LES MAÎTRES DU MONDE Flux

L’objectif affiché des « Maîtres du monde ».

 

Vous finirez par leur dire « Merci » !

 

Et depuis toujours, d’ailleurs. Puisqu’ils œuvrent pour « votre bonheur » sans que vous ne le sachiez.

Bon, tant pis s’il y a de « la casse » entre-temps : C’est une nécessité incontournable et donc acceptable.

« Il y en a certains au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'il peuvent avoir des postes là-bas… », après les « gens de rien », le quinquennat des « sans-dents » et celui du « Kaas-toi-pôv’-kon ! » il n’y a aucune raison de se révolter, braves-gens !

 

C’est en tout cas ce qu’il ressort des dernières trivialités de la semaine passée.

Quand il punit de son verbe des ouvriers blousés, qui manifestent contre un sort injuste au lieu de toquer à la porte d’une fonderie corrézienne (qui n’a pas les moyens de tous les accueillir à 150 km de là), le seul « bordel » est celui des commentaires qu’on ne veut pas comprendre.

« Jupiter » a voulu dire quelque chose d’important au salariat : On a raison de ne pas se révolter.

Ce n’est pas rien, d’admettre cela, quand toute l’histoire du mouvement ouvrier fut un refus et un combat, contre l’absolutisme patronal jadis, les inégalités sociales ensuite, et depuis cinquante ans contre la mort des usines : La fin d’un monde sans douceur, mais structurant…

Tout cela s’achève rudement pour que l’on comprenne. Et les cris sont vains désormais, comme les grèves ou les manifestations.

Il faut accepter, d’abord, et faire confiance, et, dominés, s’en remettre aux dominants : Seuls survivront « les soumis » aux « Maîtres du monde », car ils comprennent le monde et diront « merci » à leurs maîtres.

 

Tout se tient, alors, dans la séquence ouvrière du chef de l’État, qui l’a vu pérégriner des Hauts-de-France à l’Aquitaine, du soulagement des Whirlpool – fabriquant de lave-vaisselles lestés d’un plan social décent et d’un repreneur ambitieux – et de l’espérance des Amazon – jeunes gens embauchés par le géant de la distribution, agrégés à une culture de secte productive – à la colère des GM&S, ces sous-traitants de l’automobile qui laissent 156 camarades sur le carreau…

Ce président n’a pas vraiment courtisé les ouvriers. Il les a triés. Il s’est montré, chez les Whirlpool, urbain et attentif, humain et concerné.

Avec les GM&S, il était agacé et brutal, par ses mots et les lacrymogènes de ses forces de l’ordre. Il n’y avait là ni dérapage ni contradiction, mais une cohérence absolue, politique.

Doux avec ceux qui s’en sortent, parce qu’ils l’ont mérité. Dur avec ceux qui fuient leur destin.

 

Ainsi se transforme une société. Il trie manifestement entre ceux qu’il repousse ou ceux qu’il agrée. À ceux-là, il ne leur ment pas sur ce qu’il est, ce qu’il veut, ce qu’il faut selon lui : En finir avec l’illusion des luttes qui n’apportent aux salariés que plus de malheurs et attisent la méfiance du capitalisme envers une « Gauloisie-rétive ».

Cette dialectique trouve sa quintessence à Amiens, la ville natale de « Jupiter ». On ne peut pas comprendre ce qui se joue autour de Whirlpool sans se souvenir d’une autre usine, qui s’appelait Goodyear, devenue le repoussoir du « monde d’après ». On y fabriquait des pneus. Goodyear a été l’ultime forteresse ouvrière, un combat de sept ans, un défi lancé à une multinationale et aux autorités et ce combat méritait une punition exemplaire. Cela s’est mal terminé.

Les ouvriers ont payé leurs refus du chômage et de la stigmatisation. On les accuse désormais d’avoir fabriqué leur propre malheur par leur intransigeance. Leurs leaders ont été condamnés pour violences et séquestrations.

On les ostracise.

Eux pensaient simplement vivre debout : Gag !

Sans se soumettre ? Allons donc…

 

Souvenez-vous, en 2007, Goodyear-Dunlop décide de rapprocher deux usines à Amiens et pour cela veut réorganiser la production. Il faut accepter les « 4-8 », un système de roulement efficace (quatre équipes se relaient toutes les huit heures, y compris le week-end) mais destructeur pour les familles des ouvriers.

On y perd ses repères, ses week-ends et ce qui reste de sa vie. Les ouvriers votent, sous une menace explicite : En cas de refus, les licenciements tomberont.

Un site accepte, Dunlop, l’autre refuse, Goodyear.

Dunlop sera préservé et Goodyear, méthodiquement puni, étouffé, voué à l’obsolescence et au saignement des effectifs.

Cela durera des années.

 

Ils sont défendus par un avocat militant communiste depuis ses 17 ans, adversaire des multinationales, qui organise une stratégie d’empêchement des plans sociaux.

La multinationale est battue dans les prétoires, encore et encore. Chaque succès judiciaire fait gagner une poignée de mois aux salariés. Ce n’est pas rien. À l’arrivée, ils perdent tout, et jusqu’à la patience des politiques.

Même les « soces », « Monte-et-bourre-la » et « Tagada-à-la-fraise-des-bois », qui les courtisaient, se lassent de leur dureté.

La CGT des Goodyear est trop rouge. Son leader se présente aux législatives de 2012. Font-ils de la politique anticapitaliste ou du syndicalisme ?

Une tentative de reprise par Titan, fabriquant américain de pneus, échoue.

Le PDG, « Jupitérien » avant l’heure, dénonce les « timbrés de la CGT » et le modèle « gauloisien » : « La journée d’un ouvrier français fait sept heures payées mais les ouvriers prennent une heure pour déjeuner et faire des pauses, ils travaillent trois heures, et les trois autres heures ils s’assoient ou se promènent et discutent. Il faudrait dérouler le tapis rouge à toutes les entreprises qui veulent investir de l’argent en France ! Bientôt, même Michelin ne produira plus de pneus en France parce que c’est trop cher ! »

Ça fait longtemps que la « Michelin » a délocalisé. Ça paye le siège et les scories « Gauloisiennes ».

 

Les années de la crise Goodyear sont celles de la transhumance idéologique de la gôche. «J’aime l’entreprise », proclamait « Menuet-Valse ». Il faut être attractif aux capitaux étrangers. Il faut s’adapter.

Goodyear disparaît. La multinationale finit par obtenir la fermeture de l’usine en 2014. Des centaines de Goodyear restent sur le carreau. Ils s’égaillent dans l’intérim. Ils sont ceux qui se sont battus pour leur malheur.

 

La crise Whirlpool survient ensuite, dans une classe ouvrière amiénoise échaudée.

C’est en janvier 2017, le 24, que les salariés apprennent la délocalisation à venir et la fermeture prévue en 2018. Dans le saisissement, ils savent une chose. « Nous ne serons pas les Goodyear », murmure-t-on. Ils se le disent. On le leur conseille.

« Les Goodyear ne retrouvent pas de travail, ils sont marqués par ce qui est arrivé, ils font peur aux patrons, on nous le disait, on avait ça en tête », dit la responsable de la CGC-CFE.

Cela calme. Et les Whirlpool ne franchiront pas les lignes. On les accompagnera.

Ils joueront le jeu avec la puissance publique, allant chercher les autorités contre leur actionnaire. Les « politiques » aussi, échaudés, se montrent « constructifs ». Quand la crise se noue, « Jupiter » est en campagne. C’est le gouvernement « Casa-toute-neuve » et son secrétaire d'État à l’Industrie « Chris-la-Scie-rit-gue » qui démontrent que la social-démocratie, au bout du compte, n’aura pas été inutile : La Loi Florange fait obligation à Whirlpool de trouver un repreneur. Un plan social est mis en route. Les salariés s’en sortent bien. Ils toucheront des indemnités avant d’être repris. Les intérimaires restent en l’air…

Dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, « Manu-Mac-Rond » est venu à Amiens. Il dit aux ouvriers, en face, que Whirlpool ne sera pas sauvé, mais que eux, on ne les abandonnera pas. Il trie le bon grain ouvrier de l’ivraie : « Qu’est-ce qui s’est passé à Goodyear ? Vous n’avez pas une intersyndicale et des salariés qui ont pris leurs responsabilités comme vous. Ils ont tout bloqué. Vous n’avez pas été dans la surenchère, vous avez préservé l’image du site et l’intérêt des salariés. ».

Ainsi désignés « responsables », les Whirlpool échappent au sort des Goodyear.

Ceux qui luttent, contestent, manifestent, finissent par saboter et dégoûter les investisseurs. Il faut les réduire, dans l’intérêt même des travailleurs.

Il faut combattre ceux qui entraînent les ouvriers dans des mauvais combats.

La CGT était responsable de la chute de Goodyear. Les manifestants empêcheraient la reconversion des GM&S : La sagesse des Whirlpool les a sauvés.

 

Tout ceci n’est pas qu’une simple actualité. S’agitent des forces qui vous dépassent. Les destins des ouvriers de la Somme ou de la Creuse sont l’aboutissement d’une longue parade de défaites. En 1978-79 les syndicats, CGT en tête, avaient jeté toutes leurs forces contre des plans de restructuration de la sidérurgie, dans des protestations culminant en une manifestation monstre à Paris. En vain : Elle n’existe plus.

Le paysage industriel serait éradiqué, dévasté : C’est le « meilleur » pour les « Maîtres du monde » et vous leur direz « merci ! ».

La classe ouvrière organisée, dès son premier combat, avait perdu. Elle lutterait pourtant, et encore, contre « la casse », pour « l’outil de travail », jusqu’à l’épuisement.

Jusqu’à l’épuisement ? Goodyear apparaît comme la fin d’un cycle. Whirlpool, un nouveau modèle. L’acceptation comme seule voie de salut : Le monde est ainsi, avec lequel on ne transige pas.

 

« Jupiter » verbalise en fait un ajustement au monde réel. Mais il renoue, en même temps, avec un discours patronal venu de très loin : « La grève, c’est une barbarie ! C’est quelque chose que le gouvernement a le devoir de conjurer et d’éviter », lançait en 1901 le député Joseph Thierry, porte-parole du grand commerce marseillais (cité dans « Les Patrons et la politique », de Jean Garrigues).

Au XIXème siècle, et à nouveau au début du XXème, le patronat obtenait des gouvernements que la troupe tire sur les ouvriers révoltés. Le patronat organisait des syndicats « jaunes », comprenant ses raisons, prônant « un mouvement ouvrier nouveau, bien français, sage, ennemi de la politique, proclamant hautement un désir sincère d’entente et de conciliation » lit-on dans « Les Patrons et la politique »…

On croirait entendre les odes à la responsabilité de « Jupiter » qui se garde bien de faire référence au « modèle » d’Outre-Rhin qui a fait sa révolution-syndicale depuis bien des décennies et avec le succès que l’on sait…

 

Tout ne se vaut pas. Les gaz lacrymogènes utilisés contre les GM&S ne sont pas les balles des troupes de Clemenceau et les ouvriers de Whirlpool ne sont pas « des jaunes ». Mais la dialectique reste inchangée. À nouveau, les raisons du capitalisme s’imposent. À nouveau, le pouvoir politique n’admet pas que des ouvriers, égarés, échappent à cette logique.

« Jupiter » fustigeant les meneurs de Goodyear, semble un écho du Premier ministre « Pierrot-Messe-mer », qui vitupérait en 1973 contre les ouvriers de l’entreprise d’horlogerie Lip.

Menacés de licenciement, ceux-là s’étaient appropriés le stock de montres de l’usine, le vendait directement au consommateur et s’embarquaient dans l’autogestion soutenus par « Roro-Card » : Ce fut aussi une légende ouvrière et un rude conflit. On était dans l’après mai-68, au temps des utopies. Pour « Messe-mer » alors « premier-sinistre », cette échappée était une profanation.

« L’obstination et l'aveuglement de certains dirigeants syndicaux ont porté à cette entreprise un coup mortel », dénonçait-il, un jour de blocage de négociations. « Les ouvriers de Lip ne méritaient pas le malheur dans lequel des dirigeants aveugles, emportés par la passion, les ont plongés. »

Rappelons que, globalement, Monsieur Lip avait vendu et s’était tiré en croisière-perpétuelle au soleil, ras-le-bol de se lever tous les matins pour affronter ses syndicats : On peut aussi comprendre que « donner du travail » à autrui soit un travail épuisant.

 

Notez quand même l’étrange et étonnante permanence du vocabulaire, entre le vétéran « Messe-mer » et l’encore jeune « Jupiter », à 44 ans de distance !

Le monde était déjà et est une restauration contrainte. « Messe-mer », jadis, ou les maîtres de Forges, ne faisaient que conforter les hiérarchies sociales et politiques.

« Jupiter » lui dispose d’un argument supplémentaire : En temps de crise, il est d’une urgence vitale de ne plus effaroucher l’investisseur et le salarié, traumatisé par tant de morts autour de lui, abdique pour sa survie. Il n’a pas d’autre choix, sauf à périr.

Qui a les moyens de tout perdre ? La violence subie par les Goodyear, dénoncés et châtiés, est une pédagogie par l’exemple…

 

Ainsi va le salariat, qui redoute le combat, non pas par amour du capitalisme ou respect de l’actionnaire, mais parce qu’il sait ce que valent les patrons, ce que médite l’ennemi, qui est fort. Ainsi vit le salariat, conscient de sa faiblesse. Ainsi médite le salariat : « On a raison de ne pas se révolter ».

Ainsi plaident ceux qui se battent : « Nous n’en mourrons pas ».

Est-ce si sûr ? Ne vaut-il pas mieux se faire petit, accepter et suivre alors ceux qui décident, qui gouvernent ?

Et leur dire « merci » ?

Ils sont « légitimes » et on en devient « légitimiste » : C’est la porte d’entrée de la « soumission ».

 

Ainsi avance « Jupiter » : Il réclame de l’ordre et de la confiance, qu’on le suive, qu’on l’écoute, que l’on ne perturbe rien, pour le bien même des salariés.

Sa bienveillance est autoritaire.

Ses réformes prévoient le licenciement des salariés qui se déroberont aux intérêts de l’entreprise. Il n’y a pas d’autre choix.

N’y aura-t-il jamais plus de luttes, plus de « romantisme » à la Zola, plus jamais le « tous ensemble » prémisse de l’ivresse des catastrophes ?

Juste des usines qui ferment et des salariés que l’on sauve, seulement ceux qui le méritent s’ils ne perturbent pas la juste marche de l’économie, s’ils n’embarrassent la « Gauloisie-en-marche » aux yeux du monde.

Qu’ils acceptent, simplement : Il n’y a pas d’humiliation et le bon docteur « Manu-le-Jupitérien » a été choisi pour faire passer le message.

Désormais, il leur vaudra mieux cela qu’être désignés comme fauteur de troubles !

La classe ouvrière ne peut qu’écouter et dire « merci ».

Parce qu’elle n’est plus une « classe », mais des individus tenaillés par le risque.

Et il y aura un avenir. On formera ses enfants à ces réalités dans un monde sans mémoire de l’économie nouvelle qui avance.

Je ne « romance » pas : Ça s’est passé de la sorte sous vos yeux et vous n’avez rien vu.

Mais au bout, vous finirez par dire « merci » à vos « Maîtres bienveillants ».

De toute façon, ils ont besoin de vous pour bouffer les saloperies qu’ils vous diront de bouffer, même s’il y a de l’aluminium dans les vaccins de vos gamins et des métaux-lourds dans vos smartphones. Ce n’est pas bien grave : Il faut bien mourir de quelque chose, après tout.

 

I3

http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/10/vous-finirez-par-leur-dire-merci.html

 


Bilderberg, club secret des «maîtres du monde» (II)


LA CREME DE L'ELITE MONDIALE SE REUNIT A CHANTILLY


Le groupe Bilderberg doit tenir sa prochaine conférence à une dizaine de kilomètres de l'aéroport J.F. Dulles de Washington, à Chantilly (Virginie), entre les 30 mai et 2 juin 2002. Tous les printemps, les dirigeants industriels et politiques occidentaux qui composent ce club prestigieux se retrouvent pour débattre d'enjeux politiques majeurs, dans le cadre de luxueux hôtels et à l'abri de toute ingérence démocratique indésirable. Un des thèmes pressentis pour cette édition : la promotion de la prochaine guerre contre l'Irak.
La conférence 2002 du groupe Bilderberg va se tenir sur le site de Westfields Marriot, à Chantilly (E.-U.), du 30 mai au 2 juin 2002. C'est le journaliste américain Jim Tucker, inlassable traqueur du "power elite", qui nous l'apprend dans une dépêche d'American Free Press du 31 mars 2002 (1).

Depuis 1954, les conférences du groupe Bilderberg réunissent chaque printemps de grands noms de la finance, de l'industrie, de la politique et des institutions internationales. Elles se tiennent tous les ans dans un pays différent, la plupart du temps en Europe. Un hôtel de luxe à l'écart des centres urbains est retenu à cet effet et est occupé pendant plusieurs jours. Les discussions se déroulent à huis clos, sous haute protection. Une confidentialité totale est exigée des participants. Aucune conférence de presse n'est donnée à la fin des débats.
En dépit de la participation récurrente aux conférences Bilderberg de personnalités de la presse (2), les media n'en parlent quasiment pas.

En 1998, un journaliste écossais qui a voulu transmettre des informations à propos d'une de ces conférences a été arrêté et détenu plusieurs heures (3). En 1976, selon un sociologue britannique à qui l'on doit une étude sur la genèse du fameux club, le journaliste Gordon Tether perdit sa place au "Financial Times" pour avoir tenté de publier un article de trop sur le sujet. Un an plus tôt, ce journaliste s'était distingué en expliquant dans les colonnes du grand journal britannique que, "si le groupe Bilderberg n'a rien d'une conspiration d'aucune sorte, tout est fait comme s'il s'agissait d'en donner l'apparence" (4).
Nonobstant, quelques articles sont parus çà et là sur son compte, dans une presse principalement anglo-saxone (5), et des auteurs crédibles commencent à lui consacrer quelques-uns de leurs paragraphes. On peut ainsi se référer aux évocations proposées chez Denis Robert, J. Mander et E. Goldsmith, ou encore l'Observatoire de l'Europe industrielle (6). Il est également arrivé à des institutions officielles de lâcher quelques bribes d'information. Devant ces débuts de médiatisation, et pour endiguer les rumeurs de conspiration qui circulent à son propos, le "steering comitee" du groupe a pris l'habitude de se fendre d'un communiqué en ouverture de ses conférences et de fournir la liste des participants (7).

La question soulevée par l'existence d'un tel organe est celle de son influence supposée dans les décisions politiques prises par les institutions (gouvernements, Union européenne, organisations internationales, institutions monétaires, etc.). Il s'agit là d'une question importante qui concerne directement la démocratie. A la critique de cette influence potentielle est systématiquement opposée une minimisation de la portée politique des débats organisés au sein du club. Essayons de traiter la chose, en nous efforçant de faire la part de la réalité entre un langage officiel lénifiant, et les excès d'une vision qui ferait du mystérieux gang une sorte de "gouvernement mondial" secret. Nous verrons alors dans quelle mesure la singularité du groupe peut justifier une dénonciation particulière, en particulier dans le contexte de la défense contre la globalisation dite libérale.

Un "forum international" ou des dirigeants expriment leur "position personnelle"

Le groupe Bilderberg se présente comme un "forum international" où des "dirigeants politiques et économiques expriment leur position personnelle sur des thèmes d'intérêt général, notamment dans les domaines de la politique étrangère et de l'économie internationale" (8).
La conférence qui s'est tenue en Suède entre les 24 et 27 mai 2001 accueillait des personnalités comme Michel Bon (France Télécom), Jürgen Schrempp (Daimler-Chrysler), les commissaires européens Pascal Lamy, Mario Monti et Franz Fischler, le secrétaire général de l'OTAN George Robertson, l'actuel président du Parlement européen Pat Cox ou encore Jean-Claude Trichet ; elle était consacrée à des sujets aussi variés que la sécurité alimentaire ou l'avenir de l'OTAN (9). Le groupe Bilderberg est donc un "forum international" où un patron d'opérateur de télécommunications peut exprimer en compagnie de dirigeants d'institutions sa "position personnelle" à l'égard de notre nourriture ou de partenariats stratégiques et militaires.

Cela veut-il dire que les industriels qui fréquentent le Bilderberg expriment forcément leur "position personnelle" de manière systématique et sur tous les thèmes abordés pendant les conférences ? Selon le journaliste Nicolas Beytout, les dirigeants d'entreprises viennent surtout "compenser leur manque" de connaissances dans les différents domaines traités (10). Cela signifierait que le patronat mondial pourrait avoir plus de choses à entendre de la bouche d'un secrétaire général de l'OTAN que ce que dit ce dernier dans ses communiqués de presse et dans ses interviews. Que cela soit substantiellement le cas ou non, nous sommes en face d'une situation où des figures du secteur privé participent à des séminaires secrets d'information politique, diplomatique et militaire.

Enfin, une relation a été constatée entre les domaines dans lesquels des participants, en particulier des commissaires européens, exerçaient des responsabilités institutionnelles, et des sujets de débats prévus dans ces conférences : par exemple l'avenir de certains pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne, le marché UE/USA ou encore le marché intérieur européen (11), et ce dans des périodes où ces thèmes remplissaient probablement l'actualité internationale. Si "aucune décision formelle" n'est prise à la faveur de ces réunions, on peut néanmoins augurer de l'influence probable que peuvent exercer celles-ci sur les choix qui s'ensuivent dans les cadres officiels. A certains moments de l'histoire, cette influence a pu se montrer singulièrement décisive (12).

Confidentialité, vis-à-vis de qui ?

Ces conférences annuelles où des dirigeants "expriment leurs positions personnelles" se déroulent dans une confidentialité quasi complète, qu'elles se tiennent en Europe ou aux Etats-Unis.

Comme le défend le professeur Patrick Minford, dans un "monde libre", rien ne doit pouvoir empêcher des individus de quelque qualité que ce soit "d'avoir des discussions secrètes" et de parler librement entre eux.
Sauf que : les conférences Bilderberg n'ont, dans le fond, pas grand-chose de confidentiel. C'est ce que je déduis de mon échange avec le journaliste Nicolas Beytout. Pour Nicolas Beytout (13), la confidentialité "totale" qui viserait à garantir aux Bilderbergers "une liberté de ton [là encore...] totale", est exigée "vis-à-vis des media". Et il précise : dans la mesure où "les sujets [abordés au cours de ces week-ends élitistes] portent plus à réflexion qu'à information, les media n'y trouvent pas, en général, leur compte".

Les medias trouvent leur compte dans les conférences Bilderberg, puisque non seulement les sujets abordés sont traités par la presse lorsqu'ils font l'objet de débats officiels et médiatisés, mais encore parce que ces conférences accueillent chaque année plusieurs journalistes et patrons de rédactions (14). Mis devant cette contradiction, M. Beytout se garde de répondre clairement, et évoque l'utilité pour les "hommes de presse" de participer à ces réflexions "dans ce qu'ils peuvent ressentir de l'évolution des opinions" (15). Tiens donc. S'il s'agit de rendre compte des états d'âme de l'opinion publique aux séminaristes prestigieux du groupe Bilderberg, ceux-ci pourraient pourtant lire les sondages et les articles que des journaux sérieux sont supposés fournir sur le sujet...

Le groupe Bilderberg ne cultive donc pas de confidentialité à l'égard de la presse: il n'a rien à cacher à celle-ci puisqu'elle est invitée aux débats. Il s'agit en réalité de faire observer par les media le respect d'une "confidentialité totale" vis-à-vis de leur public, c'est-à-dire vis-à-vis des citoyens.
Cette confidentialité partagée par la presse alimente le défi que pose ce "forum" à la démocratie. Il est probable que les gourous du groupe Bilderberg entendent conjurer le discrédit que pourrait jeter sur les institutions démocratiques l'existence au vu et au su des citoyens d'un type de forum aussi original, ce qui n'est pas signe d'une conscience tranquille dans le fond. Ulf Bjereld, professeur de sciences politiques à Göteborg, résume ainsi la situation: "des gens de pouvoir élaborent des consensus derrière des portes closes sur des enjeux politiques d'actualité" (16). Des décisions politiques officielles peuvent être conditionnées ou prédéterminées par des ententes dont nous ignorons, en raison du secret qui les entoure, les véritables tenants et promoteurs.

En outre, bien qu'ils soient privés, chacun de ces grands rendez-vous annuels bénéficie des services de protection du pays qui l'accueille. Les gouvernements couvrent donc l'existence de ces rencontres secrètes. Les contribuables, qui ne bénéficient pas de la protection de l'armée ou des services secrets quand ils organisent un barbecue, financent la discrétion et la sécurité d'un séminaire select et underground où l'élite occidentale - c'est-à-dire "mondiale" - discute de l'avenir de la société à leur insu.
Mais qui, précisément, discute de l'avenir de la société à notre insu ?

L'Internationale Capitaliste

Nous avons déjà entrouvert la porte et pu apprécié la qualité de quelques personnes prises en pleine bilderbergerie. Ouvrons davantage. Il nous faut distinguer maintenant les figures permanentes du clan et les invités occasionnels.

Les grands cardinaux de ce conclave planétaire sont, pêle-mêle, des patrons de banques (Lazard Frères & Co., Barclays, Chase Manhattan Bank, Goldman Sachs, Deutsche Bank, Société générale de Belgique, UBS-Warburg, ex-Paribas), des administrateurs de groupes industriels (Unilever, Fiat, Daimler-Chrysler, Xerox Company, Lafarge, TotalFinaElf, etc.), plusieurs Commissaires européens (Mario Monti a siégé plusieurs années au comité directeur du Bilderberg), des responsables de grands instituts d'études (l'IFRI s'agissant de la France), un secrétaire général de l'OTAN, un dirigeant de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international, un célèbre criminel de guerre toujours en liberté et dont le calepin renferme les noms de plusieurs dictateurs et de patrons de la CIA (17), ou encore des hommes d'affaires si proches des milieux politiques que l'un d'eux a pu longtemps être considéré comme un "secrétaire d'Etat officieux" des Etats-Unis, une sorte d'"ambassadeur extraordinaire" de l'Amérique (18).

Riche d'une telle composition, le groupe Bilderberg aurait contribué au fil de ses cinq décennies de palabres "à instaurer le type de capitalisme que nous connaissons aujourd'hui et à solidariser entre elles les principales élites mondiales des affaires", comme l'explique le rédacteur en chef d'un journal suédois (19). En somme, le Bilderberg abrite des discussions sur des thèmes "d'intérêt général" menées par une caste aux "intérêts" éminemment particuliers.

Cette Internationale Capitaliste accueille en sus, dans le huis clos de ses jamborees annuels, des "personnalités influentes" sélectionnées avec soin et qu'on remplace tous les ans. Pour ces chanceux, l'honneur de recevoir une invitation au Bilderberg est la plupart du temps le signe d'une consécration prestigieuse dans leur carrière. On peut trouver cela puéril, mais c'est comme ça. "When you have scaled the Bilderberg, you are arrived", aurait conclu un article de "The Economist" publié dans les années 1980 (20).

Outre des représentants de la presse et des media comme nous l'avons vu, figurent ainsi d'autres personnalités de la finance et représentants de firmes industrielles (Monsanto, Ford, Philips, Nestlé, etc.), des ministres européens en exercice, des sénateurs et secrétaires gouvernementaux nord-américains, des économistes, des responsables de partis politiques, etc.

Au chapitre politique, la France a été représentée ces dernières années par Hubert Védrine (1992), alors secrétaire général de la Présidence de la République ; Patrick Devedjian (1993), Laurent Fabius (1994), Pierre Lellouche (1996) ou encore Lionel Jospin (1996). Quatre décennies plus tôt, les discrets et puissants fondateurs du groupe Bilderberg invitaient à leur conférence inaugurale Antoine Pinay (droite) et Guy Mollet (socialiste) (21). Côté anglo-saxon, retenons les participations de Bill Clinton, introduit dans le club en 1991 grâce aux soins de son ami Vernon Jordan, et probablement de Tony Blair en 1993 et en 1998. MM. Blair et Clinton, comme probablement d'autres personnalités politiques, auraient ainsi été briefés (par le sommet de l'élite financière et industrielle) peu de temps avant leur arrivée au pouvoir (soutenus par les financiers et les industriels).
Riche d'une telle clientèle, le groupe Bilderberg n'a-t-il pas les attributs qui feraient de lui l'un des principaux cercles où se pilotent consensuellement à la fois la construction européenne depuis ses débuts, et la globalisation dite libérale depuis la chute de l'empire soviétique ?

Bilderberg, et alors ?

Le groupe Bilderberg serait donc une sorte de groupe de pression. En quoi se distingue-t-il d'autres groupes de pression ? Cette interrogation peut être utile pour déterminer s'il mérite une médiatisation et justifierait une dénonciation particulière. Dépiautons la bête.
Par sa faculté à appâter vers sa sphère sociale (le nec plus ultra) et idéologique (libérale) des individus d'horizons supposés antagonistes, le groupe Bilderberg constitue un sommet des clubs aristocratiques où se nouent les connivences transversales.

Alors que les discours convenus décrivent une organisation en pans verticaux des appartenances politiques (droite, gauche, centre, extrêmes), les consensus s'élaborent bien souvent selon des modes horizontaux que formalisent divers réseaux ou clubs. En France, le "Siècle", l'ex-Fondation Saint-Simon (22), tel institut de recherches politiques ou même une simple chambre de commerce, sont autant de vecteurs de connivence entre droite classique, Parti socialiste, media et cercles d'affaires. Ils peuvent constituer à cet égard des exemples, à une échelle nationale, de ce qu'est, plus ou moins, le groupe Bilderberg. La singularité de ce dernier subsistant évidemment du point de vue de l'envergure (mondiale) et dans les aspects formels (pas d'existence juridique, clandestinité des rencontres, protection et complicité des pouvoirs publics, aucune formalisation des travaux).

Par sa manie de traiter des thèmes à la fois majeurs et variés de l'actualité politique mondiale et par les fonctions éminentes occupées par ses membres, le groupe Bilderberg exercerait une influence sur l'élaboration des politiques publiques.
Ce genre de rôle est également assumé par des lobbies autrement plus visibles. De nombreuses structures privées publient des rapports annuels (destinés à un lectorat spécifique), adressent des "recommandations" aux gouvernements sur leur politique intérieure, fournissent une expertise et des documents de travail aux institutions, concentrent leurs capacités de pression sur des débats législatifs, élaborent à huis clos les termes des futures négociations de traités relatifs au commerce (23), etc. Contrairement au groupe Bilderberg, les interventions de ces organes sont généralement plus localisées et plus sectorielles. Leurs travaux, souvent publiés, sont exploitables par la critique, tandis que ceux du groupe Bilderberg ne le sont pas. Enfin, ces différents organes sont structurellement extérieurs au pouvoir politique, tandis que le Bilderberg agrège à la fois des personnels politiques et des grands pontes du pouvoir privé.

Le groupe Bilderberg se situe en définitive au confluent de ces différentes catégories.
Sa singularité réside dans la synthèse globale et informelle qu'il constitue. D'une part, il serait identifiable à une sorte de clef de voûte de la hiérarchie des connivences. D'autre part, il jouerait un rôle de prescripteur informel, diffus, non démocratique, de la politique et de l'économie internationales, en exerçant une sorte de coordination partielle et implicite des acteurs de différents domaines. Il revêtirait plus ou moins les traits d'une sorte de conseil d'administration du monde, sans l'être formellement bien sûr.Une chose est certaine : son modèle informel et flexible remplit un besoin qui n'est probablement pas satisfait par d'autres types de plates-formes. Sa longévité prouve en fait la pertinence et le succès de la formule. Des personnes extrêmement prises dans leur temps ne s'isoleraient pas du monde pour trois jours de travail, surtout des week-ends, s'il ne s'agissait pas d'obtenir des résultats ou d'en tirer quelque chose de profitable.

Une médiatisation nécessaire


Les structures de lobbying et de connivence sont profuses et leurs interventions innombrables. De ce fait il est difficile de rendre leur action visible auprès du public. Toutes témoignent cependant d'un mode de fonctionnement de la société occidentale. La compréhension de ce fonctionnement par les citoyens est nécessaire à la clarté démocratique.
La médiatisation et la critique du groupe Bilderberg apparaît pertinente dans ce contexte. Le Bilderberg cristallise une certaine idée de la logique d'ensemble qui préside tacitement, par la propagation de discours et de normes, aux comportements des classes dirigeantes occidentales. En outre il faut admettre que les caractéristiques de ses grands-messes sont éloquentes : rencontres en catimini, migration d'une année sur l'autre, protection des services secrets, haute qualité des animateurs, etc. Elles peuvent donc focaliser l'attention. Bien que le "consensus capitaliste" et libéral réside aussi au-delà des hôtels de luxe où les congressistes du Bilderberg se retrouvent annuellement, notre fameux club est un objet d'étude original et révélateur d'une certaine façon dont les jeux de pouvoir se déroulent dans le "monde libre".
C'est ce genre de message que feront entendre les quelques manifestants américains qui tenteront peut-être de se réunir à l'occasion de la conférence de Chantilly, à partir du 30 mai prochain… Henry Kissinger échappera-t-il toujours à son entartement ?

 

Notes :


(1) http://www.americanfreepress.net/03_31_02/BILDERBERG_FOUND/bilderberg_found.html
L'information a été répercutée sur de nombreux sites Indymedia.
(2) Côté français, le journaliste Bernard Guetta, lorsqu'il dirigeait le "Nouvel Observateur", a été invité à la conférence de 1998 (Turnberry, Ecosse) ; Eric Le Boucher du "Monde" à la conférence 1999 (Sintra, Portugal) ; Nicolas Beytout, de RTL puis Europe 1 en passant par TF1 et les "Echos", a participé à la conférence 2001 (Stenungsund, Suède), comme il me l'a confirmé dans un courrier électronique du 18 juin 2001.
(3) Question H-932/98 posée à la Commission européenne par la députée Patricia McKenna, session novembre II 1998, Parlement européen.
(4) L'étude du sociologue britannique Mike Peters est consultable à l'adresse :
http://www.bilderberg.org/bildhist.htm#The
Toute une bibliographie et d'innombrables articles (de sources bigarrées) sont disponibles sur ce site non officiel. Mais l'étude de M Peters est notamment recommandée par le professeur Patrick Minford, de la Cardiff Business School, dont les références et les fréquentations ne font pas de lui un anti-capitaliste frénétique :
http://www.euro-know.org/letters997.html
(5) "The Guardian" et "The Observer" ont publié plusieurs articles sur le sujet. La conférence 2001, qui s'est tenue non loin de Göteborg, a été traitée par le journal suédois "Dagens Nyhetter". La participation de Bill Clinton à la conférence de 1991, soit un an avant son arrivée à la Maison-Blanche, a été évoquée par le "Washington Post" le 27 janvier 1998 :
http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/special/clinton/stories/jordan012798.htm
(6) "Révélation$" de Denis Robert (Les Arènes, 2001) ; "Le procès de la mondialisation" d'Edward Goldsmith et Jerry Mander (Fayard, 2001) ; "Europe Inc. Liaisons dangereuses entre institutions et milieux d'affaires européens", Observatoire de l'Europe industrielle (Agone, 2000).
(7) Les communiqués du groupe Bilderberg sont eux aussi disponibles sur le site http://bilderberg.org.
(8) Cette définition est également celle que donne la Commission européenne (réponse à la question H-932/98 de Patricia McKenna, novembre 1998).
(9) L'inscription de la sécurité alimentaire, de l'agriculture, de l'avenir de l'OTAN, de la défense européenne, de l'élargissement de l'UE, de la globalisation, de la Chine et de la Russie au menu des discussions de la conférence 2001 est révélée dans le communiqué de presse du 24 mai 2001. Ces thèmes, ainsi que, mais de manière implicite, la présence de Michel Bon, m'ont été confirmés par Nicolas Beytout (courrier électronique du 25 juin 2001). Cette conférence comptait à peu près une centaine de participants.
(10) Courrier électronique du 25 juin 2001.
(11) Question H-932/98 de Patricia McKenna, novembre 1998.
(12) Selon Mike Peters, qui cite l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne de l'Ouest George McGhee, le groupe Bilderberg joua un rôle principal dans la gestation des Traités de Rome, qui instituèrent en 1957 la Communauté économique européenne (CEE) et l'Euratom.
(13) Courrier électronique du 18 juin 2001.
(14) Etaient invités à la conférence 2001 des représentants des Echos et RTL (France), du Washington Post (Etats-Unis), du Times, du Financial Times, de The Economist (Royaume-Uni), du National Post, de l'International Journal (Canada), de Die Zeit, du groupe Burda Verlag (Allemagne), de La Stampa (Italie) et de Politiken (Danemark).
(15) Courrier électronique du 25 juin 2001.
(16) Reuters, 23 mai 2001.
(17) Henry Kissinger, dont les préoccupations d'ordre judiciaire dans plusieurs pays d'Europe ne sont peut-être pas étrangers à la délocalisation aux Etats-Unis de la conférence 2002 (lire "Les crimes de monsieur Kissinger", de Christopher Hitchens, Saint-Simon éd., 2001).
(18) L'homme d'affaires David Rockefeller, ainsi qualifié par "Le Monde" (26 octobre 2001). On doit à David Rockefeller, patron de la Chase Manhattan Bank, cette espèce de... prospective : "Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire" (Newsweek International, 1er février 1999). David Rockefeller a siégé pratiquement à toutes les conférences du groupe Bilderberg depuis la première, en 1954. Classé républicain, il a fondé la Commission Trilatérale au début des années 1970 avec son ami le démocrate Zbigniew Brzezinski. :
http://www.trilateral.org
(19) Goran Greider du "Dala-Demokraten" (Reuters, 23 mai 2001).
(20) "Elite and Discreet", 26 décembre 1987
http://www.bilderberg.org/bilder.htm#econ
(21) Le groupe Bilderberg doit son nom à l'hôtel néerlandais où eut lieu cette première conférence, en 1954. L'hôtel était la propriété d'un des fondateurs du club, le prince et ancien officier SS Bernhard des Pays-Bas. La création du Bilderberg aurait également bénéficié du concours d'un agent des services secrets britanniques, du président de la firme anglo-néerlandaise Unilever, et de Walter Bedell Smith, premier directeur de la CIA (cf. Mike Peters).
(22) Sur la Fondation Saint-Simon, lire "Les architectes du social-libéralisme", par Vincent Laurent ("Le Monde diplomatique", septembre 1998).
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/LAURENT/10967.html
(23) A cet égard, lire l'éloquent article "The WTO's Hidden Agenda" de Greg Palast, journaliste à la BBC et à "The Observer", évoquant des préparations secrètes aux négociations de l'OMC dans le domaine des services (9 novembre 2001).
http://www.gregpalast.com/detail.cfm?artid=105&row=0

Source : http://combat.pagesperso-orange.fr/boyer.htm

 


Bilderberg, club secret des «maîtres du monde» (I)

 

Quotidien N° 142 du 26/09/01. 

120 personnalités mondiales, dont le conseiller fédéral Pascal Couchepin et Daniel Vasella, le patron de Novartis, se sont réunies. Dans un très discret palace suédois.

Reportage par Roland Rossier

 

Stop.On ne passe pas. Interdit. «Förbjuden», en suédois. Pourtant, un curieux bonhomme portant un chapeau en feutre qui doit dater de la guerre froide tente d'accéder à l'intérieur du Quality Hotel Stenungsbaden, un palace situé à proximité de Göteborg. Peine perdue: l'hôtel a été entièrement loué. L'homme hésite un moment avant de rebrousser chemin. Mais pourquoi cet établissement balnéaire est-il aussi bien gardé que Fort Knox? Pourquoi ces grilles métalliques, cette armada de securitas, ces patrouilles de motards, ces hommes costauds en costume noir, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soleil, ces maîtres chiens, ces garde-côtes, cet hélicoptère? Quelles personnalités peut-il bien protéger? Abrite-t-il vraiment, comme le dit la rumeur, les «maîtres du monde»? Durant quatre jours, du 24 au 27 mai, le Club de Bilderberg s'est mis au vert dans la plus grande discrétion. Enfin, presque: cette débauche de moyens de sécurité a fini par alerter la presse locale. Bilderberg? Ce mystérieux organisme regroupant une centaine de leaders planétaires se réunit chaque année depuis 1954, sous les auspices de trois personnalités d'envergure mondiale: le richissime homme d'affaires américain David Rockefeller, le président de Fiat Giovanni Agnelli, l'ex-secrétaire d'Etat Henry Kissinger. La liste des invités tient du bottin de l'élite politico-économique mondiale: des grands patrons comme l'Allemand Jürgen Schrempp (DaimlerChrysler), le Suisse Daniel Vasella (Novartis), le Finlandais Jorma Ollila (Nokia), l'Américain Steve Case (AOL Time Warner), le Français Bertrand Collomb (Lafarge, numéro un des ciments), le Suédois Percy Barnevik (patron d'Investor, le bras financier de la puissante famille Wallenberg, sponsor de la réunion de Göteborg); des hommes politiques comme le Britannique Kenneth Clarke, chancelier de l'Echiquier (ministre des Affaires étrangères), le conseiller fédéral Pascal Couchepin , le ministre suédois de l'Economie Leif Pagrotsky, les sénateurs américains John Kerry ou Chuck Hagel; des éditeurs comme Katherine Graham («The Washington Post», «Newsweek») ou Conrad Black, le magnat de la presse canadienne. On y croise aussi des banquiers comme Karl Otto Pöhl (ancien président de la Bundesbank), James Wolfensohn (président de la Banque mondiale), Jean-Claude Trichet (gouverneur de la Banque de France), Michel Camdessus (ex-patron du FMI). Et même des têtes couronnées comme les reines Sophie d'Espagne ou Beatrix de Hollande. Toutes ces personnalités sont-elles réunies pour deviser des affaires du monde? Faute d'information officielle, seules des bribes s'échappent de ces réunions secrètes. Selon le quotidien suédois «Expressen-GT», les participants ont abordé cette année des questions aussi sensibles que la crise alimentaire, l'élargissement de l'Europe, l'avenir de l'OTAN et les projets militaires des Etats-Unis, l'arrivée au pouvoir de Silvio Berlusconi en Italie, les relations avec la Chine et la Russie. Excusez du peu. «Bilderberg n'est pas un club secret, c'est un club privé», a répondu un membre de l'organisme à un journaliste. Privé? Alors pourquoi des personnalités publiques s'y rendent-elles? Pourquoi, selon «Expressen-GT», 123 policiers - dont 10 accompagnés de chiens - ont-ils quadrillé le secteur? «Nos forces de police ont surtout été regroupées dans cette zone pour contrôler les excès de vitesse des citadins qui partent durant le week-end de l'Ascension», nous assure sans rire le porte-parole de la police municipale. Avant d'admettre que «la réunion de Stenungsbaden pose problème. Des skinheads veulent la perturber».

 

Rumeurs et fantasmes

«Nous ne sommes pas des comploteurs», nous a juste lâché Daniel Vasella avant de s'y rendre. On imagine effectivement mal toutes ces personnalités fomenter quoi que ce soit. Mais le secret excite la curiosité. Le mutisme affiché par le Club de Bilderberg alimente la machine à fantasmes. Toutes sortes de rumeurs courent sur son compte: son fondateur, le prince Bernard de Hollande, a été éclaboussé dans le cadre de l'affaire Lockheed (une vaste trame de pots-de-vin centrée sur ce fabricant américain d'avions militaires) et c'est en raison de ses ennuis que le club ne s'est pas réuni en 1976. Pire: le journal de gauche britannique «Big Issue» affirme que, au cours d'une réunion, des officiels de l'OTAN auraient décidé de laisser la Russie bombarder la Tchétchénie. Jim Tucker, un journaliste américain proche du nationaliste Pat Buchanan, assure de son côté que «les dirigeants de Bilderberg ont déstabilisé Margaret Thatcher, car elle était opposée à l'euro». Le club comprend un comité directeur, longtemps présidé par lord Peter Carrington, ex-secrétaire général de l'OTAN, un conseil d'une dizaine de sages (dont David Rockefeller et Giovanni Agnelli) et un conseil de représentants des principaux pays occidentaux. Ces représentants ont le droit d'inviter deux autres personnes. Le cocktail idéal est: un ministre ou homme politique de haut rang, un industriel ou banquier, un «intellectuel» (professeur, journaliste). La Suisse compte au moins un membre qui, avec les années, devient en quelque sorte titulaire d'une «chaire». Ces dernières années, elle a été occupée par l'ex-conseiller fédéral Flavio Cotti, le diplomate et homme d'affaires David de Pury et, aujourd'hui, le patron de Novartis Daniel Vasella. Directeur du «Temps Stratégique», Claude Monnier a participé à une réunion de Bilderberg: «J'y avais été invité par un dirigeant de Ciba-Geigy, en qualité de rédacteur en chef du "Journal de Genève". La rencontre avait eu lieu en 1974 à Megève, dans la propriété du banquier Edmond de Rothschild.» Le journaliste en conserve à peine le souvenir: «J'étais assis à la table des délégués allemands et je me suis trouvé une fois à côté de Walter Mondale, futur vice-président des Etats-Unis.» Claude Monnier ignore qu'il a peut-être déjeuné en compagnie d'un jeune député devenu aujourd'hui chancelier de l'Allemagne: Gerhard Schröder. Un des buts poursuivis par l'organisme est de sensibiliser les hommes politiques en devenir aux besoins de l'économie, de la grande industrie et du système financier international. Bill Clinton y a fait un saut en 1991, juste avant d'accéder à la présidence des Etats-Unis. Le Français Patrick Devedjian, étoile montante du RPR, ainsi que Tony Blair, ont assisté à la réunion de 1993.

 

Omerta de rigueur

«Nous ne croisons pas tous les jours dans l'ascenseur le patron de DaimlerChrysler», a confié à un journal suédois le ministre de l'Economie Leif Pagrotsky. Le conseiller fédéral Pascal Couchepin en tire également un bilan positif. Ancien président du CICR, Cornelio Sommaruga ne s'y est rendu qu'une seule fois, à Toronto en 1996: «J'ai été invité à cinq ou six reprises, mais j'ai toujours favorisé l'agenda du CICR.» L'actuel patron de l'organisation humanitaire, Jakob Kellenberger, avait assisté à la réunion d'Athènes, en 1993, alors qu'il était secrétaire d'Etat au Département des affaires étrangères. Avait-il été invité ou a-t-il choisi, comme d'autres personnalités, de payer les frais de sa poche? Jakob Kellenberger n'a pas voulu répondre aux questions de «L'Hebdo». De son côté, l'éditeur Michael Ringier (lequel publie notamment notre magazine), qui a participé à la réunion de Baden-Baden en 1991, tient à respecter la «confidentialité de ce sujet». Les participants sont tenus à un devoir de discrétion: le nom des intervenants n'apparaît dans aucun procès-verbal interne. Tant Cornelio Sommaruga que le professeur genevois Curt Gasteyger (qui a participé à deux réunions) défendent ce système: «Les participants s'expriment plus librement en sachant que leurs propos ne risquent pas de faire la une des journaux du lendemain.» Commissaire européen à la concurrence, l'Italien Mario Monti a admis, pressé par une députée verte irlandaise, avoir été membre du club de 1983 à 1993. Son compatriote Renato Ruggiero, ex-directeur général de l'OMC, en a aussi fait partie. Est-ce par hasard si deux des principales figures de Bilderberg, Giovanni Agnelli et Henry Kissinger, multiplient aujourd'hui les démarches pour que Silvio Berlusconi nomme Renato Ruggiero au poste de ministre des Affaires étrangères? Que cherchent les membres de ce Rotary planétaire? Le pouvoir? Les dirigeants de Bilderberg n'ont pas choisi au hasard la paisible cité de Göteborg pour se réunir. Dans quelques jours, la seconde ville suédoise accueille le sommet de l'Union européenne. Pour la police suédoise, la réunion de Stenungsbaden a servi de répétition générale. Quant aux dirigeants du Club de Bilderberg, traqués par les anti-mondialisation, ils ont désormais le choix entre la peste - s'ouvrir à la presse et se banaliser - et le choléra - rester secrets en risquant d'attiser les rumeurs de complot qu'on leur prête. Dans la confidence... Le club a été fondé en 1954 à l'Hôtel de Bilderberg (Pays-Bas) par le prince Bernard de Hollande, qui désirait créer un «club de réflexion» composé d'hommes politiques, d'industriels, de banquiers et de patrons de presse. Le club s'est réuni en Suisse à quatre reprises. Flavio Cotti (1994 à 1997), David de Pury (1996 à 2000) et Daniel Vasella (1998 à 2001) en ont été les plus assidus. Baden-Baden (Allemagne, 1991): Michael Ringier (Ringier AG). Athènes (Grèce, 1993): Jakob Kellenberger (DFAE), David de Pury (co-président d'ABB), Robert Jeker (CS). Helsinki (Finlande, 1994): David de Pury, Stephan Schmidheiny, Flavio Cotti. Zurich (Suisse, 1995): Walter Frehner (SBS), Hans Heckmann (UBS), Joseph Ackermann (Crédit Suisse), Flavio Cotti, Jean-Pascal Delamuraz, Fritz Gerber (Roche), Alex Krauer (Ciba), Helmut Maucher (Nestlé), Klaus Schwab (Forum de Davos). Toronto (Canada, 1996): Flavio Cotti, David de Pury, Cornelio Sommaruga (CICR). Lake Lanier (Etats-Unis, 1997): Flavio Cotti, David de Pury, Hugo Bütler («Neue Zürcher Zeitung»). Turnberry (Ecosse, 1998): David de Pury, Daniel Vasella (Novartis). Sintra (Portugal, 1999): David de Pury, Daniel Vasella. Bruxelles (Belgique, 2000): David de Pury, Daniel Vasella. Göteborg (Suède, 2001): Daniel Vasella, Pascal Couchepin.

 

Source : http://www.europe1.fr/politique/bilderberg-la-mysterieuse-reunion-des-maitres-du-monde-1354070


Nuit Debout.

 

Le vrai projet politique ?

 

D'après « Bling-bling », ils n'ont rien dans la tête : Encore l'effet de la trisomie ambiante mâtinée de cécité autistique !
Car quand « Freddie Lorgnon », « économiste » dans le civil et sociologue, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE), prend la parole, il dévoile une forme de nihilisme profond qui fait frémir.

C’est un gars qui est aussi membre du collectif « Les économistes atterrés » et serait « Le Guide » de ce mouvement « spontané » des zadistes de la Place de la République (et d’ailleurs).

Il ne s’en cacherait même plus : Un « fonctionnaire » subventionné qui « a une stratégie » !

Faut le faire et le dire haut & fort…

Ancien élève de l'École nationale des Ponts et Chaussées (promotion 1985) et de l'Institut supérieur des affaires (promotion 1987), devenu MBA HEC, en disent mes « bases de données », il soutient sa thèse de doctorat en 1993 à l'EHESS (la prétendue plus haute densité de neurones au m², qu’ils en disent eux-mêmes, déménagée depuis Quai de France) sur les « Irrégularités des trajectoires de croissances, évolutions et dynamique non-linéaire. Pour une schématisation de l'endométabolisme » (un truc de « pro »), sous la direction de Robert Boyer. Parallèlement à ses études doctorales, il est chargé d'étude à l'Observatoire Gaulois des conjonctures économiques (OFCE) et chargé d'enseignement à l'IEP de Paris (Sciences-Pô-voilées).

Rien n’est trop beau pour ce « bobo-intello ».

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche « spinoziste » en sciences sociales et en sociologie économique. Il vise à rapprocher étroitement la science économique de la sociologie.

Il décrit sa position dans le champ des sciences économiques comme « hétérodoxe ».

Il partage les thèses de l'école régulationniste et particulièrement celles qui considèrent le caractère ontologique des luttes au sein des faits sociaux.

Il fait sienne la formule de « Michel Faux-kult » lorsqu'il considère que « la politique est la guerre continuée par d'autres moyens », paraphrase retournée de la formule de Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. »

Il réinterprète le conatus spinozien (si !) et, ce faisant, se dégage de l'emprise du structuralisme althussérien pour réintroduire la dimension de l'action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux et des sociétés m’en a-t-on affirmé.

Et de rappeler que considérés comme des élans de puissance, les individus spinoziens sont déterminés par des affects extérieurs qui orientent leur comportement. « Lorgnon » oppose cette thèse à l’humanisme subjectiviste autodéterminé qui forme le cœur de l’imaginaire néolibéral.

Ah, ça j’aime bien : Tout faux, là !

Dès lors, avec lui, Nuit debout a renouvelé le genre ancien du « culte de la personnalité ». On n’avait pas vu cela depuis les années Mao et révolution culturelle !

Signe qu’il n’est pas un Nuit debout comme les autres, mercredi en huit, il exige de disposer d’une chaise afin de pouvoir livrer sa parole aux fidèles assemblés à la Bourse du travail !

Et ses disciples s’empressaient d’obéir : Mieux que « Kim-tout-fou » de Corée du nord…

Pourtant, la règle commune veut qu’on parle debout à Nuit debout, mais elle souffre donc d’une exception pour le Guide-charismatique.

Privilège assumé d’autorité : « Je suis le représentant du courant l’université assise », autoproclamé !

À Nuit debout, tout le monde est à égalité mais le gourou est plus égal que les autres. En chaise à défaut d’être en chaire.

Sont rassemblés là, face au Guide, les têtes pensantes de Nuit debout, les éléments les plus actifs et militants, les permanents de la place de la République. C'est une minute de vérité. Paraît-il, il faut voir et revoir cette intervention, parce qu’elle livre la vérité sur Nuit debout. Qui le pense. Qui l’organise. Qui le manipule.

Je résume pour vous ce qu’on a bien voulu m’en rapporter.

Dans un premier temps, il désigne l’ennemi : Les médias et la presse.

Non pas les « journalistes de terrains, jeunes et précarisés » qui se reconnaissent en Nuit debout (pas complètement fou) mais « la chefferie éditocratique » qui « confisque la parole autorisée ».

Voilà qui me touche, pestant plus qu’à mon tour depuis 20 ans contre les mensonges de la pensée unique et participant activement depuis presque 10 ans à vous révéler et expliquer la signification des « non-dits » quand je les connais.

Alors, il aurait mis ses troupes en garde : La « chefferie éditocratique » veut pousser Nuit debout à débattre dans un cadre démocratique, afin d’imposer encore et encore « le citoyennisme intransitif, qui débat pour débattre, mais ne tranche rien, ne clive rien, et est conçu pour que rien n’en sorte ».

Vous m’expliquerez ce que ça veut dire, mais lui tranche : Il faut refuser cette démocratie « All inclusive » (Tout inclus, ou tout compris, jusqu'aux apéritifs ?).

À Nuit debout, on ne débat pas, on combat. Pour « Lorgnon », le débat démocratique, c’est l’impasse qu’entendent imposer « la secte malfaisante, la secte de l’oligarchie néolibérale intégrée », celle des « médias organiques de l’ordre social ».

Ouh-là : Un véritable manifeste anarchiste, là ! 

Et de justifier l’intimidation physique infligée à Alain Finkielkraut, l’ennemi suprême : « Nous voilà sommés d’être inclusifs, violence du capital et violence identitaire raciste, violence dont Finkielkraut est peut-être le propagateur le plus notoire ».

Lui, l’académicien et plein d’autres n’en revenaient pas qu’il eut été molesté !

Et de réitérer le refus de la confrontation avec l’ennemi désigné : « Ces médias nous demandent d’accueillir Finkielkraut et bien non ! Pas d’animation citoyenne all inclusive comme le voudraient Laurent Joffrin et Najat Vallaud Belkacem ! »

C’est qui, ces deux-là ?

Et de conclure avec des mots lourds de sens : « Nous ne sommes pas ici pour être amis avec tout le monde, et nous n’apportons pas la paix, nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique ».

Voilà qui est balancé : Les ékoles d’élite produisent décidément des monstres !

On s’en doutait un peu depuis quelques temps avec nos énarques se pavanant actuellement dans les salons de la République, sous leurs ors immérités, mais quand même…

Convenons qu’il est au moins cohérent. Et transparent. Le voici qui précise ensuite comment Nuit debout doit désormais mener le combat, hors du champ démocratique.

D’abord en dépassant le cadre revendicatif traditionnel des luttes sociales, qui n’est pas révolutionnaire : « Revendiquer est une nécessité, parfois même vitale », mais de portée limitée, « ceci n’aura pas de sens tant que nous ne mettrons pas en question les structures du néolibéralisme ».

Un vrai facho en herbe…

En vérité, il veut casser le cadre dans lequel évolue les rapports de forces entre partenaires sociaux : « S’il n’y a plus d’alternative dans le cadre, il y a toujours possibilité de refaire le cadre. C’est de la politique, pas du revendicatif. On chasse les gardiens du cadre ».

Je dirais même qu’il peut casse le cadre.

C’est l’ékole « sup-de-co » de Toulouse qui avait inventé le slogan : « Sortez du cadre » pour se faire mousser aux impétrants de ses MBA … et payer les droits d’inscription hors de prix de l’accès « au savoir-élitiste ».

Beau recyclage pour ce MBA sorti d’HEC-ISA, encore plus cher d’accès !

Et il a de la suite dans les idées : Une fois le but assigné, il passe à la méthode, dite « des grains de sable » : « Il faut mettre des grains de sable partout » lance-t-il, illustrant cette stratégie à l’aide d’exemples concrets !

« C’est débouler dans une réunion d’Anne Hidalgo, c’est débouler dans la conférence d’une association d’étudiants à l’ESCP qui invite Florian Philippot ».

Et de scander : « C’est faire dérailler le cours normal des choses, les harceler, leur ôter toute tranquillité ! »

Et de compléter le discours de la méthode : Grâce à la stratégie des « grains de sable », s’opérera « la jonction »,  autrement dit la coagulation du « militantisme de centre-ville, des classes ouvrières et de la jeunesse ségrégée des quartiers », et « cette force sera irrésistible » !

Ne vous en faites pas, le Rhin lui fera barrage, comme pour le nuage de Tchernobyl dont on vient de fêter le 30ème anniversaire…

Constituée, elle se lancera à l’assaut du « cadre à refaire », notamment « les traités assassins, les traités européens et le TAFTA ».

Il fait dans le prophétique et ne cache pas à ses ouailles que « La nuit debout, la grève générale, la république sociale, c’est loin ».

Le rideau « Nuit debout » s’est enfin déchiré. En réalité, l’évènement initié par François Ruffin et ses camarades dispose d’un cerveau qui montre le chemin, établit la feuille de route et fournit le prêt-à-penser des objectifs et de la méthode.

« Nuit debout » est bel et bien pensé, monté et organisé par des professionnels de la politique.

Là où il y a organisation, il y a direction. Là où il y a direction, il y a guide. Et ce guide, c’est donc lui, dont les interventions savamment mises en scène le hissent au-dessus du bruit médiatique.

À Nuit debout, tout le monde parle, mais on entend que lui.

Rassurons « Totodd », qui s’inquiétait de l’avenir du mouvement « Pas de révolution sans organisation » selon un vieux principe léniniste, l’organisation de Nuit debout, pour qui veut bien la voir, est bien là.

Présente. Active. Et menaçante. Révolutionnaire, même, en tout cas en marche pour le devenir, jusqu’à l’effusion de sang si nécessaire…

Le sous-texte de son intervention, applaudie à tout rompre, est empreint de sentiments qui ont peu à voir avec la gauche de « Tonton-Jo-Jaurès » ou « Blumblum » (j’avais un informaticien assez génial qui s’appelait comme ça : C’est resté !) : Refus du débat démocratique organisé ; haine de l’Europe du libre-échange ; promotion du populisme souverainiste ; négation de la liberté de la presse ; rejet de l’autre à raison de sa différence de pensée ; appel à des perturbations de réunions publiques… 

Tout y est, hors l’appel à l’Action-Directe et violente… au moins pour l’heure !

Est-ce vraiment un programme politique destiné à libérer les opprimés ?

À apaiser le pays ? À libérer les consciences ?

Demain, s'il se trouve des esprits pour passer à l'acte selon ces préceptes, quelle sera l'étendue des dégâts à constater ?

Le Nuit debout est bien loin de la vision idyllique que certains tentent de présenter pour adoucir la pilule du chaland à qui on confisque ses belles place-publiques, déclarant (sans rire), dans le « Figaro-ci Figaro-là » (cet autre torchon de frangins-trois-points) : « Il y a plutôt une forme de joie de vivre Place de la République… qui tranche justement avec la hantise du déclin commune à nos sociétés » !

Cet éclairage fait honneur à la politologie contemporaine, autrement dit à la cécité des trisomiques qui vous gouvernent encore un temps. 

Eux déclarent : « Nous n’apportons pas la paix » et « nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique ».

Est-ce assez clair ? Après nous, qui n’avons pas d’avenir mais juste un présent à assumer jusqu’au bout, seulement le chaos que nous aurons semé !

C’est tellement évident : « Nuit debout », c’est du fun !

Et la « politologie » est devenue un sport de combat…

Bienvenue à bord d’un nouveau-monde qui détruit et déconstruit à tour de bras.
Parce que quelle que part, c’est exactement le jeu des « Maîtres du monde », qui usent décidément de tous les leviers, y compris extrémistes, voire terroristes pour imposer sa domination sur les peuples.

Et à ce jeu-là, « Nuit debout » me semble tenir le rôle de « l’idiot utile », également cher à Lénine…

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/04/nuit-debout.html

 


Panama-papers (3)

 

Les perles de la semaine dernière… 

 

Y’en a qui ont du culot : Aucune retenue quant à l’utilisation du nom de la Croix-Rouge internationale comme raison sociale de leurs « sociétés-offshores » !

C’est ce qu’on a appris la semaine passée et je reste étonné qu’au même titre le Vatican n’y soit pas mêlé avec une « Vatican Spiritus Sancti » illimited (après tout, la BES pour « banco esperita sancto » est portugaise), ou que personne n’ait encore dévoilé l’existence d’une « Camorra & confraternita » de blanchiment officiel des avoirs des produits des rackets, de la prostitution, des jeux, et des trafics illicites de drogues et d’influences…

Y’a pas de honte : J’ai bien participé à redresser une « boutique » d’activités sociales et solidaires baptisée par ses fondateurs d’avant-guerre « Travail-Intérêt-Profit » : Devenu un centre d’apprentissage agréé par le travail, exploitant sans retenue une myriade de handicapés… et rebaptisée autrement depuis.

Le moment drolatique, ça quand même été d’apprendre que les argentins ne sont pas en reste : Le quotidien argentin La Nación, chargé de mettre à nu les millions de documents de Mossack Fonseca, est rattrapé par l'enquête de ses propres journalistes !

Le groupe La Nación S.A. et son directeur Luis Saguier apparaissent dans l'affaire des Panama Papers.


Si !

Dans son édition de dimanche en huit, La Nación prétendait clarifier la situation dans un communiqué évasif, titré : « La Nación à ses lecteurs ». On y comprend, laborieusement, qu'à la suite de la vente de ses activités d'annonces immobilières et d'offres d'emploi, le groupe La Nación s'est retrouvé au capital d'une société créée par l'intermédiaire de Mossack Fonseca : Navent Group Ltd., dont l'une des filiales se trouve au Panama. Avec moins de 10 % du capital, l'influent Luis Saguier, directeur de La Nación, figurerait donc au conseil d'administration de Navent.

Rien de plus.

Un fait notoirement légal et assez peu étonnant pour un groupe aussi important.

Mais impossible de savoir si la participation de La Nación S.A. au capital de Navent Group Ltd. concerne sa filiale panaméenne ou une autre société du groupe. Les journalistes, notamment ceux chargés de l'enquête, naturellement sous pression, refusent de s'exprimer sur la polémique qui affecte leur journal.

Pourquoi ne pas avoir rendu publique cette information dès le début ? « La découverte s'est faite dans les derniers jours, car une grande partie des 11 millions de documents auxquels La Nación a pu avoir accès, grâce au Consortium international de journalisme d'investigation (ICIJ) et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, sont toujours en cours de traitement », conclut le communiqué.

Un couac ? Parce que le choix de La Nación comme partenaire de l'ICIJ a de quoi étonner. Certes, le journal est le premier à avoir monté une équipe de data journalisme en Argentine. La Nación s'affiche en chantre de la transparence et de l'open data. Mais le contexte politique de la récente élection de Mauricio Macri, pour lequel La Nación ne cache pas sa sympathie, affecte d'emblée la crédibilité de l'enquête menée par un journal qui a largement soutenu sa campagne.

D'ailleurs, le lien direct entre le nouveau président, homme d'affaires réputé et, pour l'heure, trois sociétés offshores, a été très peu développé par le quotidien.

En dépit d'une enquête ouverte par la justice, La Nación s'est contenté des réponses officielles du gouvernement : Dès le premier jour des révélations des « Panama Pampers », la ligne de la direction de La Nación saute aux yeux des lecteurs.

Chaque article rappelle que la constitution d'une société offshore n'a rien d'illégal en soit. On préfère insister sur l'aspect légal plutôt que sur l'aspect moral.

Et pour cause : L'un des grands thèmes de campagne du tout nouveau président était justement la transparence et la lutte contre la corruption !

Pourtant, le quotidien fait la « une » avec l'autre scandale financier du moment : Notamment celui qui touche, indirectement, l'ancienne présidente Cristina Kirchner, qui doit se présenter devant la justice ce mercredi. Cette affaire, elle, a fait l'objet d'une enquête extensive dont le moindre rebondissement est relayé de façon prolifique par le quotidien.

Là, l'humour des Argentins traduit tout leur cynisme et leur lucidité quant au niveau de corruption de ses élites : Près de 600 personnalités argentines sont citées dans les « Panama Pampers », pour une population qui dépasse à peine les 40 millions d'habitants.

Les Argentins rient, jaune, à chaque nouvelle révélation, déjà certains que la collusion politico-médiatique les empêchera de connaître toute la vérité.

Une défiance loin d’être nouvelle, mais, dans un contexte de forte récession, de mesures d'ajustements drastiques, et alors même que l'Argentine s'apprête à s'endetter pour rembourser les « fonds vautours », la pilule « Panama Pampers » a du mal à passer.

Et jusque-là, l’entrée des « Panama Pampers », dont le quotidien était si fier, disparaît des « thèmes du jour » du site internet comme pour confirmer leur sentiment de cocu : Ne vous en faites pas, un jour ou l’autre ce sera votre tour !

Quant au dossier de la grande enquête, il est depuis relayé en bas de page, tout comme les articles concernant Mauricio Macri, savamment noyés au milieu des révélations « chocs » sur d'autres personnalités argentines.

Pareillement, on a appris que les autorités péruviennes se sentaient concernées.

Ce qui est curieux, dans la mesure où le Pérou ne figure pas parmi les pays évoqués par l'article du Süddeustche Zeitung.

Mais le fisc péruvien a quand même mené une perquisition au bureau local du cabinet Mossack Fonseca. Lors de cette perquisition, qui intervenait dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale, un certain nombre de documents comptables ont été saisis.

Les télévisions et médias locaux ont ainsi diffusé des images montrant des policiers équipés de boucliers anti-émeute devant un bâtiment du quartier financier de Lima, San Isidro, ainsi que des agents du fisc emportant des cartons contenant des documents.

Les inspecteurs du fisc, au nombre d’une vingtaine, étaient à la recherche d’informations permettant de dire si des sociétés que Mossack Fonseca a aidé à créer dans des paradis fiscaux des sociétés devant couvrir des crimes et délits au Pérou, ont indiqué les services fiscaux (Sunat) dans un communiqué.

La représentante locale de Mossack Fonseca au Pérou, Monica de Ycaza, a déclaré par la suite aux journalistes qu’elle collaborait avec l’enquête.

Ils ont dû lire mon post de jeudi dernier, où j’affirmais que le Panama n’était qu’une plateforme commode d’échanges entre les deux continents américains, nord et sud.

En revanche, et là on arrive au cœur du problème, ça n’a pas loupé : La CIA est impliquée !

Mais la révélation est mineure, parce qu’elle date de l’époque « Riz-Gagne ».

On en attend donc encore d’autres au moment où je prépare ce post-là.

« Des agents secrets et leurs indicateurs ont utilisé dans une large mesure les services du cabinet » panaméen, écrit le quotidien de Munich.

Dans la « clientèle » de Mossack Fonseca figurent ainsi « quelques acteurs » des ventes interdites d’armes à l’Iran dans les années 1980 (dit « Iran-Contra »), un scandale portant sur des ventes secrètes d’armes américaines à Téhéran visant à la fois à faire libérer des otages américains au Liban et à aider financièrement les Contras nicaraguayens, affirme le journal.

Les « Panama Papers » montrent encore que « d’actuels ou d’anciens responsables de haut rang des services secrets d’au moins trois pays, (…) l’Arabie Saoudite, la Colombie et le Rwanda », figurent parmi les clients du sulfureux cabinet panaméen, écrit encore le quotidien. Parmi eux, le cheikh Kamal Adham, ancien responsable des renseignements saoudiens décédé en 1999, et qui « passait pour être dans les années 70 l’un des principaux interlocuteurs de la CIA » au Moyen-Orient, affirme le quotidien munichois.

L’information ne surprend pas (les services secrets aiment par définition la discrétion, comme je l’affirmais en commentaire d’un précédent post).

Dans cette affaire, connue sous le nom d'« Iran-Contra » ou d’« Iran-gate », plusieurs membres de l'administration américaine avaient vendu illégalement des armes à l'Iran (principalement des missiles et des pièces de rechange pour avions) puis utilisé les profits dégagés pour financer secrètement, et malgré l'opposition du Congrès des États-Unis, les « Contras », un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen de lutte armée regroupant les opposants au gouvernement sandiniste de Daniel Ortega.

Et en dépit des démentis officiels du Président de l’époque, la transaction a permis la libération des otages américains du Hezbollah au Liban. 

Si on ne trouve aucune trace de transactions ou de paiements effectués directement par la CIA, « on retrouve des comportements et des « méthodes habituelles » de l'agence de renseignement américaine », estime encore le journal : « L'utilisation de montages de sociétés douteuses, d'avions d'occasion ou plus classiquement le recours à des intermédiaires louches. Sans oublier la présence de personnages connus pour leur proximité avec les services secrets américains. »

Bé oui, ils n’allaient pas utiliser un compte bancaire du Trésor américain, tout de même !

Décryptage même provisoire ? Que des secrets de polichinelle, mais qui foutent bien « le boxon » évoqués précédemment, au moment où j’attends toujours la déclassification « filtrée » d’une partie des archives du FSB sur le sujet.

Toutefois, on peut désormais affirmer que la bombe à fragmentation éclabousse essentiellement les intérêts occidentaux pris d’une façon générale, après les « coups de griffe » d’entrée aux dictatures des « grands Satan » incontournables du moment, poussant même les pouvoirs publics de plusieurs pays, dont l’UE, à prendre les devants d’une lutte encore plus ferme contre la corruption et pour la transparence financière, qui n'aura sans doute pas lieu : Les « Panama-Pampers » auraient-ils loupé leur cible ?

Parce que là, sûr que les « GAFA » et autres « Licornes » vont devoir passer sous la toise dans les prochains mois, car eux aussi sont en ligne de mire des autorités et ça va être saignant car le prétexte est excellent.

Attendez, ce n’est pas pour rien que quelques-unes de ses majors préfèrent emprunter à des plateformes opaques (et défiscalisées de préférence) de quoi payer les dividendes promis à leurs actionnaires, et/ou soutenir leur valorisation boursière en procédant à des rachats « sous cape » de leurs propres titres, plutôt que de mobiliser directement leur propre trésorerie pléthorique : Non seulement c’est déductible, mais en plus ce n’est pas fiscalisé !

Pourquoi se gêner tant que c’est possible ?

Ce qui nous précise de plus en plus d’où vient « la fuite ».

Une agence des « USA » ? Oui, encore possible, mais un peu suicidaire…

Là encore, ça procèderait d’un enfumage d’un niveau encore jamais vu et les « pertes collatérales », au moins quant à leur crédibilité, ne vaudraient que si l’enjeu est encore beaucoup, beaucoup plus important.

Or, on ne voit toujours pas lequel dans tout ce brouillard de fumigènes.

Une agence « non-alliée » aux USA voire opposée aux occidentaux-fautifs ?

Ça devient de plus en plus probable et si on voit bien la manipulation de « puissances de l’ombre » à vouloir secouer le cocotier des « petits-secrets » honteux des uns et des autres, on ne voit pas encore le dessein véritable, le mobile profond qui va pousser au suicide les adversaires visés par tout ce délire.

La cible finale n’est pas encore identifiée…

Probablement les réseaux financiers internationaux, les réseaux de décisions qui n’apparaissent jamais au grand jour.

Mais lesquels, puisque tout le monde en a et en joue ?

En attendant, sans vouloir encore plonger tête baissée dans le « complotisme » aberrant, j’espère que toute cette histoire vous ouvre un peu les yeux !

Dans un iceberg, on voit la partie émergée. Et chacun sait qu’elle repose (et flotte) sur une partie immergée dix fois plus grosse, que personne ne voit.

Là, une bulle a éclaté, un morceau s’est désolidarisé du reste et l’ensemble bouge, déstabilisé, à défaut de basculer encore.

Vous ne pourrez plus jamais nier que ça n’existe pas puisque vous en découvrez les effets en direct.

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/04/panama-papers-3.html

 


2000 ans de civilisation…

 

Un texte « oublié » et publié par ailleurs.

 

Depuis ma « panne » du week-end dernier, je charge et recharge quantité de « dossiers » et de fichiers.

C’est fou ce que j’écris, sous Word ou Excel !

Et je tombe sur un texte (dont j’épure les aberrations après l’avoir mis en ligne sous un autre jour)…

Celui-là, il va faire « la une » d’une nouvelle rubrique : « Les maîtres du monde ».

Après tout, Inco (et sa copine Jasmin) s’interroge sur un complot permanent des destructions de ce bas-monde et tout particulièrement la densité d’ânerie de notre « technostructure » et de son armée de « sachants ».

Alors, petit résumé à votre attention…

« Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique », me fait-on constater.

1 – L'ère de la tribu : Le pouvoir sur autrui y exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).

Comme chez les groupes d'animaux, le pouvoir revient aux « mâles dominants ».

2 – L'ère des empires et des royaumes : Le pouvoir y est héréditaire.

La naissance de sang fait la naissance et l’essence de la notion d'État.

3 – L'ère des États-nations : Ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des États-Unis.

(Et la « Corsica-Bella-Tchi-tchi » de 1755 alors ? Celle de Pasquale Paoli !)

Dans un « État-nation », le pouvoir n'est plus héréditaire mais exercé par des dirigeants censés représenter le peuple, et désignés par des élections (État-nation démocratique), ou par un système de cooptation au sein d'un parti unique (État-nation totalitaire).

4 – Les conglomérats économiques : Ère initiée au cours de la deuxième moitié du XXème siècle, mise en place au cours des années 70 et 80, désormais pleinement opérationnelle à partir des années 90.

Le pouvoir n'y est plus de type représentatif ou électif, et il n'est plus localisable géographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux états-nations), pour se déplacer au gré de ses intérêts.

Il est exercé directement par ceux qui contrôlent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrôle de la technologie, de l'énergie, de la monnaie, et de l'information.

Comme tout nouveau pouvoir, il s'érige en remplacement du pouvoir précédent, voué à disparaître.

Ce nouveau pouvoir est global, planétaire.

Il n'a donc ni alternative, ni échappatoire.

Il constitue un nouveau niveau d'organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.

Personnellement, je situerai volontiers cette montée en puissance au cours de l’époque de l’entre-deux-guerres, la faillite des États à renouveler le tissu social, à reconstruire l’Europe, à abandonner les empires coloniaux, à faire face aux fascismes, à éviter l’holocauste, à l’incapacité à prendre le dessus sur les forces économiques…

« Or, la résolution des grands problèmes écologiques économiques et sociaux de la planète nécessite effectivement l'avènement d'une forme de pouvoir global ».

De même, l'unification du monde par l'économie et le déclin des États-nations ont été décidés en partie pour une noble cause : Rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, à l'ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.

Et la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce « pouvoir global » doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.

La mondialisation (ou « globalisation ») n'est pas négative en elle-même.

Potentiellement, « elle peut permettre l'établissement d'une paix mondiale durable et une meilleure gestion des ressources. »

Mais si elle continue d'être organisée au bénéfice d'une élite et si elle conserve son orientation actuelle, elle ne tardera pas à engendrer un nouveau type de totalitarisme, la marchandisation intégrale des êtres, du vivant, la destruction des ressources naturelles et des formes inédites d'esclavage.

C’est sûr qu’actuellement leurs profits pèsent plus lourds que toute forme de vie, pour singer « besace-no » !

C’est vrai aussi que tout est fait pour abdiquer tout pouvoir « État-nation », que ce soit avec la construction Européenne ou par le biais de normes transnationales.

« Mais enfin, ce sont nos élus qui y consentent justement pour faire contrepoids à ces pouvoirs économiques indécents et anti-démocratiques ! »

« Ou pour mieux le leur donner ! »

Qui sont-ils pour mériter tant d’honneur ?

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Et pour côtoyer certains de ces cercles de « pouvoir opaque », si je constate que certains ne sont pas à la hauteur, pour avoir encore des comportements tribaux, des « jeux de mâles-dominants » désuets des « lutte des places » incommodes, je sais qu’il en est d’autres qui restent conscients de leurs responsabilités envers eux-mêmes, leurs proches, et encore d’autres qui investissent leur confiance et avoirs en ces personnes.

« Ta liberté d’expression, ton blog, n’est qu’un exutoire qui permet de mieux te surveiller, de te contrôler ! »

La liberté de tous est en permanence sous haute surveillance électronique.

Les technologies informatiques permettent d'augmenter vertigineusement la « traçabilité » de chacun.

Toutes les activités, les conversations, les goûts et centres d'intérêts de chacun laissent des traces dans les multiples systèmes informatiques qui gèrent la vie quotidienne du monde occidental.

Toutes ces données sont collectées, centralisées et mémorisées par des organisations publiques et surtout privées qui permettent de connaitre à tout moment le « profil » de chaque individu.

Les fichiers des administrations et des sociétés privés rassemblent de nombreuses données personnelles sur des millions de citoyens ou de consommateurs. Ces données sont inoffensives tant qu'elles sont éparses, réparties dans de multiples systèmes informatiques.

Mais en utilisant des techniques familières aux pirates informatiques, des « organisations » qui s'en donnent les moyens peuvent facilement pénétrer ces systèmes, afin de collecter et centraliser toutes ces informations.

De nombreuses sociétés fondées ces dernières années sont spécialisées dans la collecte d'informations individuelles, officiellement à des fins commerciales.

Les fichiers privés commencent à rassembler des millions de profils individuels très précis de consommateurs répartis dans l'ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues à quiconque souhaite les acheter.

Les dépenses effectuées avec une carte de crédit permettent de retracer les déplacements de son détenteur, heure par heure s’il le faut, de contrôler les limitations de vitesse sur les autoroutes entre deux péages, mais aussi de connaitre très précisément les produits achetés par une personne.

Pour optimiser la gestion des stocks et la comptabilité, les systèmes informatiques des magasins mémorisent de façon conjointe les numéros de carte et les codes-barres des produits achetés.

Si par exemple le produit est un livre, le code barre permet de savoir QUEL livre, et ainsi de connaitre le profil culturel ou politique de l'acheteur : Les Cartes de fidélités sont aussi là pour ça.

L'association du code-barres et du numéro de carte de crédit signifie l'association automatique de produits identifiés avec des consommateurs identifiés.

Tout le monde sait qu'avec un récepteur de type scanneur (dont l'usage est illégal mais dont la vente est autorisée), il est très facile pour n'importe qui de réaliser des écoutes téléphoniques sur les portables.

Ce que l'on sait moins, c'est que le portable permet de localiser à tout moment son propriétaire, même hors-communication, en position de veille, voire, pour certains, même en mode éteint.

Car pour recevoir un appel, il est techniquement indispensable que les systèmes de l'opérateur puissent localiser l'abonné, pour déterminer la cellule locale qui lui transmettra l'appel.

Les téléphones portables émettent donc en permanence un signal pour indiquer leur présence aux cellules les plus proches.

Le téléphone portable est donc un véritable collier électronique.

Un collier volontaire, et par-dessus le marché, payé par celui qui le porte.

Le réseau « Échelon » est un système automatisé d'écoute des communications, quel que soit leur support, téléphone, fax, email, satellites.

Le réseau « Échelon » a été mis en place depuis 20 ans et dans le plus grand secret par 5 pays anglo-saxons, les États-Unis, la Grande Bretagne, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle Zélande. Il est principalement géré par la NSA, l'agence de renseignement électronique américaine.

Il n’a rien empêché quant à la sécurité des Twin en 2001, ni quant à la mise en œuvre des bombes atomiques pakistanaises et indiennes…

L'idée géniale « d'Échelon » est d'utiliser les technologies de reconnaissance vocale pour repérer automatiquement des mots-clés dans les conversations écoutées. Les mots-clés à repérer sont choisis par les officiers « d'Échelon » en fonction de l'actualité, des menaces potentielles et des objectifs du moment.

La technique d'écoute étant automatisée, un très grand nombre de communications dans le monde peuvent être enregistrées et traitées chaque jour. Seules les communications contenant les mots-clés sont sélectionnées pour une écoute humaine.

« Échelon » peut ainsi analyser 2 millions de conversations par minute. Chaque jour, « Échelon » intercepte 4,3 milliards de communications, soit presque la moitié des 10 milliards de communications échangées quotidiennement dans le monde, pour une capacité de 7,2 milliards/jour.

Et l'existence de ce réseau n'a été révélée par les médias qu'en 1998, crois-je me souvenir, à l'occasion d'un rapport du Parlement Européen, qui reprochait à « Échelon » de violer « le caractère privé des communications de non-Américains, dont des gouvernements, des sociétés et des citoyens européens ».

Toujours sous le prétexte de la sécurité, les caméras de surveillance se multiplient dans la plupart des villes.

Rien qu'en Grande-Bretagne, on compte plus de 4 millions de caméras de surveillance, installées dans les rues, les gares, le métro, devant les édifices publics ou les immeubles.

À ces caméras s'ajoutent les appareils photo des radars automatiques sur les routes.

Techniquement, rien n'empêche qu'ils soient utilisés pour une identification systématique de tous les véhicules.

Ce qui n’empêche aucunement ni les vols, ni les viols ni les meurtres sur la voie publique, ni les agressions de toute sorte non plus, ni même d’identifier et prévenir l’arrivée d’un pédophile à proximité d’une école, comme je me rappelle de quelques faits divers sur le moment, démontrant, s’il en était besoin que « Big-Brother » reste un grand « incapable notoire ».

Pourtant, l'identification des individus dans une foule est désormais possible en raccordant les caméras à des logiciels de reconnaissance des visages, l’œil humain n’étant pas capables d’arrêter un hooligan dans un stade, voire de l’identifier après coup.

Ces logiciels sont capables d'identifier simultanément de multiples visages dans une foule en les comparant avec des visages dont l'image est stockée dans une base de données. Ainsi, le processus de surveillance peut être entièrement automatisé, et donc systématisé.

Dans un premier temps, l'image des caméras est comparée avec les visages des personnes fichées par la police : Terroristes, criminels, malfaiteurs, mais aussi militants politiques ou syndicaux, journalistes, etc. Avec la généralisation des cartes d'identité biométriques, le visage de chaque personne sera enregistré numériquement dans une base de données.

Dans un futur proche, le visage de chaque citoyen pourra être identifié par les caméras de surveillance en temps réel et il sera aussi possible de suivre entièrement le déplacement d'une personne donnée dans une ville (l'ordinateur passant automatiquement d'une caméra à l'autre afin de la garder toujours présente sur l'écran).

Une fonction encore plus dangereuse est actuellement intégrée dans les logiciels d'analyse des images. Aux États-Unis et en Europe, des centres de recherche travaillent à la mise au point de logiciels qui permettent d'identifier des « comportements suspects » d'individus dans une foule, et de transmettre automatiquement une alerte avec localisation aux policiers.

Le logiciel permet de distinguer des personnes qui convergent et se rassemblent en un lieu, une personne qui dépose un objet à terre (qui peut donc potentiellement être une bombe), un rôdeur qui s'arrête et change de trajet continuellement au lieu de marcher régulièrement dans une direction précise, ou encore une personne dans un hall qui semblerait attendre à l'écart.

On peut imaginer les conséquences des alertes déclenchées par ce type de logiciel.

Tous ceux qui ont un comportement un tant soit peu différent du « troupeau » risqueront d'être abattus par des policiers ayant l'ordre de tirer directement à la tête pour éviter tout risque d'attentat, comme ce fut le cas à Londres en Juillet 2005 (lorsque des policiers anti-terroristes à Londres avaient exécuté de 6 balles dans la tête un innocent identifié à tort comme terroriste potentiel !).

Une grande première et une grande foirade au pays de « l’habeas-corpus »…

On peut aussi imaginer les utilisations qui seront faites de ce logiciel dans les entreprises, pour épier et analyser les moindres faits et gestes des salariés.

Les puces RFID sont incorporées par les multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la traçabilité. La puce permet ensuite de localiser le produit pendant sa distribution, mais aussi après son achat.

La puce RFID étant identifiée au moment du passage à la caisse du supermarché, elle peut être associée à la carte de crédit ou au chèque de l'acheteur, et donc à son identité. Chaque produit acheté devient ensuite un « mouchard électronique » qui permet de localiser son utilisateur.

La puce a déjà été utilisée notamment par Gilette, pour « tracer » ses rasoirs jetables.

Elle est fabriquée par une société américaine dénommée... « Matrics », ainsi que par les sociétés japonaises « NEC » et « Hitachi ».

Elle a été inventée par « Gemplus », une société française rachetée par des investisseurs américains.

Les puces RFID mesurent un peu moins de 1 millimètre. Malgré cette miniaturisation, elles intègrent une mémoire de 1 kbit et une antenne qui émet dans la bande de fréquence des 2,5 GHz.

Dès maintenant (« je » sais pour travailler sur le sujet à l’occasion du prochain roman d’été, « Au nom du père ») des puces fabriquées par la société américaine « Applied Digital Solutions », baptisée du nom de « Digital Angel », permet l'identification et la localisation par satellite des individus.

Il s'agit d'une puce électronique de la taille d'un grain de riz et qui est implantée sous la peau.

Elle est aussi capable de renvoyer des informations biologiques sur son porteur (température du corps, rythme cardiaque, etc.) : « Casino royal » l’avant-dernier « James Bond 007 » n’est même pas futuriste, sur ce sujet.

Une autre version de cette puce appelée « Veripay » a été présentée en Novembre 2003 au salon « ID World » à Paris. Elle permet d'y inscrire des données personnelles en vue de servir de carte d'identité ou de carte de crédit.

La troisième version de la puce, « Verichip », est implantée sur le bétail pour en assurer la « traçabilité ».

Bientôt le bétail humain lui aussi sera parfaitement « traçable », dès qu'un nouveau « 11 Septembre » en fournira le prétexte et l’occasion pour rendre la puce obligatoire, au nom de la « sécurité ».

De multiples moyens sont actuellement utilisés pour préparer l'opinion publique à accepter la puce, et pour réduire la répulsion instinctive à l'intrusion d'objets matériels dans le corps.

D'où les efforts des médias et de l'industrie culturelle pour populariser les piercings, les implants en silicone, ou encore les anneaux gastriques (comme solution à l'obésité).

Pour rendre la puce désirable et « tendance », une discothèque de Barcelone dirigée par un américain propose déjà à ses clients de se faire implanter pour 100 euros afin de pouvoir payer les consommations au bar sans argent.

Mais la méthode la plus largement utilisée est de populariser la puce grâce à des prétextes médicaux. Des hôpitaux américains encouragent déjà les patients à se faire greffer une puce contenant leurs données médicales personnelles (groupe sanguin, traitements déjà en cours, etc.), dans le but d'éviter les risques d'erreur dans l'identification et le traitement des malades.

Les implants seront aussi proposés pour une surveillance médicale à distance avec envoi automatique d'une alerte au médecin en cas de problème.

Cette puce est la prochaine étape pour un contrôle absolu des individus. À terme, les implants électroniques permettront de contrôler directement les esprits en modifiant le fonctionnement du cerveau, et donc, l'humeur, les émotions, les pensées et le comportement.

Par ailleurs, il n'y a pas plus transparent que le réseau internet. Avec les logiciels adéquats, n'importe qui peut pister les informations consultées par n’importe quel internaute.

L'utilisateur d'internet est par ailleurs facilement identifiable grâce aux données personnelles stockées par le navigateur et le système. Les données sur notre identité sont « interrogeables à distance », ainsi que le contenu du fameux fichier « magic cookie ».

Ce fichier garde la trace de certains sites visités qui y inscrivent des informations afin d'identifier les utilisateurs et mémoriser leur profil.

De plus, depuis les attentats du 11 Septembre 2001, la plupart des pays occidentaux ont adopté des lois qui autorisent la surveillance de l'ensemble des communications sur Internet : Les mails, mais aussi les sites visités, les pages consultées, le temps passé sur chaque site, ou encore les participations à des forums.

Les informations mémorisées sont extrêmement détaillées, beaucoup plus que ne le nécessiterait la lutte contre d'éventuels terroristes.

Des informations recueillies qui correspondent exactement à ce qui serait nécessaire pour établir le « profil » de chaque citoyen.

Et la palme du « Big-Brother » électronique revient incontestablement à Microsoft, avec son système Windows et son navigateur Internet Explorer, qui renferment un numéro d'identification de l'utilisateur, le « GUID » (Globally Unique Identifier).

Ce numéro d'identification est ensuite inscrit dans tous les documents créés avec les applications de Microsoft Office. Il peut être consulté à distance par Internet grâce à des commandes spéciales prévues par Microsoft.

Le système Windows et Internet Explorer intègrent d'autres commandes spéciales qui permettent de sonder le contenu du disque dur de l'utilisateur, à son insu, durant ses connexions à Internet.

Selon un rapport réalisé en 1999 pour le ministère français de la Défense, il existerait des liens entre Microsoft et les services de renseignements américains, et des membres de la NSA travailleraient dans des équipes de Microsoft.

Ce rapport parlait aussi de la présence de programmes espions (« back-doors ») dans les logiciels de Microsoft.

De son coté, Intel a également placé un numéro d'identification consultable à distance dans les puces Pentium III et Xeon.

Pour protéger votre vie privée et vos données, utilisez un Macintosh (ou le système Linux), et surfez sur le Net avec un autre navigateur qu'Internet Explorer (par exemple Firefox).

Les attentats du 11 Septembre 2001 ont été le prétexte à une vaste opération de réduction des libertés publiques.

En Novembre 2002, un nouveau pas a été franchi par le Président américain, au nom de la « sécurité intérieure ».

Sous l’administration Bush a établi un système de surveillance baptisé « Total Awareness Information System », qui va légaliser ce qui se pratique déjà illégalement depuis quelques années.

Le système aura pour fonction d'explorer toutes les bases de données de la planète pour réunir toutes les informations sur la vie privée de l'ensemble des citoyens américains, et probablement aussi des citoyens de tous les pays du monde.

Plus rien de ce que chacun fera ou lira ne sera ignoré par ce « super Big-Brother » : Email, fax, communication téléphoniques, comptes bancaires, soins médicaux, achats de billets d'avion, abonnements à des journaux ou magazines, consultations de sites web...

Tout sur chacun sera disponible par ces entités de l’ombre.

Même le porte-monnaie électronique est appelé à remplacer totalement l'argent liquide. Sous forme de carte à puce, ce porte-monnaie mémorisera les données sur l’identité de son détenteur.

Outre le fait d'être un nouveau mouchard électronique de nos déplacements et nos achats, le porte-monnaie électronique combiné avec la disparition de l'argent liquide rendra les individus totalement dépendants des moyens de paiement électroniques.

Dès lors, une future dictature mondiale n'aura qu'à « débrancher » un individu gênant dans les systèmes informatiques, et celui-ci n'aura plus la possibilité d'acheter de quoi se nourrir ou se déplacer.

« Que font les humains de leur identité et de leur liberté ? »

L’espèce humaine est de plus en plus dangereuse pour elle-même !

Que j’en reste sur le kul, cette nuit-là, assis devant ma fenêtre ouverte sur les étoiles.

Que n’en avais-je pas conscience plus tôt ?

Quel monde d’humains me prépare-je à laisser à « ma nichée » et à sa propre descendance ?

I-Cube

Source : http://infreequentable.over-blog.com/article-2000-ans-de-civilisation-67264154.html

 


Panama Papers (2)

 

 

La suite logique : Le boxon !

 

C’était prévisible et en même temps, incalculable… Assez étonnant, comme d’une résurgence du célèbre « effet papillon » !

Encore que, la situation ainsi créée me semble rester « sous contrôle » : S’il y a début de chaos, c’est que c’était l’effet recherché.

Et il nous faut chercher à qui ce chaos profite pour comprendre le pourquoi.

Je vous passe les délires quotidiens qui se déversent sur les opinions publiques autour de quelques leaders politiques ou médiatiques : Le flux va s’appauvrir au fil du temps et jusqu’à se tarir, même si on reviendra sur quelques-uns... plus tard.

De toute façon, vous pouvez suivre tout ça comme moi dans vos médias préférés, jusqu’à plus soif, jusqu’à l’écœurement ou tout simplement le désintérêt nauséeux.

Vous aurez raison : Personne ne vous dira que les « montages offshores » sont partout et pas nécessairement que pour des raisons fiscales.

De toute façon, Panama n’est pas vraiment un paradis fiscal des plus performants, loin de là avec des niveaux d’imposition de l’ordre de 20 % des assiettes : Il y a bien mieux ailleurs.

C’est plus une plateforme qui a pour principal intérêt d’être à cheval entre les deux continents américains et l’Amérique du nord préfère les îles-atlantiques, bien plus « performantes », plus sûres, et à cheval entre l’ancien et le nouveau continent.

Quant au reste du monde, il dispose des plateformes asiatiques, transpacifiques capables de faire des « ponts » avec le Moyen-Orient et du Moyen-Orient vers l’Europe orientale…

Le tour du monde est bouclé quand d’Europe orientale, on franchit le pas jusqu’en Angleterre qui accède au nouveau monde via les « îles-atlantiques », depuis même Jersey/Guernesey au large du Cotentin…

Inutile de vous dire que tout cela est archi-connu de tous les dictateurs qui saignent leur pays et population et même du plus stupide des narcotrafiquants.

Aucun ne sera inquiété, déstabilisé, tout juste à peine sali un peu plus !

On attend même, pour cette semaine ou une des suivantes, la riposte du Kremlin qui pourrait déclassifier quelques archives du FSB.

Les sites de propagandes russes nous expliquent déjà que « Camé-Rhône » lâche les « ricains »…

Y’en a, c’est tellement gros que ça croit pouvoir ainsi passer à travers le peigne-fin d’un soupçon d’esprit critique !

Tous ceux-là s’abritent derrière un anonymat de façade, parfaitement légal qui, si en plus il offre des « facilités fiscales », ne gâche rien !

Et tout ce qui est anonyme n’est pas « illégal » loin de là : C’est juste « plus commode » et moins salissant en cas de pépin.

Le monde des affaires nécessite trop souvent d’avancer « masqué » pour réaliser une bonne affaire, en se rappelant qu’une « bonne affaire », c’est une bonne affaire pour les deux parties à l’affaire.

Quand ce n’est pas le cas, ça se termine devant les tribunaux, masqué ou pas masqué derrière des structures « offshores ».

Souvenez-vous de « Nanar-Tapis » qui donne mandat à son banquier de vendre ses pépites pour un prix donné.

Et ce dernier trouve acquéreur pour deux fois le prix espéré. Comme il n’a pas le droit de faire l’affaire pour lui-même, il « invente » un intermédiaire qui n’est autre qu’un « faux-nez » néerlandais à « sa pogne » qui emprunte le montant nécessaire pour l’opération à une structure « offshore » du lyonnais, et l’affaire se fait, puis trébuche et « culbute ».

Vous connaissez la suite.

Ce que vous avez aussi compris, c’est que le Lyonnais n’est pas concerné par les « Panama-Pampers », pas plus que la Banque-Parisienne-Nationalisée, alors que cette dernière est championne du maquillage (cf. les affaires du « cousin-Pasquale » et l’affaire des détournements de l’accord « Pétrole contre nourriture », plus quelques autres qui tournent autour « d’Elfe », le « pétroleux »).

Et ce que je crois vous avoir déjà rapporté par ailleurs, c’est que faire des plus-values « opaques », c’est très bien, mais rapatrier le pognon, c’est plus compliqué.

Et que dans ce cadre-là, j’ai eu une séance assez épique rue de Wagram chez un type que je connaissais « d’avant », moment où il s’était porté acquéreur de la « boutique » de « mon boss » de l’époque qui avait décliné…

Je m’en souviens très bien, puisque plus tard, je cherchais du boulot, que j’avais réussi à avoir un RDV chez ce gars-là et que j’avais acheté mes « Weston-très-chic » pour cette occasion : J’ai eu mal aux pieds pendant près d’une semaine et je ne les jamais remises ! Elles sont restées quasi-neuves, les semelles à peine rayées…

Ce gars-là rachetait sous fausse-couverture tous les crevards de la planète pour « devenir l’empereur » du métier. Il était réputé financé secrètement par justement la banque parigote, via un « trust » des Pays-Bas (un secret de polichinelle dans le milieu dont je sortais), et je me proposais de transformer ses acquisitions en pépites industrielles après les avoir redressées : C’était mon métier du moment…

C’est exactement ce jour-là qu’est tombé du plafond la voix reconnaissable entre toute de l’ex-ministre de la ville… en plein entretien, comme un cheveu dans la soupe, croisé quelques années plus tôt sur le campus d’HEC où il faisait son numéro de « redresseur d’entreprises », lui aussi, après avoir fait ses armes de dépeceur chez « Manufrance » !

Juste pour vous dire que les « fausses-barbes », c’est fait pour qu’on ne sache jamais tout, même sur cette affaire-là…

Passons…

Non, tout cela, ce n’est rien, pas plus qu’il n’y ait aucun citoyen américains « qui compte » dans les « Panama-Pampers », sauf la CIA semble-t-il, et désormais à être certain que, contrairement à ce que je pouvais en déduire, la fuite a été le fait d’une équipe de pirates informatiques, et non pas d’un salarié indélicat dudit cabinet d’avocats.

Ce qui veut dire qu’il s’agit donc d’une sacrée organisation, dont même Snowden ne dispose pas, qui a bossé bien avant le printemps 2015, comme indiqué dans mon précédent post.

Juin 2015, l’équipe lâche le torrent d’informations à la presse qui s’organise pour la confirmer et l’exploiter : C’est sans doute la partie allemande qui « accroche » la CommerzBank devant le proc’ de Cologne, peut-être pour confirmation de l'authenticité de l'ensemble des données.

Le hacking remonte donc à nettement plus tôt et ne s’est sans doute pas arrêté en chemin…

À suivre, donc !

Ceci dit et pour reprendre un peu de hauteur face à l’actualité, je vous rappelle ce post du22 septembre 2011 sur l’ancien blog (abandonné mais toujours accessible).

J’y faisais un portrait, disons « éclairé », du monde dans lequel nous vivons sans le savoir et où il était déjà question des élections américaines de novembre 2012 qui a failli débarquer « Au-Bas-Mât » au profit d’un mormon des plus « hard ».

Pas tout-à-fait les mêmes sont d’ailleurs de retour : Leur pâles copies, en tout cas !

Je reprends :

« 

Le monde change « ses alliances ». Au gré des circonstances et des époques.

Il y aurait ainsi « 7 forces ». Parmi les deux des plus anciennes, l’une s’est subdivisée sans s’éparpiller et la première s’est fractionnées en mille pièces, qui se reconstruisent et se démantèlent. 

1 – D’un côté les « forces noires » des ordres fascistes, nationalistes, recroquevillées et de pouvoir absolu, quasiment antédiluviennes.

Qui s’éparpillent aujourd’hui entre néo-nazis et regroupements du genre KKK (dont des illuminés font encore « massacre aveugle » jusqu’au tréfonds de la Norvège) et jusque chez mes « natio-Corsi ».

Globalement, elles ont une vocation « élitiste-aryenne », haineuse de « l’autre » et sont antisémites et forcément racistes. 

Juste un aparté sur leurs « origines » : Au commencement, « l’homo-sapiens-sapiens » descendant de ses arbres, était un « chasseur-cueilleur ». Donc « nomade ».

Au fil du temps et de la pression de la « pousse de sa nichée », il s’est sédentarisé en devenant « agriculteur-éleveur ».

Sédentarisation entrainant forcément l’installation, et la défense, d’un territoire induisant elle-même une « communautarisation » plus ou moins évoluée.

Quand les uns ont commencé à se singulariser, sont nés les notions de « races » et de « peuple », assis sur un « territoire » qu’ils maîtrisaient.

Pendant que d’autres sont restés « nomades ». Et l’une de cette « tribu » semi-sédentarisée, pour se « singulariser », s’unifier, se « sceller » à son tour, a « inventé » Dieu, l’Unique, choisissant « Son » peuple parmi tous.

Vous connaissez la suite, Ismaël, Isaac et les fils de ses concubines postérieures au décès de Sarah. 

2 – Car naturellement, de l’autre, des « sémites » originaux (« élitistes divins »), enfants d’Abraham, sont subdivisés entre ses fils.

Ismaël n’est pas encore « constitué » en groupe de pression, malgré la bannière du Prophète, mais la « normalisation » de groupuscules tels qu’Al-Qaïda restent les prémices de leur montée en puissance, nourris aux pétrodollars…

(Je densifie un peu, parce qu’on ne va pas refaire la genèse ici !)

Ce second groupe, s’est donc subdivisé entre trois sous-groupes : « Les sionistes », les « hébraïques » et les « financiers » (la « nébuleuse Rothschild »). 

2.1 – Les premiers portent la « Terre promise » et son avenir.

2.2 – Les seconds constituent la diaspora disséminée partout dans le monde (un nomadisme tardif et « sédentaire »).

2.3 – Les troisièmes dominent aujourd’hui la finance mondiale derrière leur leader incontournable et sa propre diaspora qualifiée de « Rothschildienne » et Cie.

Une sorte « d’empire qualifié », construit au fil du temps. 

3 – Puis, s’est constitué, un peu en amont des « lumières » les maçonneries, qui « transversent » l’essentiel des 4 « forces premières » déjà présentes partout dans le monde et dès l’origine, à travers les empires coloniaux. 

4 – À la fin de la seconde guerre mondiale, a été abritée une « 6ème force », états-unienne, avec son bras armé qu’est la CIA, sur les ruines de l’OSS dissoute en 45, qui reste au service de la force « 2.3 » et des industries financées par celle-ci, sans perdre de vue les forces « 2.1 » et « 2.2 » au nom des intérêts américains. 

5 – Enfin, dans la foulée et les années 50, a été fondé le groupe Bilderberg, en second relais des « transversales » existantes, notamment de la franc-maçonnerie (et quasiment sur le même modèle, hors « l’initiation »). 

Rien de religieux, hormis les sous-groupes « 2 et suivants », rien de « philosophique » hors le premier groupe historique, de loin le moins actif. »

Remarquons que ce morceau de bravoure est incomplet :

A – Al-Qaïda se fait doubler par l’EI, qui lui plonge ses racines dans le Coran, et au plus profond ;

B – Que dans les « années 50 » émerge, dans le sillage de Bilderberg toute une panoplie d’organisations internationales officielles – ONU, UNESCO, OPEP, OCDE, G7 puis G20, et jusqu'au GIEC, ONG diverses qui prennent de la vigueur au fil du temps – mais également une pléthore d’organisations de l’ombre, plus ou moins connues et actives qui se servent des plateformes offshores pour gérer leurs intérêts disparates, parfois derrière des fondations.

Là, mon correspondant du moment a été incomplet.

Mais de prévenir que « les « alliances » sont réversibles. »

Toute chose ne peut se faire que quand il y a consensus d’une majorité d’au moins 4 de ses « 7 forces » et de prévenir, prophétique que : « Le monde des soixante dernières années est en passe de se disloquer » parce que les dissensions sont plus grandes que les consensus.

Et je vous précise qu’une fondation, type Ordre de Malte – parce que je connais un peu un des équivalents – c’est un conseil d’administration, des plus « smart » et au-dessus de tout soupçon de quoique ce soit, très civil et propre sur lui, mais que « la boutique » est dirigée par un directeur-général, quasiment inamovible, qui fait bien que ce qu’il veut et qui n’est « coopté » que par des hiérarques que personne ne connaît au sein du conseil d’administration qui « valide » la nomination (ou la destitution).

C’est comme ça.

Et pas question d’en savoir plus : Vous vous faites « remercier » pour vos bons et loyaux services dans la semaine.

Le culte du secret poussé au-delà des sociétés écrans des paradis-fiscaux.

Je vous raconte tout ça pour quelle raison ?

Eh bien parce que nous vivons exactement ce type de « moment charnière » de dislocation en marche !

Un point de rupture vient d’être franchi avec les « Panama-pampers » répandus sur la place publique.

Normalement, on n’en arrive jamais à déballer le linge sale sur ladite place publique.

Et là, on doit s’interroger.

C’est vrai que le Dégé de la Générale doit y laisser sa tête et avec lui une bonne partie de son état-major, pour avoir menti à une commission sénatoriale : Mais ils vont s’en remettre.

Ce n’est pas le but recherché.

C’est vrai que « Camé-Rhône » va avoir du mal à combattre les rumeurs en même temps que de défendre le pays contre le Brexit…

La bataille d’opinion n’en est que plus indécise et c’est peut-être un effet recherché par le « Panama-pampers ».

Mais soyons sérieux : Il y a trop d’éclaboussures pour que ce soit la seule méthode pour jeter la GB hors d’Europe !

Peut-être que l’effet recherché n’est tout simplement pas autre chose qu’une lutte contre les autres paradis fiscaux, commencée depuis des lustres, accélérée depuis 2008, qui va peut-être prendre un nouvel élan poussée par les opinions publiques de tout à chacun, et que là on voit bien une agence gouvernementale étatsunienne à la manœuvre : Ils ne font que ça depuis 2002, et d’allonger la liste des condamnations et amendes sans discontinuer !

Mais alors, d'une part je n'aurai pas mis en danger la CIA et ses agents (on y reviendra) et d'autre part, j’aurai jeté mon dévolu sur les caraïbes, les Bermudes et les quelques autres : La pêche aurait été bien meilleure qu’en les évitant !

À moins que ce soit un coup à trois-bandes, comme d’un avertissement, pour laisser le temps de « se soigner » à tous les résidents américains…

Un peu trop compliqué même pour des américains au sommet de leur art.

Non, désolé, jusque-là, il y a lieu de patauger.

Il faut rechercher beaucoup plus loin, plus haut, plus gigantesque, qui aurait failli être totalement « disloquant » et qu’il convenait de protéger encore et toujours, justement pour réunir le consensus minima exigé des « 7 forces » ci-dessus, le tout à l’orée de nouvelles échéances électorales américaines.

Autrement dit, on s’oriente vers l’hypothèse d’un gigantesque enfumage, une sorte de contre-feu allumé à bon-escient, où seulement quelques pièces font les frais de la partie.

Et j’en reviens à mon post « 0 ».

Alors, on va tous les rassurer : Figurez-vous que le week-end dernier, j’ai recherché le texte promis pour cet été.

Je n’ai pas un, mais plusieurs ordinateurs, des dizaines de clés de sauvegarde, des disques durs externes en pagaille, deux serveurs et je duplique à tout va plusieurs fois par mois.

C’est simple, je passe normalement mes samedis-matins monégasques, sans connexion, dans une sorte de cage faraday (que même le téléphone ne passe pas), à épurer tous les spys et autres virus et à lancer les sauvegardes pour en finir en milieu d’après-midi : Des téraoctets !

Eh bien, vous ne le croirez pas, mais ce texte a disparu…

Et impossible de retrouver son auteur : Depuis mon crabe, j’ai perdu l’usage de la boîte @mimile dédiée par laquelle je l’avais reçu…

Qu’il va falloir que je modifie une nouvelle fois le scénario prévu pour vous conter cette histoire-là !

Profondément désolé, vraiment navré.

Bien à toutes et tous quand même !

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/04/panama-papers-2.html