne compte plus que 19 A-4KU Skyhawk.

 

Près de 140.000 volontaires manifestent leur volonté d'adhérer à l'armée populaire  qui appuiera le « nouveau régime » au Koweït.

Les autorités iraniennes proposent à la Grande-Bretagne de reprendre leurs relations diplomatiques, interrompues un an plus tôt après l'affaire Salman Rushdie.

La Jordanie refuse de reconnaître le gouvernement provisoire du Koweït mis en place par Bagdad.

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xiv.html


Chapitre précédent :

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

 

Dans le domaine du voyage temporel, les chapitres les plus intéressants du roman « Mains invisibles » sont :

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (1/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (2/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (3/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (4/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (5/5)

 

Voyage temporel et Service Action du futur (1/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (2/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (3/3)

 

Mains invisibles II : Haddock

 

Tandis que l’aventure temporel qui propulse le capitaine de frégate Paul de Bréveuil à Koweït-City au début de la guerre du Golfe est décrite dans les chapitres suivants du roman « Laudato si… » :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (I)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (II)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

  Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

  Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VIII)


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

 

Laudato si… (XIII)

Treizième chapitre : La guerre.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

« – Et que croyez-vous, Monsieur Dupont ? Que nous ignorons tout ça ? Mais tout le monde est au courant, même les passants dans les rues et les personnes installées ici, dans ce restaurant !

Et que voyez-vous au juste ?

Des conversations qui roulent autour de ces sujets, peut-être, mais pas la moindre inquiétude dans les regards ni dans les propos. Aucune panique et personne n’est parti en exil. Vous ne pensez pas qu’il y a une bonne raison pour ça ?

– Laquelle que j’ignore ?

– Mais tout simplement que tout ça, c’est du bluff, un énorme bluff pour faire céder notre gouvernement et derrière, les autres pétromonarchies.

Et la diplomatie occidentale s’y laisse prendre. Mais nous, on est né ici et on ne se laisse pas prendre par le fantoche clownesque de Bagdad.

Je vais même vous dire : si demain les troupes massées à nos frontières les traversent, elles seront noyées sous un déluge de napalm ! Il nous suffit d’ouvrir les vannes et d’y mettre le feu… »

S’il savait que son pétrole brûlera effectivement, mais plus tard…

« – Qu’espérez-vous, vous et votre gouvernement, en venant me raconter cette histoire à dormir debout de « service qui n’existe pas » et qui lit l’avenir dans les boules de cristal ? Non mais vous vous rendez compte comme ça touche au plus haut du ridicule, Monsieur Dupont ?

– Oh, moi je m’en contrefous. Je suis juste venu sur place pour constater ou non la pertinence de nos logiciels, c’est tout.

Le reste, ce n’est pas mon problème. »

D’ailleurs, s’il est venu pour constater les « turpitudes » du moment et le vrai passé de William sans « t » à l’invitation de « George » son chauffeur MIB de San Francisco, il ne voit pas du tout ce qu’il a à découvrir de plus et dont il pourrait ou devrait témoigner de retour à son époque à lui, en 2015…

Tout cela est si stupide, incroyable même, et pourtant, c’est bien réel, « incarné », du vécu…

« – Je sais bien que je ne vous convaincrai pas. De toute façon, personne ne sera convaincu avant ce jeudi.

– Bon et alors, pourquoi tout ce cirque ? Moi, j’étais venu faire la connaissance d’un nouveau « honorable correspondant », qui plus est issu d’un pays que j’aime bien, qui sait vivre magnifiquement, où les femmes sont belles et vivent quasiment nues, pas pour entendre des sornettes éculées !

– Excusez-moi si je vous froisse dans votre patriotisme ou votre honneur, mon Général. Mais le 2 août au matin, après-demain, je serai dans les rues de votre ville, sans doute du côté du palais princier.

Rappelez-vous, nos … modélisations annoncent une offensive par la route, effectivement, mais doublée d’une attaque en profondeur de l’aviation et l’arrivée de troupes en ville.

D’autres sont déjà en place, en civil.

– Ça, on sait déjà, vous ne m’apprenez rien : mes effectifs en ont déjà repérés. Ils seront tous neutralisés dès les premiers comportements suspects, comme n’importe quel espion.

Dont vous êtes aussi, si je ne m’abuse. Et chez nous, les espions malfaisants sont soit abattus sans sommation, soit décapités en place publique, au choix.

Alors, si j’étais vous, je ne trainerai pas trop du côté des bâtiments officiels de mon gouvernement ou des résidences de ma famille. Ceci dit, votre … roman est certes splendide, mais du coup, les devoirs de ma charge m’appellent et je suis contraint de vous quitter. »

Et l’homme se lève, énervé d’en avoir autant entendu, salue d’un « salam aleykoum » sonore, réajuste sa djellaba et sa coiffe et quitte la salle d’un pas vif et excédé, escorté de ses deux gardes du corps.

 

« – Non mais, Gérard, qu’est-ce qui t’a pris ? Pourquoi lui raconter tout cela ? T’es marron, maintenant, il ne va pas tarder à t’arrêter et t’expulser du pays. T’étais en mission officielle ou quoi ?

– Même pas. Mais je me demande maintenant si cette conversation ne faisait pas partie des plans machiavéliques de mes autorités…

– Quoi ? C’est qui tes « autorités ».

– Des « mains invisibles ».

– Mais tu es un gros délirant toi, l’ami. Si tu avais bu une goutte d’alcool, encore, j’aurai compris, mais là… Même pas un joint.

D’où tu tiens tous ces renseignements ?

– Je sais, c’est tout. La « machine » ne se trompe pas à ce point-là.

– Et c’est quoi ces plans machiavéliques ?

– … Que tu sois là à écouter !

– Mais je m’en fiche, moi ! Je veux la paix, c’est tout. Et je ne vois pas comment je peux l’obtenir si tout ce que tu dis est vrai.

Qu’est-ce qui va se passer ?

– À toi, je peux te le dire, parce que ça va te faire cogiter un peu : jeudi prochain, vers à 4 h 30 du matin, les forces spéciales irakiennes vêtues en civils et des troupes commandos se lancent à l’attaque du palais Dasman à Koweït-City, situé dans le parc du « bloc 2 » au cœur de la partie nord de la ville. La résidence de l'émir du Koweït.

Moins d'une heure plus tard, l'émir sera évacué vers l’ambassade des USA voisine, puis de là en Arabie Saoudite en hélicoptère. La garde nationale koweïtienne et la police locale parviendront à reprendre le contrôle de l'extérieur et de l'intérieur du bâtiment.

Mais vers 5 h 00, l'armée irakienne lance à nouveau une attaque contre le palais, soutenue par des blindés qui déboulent de la frontière. Les combats feront rage pendant plus d’une heure et une douzaine de Koweïtiens seront tués. La garde républicaine irakienne n’atteindra par ailleurs la capitale koweïtienne que vers minuit vendredi 3 août pour sécuriser totalement tous les environs.

Le palais est alors occupé et pillé par les Irakiens. Les autorités irakiennes affirmeront que 50 koweïtiens ont été tués dans les échanges de tirs tandis qu'un soldat irakien a compté les corps de 25 koweïtiens gisant devant le palais.

Il s'agira d’ailleurs de l'une des quelques rares résistances koweïtiennes à l'invasion irakienne car le 4 août, tout le Koweït est occupé par les Irakiens.

Ceci dit, le frère de l’Émir y laissera sa peau à tenter d’évacuer le trésor de la famille dans l’intervalle entre la première attaque et l’arrivée des chars.

Il y a bien 48 milliards de billets qui vont disparaître, et moi je suis là pour savoir où ils vont.

– Holy shit ! Duffer ! 48 milliards ? Et il y en a combien qui tombent du camion ?

– On ne sait pas trop : autour de 40.

– Tu parles d’un hold-up ! Je comprends mieux où tu voulais en venir.

Mais encore faut-il que Saddam soit décidé à envahir le pays. Ce qui est moins sûr d’après ce qu’en dit le général Ali. »

Oui mais pourtant.

 

Effectivement, ces informations venues du futur font cogiter William River. 48 milliards, s’il pouvait en détourner ne serait-ce que quelques millions, voire un seul, son avenir serait largement dégagé pour plusieurs décennies.

En attendant, il décide que lui aussi il sera sur place au moment voulu, même s’il ne se passe rien et que le français ait complètement déraillé. Ce n’est pas bien grave : s’il est un peu fatigué à se lever tôt ce jour-là, il fera la sieste plus tard dans la journée.

En revanche, s’il est capable de ramener quelques clichés à son journal, c’est la méga-promotion assurée et peut-être même un prix de presse.

Le Pulitzer, par exemple ?

Pourquoi pas…

 

Paul rentre à son hôtel, très dubitatif. Si cette rencontre « idiote » n’avait pas eu lieu, William River n’aurait pas eu le temps de cogiter de son côté et ça n’aurait de toute façon rien changé ni aux préparatifs et plans des irakiens, ni à l’attitude des autorités koweïtiennes.

Et Paul n’aurait pas été alpagué à San Francisco en septembre 2015 par « JW ». Il n’aurait pas eu à croiser, « George », son MIB et ne serait pas là à faire le guignol au Koweït au milieu de l’été 1990 par des températures infernales.

Donc … Donc, s’il en est là, c’est que cette rencontre était capitale. À moins que l’événement important se situe dans un avenir proche ou immédiat. Mais lequel ?

Puisque de toute façon, on ne change rien au cours de choses à venir et que l’on sait pertinemment le déroulé historique des journées qui vont suivre.

C’est là qu’il ne comprend plus…

Puis il s’effondre dans les bras de Morphée qui le torture de cauchemars incompréhensibles dont il ne se rappelle presque rien à son réveil.

Le lendemain, il fait un passage dans les locaux de l’AFP, poursuivi de loin en loin par des hommes en uniforme, dès le début de l’après-midi qu’il passera à l’hôtel à faire la sieste.

Il a à préparer sa virée nocturne : Camille, le pickup, de l’essence, quelques provisions, de l’eau et son paquetage, appareils photos, ses dollars et papiers. Et ses titres au porteur.

Il paye son hôtel, va dîner dans un centre commercial en bordure du port. Et se dirige à pieds vers les locaux rejoindre Camille qui arrive en retard et du coup Alex se porte volontaire pour piloter Paul.

Ce qui devrait être une aubaine : Paul ne compte absolument pas être violé par l’une ou l’autre, et un « schéma » à trois reste probablement une bonne assurance contre ce risque !

Sauf à se retrouver à devoir faire un « trio d’enfer » sur bord de route passante avec deux filles qui risqueraient la bastonnade pour déviance sexuelle et assimilable à un adultère en ce pays de cinglés et ne correspondant absolument pas à ses « canons-habituels » : aucune appétence !

Sauf pour les yeux fantastiques, couleur « menthe-à-l’eau », d’Alex…

 

Le pickup fait une frayeur en refusant de démarrer, à chaud. Le moteur doit avoir été déréglé, mais finalement, à la tombée de la nuit et le moteur un peu refroidi, il veut bien fonctionner proprement.

Deux petites-heures de route à petite allure, longeant des installations éparpillées dans le désert, de loin en loin, ponctuées de quelques échanges entre les trois comparses.

Ils vont comme ça jusqu’au poste frontière endormi mais noyé sous la lumière.

Il s’agit de ne pas rester trop près et de remettre le véhicule dans le sens du retour, pour ne pas perdre de temps…

« – Tu sais quoi, j’ai amené des capotes !

– Tiens moi aussi, » répond Camille dans le noir…

Voilà autre chose en pense Paul…

… Aparté n° 1…

 

Vers 4 h 30 du matin, heure locale (01 h 30 GMT), avant l’aube qui va pointer, une escouade d’une trentaine de commandos irakiens lourdement équipés débarque à la faveur de la nuit d’un cargo à quai depuis le début de la soirée. Ils sont embarqués par des civils dans des Toyota et filent devant le palais Dasman, la résidence royale.

Tous les occupants sont alors réveillés par des rafales de tirs qui viennent de la rue et des jardins : c’est la panique, mais la garde et la police, arrivée en renfort, repousse une première attaque, puis une seconde.

Le général Ali se rappelle de l’avertissement de « Gérard » : il s’agit de convaincre son grand-oncle d’évacuer en voiture blindée et de mettre les membres proches de l’émir à l’abri dans l’ambassade US, sise à quelques pâtés de maison de là.

D’autant que 30 minutes plus tard, le poste frontière signale l’arrivée des blindés !

Là, c’est grave… L’émir est dans une rage folle : il faut envoyer la 35ème brigade blindée pour barrer le passage et faire décoller la chasse !

 

Les sirènes résonnent dans la ville : hier, toute la journée, des rumeurs les plus folles avaient circulé à l’annonce de l’échec de la dernière tentative de conciliation diplomatique.

Et puis commencer à songer à l’évacuation du trésor royal…

Moins d'une heure plus tard, l'émir sera évacué vers l’ambassade des USA voisine en voiture blindée, après que le parcours ait pu être sécurisé tant bien que mal dans la nuit qui meurt.

C’est un peu la panique des grands jours historiques.

Le général Ali croise l’américain déjà sur place : « Il est où le français ? »

Pas vu.

« Il faut qu’on trouve des camions, des gros ! »

William n’en croit pas ses oreilles… Trouver des camions ?

Et pourquoi faire ?

Le trésor évacue, comme prévu par Gérard : incroyable !

Des camions, il y en a sur les chantiers voisins.

Ils partent tous les deux en chasse de semi-remorques situés sur le port.

 

Pendant que Paul est pied au plancher sur l’autoroute du retour vers le téléscripteur de l’AFP.

Cette saloperie de pickup, pourtant bien froid, aura refusé de démarrer alors que les chars irakiens avançaient déjà à vive allure : le pickup aurait besoin d’une bonne révision !

Scène ubuesque, Alex est au volant pendant que Camile et Paul pousse l’engin. Ils se font même dépasser par les chars de tête de la colonne dans leur manœuvre avant que leur véhicule ne daigne démarrer, seconde engagée, embrayage-sec alors qu’ils courent déjà à quelques kilomètres/heure : une manœuvre impossible avec une boîte automatique !

Paul reprend le volant et ils doublent les blindés.

 

À cette allure, une demi-heure plus tard, ils croisent à Al Jahra les chars Chieftain de la 35èmebrigade blindée koweïtienne qui se mettent déjà en position, pour en avoir reçu l’ordre vers 04 h 30.  Finalement, peut-être que si Paul n’avait pas eu sa conversation avec le général Ali, ceux-là n’auraient pas réagi si promptement.

À 05 h 00 du matin, le bataillon koweïtien est renforcé d’une compagnie de BMP-2 et d’une batterie d'artillerie de 155 mm, principalement composés de « bidounes » et prennent en embuscade vers 05 h 30, heure locale, la colonne irakiennes des 350 chars la division blindée Hammourabi de la garde républicaine irakienne, qu’ils ralentiront dans sa progression jusqu’à épuisement des munitions.

Car les Koweïtiens battront en retraite en Arabie saoudite, faute justement de munitions et de logistique.

Ce sera la « bataille des ponts », également connue sous le nom de bataille de « Jal Atraf ».

Le dernier des quelques chars Chieftain déployés continue de se battre jusque dans l'après-midi du 4 août dans les faubourgs de Koweït-city, pendant que l’aviation, totalement prise au dépourvu, sans plan de bataille, sans information, sans ordre d’officiers supérieurs fuit dans le désordre vers l’Arabie saoudite pour sauver les matériels et les hommes qui trouvent des véhicules et le peuvent encore.

 

Paul parvient aux locaux de l’agence vers 6 heures, heure locale, 3 heures GMT où Camille finit par envoyer « son » télex « historique » en urgence.

La guerre du Koweït est engagée et va durer deux jours.

Puis il file avec son paquetage à l’épaule vers le palais Dasman.

C’est là-bas que son destin l’attend.

Il ne lui est pas trop difficile de retrouver William sans « t » qui s’agite autour des camions « empruntés », un semi surmonté d’un conteneur de 40 pieds sur son plateau qu’il faut d’abord vider, avant d’y enfourner des cantines bourrées vraisemblablement de billets de banque ou de lingots d’or.

D’autres sont jetées en vrac dans un camion qui porte une benne de chantier.

Le pickup de Paul est réquisitionné par Ali, presque soulagé de croiser Paul, pour embarquer également de la cargaison qui sort des sous-sols du palais, jetés en désordre par des soldats affolés.

La manœuvre dure longtemps avant que deux premiers chargements s’ébrouent vers les ambassades US et de GB.

Mais l’un d’entre eux fera demi-tour : les chars sont déjà sur le port et ça mitraille sévère.

L’autre aura été arraisonné et saisi par les irakiens.

Des hélicoptères survolent la ville rajoutant au brouhaha dantesque.

Finalement Ali grimpe dans le pickup de Paul.

« On file à ton ambassade ! »

Pas la peine, elle sera investie et pillée dans quelques jours…

« Il faut plutôt sortir du pays tant il est encore temps. Je vous propose Ryad. Votre ambassade ! »

Le général Ali interpelle cheikh Fahd al-Ahmad al-Sabah, le frère de l'Émir qui organise à la fois la résistance et l’évacuation avant de grimper dans la cabine du semi-remorque.

« Et William ? »

Il pilote le semi, devant.

« On les suit et je vous guide ! »

Si le pickup de Paul veut bien démarrer…

Et là, le miracle, lui-même sans doute affolé des rafales d’armes automatiques, il consent à se bouger dès le premier tour de clé : comme quoi, l’instinct de survie joue même avec les choses inanimées !

Le mini-convoi s’ébroue à son tour.

Et Paul stoppe abruptement.

« Shit ! My great uncle Fahd ! »

Le frère du roi gît dans son sang, la tête à moitié arrachée par une balle alors que « son » camion a démarré en trombe vers le sud du pays.

Ali sort son arme de poing pour constater le décès de son autre grand-oncle : ils sont plusieurs comme ça.

On fait quoi, maintenant ?

« Qu’est-ce qu’il en dit, votre ordinateur ? »

Paul ne l’a pas avec lui…

« On le suit et on le rattrape ! Je vais lui faire la peau ! Inch Allah ! »

Vu le train d’enfer, les tirs des hélicoptères qu’il faut éviter, le désordre dans les rues, la panique des gens leur faisant faire n’importe quoi, et l’avance prise par William…

Passons : on peut toujours essayer.

 

Saddam Hussein aura lancé 100.000 hommes fortement armés et aguerris par 10 ans de conflit avec l'Iran. L'attaque a été foudroyante : les forces irakiennes sont parvenues dans le centre de Koweït-City, la capitale en 4 heures seulement après le début de l'opération.

Les divisions ont alors rapidement encerclé l'aéroport, le palais de l'émir cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah, venus porter l’estocade des commandos débarqués plus tôt, et les principaux ministères.

Des blindés ont également pris position sur les grandes artères. 

Devant cette attaque éclair, l'armée koweïtienne, qui ne compte que 20.000 hommes, n'a pratiquement rien pu faire pour stopper l'ennemi. Un premier bilan fait état de 200 morts.

Des troupes koweïtiennes ont tenté en vain de déloger les forces irakiennes du palais de l'Émir peu après la fuite du chef de l'État vers l'Arabie Saoudite.

C'est au cours de ces affrontements, en diront les livres d’Histoire, qu'est tombé le frère de l'Émir, cheikh Fahd al-Ahmad al-Sabah, un passionné de football et grand ami de Michel Platoche.

Alors qu’il aura été assassiné, abattu à bout touchant par le journaliste américain…

 

Dès 9 heures, la radio nationale irakienne a annoncé la fermeture des frontières et la mise en place d'un « gouvernement provisoire du Koweït libre », ajoutant que l'invasion avait été décidée pour venir en aide à de « jeunes révolutionnaires » qui voulaient renverser « un régime traître impliqué dans des complots sionistes et étrangers ».

Vers midi, le speaker officiel précisait que les forces irakiennes contrôlaient le Koweït.

Le Koweït n'existe plus désormais en tant qu'État souverain…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/07/laudato-si-xiii.html


Chapitre précédent :

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

 

Dans le domaine du voyage temporel, les chapitres les plus intéressants du roman « Mains invisibles » sont :

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (1/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (2/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (3/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (4/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (5/5)

 

Voyage temporel et Service Action du futur (1/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (2/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (3/3)

 

Mains invisibles II : Haddock

 

Tandis que l’aventure temporel qui propulse le capitaine de frégate Paul de Bréveuil à Koweït-City au début de la guerre du Golfe est décrite dans les chapitres suivants du roman « Laudato si… » :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (I)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (II)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VIII)


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

 

Douzième chapitre : Préparatifs de guerre.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

« – Soyons sérieux, Monsieur Dupont. Et alors ? Admettons qu’ils passent la frontière, il n’y a qu’une seule route : notre aviation sera sur place pour les anéantir, les écraser ! Le chemin vers notre capitale sera leur cimetière. Ça nous laisse tout le temps nécessaire pour faire appel à nos alliés de la région et les repousser ! Vous ne faites que relayer les oiseaux de mauvais augure qui veulent faire plier mon gouvernement dans cette bataille diplomatique insensée et paniquer la population.

– Vous n’y êtes pas, mon général. Il faut deux à quatre heures à une colonne blindée pour arriver en centre-ville. Et une à deux de plus pour atteindre l’aéroport et tous les sites pétroliers. Ce n’est pas votre aviation qui les arrêtera, d’autant qu’elle sera clouée au sol par la leur…

Vous opposez combien de chars pour une petite bataille dans le désert, au juste ? »

Ali persiste à en rire…

« Je vais même être plus précis, mon général : avec tout le respect que je vous dois, ce qui importe à Saddam, ce n’est pas tant le pays, l’Émir ou la famille royale, mais seulement deux choses : les champs et raffineries de pétrole et les coffres de la banque centrale !

On m’a dit qu’il y avait près de 48 milliards de dollars dans ses coffres, alors qu’il manque justement cruellement de devises… »

Silence… « JW » a les yeux exorbités alors que le général Ali s’est calmé pour redevenir très sérieux et tire lentement une bouffée de son petit cigarillo.

« – Vous êtes à la fois bien renseigné et assez mal. Il n’y a rien dans les coffres de la banque centrale, qui ne fait que gérer les avoirs de la famille de l’Émir à l’étranger et a un rôle de banque de compensation. Car tout le reste est parqué sous bonne garde dans les caves du palais.

En revanche, le montant doit être exact, mais c’est sans compter les biens de ma famille dans les coffres suisses et encore ailleurs qui sont au moins cinq à six fois supérieurs, là où ce chien de Saddam ne pourra jamais aller les voler.

– Eh bien moi, je serai à votre place, je préparerai un plan d’évacuation d’urgence vers Ryad de ce pactole-là. Car vous n’avez que trois jours devant vous. »

Il entend bien. C’est peut-être une bonne idée.

« – Comment vous avez déduit tout ça assis derrière vos computers ?

– Comme vous le savez, la situation actuelle est le résultat de deux erreurs. La première, c’est la guerre contre l’Iran que vous avez d’ailleurs favorisée il y a 10 ans de ça.

– Ces chiens de persans !...

- … et la seconde est celle de la diplomatie américaine. Je vous explique…

– … Ces roumis d’infidèles ? »

C’est de notoriété publique, même en 1990, et Paul ne s’étend pas. 

 

Cette phase historique commence en fait le 22 septembre 1980 : l'Irak de Saddam Hussein attaque l'Iran islamique de l'imam Khomeiny.

Le dictateur irakien accuse son voisin de diverses provocations, y compris un attentat contre son ministre des affaires étrangères, le chrétien Tarek Aziz.

Il revendique aussi quelques îles dans la voie fluviale du Chatt al-Arab qui débouche sur le golfe Persique.

Et il prétend également porter secours aux minorités arabophones de la province iranienne du Khouzistan, la langue officielle et usuelle de l’Iran étant le persan.

Plus sérieusement, les historiens retiendront que Saddam Hussein veut profiter des luttes entre factions iraniennes pour abattre le régime de Khomeiny. Il craint une contagion de l'intégrisme chez les musulmans chiites de son propre pays.

Son agression est alors discrètement approuvée par les États-Unis et l'Europe qui craignent l'islamisme, par l'URSS qui fait face à une rébellion islamiste en Afghanistan, ainsi que par les monarchies arabes du Golfe qui voient les Iraniens, des Persans chiites, comme des ennemis traditionnels alors que toutes sont sunnites-wahhabites, hors à Bahreïn où, si la famille régnante Al Khalifa est sunnite, la population est pour les deux tiers chiite.

Alors même que l’Iran est soutenu à cette époque-là et en sous-main par Israël, en conflit comme lui avec les Arabes.

Mais la question du nucléaire iranien redeviendra plus tard et très vite rebattre les cartes.

 

Comme toujours en pareil cas, la guerre est prévue pour se régler en dix jours.

Mais en réveillant le nationalisme persan face à l'ennemi arabe, la guerre ressoude très vite les iraniens autour du gouvernement de Khomeiny qui fédère alors et de façon inespérée toutes les communautés.

Le conflit va durer huit ans en faisant plusieurs centaines de milliers de morts, le chiffre officiel de 1,2 million de morts étant probablement exagéré...

Un bilan sans commune mesure avec tout autre conflit du Moyen-Orient, y compris le conflit israélo-palestinien.

Et la tuerie se solde au bout du compte par un retour au statu quo ante et un net durcissement de la dictature irakienne.

La République islamique d'Iran, qui s'épuisait dans les querelles intestines à la veille de la guerre, se renforce à la faveur de celle-ci, contre l'ennemi héréditaire : les Arabes sunnites.

La présidence américaine de Ronald Reagan est au passage affectée par le scandale de l'Irangate, une livraison illicite d'armes à l'Iran, en dépit de l'embargo sur ce pays.

À Bagdad, Saddam Hussein, isolé par le pouvoir absolu et l'absence d'opposition internationale, dérive vers de dangereuses pratiques. Le dictateur massacre les chiites du sud irakien, favorables à leurs coreligionnaires et voisins iraniens. Il met au pas les montagnards kurdes du nord, qui n'en finissent pas de se battre entre eux ou contre leurs voisins, menaçant déjà le fragile équilibre du Kurdistan turc.

D’ailleurs, le dimanche 16 mars 1988, le dictateur Baasiste irakien emploie des gaz de combat contre ses propres citoyens, dans la ville kurde de Halabja, en violation de toutes les conventions internationales. Cet acte commis avec les armes chimiques fournies par les industriels occidentaux suscite pourtant une protestation molle de la part des démocraties.

 

Dès avant le conflit Irak/Iran, la France se range d’ailleurs aux côtés de l'Irak. En septembre 1974, le Premier ministre « Rakchi » rencontre Saddam Hussein, lequel fait figure de despote éclairé et modernise son pays à marche forcée en usant de colossales recettes pétrolières.

Un accord est même signé le 18 novembre 1975 par lequel la France apporte à l'Irak son savoir-faire en matière nucléaire. Elle lui livre dès 1981 quatorze kilogrammes d'uranium 235 obligeant, quelques mois plus tard, les Israéliens de se faire un devoir de bombarder le réacteur Osirak avec lequel les Irakiens se préparaient à accéder au statut de puissance nucléaire !

Dans les années 1980, et sous la présidence de « Thiersmirant », elle continue d'alimenter l'Irak en armements lourds, notamment des avions Super-Étendard utilisés contre un terminal pétrolier iranien.

Ce qui lui vaut d'être meurtrie par une vague d'attentats auxquels sont associés les services secrets iraniens : c’est l’épisode de l’assassinat de l'ambassadeur Delamare et de l’explosion de l'immeuble « Drakkar » à Beyrouth, des attentats de la rue Copernic, du magasin Tati, de la rue des Rosiers à Paris, en autres et, plus tard, jusqu’aux attentats de la rue de Rennes et du RER à la station Saint-Michel.

 

Ce confit est terminé en 1988, mais a laissé les deux pays en conflit exsangues.

D’ailleurs il faudra attendre le 15 août 1990, après l’invasion du Koweït, pour signer la paix avec l'Iran, effaçant les huit ans de guerre et les 500.000 morts irakiens, tout en restituant tous les territoires gagnés entre 1980 et 1988, et reconnaissant l'accord frontalier de 1975 donnant à l'Iran le contrôle du Chatt-el-Arab, le débouché des fleuves Tigre et Euphrate dans le Golfe persique, contre la neutralité de l'Iran dans le conflit du moment.

Saddam Hussein retire d’ailleurs une dizaine de divisions stationnées face à l'Iran pour les déployer alors sur le flanc sud face au Koweït et son débouché à la mer nouvellement conquis.

 

L'Irak de Saddam Hussein ressort de ce premier conflit long et coûteux qui l’oppose à son voisin iranien, avec une industrie pétrolière exsangue et une dette pharaonique (150 % du produit intérieur brut).

L'énorme diminution des exportations de pétrole de ces deux pays de l'OPEP – Iran et Irak – représente autant de bénéfices pour l'Arabie saoudite et le Koweït, auprès desquels l'Irak est respectivement endetté à hauteur respectivement de 45 milliards de dollars et de 15 milliards de dollars américains.

Saddam Hussein exige alors et déjà de ces deux pays arabes, non seulement l'annulation de ces dettes, mais aussi un don d'une valeur égale et les menace de représailles armées en cas de désaccord.

D’autant que la reconversion de l'économie de guerre en économie de marché s’opère lentement en Irak. Le Koweït, dont Bagdad se voulait déjà souverain en 1958 et qui avait réchappé aux menaces du Général Kassem qui revendiquait « le territoire koweïtien comme partie intégrante de l'Irak » juste après la pleine indépendance déclarée le 19 juin 1961 grâce aux appuis britannique et arabe, suscite l'ire de Saddam Hussein.

Une diminution du cours du baril de pétrole brut d'un seul dollar fait perdre 1 milliard de dollars par an à l'Irak.

Or, le Koweït, qui restreint l'accès irakien au Golfe Persique et a fortiori à la mer, produit de plus en plus de pétrole et ne respecte même pas ses propres quotas.

L'ultime casus belli arrive lorsque le Koweït est accusé de forer, en « oblique », du côté irakien de la frontière entre les deux pays.

 

Pour synthétiser la chronologie des événements que connaissent les trois convives sans qu’eux-mêmes n’aient besoin d’y revenir, les autorités irakiennes, pour justifier l'annexion du Koweït, parlent alors de sources historiques, géographiques et économiques.

Au temps de l'empire ottoman, le Koweït faisait partie d'une province, le « vilayet », dont le port de Bassorah était la capitale, sur un territoire faisant aujourd'hui partie de l'Irak.

En 1899, l'émir Moubharak le Grand avait signé un traité avec la Grande-Bretagne, faisant du Koweït un protectorat. En 1932, l'Irak obtient son indépendance, et réclame la rétrocession du Koweït dès 1933.

En 1961, aux premières heures de l'indépendance du Koweït, l'Irak avait tenté une première fois, sous le général Kassem, de s'emparer de l'émirat. Mais il en avait été empêché par les troupes britanniques...

L'Irak n'a qu'une façade de 19 km sur le Golfe et les îles de Warba et Boubiyan, sur le débouché du Golfe, ont été attribuées au Koweït, lors de la décolonisation britannique.

En 1938, les Britanniques ont rejeté une demande irakienne de construire dans la baie du Koweït un port relié par chemin de fer à l'Irak.

Ce dernier conteste également au Koweït le droit d'exploiter le champ pétrolifère de Rumaylah, à la frontière irako-koweïtienne.

Comme il vient d’être rappelé, l’Irak subit une grave crise économique après sa guerre contre l'Iran : Endettement civil et militaire supérieur au budget de l'État, chômage accéléré où 200.000 soldats ayant combattu l'Iran sont démobilisés, baisse brutale du débit de l'Euphrate et diminution de la superficie des terres ensemencées à la suite de la mise en eau du barrage Attatürk en Turquie, en Anatolie du Sud-Est.

 

Quant à l’erreur de la diplomatie américaine elle se met en place en début d’année avec la nouvelle présidence Bush (père) élu en novembre 1988 pour un mandat qui débute en janvier suivant. Or, le 15 février 1990, John Telly, secrétaire au département d'État explique à Saddam Hussein, au nom du président américain George Bush que : « Vous êtes une force de modération dans la région et les États-Unis souhaitent élargir leurs relations avec l'Irak ».

Le 24 février, au sommet du Conseil de Coopération du Golfe, Saddam Hussein fait part de ses craintes suite à l'effondrement de l'URSS : le Golfe Persique risque d'être sous contrôle total des USA. Les arabes doivent donc s'unifier.

Le 3 mai suivant, c’est le ministre irakien des Affaires étrangères Tarek Aziz qui dénonce, sans les nommer, les responsables de la surproduction pétrolière au sein de l'OPEP. Il visait le Koweït et les Émirats Arabes Unis.

 

Après la Grande-Bretagne où l'affaire a éclaté le 28 mars avec la découverte de détonateurs d'armes nucléaires, puis la Turquie, la Grèce et l'Italie, c'est maintenant en RFA l'Allemagne de l'Ouest (les 2 Allemagne ne seront unifiées qu'en octobre 1990), le 15 mai, que les douaniers interceptent une bien mystérieuse cargaison en provenance de Belgique et destinée à l'Irak.

Les autorités des pays européens sont désormais convaincues que les dizaines de tonnes de pièces en acier saisies sont en fait les composantes d'un énorme canon. L'opération douanière a d'ailleurs été baptisée Bertha, du nom du canon allemand qui avait bombardé Paris en 1918.

Malgré ses démentis, il semble que Bagdad ait bel et bien tissé une vaste intrigue internationale afin de se doter d'un canon d'une portée de plusieurs centaines de kilomètres, qui lui donnerait la suprématie militaire au Proche-Orient.

Selon les experts, le fût du canon, d'une longueur de 40 mètres, serait capable de tirer des obus nucléaires, chimiques ou biologiques.

Les douaniers anglais ont indiqué que les pièces saisies avaient été usinées selon les plans de Gérald Bull, un expert en balistique.

Or, ce Canadien a été abattu le 22 mars à Bruxelles...

 

Et c’est l’escalade. Lors de la fête nationale en Irak, le 14 juillet 1990, date anniversaire de la révolution irakienne, il y a donc seulement quelques jours, le président Saddam Hussein adresse à son peuple un message virulent : l'Irak serait victime d'une vaste conspiration impérialiste.

Seule sa puissance militaire lui évite pour l’heure de subir une agression.

Le 17, Saddam Hussein accuse certains pays du Golfe de provoquer une baisse des prix du pétrole à l'instigation des « cercles impérialistes et sionistes ».

Il annonce alors que « les guerres peuvent être déclarées pour des motifs économiques ».

C'est la première fois que le Raïs évoque la possibilité d'une intervention militaire : si les discussions entre l'Irak et le Koweït concernant les modifications de frontières n'aboutissent pas, l'Irak sera obligé de faire valoir ses droits.

En fait, dès le début du mois de mars, après le refus koweïtien de lui louer les îles de Warba et Boubiyan, Saddam Hussein avait demandé à son état-major de préparer des plans d'invasion...

Au lendemain de cet avertissement public lancé par Saddam Hussein, les leaders koweïtiens se réunissent à Koweït-City aux côtés du roi Fahd d'Arabie, du roi Hussein de Jordanie et du président du Yémen. Le ton est ouvertement à l'inquiétude.

En effet, ils n'ignorent pas les préparatifs militaires en cours sur le sol irakien. Mais l'invasion de l'Émirat leur paraît impossible.

L'Irak réclame au Koweït 10 milliards de dollars, dont 2,4 milliards en compensation du pétrole « volé » depuis 1980 aux puits de Rumaylah la zone pétrolifère irakienne jouxtant la frontière koweïtienne.

L'Irak réclame également l'effacement de ses dettes et Saddam Hussein considère avoir défendu les intérêts arabes contre l'expansionnisme iranien.

La question est posée mais aucune réponse n'est apportée alors que le temps presse.

Cependant, personne, parmi les hauts dirigeants koweïtiens, ne songe un seul instant de prendre quelque disposition militaire que ce soit !

 

Le Conseil national du Koweït rejette le 19, les accusations de l'Irak et propose la constitution d'une commission arabe pour régler le problème des frontières.

Une lettre est même envoyée au Secrétaire général de l'ONU pour l'en informer.

Le samedi 21, Bagdad accuse le Koweït d'avoir refusé une solution purement arabe et de préparer le terrain à une intervention de forces étrangères dans le Golfe en faisant appel à l'ONU pour régler son différend avec l'Irak.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères se rend à Bagdad et à Koweït-City pour désamorcer la crise, tandis que le Secrétaire général de la Ligue arabe, Chedli Klibi, est reçu par l'émir du Koweït. Mais ces démarches de bons offices essuient un échec...

Au sommet du 23 juillet, réuni à Alexandrie, le roi Hussein de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak, auxquels se joint le ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, l'Égypte entame alors de ce fait une mission de bons offices.

C'est encore un échec...

Le lendemain, l’Irak rejette la proposition koweïtienne d'une commission arabe pour le règlement du conflit, sous prétexte que le problème est « bilatéral », et masse 30.000 soldats à la frontière. Le président égyptien Hosni Moubarak se rend en Irak et au Koweït pour essayer d'organiser une réunion quadripartite avec l'Égypte et l'Arabie Saoudite. C'est toujours un échec...

À la télévision, Moshe Arens, ministre israélien de la Défense, considère que « Saddam Hussein n'a rien à craindre tant qu'il ne menace pas la sécurité d'Israël » : il se lave les mains de ce « proto-conflit » qui ne le concerne pas.

Point clé pour comprendre l’enchaînement qui va suivre, le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l'ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie. Celle-ci, bien au fait de ce qui se prépare, déclare que : « nous constatons que vous avez amassé des troupes nombreuses à la frontière », et lui laisse entendre que « les États-Unis n'ont pas d'opinion sur les conflits opposant deux pays arabes », considéré comme d’une simple querelle entre voisins.

« L’erreur déterminante de la diplomatie américaine », rappelle Paul au général Ali et à William sans « t ». 

 

C'est alors que le Koweït augmente unilatéralement sa production de 20 % en rompant la solidarité entre les pays exportateurs de pétrole. Cette mesure fait chuter les cours, à la grande satisfaction des consommateurs occidentaux.

Mais l'Irak perd les deux tiers de ses recettes pétrolières.

Qui plus est, l'émir du Koweït, Jaber al-Sabah, refuse toujours d'annuler la dette de 15 milliards de dollars contractée par l'Irak pendant la guerre contre l'Iran !

 

Le 26 juillet, la CIA reçoit des rapports selon lesquels deux divisions irakiennes ont quitté leur cantonnement pour faire mouvement vers l'émirat. Dorénavant, plus de 30.000 soldats irakiens sont postés sur la frontière. Les photos satellite confirment tous ces mouvements.

Washington prévient des responsables arabes de la région.

Le Koweït, l'Arabie Saoudite et l'Égypte déclarent que ce n'est qu'un chantage : Saddam Hussein veut seulement faire pression à l’occasion des négociations. Les missions de médiation se poursuivent donc à Bagdad, avec la visite de Yasser Arafat, chef de l'OLP...

Le lendemain 27, à Genève s'ouvre une conférence de l'OPEP. Sous la pression de l'Irak, le Koweït et l'Arabie Saoudite acceptent d'augmenter le prix du baril de pétrole de 3 dollars. Celui-ci passe ainsi à 21 dollars, au lieu des 25 dollars espérés par l'Irak.

Le 29 juillet, Yasser Arafat est reçu par l'émir Jaber du Koweït, qui refuse de parler des 10 milliards de dollars réclamés par l'Irak pour l'affaire de Rumaylah.

Le lendemain, le roi Hussein de Jordanie effectue une mission de médiation à Bagdad et au Koweït. C'est encore un échec...

Les ultimes échanges diplomatiques irako-koweïtiens s’organisent le lendemain à Djeddah. Les Koweïtiens semblent finalement d'accord pour un prêt de 9 milliards de dollars.

Mais les Irakiens en ont demandé 10 et ils ressentent cette discussion sur le montant comme une volonté de les humilier.

Le roi Fahd d'Arabie se propose d'offrir le milliard de dollars qui reste.

L'Irak exige l'ouverture d'entretiens bilatéraux à Bagdad.

Mais les Irakiens et les Koweïtiens s'accrochent toujours au sujet de la reconnaissance de leurs frontières.

La rencontre de Djeddah du surlendemain, en Arabie Saoudite, qui devait permettre de désamorcer une crise apparue au grand jour depuis deux semaines seulement, se solde par un dernier échec...

Égyptiens et Saoudiens espèrent cependant renouer le dialogue rapidement. Prudents, ils refusent de prendre parti.

Quelques jours plus tôt, Hosni Moubarak, président d'Égypte, a rendu visite à Saddam Hussein à Bagdad. Il l'a assuré qu'il n'utiliserait pas la force tant que les discussions avec le Koweït continueraient.

Et selon certaines sources, l'Iran aurait donné l'assurance à Bagdad qu'il n'interviendrait pas dans son différend avec le Koweït...

Le 30 juillet, au moment où « Charlotte » qui n’est pas encore « Charlotte » débarque dans les locaux de l’AFP local à Koweït-city, une réunion de médiation est organisée à Djeddah. Elle échoue également.

Au même titre que les pourparlers entretenus secrètement avec le palais de l’Élysée s’interrompent.

 

Paul sait qu’après-demain, mercredi 1er août, la délégation irakienne quittera Djeddah, le Koweït n'ayant pas fait de nouvelle proposition mais n’en fait pas mention.

Et la nouvelle se répandra dans Koweït-City comme une traînée de poudre : les négociations sur le grave contentieux territorial et financier entre le Koweït et son puissant voisin irakien ont échoué.

Mais on n’en est pas encore là : il y a lieu d’en rire, semble-t-il.

Pourtant, on avait parlé de « rencontre de la dernière chance ». De plus, la capitale koweïtienne sera en proie durant 24 heures aux rumeurs les plus folles, et des diplomates occidentaux en poste dans la ville ont prévenu leurs gouvernements respectifs de la présence de plus de cent mille soldats irakiens à la frontière nord du Koweït.

Saddam Hussein, le maître de Bagdad, aurait aussi massé 300 chars et des centaines de pièces d'artillerie lourde dans ce secteur...

Et ce matin-là, le journal gouvernemental irakien Al-Joumhouria indiquera que le contentieux entre les deux pays est loin d'être un simple « petit nuage d'été » qui finira par se dissiper...

 

Conclusion logique : le dictateur irakien croit comprendre que la diplomatie américaine approuve finalement sa décision, poussé par l’intransigeance koweïtienne, et que les États-Unis n'interviendront pas dans le conflit qu’il prépare. Dans le même temps, le Département d'État américain, le ministère des affaires étrangères, rappelle opportunément qu'aucun accord de défense ne lie les États-Unis au Koweït !

Le piège se referme : les Occidentaux craignent finalement que l'appropriation par l'Irak des ressources pétrolières du Koweït ne déséquilibre le marché du pétrole. Plus sérieusement, il semble que les dirigeants américains aient choisi de tirer parti de Saddam Hussein et de ses foucades pour installer une base militaire au milieu des champs pétrolifères du Golfe Persique.

L'implosion de l'URSS, au même moment, leur laisse les mains libres.

 

« Je suis au courant pour l’ambassadrice américaine à Bagdad. Il ne peut pas en aller autrement puisque les roumis américains ne sont liés par aucun accord de défense : et nous ne verrons jamais de troupes de « croisés » en Terre sainte ! Pas question… » s’emporte le général Ali.

Comme quoi, la cécité situationniste reste une maladie contagieuse et incurable chez tous les sujets « politiques », même les plus brillants et les plus « ouverts ».

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/07/laudato-si-xii.html


Chapitre précédent :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

 

Dans le domaine du voyage temporel, les chapitres les plus intéressants du roman « Mains invisibles » sont :

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (1/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (2/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (3/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (4/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (5/5)

 

Voyage temporel et Service Action du futur (1/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (2/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (3/3)

 

Mains invisibles II : Haddock

 

Tandis que l’aventure temporel qui propulse le capitaine de frégate Paul de Bréveuil à Koweït-City au début de la guerre du Golfe est décrite dans les chapitres suivants du roman « Laudato si… » :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (I)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (II)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

  Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VIII)


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

 

Laudato si… (XI)

Onzième chapitre : Koweït-city.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

La conversation se poursuit encore de la sorte avant que Camille ne devienne plus entreprenante.

« – C’est normal », s’excuse-t-elle. « Quand on tombe nez-à-nez avec le sosie de son idéal masculin, on ne peut pas rester insensible. Tu sais, je sais que je suis repoussante au premier abord, mais tout le reste fonctionne parfaitement bien !

– Je n’en doute pas. Mais je ne suis pas venu pour ça.

– Et alors ? Pourquoi es-tu ici ? Ne me dis pas que tu es venu pour te faire un plan-pute avec les pouffiasses libanaises des bordels d’hôtel qui font les délices des locaux friqués. Ils sont tous friqués et ne pensent qu’à ça.

D’ailleurs, t’es descendu où ? »

Il lui précise son adresse, Fahad Al-Salem St, 35ème rue, dans le bloc 12, pas très loin.

La ville est divisée en « blocs » et tourne autour de la pointe nord et du palais princier.

Sauf pour les faubourgs, mais Paul ne le découvrira que plus tard.

« – Tu disposes d’une voiture ou non ? Parce que j’ai besoin de reconnaître quelques lieux avant la fin du mois.

– Je peux même te servir de chauffeur : j’ai le droit de conduire si je suis accompagnée : Un privilège d’étrangère.

Pourquoi avant la fin du mois ? Tu repars à ce moment-là ? Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps…» fait-elle mystérieuse à souhait, un sourire en coin, beau comme une grimace à cause de son bec de lièvre.

« Ne t’imagines pas des trucs, Camille. Hors, ton… ton faciès, tu n’es pas du tout mon type de femme et ma vie est déjà bien remplie. »

La moue de déception : tragi-comique !

« Non, je vais te dire, je peux en échange te donner des informations qui vont te faire promouvoir au sein de l’agence. »

Lesquelles ?

« Les irakiens vont envahir la pays dans quelques jours. Et je veux être là pour faire quelques photos ! »

N’importe quoi : il n’y aura pas de guerre !

C’est trop fou comme hypothèse.

« Eh bien détrompe-toi, Camille. Pour tout de dire, quand on a les moyens militaires de faire le hold-up du siècle sur la fortune d’un pays tout entier et, qui plus est, de se payer les secondes réserves de pétrole du monde en plus que d’effacer une dette de 15 milliards de dollars alors même que les américains disent s’en contre-foutre, il n’y a aucune raison de s'en priver ! »

Vu comme ça, évidemment…

« – Mais les négociations ne sont pas terminées. Ils vont trouver un accord !

– Écoute, si tu veux être la première et la seule à annoncer l’invasion du pays pour le compte de notre agence, tu te postes à la frontière le 2 août avant les deux heures du matin GMT, soit un peu avant l’aube locale, sur le coup des 5 heures. Et tu files le plus vite possible jusqu’à ton téléscripteur…

– Toute une nuit avant de devenir célèbre ? Génial ! Tu m’accompagnes !

– Non, moi, il faut que je sois en ville pour photographier quelques débandades autour de la banque centrale et du palais princier, le premier objectif des troupes de Saddam !

– Alors moi aussi : je veux voir ça ! Chouette, on passe la nuit ensemble. Tu verras, tu ne le regretteras pas ! »

Décidément…

 

« – Non, toi tu feras ton boulot de journaliste. Mais je veux bien que tu me montres le palais de l’émir et le bâtiment de la banque centrale.

– D’accord, mais, je veux un acompte : caresse moi les seins ! Si tu veux, je mets un sac sur la tête !»

On en reparlera conclut Paul qui ne sait plus trop comment se débarrasser de cette sangsue.

« – Dis-moi plutôt Camille, tout-à-l’heure tu as dit « nous », en parlant des « punis » consignés ici. C’est qui ce « nous » ?

– Il y a Alex, la stagiaire, qui fait son stage de « sciences-Po-Paris » ici cet été, et Mouloud, notre émigré soudanais qui nous sert de chauffeur. Il a l’avantage de baragouiner un peu le français et il est fluently en English.

– Et on dispose de combien de véhicule ?

– Bé la jeep et un vieux pickup de récupération, pourquoi ?

– Pour savoir. Pas de moto ? »

Non.

« On mange quoi dans ce coin de la planète ? »

Il sait déjà pour avoir fait, plus tard, quelques détours comme agent VIP de chez Dassault dans plusieurs pays du Golfe, mais sait-on jamais, ils pourraient peut-être trouver des crêpes bretonnes.

Ce sera de la cuisine pseudo-grecque, à mi-chemin de son hôtel.

L’après-midi est consacrée à se signaler à l’ambassade de France, un petit bâtiment insipide entouré d’une grille, où un gendarme plantonne, orné d’un drapeau tricolore poussiéreux, situé dans le Block 1, villa 24 dans la treizième rue, et à faire le tour de la ville dans le vieux pickup « de récupération ». Il fait du bruit et affiche plus de 150.000 km au compteur, mais il roule, quand il veut bien démarrer.

Al-Kuwayt signifie en arabe classique « la forteresse construite près de la mer » et c’est 17.818 km² de sable…

Le Koweït a neuf îles, la plus grande étant Bubiyan, qui est reliée au continent par un pont : Failaka, Bubiyan, Warbah, Auhah, Miskan, Qaruh, Umm Al'Maradem, Kubar et Umm Al-Namil.

Le pays, bien que très aride, abrite une biodiversité spécifique à sa zone biogéographique. Il est situé en outre sur un axe majeur de migration aviaire (un « corridor biologique »).

La baie de Koweït constitue le seul bon port naturel du fond du golfe Persique. Ses eaux profondes, son accès facile, contrastent avec l'incommodité du Chatt-el-Arab et de Bassorah, en Irak.

Et les ports sont aux nombres de 5 dont 3 terminaux pétroliers.

 

La ville historique fut appelée Grèn par les Perses, a été désignée sous le nom de Kuwayt (« l'embrasure ») par les marins, devenu Kouet, puis Koweït. Le Koweït actuel fut fondé par la famille d'Al-Sabah en 1715 et au XVIIIème siècle, les voiliers koweïtiens faisaient du commerce avec les Indes orientales.

En 1776, de nombreux marchands quittent Bassorah tombé aux mains de la Perse et s'installent dans la ville de Koweït. La Compagnie anglaise des Indes orientales suivit le mouvement, ce qui fut l'une des raisons de l'enrichissement de cette ville.

En 1826, une flottille koweïtienne se lança à l'aide de la ville de Bassorah assiégée par des tribus. En 1841, un accord est conclu avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande pour cesser la traite des esclaves et garantir la sécurité des mers.

En 1856, une flottille de la Royal Navy fit escale dans la ville de Koweït, les Britanniques alors en guerre avec la Perse offrirent leur protection et demandèrent l'établissement d'un dépôt de charbon, le cheik Djaber 1er refusa ces propositions mais accepta qu'aucune autre puissance, y compris l'Empire ottoman n'en installe.

La souveraineté de celui-ci sur le Koweït n'a été réelle qu’en 1871, sous pression militaire, transformée en sous-préfecture et le cheik Abdallah Al-Sabah nommé sous-préfet.

En 1899, celui-ci conclut un traité de protectorat avec le Royaume-Uni. Le 13 novembre 1914, un traité d'alliance entre le Koweït et la Grande-Bretagne fut signé, et le Koweït entreprit des opérations contre l'Empire ottoman.

À la suite de l'attaque d'un navire koweïtien sous pavillon turc, le cheik créa le premier drapeau koweïtien. Sous protectorat britannique après-guerre, les frontières avec l'Irak sont définies par les accords d'Akir de 1922-1923, huit îles dont Bubiyan sont alors rattachées au Koweït.

Le Koweït signe alors le 19 juin 1961 un traité d'amitié avec le Royaume-Uni qui lui reconnaît sa pleine indépendance, il récupère ses compétences en matière de défense et d'affaires étrangères mais est très vite menacé d'annexion par l'Irak par le premier ministre irakien Abdul Karim el-Kassem qui revendique « le territoire koweïtien comme partie intégrante de l'Irak ».

Les britanniques viennent protéger le pays et il reçoit l’appui de la République arabe-unie, de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et des États-Unis. Le Conseil de sécurité des Nations unies est saisi le 2 juillet, mais le veto de l'URSS empêche toute résolution.

La Ligue arabe accueille finalement le Koweït le 20 juillet 1961 et les troupes arabes remplacent les militaires britanniques présents au Koweït. Depuis, l'Irak ne peut plus attaquer le Koweït sans s'opposer aux autres États arabes.

 

C’est une monarchie constitutionnelle. Le pays est dirigé par un premier ministre, responsable devant le parlement, composé de 50 députés élus et des ministres en exercice qui ont également droit de vote.

Les femmes sont toutefois exclues du corps civique ainsi que les militaires (jusqu’en 2005). L'âge minimum pour voter est de 21 ans. L’article premier de la loi électorale du Canton de N'Dlaboulalla, qui date de 1962, limitait ainsi le nombre des électeurs à 145.000 personnes soit une faible partie de la population autochtone adulte.

 

Le pays est riche de son pétrole, mais doit faire face au manque de ressources en eau : les nappes sont localisées dans les zones d'Al-Rudatain et d'Um-Aish et produisent une eau légèrement salée, qui est de plus aussi utilisée par l'industrie pétrolière.

Coupée d'eau distillée, elle alimente le réseau d'eau potable, avec l'eau de désalinisation. La nappe diminue, malgré les 1,5 milliard de litres par an produit par dessalage d'eau de mer, alors que la consommation augmente de 7 % par an, avec localement, un certain gaspillage : piscines, arrosage de jardins de loisirs.

90 % des recettes publiques du Koweït viennent du pétrole et le pays a l'intention d'investir pour moderniser ses installations dans l'industrie pétrolière.

Du pétrole fut découvert dans l'émirat en 1937 et les premières exportations d'hydrocarbures ont débuté en 1946.

Le pétrole transforma en quelques décennies la modeste cité de Koweït en métropole, attirant de très nombreux expatriés. La population du pays passe de 152.000 habitants en 1950 à 738.000 habitants en 1970 dont 347.000 koweïtiens et 391.000 non-Koweïtiens.

57 % des habitants du Koweït sont des Arabes (parmi lesquels on retrouve beaucoup d'Égyptiens et de Libanais).

Le reste de la population comprend des Indiens, des Pakistanais et des Philippins et 85 % sont musulmans, dont 60 % de rite sunnite et 40 % de rite chiite.

Les 15 % restants sont composés de chrétiens (12 %) et d'hindous.

 

La ville est donc divisée en « blocs », traversés par des rues plutôt larges et cernés en demi-cercle par des artères à 2 fois 2 voies avec des carrefours parfois somptueux.

Le tout est barré par deux voies rapides d’est en ouest qui débouchent sur les deux autoroutes de deux fois trois voies, au moins sur leur majeure partie.

L’une va vers le sud et l’autre vers l’Irak, non sans traverser ou longer les champs de pétrole et de gaz, d’Al-Jahra qui va au nord vers le gisement de Rumaylah et se prolonge jusqu’à la frontière, la fameuse future « autoroute de la mort », et l’autre vers Jeleeb Al-Shuyoukh au sud et vers l’aéroport, avant que l’ensemble ne débouche sur une route frontière qui sépare le pays de l’Arabie-Saoudite.

L’ensemble conduit à l’est sur le terminal pétrolier de Messila, lui-même accessible depuis la route côtière.

Paul photographie tout ce qui passe à portée d’objectif de son Nikon tout neuf : une reconnaissance fouillée et visuelle des lieux.

Une ville animée mais écrasée de chaleur.

Ils rentrent en début de soirée au bureau, non que Camille n’ait pas tenté de lui faire visiter à plusieurs reprises son appartement, situé sur le parcours.

Pour découvrir Alex, la stagiaire aux yeux « menthe-à-l’eau », bagues aux doigts, colliers, boucles d'oreille et bracelets, une fille curieuse, petite et toute menue, avec une implantation des cheveux très reculée sur le haut du crâne, dont les cheveux longs descendent en longue mèches claires jusqu’au creux des reins ou sont réunis dans un chignon extravagant qu’elle porte sous son tchador quand elle sort et dont elle passe son temps à mâchouiller les mèches à portée de bouche.

Curieusement, sans l’infirmité de Camille, elle parvient très bien à zozoter, l’étudiante « Sciences-Po-Paris ».

Et il croise le fameux Mouloud, le chauffeur soudanais au crâne rasé, grand comme une montagne de muscles d’haltérophile : impressionnant !

Belle inspiration : « JW » est passé dans l’après-midi pour inviter Paul à dîner et passe le prendre à 19 heures devant les locaux de l’agence.

 

Ils vont au « Mais Alghanim », situé en bord de mer, sur l’Arabian Gulf Street, pas très loin de l’ambassade britannique, à la pointe nord de la ville dans la tour de la télévision située dans l’une des « Kuwait Towers », un lieu où l’histoire remonte au siècle précédent quand le fondateur, Edmond Barakat (Abu Emile) a ouvert une cantine pour les employés de Yusuf Ahmed Alghanim & Sons Co., appelé « Mess Alghanim ».

L'origine de « Mais Alghanim » restaurant remonte à 1953 quand le fondateur Edmond Barakat, a ouvert sa cafétéria pour ses employés-là.

« Ce fut le début d'une relation durable entre le Koweït et les communautés d'expatriés et de feu Abou Emile et son « Mess ». Dans un court laps de temps, la cafétéria est devenue un lieu de rencontre pour tous au service de repas complets ou à emporter, transformant l'humble cantine en un restaurant à part entière. »

C’est en 1974 qu’Emile Barakat, fils aîné d’Edmond succèdant à son défunt père, développe l'entreprise, et sous sa direction, le restaurant a déménagé à l'ancienne station de télévision du Koweït dans un décor « ante-moderne ».

En 1987 le nom du restaurant a été modifié de « Mess Alghanim » en « Mais Alghanim ».

Il faut dire que l’endroit est célèbre pour son l'hospitalité et sa nourriture délicieuse de style « maison », avec sa cuisine libanaise, méditerranéenne, arabe et hallal, et « Mais Alghanim » a continué à gagner en notoriété.

Bref, une des meilleures tables que peut offrir ce pays-là et Paul s’est régalé des brochettes de moutons… à moins que ce soit autre chose.

C’était bon.

 

William sans « t » voulait absolument que Paul rencontre le général Ali, petit-neveu du roi, un homme fort cordial, qui sent fort un mélange de transpiration et d’eau de rose, de loukoum affreux, escorté de deux G-men en tenue occidentale alors que lui est en djellaba et s’exprimant parfaitement en anglais. Lui aussi avait hâte de croiser un nouveau « honorable correspondant » en sa qualité de patron des services de sécurité du pays.

Et une fois les présentations faites, il invite ses convives à prendre place autour de sa table.

« – Salam aleykoum !

– Salam aleykoum !

– Salam aleykoum ! »

River sort son appareil photo pour faire quelques clichés alors que le général Ali, qui paraît bien jeune pour ce grade-là, mais c’est bien un « petit-neveu » de l’Émir ceci expliquant cela selon le principe que les affaires de famille se traitent toujours « en famille », ils prennent place autour d’une table dressée « à l’occidentale ».

« Alors, Monsieur …Dupont, qu’elles sont les nouvelles venues de France ? »

Voilà que Paul se doit d’improviser, comme « George », son MIB qui l’a mis dans cette situation le lui a suggéré, pour intéresser son vis-à-vis…

« – De France, je ne sais pas vraiment. Je rentre des USA en passant par Londres.

– Et alors ? Aucun message des autorités françaises ?

– Vous savez sans doute, mon général, qu’il y a actuellement des tractations secrètes entre l’Élysée et Bagdad.

– Oui bien sûr. Mais elles ne devraient pas avoir lieu : ce fils de chien de Saddam joue les gros bras uniquement pour faire pression sur les chancelleries occidentales. Et celles-là tombent dans son piège qui consiste à se faire plus gros qu’il n’est. Vous avez une fable, dans la littérature française, à ce sujet : La grenouille et le bœuf, je crois, de je ne sais plus qui.

– De De La Fontaine. Ce n’est pas l’avis de certains au Pentagone : votre pays est une cible facile pour la 4ème puissance militaire du globe…

- … Pffft ! Des racontars et des vantardises ! L’Irak est un pays ruiné et épuisé qui ne peut plus mener la moindre guerre, même contre nous qui sommes adossés à la Ligue Arabe et encore sous sa protection et celle des britanniques. Or, le Royaume-Uni est membre de l’Otan. Et on a vu de quoi ils sont encore capables tout seul au fin fond de l’atlantique-sud avec les Falkland, contre la première puissance militaire de la région, souvenez-vous !

Tout cela n’est que du vent…

– À Londres, ils ne semblent pas mesurer le danger… Les relations diplomatiques sont plutôt axées sur la nouvelle donne avec la Russie, son évolution politique, et la finalisation du rapprochement des deux Allemagnes, qu’ils voient comme beaucoup plus déstabilisant.

– Et ils ont bien raison ! Tout se passera bien ici. Ici comme ailleurs. Saddam va remettre sa langue dans sa poche, l’Otan aura définitivement gagné contre le pacte de Varsovie, sans tirer un seul coup de feu et puis c’est tout ! »

Têtu le bonhomme apparemment cultivé, très au courant du ballet diplomatique qui tourne autour de son pays et de son voisin belliqueux, et surtout tellement sûr de lui, au moins autant que William sans « t » qui acquiesce ou en rigole à chaque instant après avoir rangé son attirail photographique… 

 

« – Mon général, j’admire votre optimisme. Mais je vais vous expliquer deux ou trois choses. Je ne suis pas réellement journaliste, ni même photographe.

– On s’en doutait un peu… Et quel est votre vrai nom ? Ou votre nom de code.

– Ça ne vous dira rien : j’appartiens à un service qui n’existe pas et nous n’avons pas d’identité officielle. Donc, peu importe !

– Un « service qui n’existe pas » ? Et c’est quoi ?

– Je suis chargé de modéliser, pour le ministère, des situations de crises comme celle-ci, afin d’en évaluer les conséquences en vue d’adapter nos réactions. Et croyez bien que si notre Président s’échine, en plus des services diplomatiques du quai d’Orsay, à faire évoluer la situation vers une sortie honorable pour tout le monde, c’est que les études de mon service sont très crédibles » invente-t-il.

« Parce que vous êtes capables de prévoir l’avenir, vous ? »

Oh oui, surtout quand on en vient… !

« – On appelle ça la méthode « hypothético-déductive », où on fait un inventaire complet des éléments du moment, une mise en situation en quelle que sorte, et où on émet certaines hypothèses. À partir de là, on en déduit les comportements futurs et ensuite on vérifie s’ils sont corrélés dans le temps avec les « observations-terrain », quitte à corriger à la fois les hypothèses et les éléments en présence à chaque étape.

Or là, depuis plusieurs semaines, le modèle n’est pratiquement plus corrigé : tout se passe comme si Saddam Hussein et tous les autres acteurs de la région lisaient au-dessus de nos épaules les déductions simulatrices que nous faisons que, je vais vous dire, s’en est terrifiant !

– Et qu’est-ce qui va se passer de si terrifiant, cher Monsieur … Dupont ?

– Sans doute jeudi prochain aux aurores, l’armée irakienne va envahir ce pays et mettra à peine quelques jours à le soumettre en totalité ! »

Crise d’hilarité instantanée et débordante à la table telle qu’elle est communicative aux tables voisines.

Il faut dire qu’il faudra encore un ou deux jours pour que les rumeurs les plus folles circulent enfin à Koweït-city.

I3

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/07/laudato-si-xi.html


Chapitre précédent :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

 

Dans le domaine du voyage temporel, les chapitres les plus intéressants du roman « Mains invisibles » sont :

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (1/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (2/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (3/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (4/5)

Le capitaine de frégate Paul de Bréveuil entre dans la légende (5/5)

 

Voyage temporel et Service Action du futur (1/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (2/3)

Voyage temporel et Service Action du futur (3/3)

 

Mains invisibles II : Haddock

 

Tandis que l’aventure temporel qui propulse le capitaine de frégate Paul de Bréveuil à Koweït-City au début de la guerre du Golfe est décrite dans les chapitres suivants du roman « Laudato si… » :

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (I)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (II)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1991 (III)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (IV)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (V)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VI)

 Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VII)

Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (VIII)


Voyage temporel : retour à Koweït-City en 1990 (III)

 

Laudato si… (X)

Dixième chapitre : Voyage vers Koweït-city.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Une fois « en ville », Paul commence par acheter des vêtements et sous-vêtements, une paire de chaussure de sport et un sac à dos avant de se rendre dans une banque souscrire 68 titres de « BKR A » à 7.100 dollars le bouts de papier, au porteur, payés comptant et en cash.

Après « l’opération », il se sent plus léger : il lui reste un peu plus de 17.000 $, de quoi survivre correctement et personne n’a tiqué !

C’est pourtant une sacrée somme, là, « au porteur »…

Puis il file à l’adresse indiquée « avant qui est après », en taxi.

Il a un peu de mal à trouver son correspondant qui n’est autre qu’une officine de photographie dans un quartier d’afro-hispaniques plus ou moins « louches », même les gosses qui jouent dans la rue, où, pendant qu’ils bossent sur « ses papiers », il complète ses emplettes du  fameux Nikon, deux objectifs supplémentaires, dont un zoom, quelques boîtes de pellicule Kodak de sensibilités différentes et le sac qui va avec tout ça.

Les gars avaient oublié de viser le visa d’entrée aux USA sur le passeport : ça a duré plus longtemps que prévu, le temps d’une autre paire de bières.

Puis direction l’aéroport où Paul claque encore quelques billets pour acheter son fauteuil en direction de New-York, sur un Tristar.

Il arrive au petit-matin local, juste pour embarquer dans le « bel oiseau blanc » aux couleurs de British-Airways.

 

Le Concorde ! Depuis le 4 février 1976, date où le secrétaire américain aux transports William Coleman lève l’interdiction pour les vols supersoniques au-dessus des eaux territoriales et accorde les atterrissages à Washington et à New York, mais retardé jusqu’au 11 mars par les autorités portuaires new-yorkaises qui s’opposent pour six mois au survol local du Concorde, l’avion dessert plusieurs destinations transatlantiques.

Avec le peu de choix qu’elles avaient en destinations, Air France et British Airways ont commencé les transatlantiques avec Washington (District de Columbia) le 24 mai. Finalement, en 1977, les nuisances sonores que les New-Yorkais devaient subir ont été annulées par les avantages de Concorde et la liaison Paris et Londres vers l’aéroport new-yorkais John-F. Kennedy commence le 22 novembre 1977.

Jusqu’en 1983, les destinations pour Air France sont : Rio de Janeiro, Caracas, Dakar, Mexico, Washington, Dallas et New York.

À partir de 1983, pour rentabiliser au maximum son supersonique, la compagnie française réduit ses vols à la seule destination de New York, assurant cependant et en plus des vols spéciaux appelés charters, et des tours du monde.

Le temps de vol moyen sur l’un ou l’autre itinéraire est environ de trois heures et demie. D’ailleurs, jusqu’en 2003, Air France et British Airways ont continué à avoir des liaisons quotidiennes avec New York. En plus, Concorde a volé vers la Barbade pendant la saison de vacances d’hiver et, de temps en temps, aux destinations de Rovaniemi en Finlande.

Le 1er novembre 1986, un Concorde fait le tour du monde en trente-et-une heures et cinquante-et-une minutes.

Une vraie formule 1 : l’entretien du Concorde avec les contraintes exigées, sécurité des vols, ponctualité, régularité du passage en vol supersonique, peut être effectivement assimilé à l’entretien d’une Formule 1, donc gourmand en heures de main-d’œuvre et en pièces.

À titre de comparaison, la maintenance d’un Concorde est de 18 à 20 heures par heure de vol alors que celle d’un avion classique en 2015 est en moyenne de 2 heures.

Par ailleurs, le nombre réduit de vols entraîne des stationnements prolongés au sol.

D’autant que l’arrivée du Concorde entraîne une petite révolution en maintenance puisque les circuits étaient commandés en électrique et en hydraulique, avec pour certains, des tests embarqués pour faciliter le dépannage.

Il a fallu repenser les métiers des mécaniciens et électriciens pour entretenir les Concorde : l’électronique faisait son entrée dans tous les circuits en commande et en surveillance.

 

En effet, Concorde est le premier avion civil à disposer de commandes de vol entièrement électriques et analogiques (fly-by-wire) : en vol supersonique se produisait une augmentation importante de température sur la cellule, ce qui provoquait l'allongement du fuselage. Comme une transmission par câbles aurait été trop compliquée, on a opté pour des commandes entièrement électriques. Toujours pour la même raison, l'avion dispose de réacteurs reliés en thrust-by-wire, ancêtres des réacteurs actuels contrôlés par FADEC.

Le pilote automatique permet une gestion automatique de la puissance (ou encore « auto-manette »), autorisant un contrôle « mains libres » (ou hands off) de l’avion de la montée initiale à l’atterrissage. L'électricité à bord est générée par des IDG (Integrated Driving Generator), prédécesseurs et de même technologie que ceux montés sur les avions actuels (Airbus et Boeing).

Le Concorde dispose de trois circuits hydrauliques à haute pression de 28 MPa soit 4.000 PSI pour les composants légers à circuits hydrauliques utilisant un liquide hydraulique à huile synthétique (M2 V) résistant à haute température.

Pour le freinage, Concorde est équipé d'un système SPAD (système perfectionné antidérapant) de contrôle de glissement, c’est-à-dire de l’écart de vitesse entre roues freinées et roues non freinées, l’ancêtre de l’ABS.

Par rapport au principe de contrôle de la décélération angulaire des roues freinées, ce système permet de réduire les distances d’arrêt de 15 % sur sol sec et d’améliorer la sécurité sur sol mouillé. Ce système a été repris par Airbus et sur les avions militaires français à partir du Mirage F1.

Le système de freinage est contrôlé électriquement. Une commande agit sur une servovalve faisant interface entre la consigne électrique d'entrée et la grandeur hydraulique (débit ou pression) agissant sur les freins hydrauliques. Un système qui remplaçait les commandes classiques hydromécaniques plus lourdes et plus complexes à installer. Ce système a été complété sur les avions d'Airbus par l’orientation de la roue avant sur l’A320.

Des disques de freins en carbone ventilés offrent un gain de masse de 500 kg par rapport à des disques en acier, ainsi qu'une meilleure tenue à l’échauffement.

 

Le rééquilibrage des masses (gestion du centrage) permet une optimisation des performances. Pendant toutes les phases de vol, le carburant est déplacé afin de positionner au mieux le centre de gravité par rapport au centre de poussée dans la phase de vol concernée (centrage avant en subsonique, centrage arrière pour le vol supersonique), ce qui réduit la trainée en contrôlant l’assiette mise ainsi en équilibre permanent.

Des pièces sont usinées à partir d’une ébauche unique (et non issues d’un assemblage), ce qui permet de réduire la masse et la nomenclature des composants.

Les gouvernes de direction et élevons sont constitués de matériaux composites. Toutefois, il s'est révélé que le vieillissement du matériau entraînait des pertes partielles de gouvernes, particulièrement de direction.

 

Certaines de ces nouveautés technologiques avaient 20 ans d’avance. Si les coûts de conception ont été élevés, cela a permis aux constructeurs aéronautiques français et anglais de rester dans la course avec les États-Unis, puis de créer Airbus.

Nombre de ces améliorations sont maintenant des standards dans les avions de ligne actuels. Par ailleurs, la Snecma a commencé à construire des moteurs pour l’aviation civile avec le Concorde, et l’expérience qu’elle en tire lui donne l’expertise technique nécessaire à l’établissement du consortium CFM International avec General Electric, qui produit avec succès le moteur CFM56.

Un avion qui vole aux confins de la stratosphère : la vitesse de croisière du Concorde est de Mach 2,02 à une altitude variant de 16.000 à 18.000 mètres. De toute façon, malgré la puissance de ses quatre moteurs, à 10.000 mètres, l’altitude habituelle des vols commerciaux transatlantiques, il est à peine supersonique !

Il est doté d’une aile magnifique en delta spécifique, dite « gothique », et de moteurs à postcombustion développés d’abord pour le bombardier britannique Avro Vulcan.

 

S’il arrive en début d’après-midi à Heathrow, un aéroport qui n’avait rien à voir avec